Patrimoine civil

Ancienne maison Godart

Rue des Raines 72, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 14 novembre 1987

Grande maison édifiée au milieu du 18e siècle par le médecin Guillaume Godart, elle est caractérisée par ses discrètes touches rococo présentes notamment dans le décor en fer forgé du balcon et dans les moulurations du linteau de la porte d’entrée. Chaque fenêtre possède également un accoudoir en ferronnerie du même type. On notera enfin les guirlandes décorant le petit fronton au sommet de la façade. Le reste de la façade est toutefois de facture néoclassique. Le fils du docteur Godard, Mathieu, fit parler de lui au moment de la Révolution liégeoise de 1789 en décidant de choisir le camp des partisans de l’Ancien Régime qui pourchassèrent les révolutionnaires pour le compte du prince-évêque. La maison fut saisie par la République lors de l’annexion à la France en 1795. Au 19e siècle, elle devint la demeure de la famille Dardenne puis du sénateur Laoureux et, au 20e siècle, celle du meunier Lemaire avant d’accueillir en 1930 un home pour jeunes filles. L’édifice s’inscrit dans l’ensemble architectural de la rue des Raines, artère bourgeoise de la cité au 18e siècle, lorsque le travail de la laine se transforme en véritable industrie et permet l’éclosion d’une classe nantie. La rue garde ce statut de prestige jusque dans le milieu du 19e siècle et constitue encore de nos jours un remarquable témoignage de l’évolution de l’architecture verviétoise sur plus de deux siècles ; on y compte ainsi huit immeubles classés.

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Ancien hôtel Édouard de Biolley

Place Sommeleville 8, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 12 février 1981

Proche de l’hôtel de Raymond de Biolley (aux numéros 28-34 de la même place), cette belle demeure fut la propriété de son frère Édouard de Biolley (1799-1851), titré vicomte en 1843 comme son frère. Constructeur du pittoresque château des Mazures à Pepinster, membre d’une incontournable famille verviétoise, profondément catholique et paternaliste, il réside dans cet immeuble datant vraisemblablement de la seconde moitié du 18e siècle, de style Louis XV, érigé en briques et calcaire. La demeure fut profondément remaniée dans les premières années du 19e siècle en style Empire : cette rénovation voit l’ajout d’une terrasse et d’un balcon, d’un troisième étage et d’une nouvelle travée à droite. Celle-ci est caractérisée par un portail abritant une entrée latérale. On sait que deux sphinx, aujourd’hui disparus, ornaient autrefois la façade. En 1879, deux religieux allemands y ouvrent un pensionnat pendant quelques mois ; le mobilier est ensuite racheté par la ville afin de l’utiliser pour la nouvelle école normale installée en ces lieux, qui l’occupe jusque dans l’entre-deux-guerres. La maison connait ensuite diverses affectations : immeuble à appartements, atelier de bobinage électrique, centre psycho-médico-social et local scout dans les caves avant d’être incorporée en 1960 aux biens de l’institut Sainte-Claire tout proche auquel il appartient encore aujourd’hui.

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Octroi de la rue de la Grappe

Rue de la Grappe 42, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 30 septembre 1982

En juillet 1803, la municipalité de Verviers décide d’appliquer la loi du 19 mai 1802 qui lui permet d’établir un bureau public de pesage, mesurage et jaugeage, autrement dit un bureau d’octroi. L’autorisation officielle parvient à la mairie le 21 avril 1804 et le système est inauguré le 21 mai suivant. La ville conclut également un partenariat avec la municipalité toute proche de Hodimont afin de mettre la perception des taxes en commun. Sous le régime français, six bureaux d’octroi sont édifiés sur le territoire des deux communes. Le bureau central se trouve dans le couvent des Sépulcrines, qui sera ensuite transformé en collège impérial en 1807, lequel donnera son nom à la rue du Collège et dont ne subsiste aujourd’hui que la chapelle Saint-Lambert. Actuellement, deux témoins subsistent dont celui-ci, dans la rue de la Grappe, a été érigé sous le régime hollandais, probablement vers 1820. De style néoclassique, il s’élève sur deux niveaux et possède une sorte de vestibule formé de pilastres et colonnes soutenant trois arcs. Ce portique précède la façade ouverte de fenêtres au premier niveau et de baies en forme de demi-lune au second étage. L’ensemble est fermé par une grille en fer forgé qui protège une petite cour. Sa restauration s’impose.

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Maison des amis de la Fagne

Rue Bouxhate 3, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 28 janvier 1981

En plein cœur du quartier populaire de Sécheval se trouve ce petit bâtiment tout de guingois qui montre bien ce qu’était l’allure et le gabarit des maisons modestes dans le Verviers d’autrefois, depuis la fin du Moyen Âge jusqu’au 17e siècle. La façade oblique épouse le tracé de la ruelle d’angle, son rez-de-chaussée est fort bas et l’ensemble est constitué de pans-de-bois quadrillés et irréguliers qui témoignent de réparations et d’agrandissements successifs. Au niveau du sol se trouvent encore des bornes de protection de la bâtisse contre les heurts des charrettes. Toutes ces caractéristiques témoignent de l’ancienneté de la construction qui a longtemps abrité les « amis de la Fagne » dont elle garde le nom. Fondée en 1935, cette association a pour but de protéger et faire connaître les Hautes Fagnes.

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Ancienne maison de Bonvoisin

Rue Jules Cerexhe 86 et rue Pétaheid 15-17, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 13 mars 1981

Ce bel ensemble construit probablement entre 1727 et 1735 appartenait à Pierre de Bonvoisin, fabricant de draps et teinturier, un des plus anciens installés à Hodimont. Le site se présente sous la forme de trois bâtiments disposés en U : deux maisons donnant sur la rue Jules Cerexhe et la rue Pétaheid reliées par une annexe qui laisse place à une petite cour. Le site est encore aujourd’hui important car le bâtiment industriel a été conservé à l’arrière de la demeure patronale. Avant la Révolution industrielle, la plupart des opérations de fabrication des draps étaient effectuées à domicile. Le site de Bonvoisin est un des rares témoins de la transition entre le travail à domicile et celui en atelier. Bien qu’imbriqué dans le corps de logis, l’atelier à l’arrière en est toutefois distinct. Sous la corniche de la façade de la rue Jules Cerexhe, on découvre quatre petites ouvertures, vestiges d’une lucarne monte-charge disparue. En 1978, la famille de Bonvoisin fit don des immeubles à la ville de Verviers, à charge pour elle de les restaurer pour y abriter un espace muséal. C’est toutefois la Région wallonne qui prit l’initiative en 1994 de réhabiliter les lieux. En 2004 fut ainsi inaugurée la « maison de l’eau », nouvel outil touristique complémentaire de son voisin proche, le centre touristique de la laine et de la mode, installé dans l’ancienne usine Bettonville (30, rue de la Chapelle).

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Chapelle Saint-Lambert de Verviers

Rue du Collège 80, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 16 décembre 1980

Cette petite église récemment restaurée abrite un mobilier de grande qualité, malheureusement un peu dispersé dans l’espace suite à l’agrandissement du volume intérieur en 1879. Construite de 1734 à 1737 à la demande de religieuses venues de Malmedy afin d’ouvrir une école et un pensionnat, la chapelle fut édifiée grâce à l’aide de la famille Franquinet, dont une fille devint abbesse du couvent. Après la Révolution liégeoise, la chapelle dépendit de la paroisse Saint-Remacle et fut dédiée à saint Lambert au début du 19e siècle. Elle servit surtout, de 1860 à 1919, à la très nombreuse colonie allemande qui vivait alors à Verviers. Les bâtiments du couvent furent affectés à l’enseignement communal dès 1807 et servirent de collège jusqu’à la construction des bâtiments de l’actuel athénée. L’extérieur de l’édifice est fort discret mais bien composé. L’intérieur a conservé un caractère intime et des éléments de décor sculptés qui font son caractère remarquable : autel garni d’armoiries, confessionnal, lambris de style Louis XIV en chêne…

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Perron de Verviers

Place du Marché, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 15 mars 1934

Verviers constituait sous l’Ancien Régime un des cinq bans du marquisat de Franchimont. Au début de l’Époque moderne, la ville devint un important bourg manufacturier suffisamment important pour obtenir le titre de Bonne Ville de la principauté de Liège en 1651. Situé sur la place du Marché, le perron de Verviers fut octroyé à la ville par le prince-évêque Érard de la Marck en 1534. Il fut une première fois restauré en 1561 et entièrement remplacé en 1732 par le monument actuel qui consiste en une fontaine surmontée du perron. Celui-ci, symbole des libertés acquises par la ville, est une colonne surmontée d’une pomme de pin et d’une croix, le tout reposant sur un socle constitué de trois marches. La base de calcaire constituant la fontaine mesure près de 4 mètres et est décorée de masques d’angelots en bronze crachant de l’eau dans des vastes coquillages en pierre. Sur l’une des faces, une double porte en bronze était autrefois décorée d’armoiries princières placées en 1732 ; celles-ci furent enlevées lors de la Révolution belge de 1830.

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Ancien hôtel Franquinet-Pirons

Rue du Collège 62-64, 4800 Verviers, Belgique

Classement comme monument le 15 mars 1934

Ce bel hôtel de maître où logea l’empereur d’Autriche Joseph II en 1781, abrite des services communaux des travaux après avoir servi pendant plusieurs décennies d’orphelinat pour filles. L’ancienne demeure de la famille Pirons, dont les façades ont été restaurées au début des années 2000, apparaît à nouveau comme un des plus beaux édifices verviétois ayant conservé en ses murs une décoration fort soignée. Cette construction des 17e et 18e siècles, en pans-de-bois enduits aux étages et calcaire au rez-de-chaussée, présente deux façades mitoyennes, l’une de style Louis XV au numéro 62, l’autre plus récente de style Louis XVI, au numéro 64. La première tente d’imiter une façade en pierre avec des moyens plus modestes et comporte une porte d’entrée très délicate. La seconde façade contient un porche donnant accès à une cour intérieure.

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Pilori de Petit-Rechain

Place Xhovémont, 4800 Petit-Rechain, Belgique

Classement comme monument le 15 mars 1934

Le pilori est le dispositif destiné à exposer un condamné en public. Sous l’Ancien Régime, c’est une peine infamante plus grave que le blâme et l’amende. Le pilori pouvait prendre diverses formes, du simple poteau de bois à la colonne de pierre. Utilisé depuis le Moyen Âge, il était un droit seigneurial qui permettait au seigneur de signifier qu’il avait le droit de justice sur ce territoire. Le monument de Petit-Rechain fut toutefois érigé très tardivement sur ordre du baron Henri-Frédéric de Libotte, seigneur du lieu, en octobre 1784. Moins de cinq ans avant les événements révolutionnaires et la chute de l’Ancien Régime, il est probable que la signification toute particulière du monument n’ait pas eu le temps de pénétrer les esprits des habitants du coin. Perçu comme perron et non comme instrument de répression, le monument de Petit-Rechain, portant les armoiries du dernier seigneur local, survécut aux destructions des révolutionnaires sans doute grâce à cette erreur d’interprétation, elle-même entérinée lors de son classement au titre de monument historique dans l’entre-deux-guerres !

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Cercle Saint-Bernard

Rue Saint-Bernard 32, 4800 Lambermont, Belgique

Classement comme monument le 9 décembre 1977

Siège traditionnel des sociétés lambermontoises et généralement connu sous le nom de « cercle Saint-Bernard », il s’agit d’une construction probablement du 18e siècle, en moellons de grès et calcaire, mais sa façade de style Louis XVI est légèrement postérieure. Datant peut-être de 1800, majoritairement en pierres, elle comporte d’étroites bandes de briques entre chacune de ces cinq travées. Elle est précédée d’un double escalier en pierre avec un garde-fou en fer forgé. Sa corniche ne manque pas d’intérêt avec sa frise ornée de losanges. À quelques encablures se trouve l’église paroissiale du village, dédiée à saint Bernard. Elle se trouve à l’emplacement d’une chapelle de 1712 et a été érigée en style néogothique en 1897 selon les plans de l’architecte verviétois Randaxhe. Elle comporte un très beau mobilier néogothique parmi lequel des autels majeurs et une chaire de vérité réalisés entre 1909 et 1913. L’un des confessionnaux, de style régence et datant du milieu du 18e siècle, provient de l’ancienne chapelle alors que le second a été construit au début du 20e siècle. Plusieurs statues en bois polychrome du 17e siècle proviennent de l’ancienne chapelle du calvaire de Fiérain. Les vitraux ont été réalisés dans les ateliers du célèbre maître-verrier Ladon de Gand en 1899-1900.

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