Patrimoine civil

Passage de la Bourse

Rue Léopold et place Albert Ier, 6000 Charleroi, Belgique

Classement comme monument le 14 décembre 2011

Capitale wallonne du verre et du fer à la fin du 19e siècle, Charleroi se doit de posséder sa rue commerçante couverte comme cela était le cas dans bon nombre d’autres villes européennes. Le principe, basé sur l’éclairage zénithal, s’appuie sur les progrès techniques et la maîtrise des matériaux en vogue. Suivant un tracé en courbe, le passage relie la rue de Marchienne et la place Albert Ier à la rue Léopold. La galerie couverte est édifiée selon les plans de l’architecte Edmond Legraive sur le site de l’ancien couvent des capucins entre 1890 et 1893. Au point de vue stylistique le passage illustre bien l’éclectisme architectural en vigueur : la galerie est lumineuse et sobre et l’élévation intérieure se compose d’une enfilade harmonieuse de façades enduites aux ornements néoclassiques. Les façades intérieures et les verrières ont été restaurées en 2003 sous la direction de l’architecte Philippe Dulière. L’ensemble tient son nom du fait que la partie sud de l’édifice conçu par Legraive abritait la bourse de commerce de Charleroi. À l’origine, les bâtiments accueillaient également des salles de réunion, un bureau de police, un corps de garde, le bureau du tirage au sort pour le service militaire et une remise de pompes à incendie. Après la Seconde Guerre mondiale, la bourse de commerce est remplacée par un bâtiment moderne qui abrita jusqu’en 2011, le centre de production de Charleroi de la radio télévision belge francophone (RTBF).

 

Passage de la Bourse © IPW

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Passage de la Bourse © IPW

Université du Travail

Boulevard Roullier 1, 6000 Charleroi, Belgique

Classement comme monument le 16 juin 2004

Bastion de l’instruction ouvrière, l’Université du Travail illustre le rayonnement industriel de la région de Charleroi à l’aube du 20e siècle. Elle incarne le message politique des forces naissantes, le face à face de la classe ouvrière et de la bourgeoisie. Inaugurée en grande pompe le 28 mai 1911 sous le nom générique d’Université du Travail, il s’agit d’une institution unique d’enseignement technique et d’éducation économique ayant pour but la formation des apprentis, des ouvriers et des employés. Cette institution est née à l’instigation de Paul Pastur (1866-1938), député provincial du Hainaut et membre actif du parti ouvrier belge. Sa statue, réalisée en 1950 par le sculpteur Alphonse Darville, se trouve face à l’entrée. Le travail de construction est confié aux architectes Albert et Alexis Dumont, lauréats d’un concours national en 1905. Le bâtiment héberge notamment une salle d’exposition technologique de 1500 m² montrant une collection de machines-outils, et deux ailes occupés par des lieux d’enseignement. Le grand vestibule, construit en pierre blanche et briques jaunes, est caractérisé par son décor grandiose et raffiné : il est orné de lustres et son pavement est couvert de mosaïques. Il est éclairé par trois grandes verrières ornées de superbes vitraux représentant le fer, le verre et le charbon, trois piliers de l’industrie régionale. Ceux-ci ont été réalisés par les ateliers d’art bruxellois A. Wybo.

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Ancien hôtel des Postes de Charleroi

Place Albert Ier 23, 6000 Charleroi, Belgique

Classement comme monument le 13 mai 1992

À l’instar de Verviers, Liège ou Arlon, Charleroi se dote d’un majestueux hôtel des postes et télécommunications au début du 20e siècle. La construction de l’édifice débute en 1907 sur les plans de l’architecte De la Croix dans un style néo-Renaissance flamande. L’inauguration a lieu à l’occasion de l’exposition internationale de Charleroi en 1911. Ce petit château dressé à l’angle du boulevard Tirou abrite l’hôtel des télégraphes et le bureau central des postes ; il répond aux préoccupations matérielles des réseaux de télécommunications de l’époque. L’immeuble est ainsi caractérisé par une tour de 45 m de hauteur, flanquée de tourelles et surmontée d’une toiture en bulbe, qui contribue à la dispersion des fils de télégraphe sur le territoire de Charleroi. C’est à cet endroit également que fut installé le premier central téléphonique de la région. L’administration des postes quitte les lieux en 1967 et le bâtiment risque à plusieurs reprises d’être démoli. En 1996, un véritable projet de restauration et de réaffectation permet sa sauvegarde définitive. Une librairie s’y installe et le bâtiment entame sa transformation, sous la direction de l’architecte Isabelle Leroy.

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Maison du bailli de Charleroi

Rue de Turenne 2-4, 6000 Charleroi, Belgique

Classement comme monument le 4 août 1989

La maison du bailli se trouve rue Turenne, à proximité de l’hôtel de ville. Datée de 1780, la bâtisse construite en briques enduites et pierre calcaire a fait l’objet d’une belle restauration. La porte est surmontée du millésime, d’une couronne et de guirlandes taillées dans le calcaire. Classé en 1989, cet édifice est un témoin privilégié de l’architecture civile de l’époque ; il abritait le bailli, représentant de justice dans la Ville-Haute. De style Louis XVI, la bâtisse est érigée durant une salutaire période de paix et répond aux règles esthétiques de l’architecture à la française : un étage simple, façade en calcaire et briques enduites, porte entourée de pierres de taille. À l’intérieur, l’escalier de bois sculpté et le salon ont conservé leur décor d’origine. Le reste du bâtiment, non classé, est organisé autour d’un patio cerné de passerelles métalliques et accessible au public. L’édifice abrite en effet l’Espace Wallonie de Charleroi, vitrine de la région wallonne proposant des informations et divers services au citoyen. Non loin de là, au coin de la rue Turenne et de la rue du Beffroi, une borne marquée du nombre 80 et de la lettre G fait référence au génie, organisme qui décidait de l’alignement des habitations dans la forteresse.

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Panorama de la bataille de Waterloo

Route du Lion 315, 1420 Braine-l’Alleud, Belgique

Classement comme monument le 24 février 1998

Au pied de la butte du lion se trouve une rotonde édifiée en 1912 sur les plans de l’architecte Frantz van Ophem. L’édifice a été érigé grâce à un appel de fonds lancé en février 1911 avec l’appui du consul de France. Parmi les investisseurs, on retrouve bon nombre de descendants d’officiers belges et hollandais ayant participé à la bataille. Cette rotonde abrite le « panorama de la bataille de Waterloo », vaste toile circulaire de 12 m de hauteur sur 110 m de long, représentant les principaux faits de la bataille. Elle a été réalisée par le peintre belge Louis Dumoulin, assisté par des artistes ayant chacun leur spécialité : les Français Raymond Desvarreux, Pierre-Victor Robiquet (peintres animalier), Louis-Ferdinand Malespina et Meir (portraitistes) et du Belge Vinck (avant-plan). Le concept du panorama date du 19e siècle et présente généralement des paysages ou des scènes religieuses. Ici, l’œuvre détaille un moment-clé de la bataille : on y retrouve les lanciers polonais, la charge du maréchal Ney, Napoléon et son état-major, et la résistance anglaise autour de Wellington. Le bâtiment et la peinture ont été reconnus patrimoine exceptionnel de Wallonie en raison de leur caractère unique ; il s’agit en effet d’un des rares exemplaires du genre conservés en Europe possédant encore les trois éléments caractéristiques des panoramas du 19e siècle : la toile, le bâtiment et les faux-plans.

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Ancien lavoir de Noirefontaine

Rue de la Sentinelle 115, 6831 Noirefontaine, Belgique

Classement comme monument le 21 décembre 1977

Le village de Noirefontaine est mentionné depuis la fin du Moyen Âge. En 1359, il s’agit d’une seigneurie qui jouit du titre de sirerie du duché de Bouillon. On y trouvait alors une maison seigneuriale qui n’avait rien d’un château, dont on ignore l’origine, et qui a été détruite en 1611. À cette époque, la seigneurie tombe dans l’escarcelle des ducs de Bouillon. Le village devient une commune indépendante en 1897 seulement, avant d’être intégrée à celle de Bouillon en 1977 après la fusion des communes. Le village tire son nom d’une éphémère exploitation minière remontant au 16e siècle. Édifice public né dans nos régions au 19e siècle, le lavoir doit répondre à certains besoins. Typiquement rural, il est l’endroit où l’on vient laver son linge exclusivement. Il participe à la vie courante de la communauté paysanne et occupe une place importante au sein du village. Beaucoup d’entre eux n’ont malheureusement pas survécu à l’invention des machines électriques et les survivants restent aujourd’hui des témoins d’une époque révolue. L’ancien lavoir de Noirefontaine est un des très rares exemples wallons ayant fait l’objet d’une mesure de classement au titre de monument. Édifié sans doute au 19e siècle avec des pierres calcaires, ce lavoir trouve sa place dans une construction datant du premier quart du 20e siècle.

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Maison de la Poulie

Rue de la Poulie, 6830 Bouillon, Belgique

Classement comme monument le 27 mai 2010

De l’autre côté du méandre de la Semois se trouve le pont de la Poulie, dit également pont de Cordemois. Enjambant la rivière à l’ouest de la ville, ce pont en schiste a été construit en 1930 par l’architecte Henri Vaes à la demande de l’abbaye Notre-Dame d’Orval afin de pouvoir desservir l’abbaye de Clairefontaine située dans le hameau de Cordemois. Juste en face se trouve l’ancien corps de garde de la porte de la Poulie, devenue maison du passeur jusqu’à la construction du pont. Ce modeste bâtiment a été édifié à la fin du 17e siècle ou au début du 18e siècle. Dans les années 1950, la maison sert de conciergerie à l’abattoir communal et accueille de nos jours le siège du centre culture et loisirs de Bouillon. Sous l’Ancien Régime, elle faisait partie de l’enceinte défensive de la ville, ponctuée de neuf bastions érigés tous les 180 mètres dans le méandre de la Semois et dont trois subsistent actuellement. Les anciennes portes de la ville n’existent plus aujourd’hui ; la maison de la Poulie se trouvait à côté de l’une d’elles. Non loin du pont de la Poulie se trouve le bastion de Bretagne, proche de la maison du Prévôt. Ces quelques constructions rappellent le passé de place forte de la ville et les travaux de modernisation du système de défense par Vauban et Choisy dans les dernières années du 17e siècle. À côté du pont s’aperçoit une sculpture moderne de Jean-Paul Couvert évoquant la Semois.

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Couvent des sépulchrines de Bouillon

Rue du Collège, 6830 Bouillon, Belgique

Classement comme monument le 1er octobre 1991

L’installation de l’ordre des sépulchrines à Bouillon remonte à 1626, suite à l’autorisation donnée par le prince-évêque de Liège, Ferdinand de Bavière. Le couvent connaît rapidement une belle notoriété et devient prospère suite à l’ouverture d’une école. Les dots et donations en argent et en immobilier font du couvent une puissance financière qui remplit même le rôle de banque dans le duché de Bouillon. Les sœurs possèdent de nombreuses fermes dans le duché, mais aussi en France et font exploiter de mains de maître des moulins et des ardoisières. Des centaines de pensionnaires ont fréquenté le couvent pendant ses 168 ans d’existence. Le couvent est supprimé en 1794 par la République française, puis vendu comme bien national en 1797. Les religieuses sont dispersées et le nouveau propriétaire du couvent vend progressivement les bâtiments qui deviennent des habitations privées. À la fin du 19e siècle, un industriel rachète la quasi-totalité du couvent et construit une usine dans le jardin. Celle-ci est démantelée en 1970 et les bâtiments sont progressivement remis en état. Le couvent a été érigé en deux périodes : de 1626 à 1640 pour les cuisines, les logements et la chapelle primitive ; de 1735 à 1750 pour la formation d’un grand quadrilatère de 40 m de côté et l’aménagement d’un jardin au bord de la Semois. Actuellement, les trois corps de bâtiment abritent l’Archéoscope Godefroid de Bouillon et une très belle salle communale.

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Palais ducal, actuel hôtel de ville de Bouillon

Place Ducale, 6830 Bouillon, Belgique

Classement comme monument le 4 novembre 1976

Le palais ducal était sous l’Ancien Régime la résidence du gouvernement bouillonnais. Intégré dans un ensemble architectural homogène, il rappelle d’autres constructions du 18e siècle situées en ville. Il abrite aujourd’hui l’hôtel de ville et domine la place ducale. On ne sait pas grand-chose de ce bâtiment mentionné sur le plan de Bouillon en 1750 comme le « palais du prince », évocation de la personne du duc de Bouillon Godefroid-Maurice de la Tour d’Auvergne. Situé stratégiquement dans le prolongement du château, le bâtiment pourrait dater du 17e siècle. Quelques documents d’archives précisent toutefois qu’il fut embelli au 18e siècle afin de le doter d’un cachet à la hauteur de sa fonction. Nationalisé après la Révolution française, le bâtiment devient mairie sous le régime français puis acheté par les autorités communales en 1840 pour y abriter officiellement les services communaux. Si l’extérieur de l’édifice est assez modeste et ne rivalise pas avec d’autres bâtiments bouillonnais contemporains, on y retrouve quelques belles pièces à l’intérieur. Accessible par un escalier en colimaçon, la salle des mariages est lambrissée et décorée de peintures d’artistes locaux des 19e et 20e siècles. À l’arrière de l’ensemble, un ancien corps de garde construit en 1715 abrite la salle du conseil communal. Une extension a également été construite dans les années 1930.

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Hôtel Spontin, actuel musée ducal

Place Ducale, 6830 Bouillon, Belgique

Classement comme monument le 13 septembre 1977

Le 3 février 1714, Nicolas-Joseph de Spontin, conseiller à la Cour souveraine du duché de Bouillon, fait ériger un hôtel particulier à proximité du palais ducal. L’immeuble reste la propriété de cette importante famille de magistrats d’origine liégeoise jusqu’en 1804. Passé entre diverses mains par la suite, il est cédé à la ville de Bouillon en 1839 qui y installe l’école communale des garçons. En 1929, le bâtiment est transformé en hôtel avant d’être finalement réaffecté en musée à la fin des années 1950. Bien qu’aménagé pour y abriter des collections, l’intérieur de l’hôtel Spontin témoigne encore aujourd’hui de l’esprit du 18e siècle : lambris d’époque, rampe d’escalier en fer forgé… Le musée couvre aujourd’hui près de dix siècles d’art et d’histoire, du Moyen Âge à nos jours, avec Bouillon comme dénominateur commun. On y évoque les croisades et Godefroid de Bouillon, l’histoire du duché de Bouillon au travers de sculptures, enluminures, orfèvrerie, ivoires, textiles, céramiques… Les amateurs de peinture découvriront de nombreuses œuvres d’artistes de la région ayant œuvré aux 19e et 20e siècles. Le passé industriel bouillonnais est lui aussi évoqué, notamment les usines métallurgiques fermées dans les années 1970. Le tout prend place dans l’ancien hôtel Spontin mais également dans l’ancienne résidence du gouverneur du duché de Bouillon.

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