Patrimoine civil

Ancien mont-de-piété d'Ath

Rue du Spectacle 10, 7800 Ath, Belgique

Classement comme monument le 20 août 1982

Au 16e siècle est érigée une belle bâtisse nommée « maison du Lombard ». Construite en briques et calcaire, cette maison a disparu dans sa majorité pour ne conserver aujourd’hui que sa façade, intégrée dans un immeuble contemporain. Elle est caractérisée par son portail gothique en arc brisé, surmonté d’une niche en pierre encadrée de colonnettes et surmontée d’un fleuron. À droite du portail se trouve une pierre de remploi décorée d’un écu portant les lettres D.M., la date de 1676 et une figure d’homme entourée d’une couronne de laurier. La maison devient au 17e siècle le siège du mont-de-piété d’Ath, organisme de prêt sur gage qui a pour mission de faciliter les prêts d’argent, notamment en faveur des plus démunis. La transformation du lieu s’inscrit dans un plan global de construction de ce type d’établissements au début du 17e siècle dans la région. Wenceslas Cobergher, architecte attitré des archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, est nommé au début du siècle « surintendant général des monts-de-piété ». On lui doit la mise en place de quinze institutions dans les Pays-Bas, dont la première ouvre ses portes à Bruxelles en 1618. Auteur à la même époque de l’hôtel de ville d’Ath, Cobergher ne dessine pas de bâtiments pour la ville hennuyère : le mont-de-piété s’installe dans un édifice existant.

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Pont à la herse

Boulevard Alphonse Deneubourg, 7800 Ath, Belgique

Classement comme site le 4 octobre 1974

Tout au long de son histoire sous l’Ancien Régime, Ath est une ville fortifiée de première importance. Cette Bonne Ville du comté de Hainaut protège les frontières de l’État au Moyen Âge face aux possessions des comtes de Flandre. Outre deux enceintes communales érigées à l’époque médiévale, la position fortifiée est modifiée par Vauban à la fin du 17e siècle, détruite par les Français en 1745 et relevée par les Hollandais entre 1815 et 1826. Tous les remparts sont toutefois démantelés à partir de 1854. Plusieurs vestiges d’importance sont néanmoins encore aujourd’hui les témoins de ce passé défensif. Le pont à la herse surmonte un ancien débouché navigable d’un bras de la Dendre. C’est une porte d’eau aménagée dans une courtine du front nord des fortifications françaises du 17e siècle. Maçonnée en moellons de calcaire, il s’agit d’un tunnel voûté et légèrement coudé. Du côté ville subsistent les traces d’une petite pièce d’habitation. Cette ancienne porte ainsi que le bastion de Flandre tout proche ont souffert des sièges qui ont affecté Ath à la fin du 17e et au début du 18e siècle. Ils constituent les rares vestiges des travaux entrepris par Vauban. Reprise par les Espagnols et devenue autrichienne en 1713, la ville est plusieurs fois attaquée par les Français qui ordonnent la destruction des anciennes places fortes des Pays-Bas autrichiens après le siège de 1745.

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Hôtel de ville d'Ath

Grand-Place 45, 7800 Ath, Belgique

Classement comme monument le 2 décembre 1959

Le 7 avril 1614, la ville d’Ath décide de faire reconstruire la « Maison de la Paix » qui abritait les autorités communales. Le mayeur de l’époque, Jean Zuallart, est proche des archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols pour le compte du roi Philippe III. La conception du bâtiment est confiée à Wenceslas Cobergher, architecte officiel de la cour. Entamés dès le mois de juin, les travaux durent dix ans et l’hôtel de ville est inauguré en 1624. Seule la façade principale aurait été dessinée par le prolifique architecte, les décors intérieurs et l’agencement étant probablement le fruit de son assistant, Melchior Somer. De nombreux travaux sont encore effectués au fil des siècles : le dôme qui surmontait la façade est démoli en 1774, les colonnes de la porte d’entrée sont remplacées en 1826 et une importante restauration a lieu entre 1861 et 1863, la dernière avant celle de 1980. Le bâtiment était alors tellement dégradé qu’il a fallu démonter et reconstruire pierre par pierre la façade principale ! Plusieurs éléments trop endommagés, et l’ancien frontispice, n’ont pu être remis en place et sont aujourd’hui conservés dans la salle des pas perdus. La façade arrière, plus sobre, est agrémentée d’une tourelle d’escalier qui dessert les étages ; elle a été augmentée d’un étage en 1774 pour y installer la cloche communale. L’hôtel de ville abrite quelques œuvres d’intérêt : des peintures de l’école athoise du 19e siècle, un grand escalier d’honneur et quelques belles cheminées d’époque.

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Musée Wellington

Chaussée de Bruxelles 147, 1410 Waterloo, Belgique

Classement comme monument et comme site le 12 octobre 1981

Demeure de style Louis XV, l’actuel musée Wellington a été érigé dans le troisième quart du 18e siècle. Cette belle auberge typiquement brabançonne sert de relais de poste au moment de son édification : cette affectation spécifique et sa bonne situation géographique ont attiré l’attention du duc de Wellington. Le 17 juin 1815, il choisit l’endroit pour y installer son quartier général d’état-major. Il y séjourne personnellement les 17 et 18 juin et y rédige, au soir de la bataille, le communiqué de la victoire. L’auberge abrite aujourd’hui un musée dédié à la personnalité du duc de Wellington et, au sens large, à la bataille de Waterloo. On y retrouve notamment la chambre du duc et du colonel Gordon, son aide de camp décédé le 18 juin 1815. Différentes pierres tombales ont été transférées à cet endroit et plusieurs plaques commémoratives y trouvent leur place.

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Ancien manège de Verviers

Rue du Manège 12-16, 4800 Verviers

Classement comme monument le 28 mars 2003

La très belle façade située devant vous n’est que la partie visible d’un vaste édifice situé à l’arrière et qui, jusqu’en 1931, date d’un incendie qui le détruisit en partie, servit de cirque, manège, music-hall, cinéma et théâtre ! Conçu à l’origine pour une société privée d’équitation, le Grand Manège reçoit, dès son inauguration en 1892, des cirques de passage à Verviers. La société qui en était propriétaire s’y réunissait régulièrement pour y pratiquer l’équitation et le dressage des chevaux. Le bâtiment, de style mauresque, est l’œuvre du prolifique architecte Charles Thirion (1838-1920). L’architecture arabe inspirait souvent les hippodromes, manèges et autres cirques construits à cette époque. La façade à rue est longue de 50 mètres et est constituée d’un parement de briques jaunes et rouges dont les reliefs forment des losanges, dents de scies et motifs de broderies. La façade avec les entrées, les halls, le café et les appartements constituent la première partie du bâtiment. La seconde, de forme hexagonale, se situe à l’arrière et était composée de la piste, de la scène et des balcons destinés au public. Menacé de démolition au début des années 2000, l’édifice est protégé par une mesure de classement sur proposition de l’Institut du Patrimoine wallon avant d’être brillamment restauré. Il a ensuite été réaffecté en immeuble à appartements et commerces.

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Maison du prince

Rue de la Tuilerie 2, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 14 mars 2008

Verviers fut en 1651 la dernière à obtenir le titre de Bonne Ville de la principauté de Liège. Elle était située sur le territoire du marquisat de Franchimont, possession liégeoise, et obtient dès lors des avantages fiscaux et le droit d’ériger une muraille défensive. La maison du prince, très belle construction de la fin du 16e ou du début du 17e siècle, servait de résidence au chef de l’État lorsqu’il se rendait à Verviers. Elle présente un rez-de-chaussée en moellons de grès surmonté d’un étage de pans-de-bois en encorbellement. À gauche de l’édifice, l’annexe de la maison du prince constitue la résidence formelle du prince-évêque. En avancée sur le logis principal, il s’agit d’une construction basse dont l’unique niveau a conservé un revêtement de zinc et des encadrements en bois destinés à moderniser l’ensemble au début du 20e siècle. Selon toute vraisemblance, des pans-de-bois devraient encore se trouver en-dessous de cette intervention contemporaine. En qualité de marquis de Franchimont, le prince-évêque de Liège possédait donc ce type d’établissement dans la ville d’importance du marquisat. Vraisemblablement, chaque prince-évêque a pu séjourner à Liège, tout du mois à partir d’Ernest de Bavière (1581-1612). L’entretien de la demeure était confié au tenant du moulin banal de Verviers, situé en face, mais détruit par un incendie en 1925 et remplacé par un marché couvert. Longtemps propriété communale, la maison du prince a fait l’objet d’une restauration par un particulier.

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Ancienne école moyenne de filles de Verviers

Rue des Écoles 17-19, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 10 juin 2005

Une école moyenne de filles est créée à Verviers en 1865. Appelée également « école des demoiselles », elle ouvre d’abord ses portes dans une maison rue Xhavée puis loue un édifice rue du Brou. La construction d’un édifice propre à l’école est prise en charge par les architectes bruxellois Benoît et Vanderstraeten entre 1874 et 1876. Le bâtiment est imposant et présente une haute façade de sept travées élevées sur un haut soubassement. Les trois travées centrales forment un avant-corps couronné d’un fronton triangulaire. L’entrée se situe sur la gauche et s’ouvre sur un long couloir menant à une cour et un préau couvert. Les classes s’organisent sur deux niveaux autour de ce préau. L’établissement est très lumineux grâce à sa cour couverte d’une verrière. En 1881, l’école est reprise par l’État et devient un Lycée en 1925. En 1946, elle reçoit le titre d’Athénée royal mais, pour éviter la confusion avec le bâtiment réservé aux garçons, elle prend la dénomination de Lycée royal. Après le déménagement de l’école dans la rue des Wallons, l’édifice abrite l’école d’infirmières de Verviers. Aujourd’hui, l’ensemble est propriété de la Société publique de gestion de l’eau (SPGE) qui a promis de le restaurer sans pour autant l’occuper elle-même.

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Grand Théâtre de Verviers

Rue du Théâtre 1, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 28 mars 2003

Ville d’importance au 19e siècle, Verviers voit fleurir un nombre important de bâtiments immenses et majestueux. Non loin de la très belle gare centrale s’élève le Grand Théâtre, œuvre de l’architecte Charles Thirion inaugurée en grande pompe le 29 septembre 1892. Contenant à l’époque 1 300 places assises, le bâtiment est un vaste quadrilatère élevé sur deux niveaux dont le rez-de-chaussée est construit en calcaire taillé. Un portique d’entrée occupe trois travées de la façade principale, surmontée d’une longue balustrade. À de nombreux endroits se dissimulent des têtes sculptées, des balcons, des frontons et de multiples éléments décoratifs qui magnifient ce monument d’allure classique. L’intérieur suit la disposition des théâtres à l’italienne : la salle se compose d’un parterre, de balcons, baignoires et loges et est décorée de rouge et d’or. La décoration picturale du théâtre a été confiée à un grand artiste de l’époque, le liégeois Émile Berchmans. Devant le théâtre, une belle esplanade est délimitée par des balustrades de pierre, des vasques et d’élégants réverbères. Cette grande bâtisse témoigne certainement de l’amour du spectacle que montraient les Verviétois d’hier, mais elle reflète surtout la richesse de la cité lainière et de sa bourgeoisie dirigeante, l’affirmation d’un triomphe industriel à son apogée. Le théâtre de Verviers fut un centre de création reconnu et, dans le cadre de son partenariat avec le Centre lyrique de Wallonie, l’hôte du prestigieux festival international d’opérettes et un centre de création de comédies musicales.

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Ancienne Grand-Poste de Verviers

Rue du Collège 3, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 7 août 1989

Verviers, ville d’importance au niveau wallon au 19e siècle, doit attendre 1909 pour voir s’édifier l’hôtel des postes et télégraphes réclamé avec insistance par les édiles depuis 1882. Inauguré en septembre 1910, il impressionne par ses dimensions, la modernité de ses locaux et devient un phare visible de loin avec sa haute et élégante tour caractérisée par son escalier à colimaçon de 275 marches. De plan octogonal, cette tour de près de 80 mètres de haut est la plus haute de la ville ; elle est couronnée par une haute flèche métallique couverte d’ardoises. La destination principale de celle-ci était de servir de support aux fils téléphoniques. Un escalier à volées portant deux lions présentant les armes de Verviers et de Liège mène à l’entrée principale. L’ensemble est l’œuvre de l’architecte gantois Alphonse van Houcke (1858-1908). Les façades sont richement ornées : on y découvre des décorations figuratives ou des inscriptions qui indiquent les différents services postaux, des putti, des médaillons ornés de figures allégoriques ou encore divers motifs (éclairs, appareils électriques faisant référence aux inventions du siècle de l’industrie). L’ancienne Grand-Poste est une œuvre originale qui s’inspire des différentes tendances qu’a connue l’architecture à travers l’histoire ; elle est le reflet de son époque, fait référence au gothique et à la Renaissance, elle évoque les châteaux de conte de fées… Longtemps vouée à la destruction, elle a été sauvée du désastre par une mobilisation citoyenne, superbement restaurée et réaménagée pour accueillir les services du Forem de Verviers.

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Pont "al Cûte"

Rue Renier, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 29 octobre 1981

Si de nos jours une dizaine de ponts surplombent la Vesdre sur le territoire communal de Verviers, jusqu’au troisième quart du 17e siècle la rivière ne pouvait être franchie que sur un seul pont, le pont « alle Lexhe », initialement en bois puis en pierre dès 1560, et qui fit place en 1841 à l’actuel pont des Récollets. Le second pont de la ville fut édifié à l’est en 1674, à l’emplacement du pont « al Cûte » actuel. Il a été reconstruit en 1721 et est parvenu jusqu’à nous. Son nom rappelle le souvenir d’une dame vendant ses charmes dans une maisonnette toute proche, « cûte » signifiant prostituée en wallon du coin. Déjà restauré en 1775, il est doté d’un parapet en fonte en 1860. Le pont est classé comme monument et les berges aux alentours comme site. À la sortie du pont se trouve un des beaux Christ verviétois, vraisemblablement réalisé au 18e siècle par un membre de la famille de Tombay, dynastie de sculpteurs liégeois.

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