Monuments

PSICHARI Ernest

Monument Ernest Psichari, sculpteur/architecte inconnu, 23 août 1920.

Durant les combats particulièrement meurtriers qui se déroulent au mois d’août 1914 dans toute la province de Luxembourg (bataille des frontières), un jeune lieutenant français, du 2e régiment d’artillerie coloniale, perd la vie à l’entrée du village de Rossignol. S’il est enterré au cimetière militaire français de l’orée de la forêt (Rossignol) dès 1919, avec des dizaines d’autres de ses compagnons d’infortune, un premier monument est érigé en son honneur, dans l’espace public, quelques mois après l’Armistice (1920). Ce combattant n’est pas ordinaire : petit-fils de Renan, il est aussi l’un des tout premiers écrivains français tombés au champ d’honneur ; de surcroît, ses ouvrages les plus récents et son engagement dans la foi catholique donnent matière à transformer la mort d’Ernest Psichari en un martyr chrétien ou en un héros militaire.
Né à Paris un 27 septembre 1883, Ernest Psichari est le fils du philologue Jean Psichari co-fondateur de la Ligue des Droits de l’homme, et, par sa mère, le petit-fils d’Ernest Renan et l’arrière-petit-neveu du peintre Ary Scheffer. Alors qu’il étudie la philosophie à Paris, au tournant des XIXe et XXe siècles, Psichari publie ses premiers poèmes qui s’inscrivent dans le courant symboliste. Désireux de servir la France, il délaisse une thèse de doctorat entamée sur le thème de « la faillite de l’idéalisme » pour le métier des armes (1904). Jeune brigadier, membre d’une expédition géographique, il tire de ses premiers services dans l’Oubangui-Chari-Tchad français (1906-1907) une nouvelle inspiration pour un récit de voyage qu’il rédige à son retour (Terres de soleil et de sommeil, 1908, couronné par l’Académie française). Essentiellement descriptif, Terres contient un étonnant dernier chapitre où on lit à la fois une justification de la colonisation, une apologie de la guerre, et une affirmation de la supériorité des blancs sur les noirs. Quand le sous-lieutenant de l’École d’artillerie de Versailles parvient à reprendre du service en Mauritanie (1909-1912), il se révèle un militaire aguerri, particulièrement attentif à affirmer la présence française. C’est en Afrique qu’il écrit L’Appel des armes, un roman à thèse qui, publié en 1913, tourne le dos au symbolisme et amplifie les idées en germe dans le dernier chapitre de Terres. Il s’agit d’un tournant dans sa pensée. Cet ami de Péguy y exprime un nationalisme hargneux et une pensée réactionnaire. « Le petit-fils de Renan, jusqu’alors connu pour son activité dreyfusarde et socialiste » (NÉAU-DUFOUR) change de camp, choisit celui de l’ordre, au point que certains historiens verront dans L’Appel des armes l’un des premiers témoignages d’une sensibilité préfasciste (GIRARDET).
Cependant, contrairement à ses contemporains – Péguy, Barrès ou Maurras –, Psichari ne cherche pas à élaborer une vision politique ; il n’aboutit à une forme de nationalisme intégral qu’en raison de sa propre crise intérieure qui n’est pas encore terminée. En effet, tandis que sa vie affective continue de connaître d’importants déchirements, éloignée cependant des périlleux chemins de traverse qu’il avait empruntés jadis, il abjure sa foi orthodoxe pour être baptisé selon le rite catholique. La quête sous-jacente d’une mystique le conduit sur le chemin du catholicisme intégral (vers 1912) et il réécrit par deux fois son dernier opus, en donnant une large place à « la recherche de la foi », tout en y manifestant un esprit de tolérance – notamment à l’égard de l’Afrique – et en se référant aux idéaux de 1789. Accoler une étiquette définitive à la pensée de Psichari apparaît par conséquent bien difficile. C’est à titre posthume que paraîtront en 1916 Le voyage du centurion, où il raconte les étapes de sa conversion, puis, en 1920, Les voix qui crient dans le désert.
Psichari achève l’écriture de ses deux romans autobiographiques, relevant de la « littérature catholique », quand éclate la Grande Guerre. Celle-ci l’empêche de prononcer ses vœux et d’entrer définitivement dans l’ordre des Dominicains. Envoyé sur le front belge, il se réjouit de prendre les armes pour ramener l’Alsace et la Lorraine dans le giron de la nation française. Mortellement touché au combat, le 22 août, à Rossignol, il est l’un des tout premiers écrivains, lieutenant appartenant au milieu intellectuel de son temps, à laisser la vie sur le champ de bataille. Celui qui était l’ami de Charles Péguy (tué lui aussi au combat quinze jours plus tard) et de Jacques Maritain devient très rapidement, dans la presse, la figure du héros militaire et celle du martyr chrétien. Après l’Armistice, sous la plume d’auteurs aussi divers que Henri Massis, Charles Maurras, Maurice Barrès, Jacques Maritain, Robert Garric, Charles de Gaulle, François Mauriac, Edmond Rostand et bien d’autres, on se dispute la mémoire de cette sorte de héros national de la France, défenseur de la patrie, de la nation et de l’Église.
Le monument inauguré à Rossignol le 23 août 1920 n’échappe pas à cette compétition mémorielle. L’initiative est revient à Henri Massis, critique littéraire parisien déjà proche de Maurras et de l’Action française, ainsi qu’au poète et juriste bruxellois Thomas Braun, grand admirateur de l’Ardenne, et à Jean Psichari, le père d’Ernest. L’inauguration se déroule après une cérémonie religieuse célébrée par un père dominicain du prieuré Saulchoir, celui-là même où Psichari devait faire son noviciat. En présence du colonel français Cayrade, elle se déroule à l’endroit (ou près de l’endroit) où le soldat tomba à la tête de sa batterie. La presse s’en fait particulièrement l’écho, Le XXe siècle consacrant plus d’une page à honorer Ernest Psichari. D’autres initiatives seront prises par la suite dans le village de Rossignol qui devient, dans l’Entre-deux-Guerres, un lieu de pèlerinage particulièrement fréquenté par les milieux catholiques belges et français, qu’il s’agisse des scouts, des jécistes, des acéjibistes ou de la Ligue des familles nombreuses.
En bord de route, à quelques dizaines de mètres du cimetière civil, le monument Psichari s’élève en trois niveaux ; un large socle en pierres du pays accueille le monument proprement dit, composé d’une base en pierres légèrement arrondies qui supportent un obélisque d’environ 2 mètres de haut. Sur la face avant de l’obélisque, un glaive dressé verticalement est surmonté de l’inscription :

ERNEST
PSICHARI

Du côté droit, au sommet de l’obélisque a été gravée la date du 22 août 1914, tandis qu’à gauche apparaît la mention « ici tomba ». Sur le socle, on peut voir deux flambeaux avec les inscriptions :

LES TROUPES DE LA MARINE (à droite)
LE SOUVENIR FRANÇAIS (à gauche)

Aucune indication ne permet de connaître le nom du sculpteur ou de l’architecte ayant conçu ce monument.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse (en particulier la période d’août 1920 et Le XXe siècle)
Daniel CONRAADS et Dominique NAHOÉ, Sur les traces de 14-18 en Wallonie, Namur, IPW, 2013, p. 137
Frédérique NÉAU-DUFOUR, Ernest Psichari : l’ordre et l’errance, Paris, éd. du Cerf, 2001
Raoul GIRARDET, La société militaire dans la France contemporaine 1815-1939, Paris, Plon, 1953, p. 307
http://www.ftlb.be/pdf/WAR14-18.pdf
http://ftlb.be/fr/attractions/fiche.php?avi_id=2852
www.STADTAUS.com_rossignol_ernest_psichari.pdf (s.v. juillet 2015)

 

Monument Ernest Psichari (Rossignol)

Monument Ernest Psichari (Rossignol)

Monument Ernest Psichari (Rossignol)

Monument Ernest Psichari (Rossignol)

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rue Camille Joset – 6730 Rossignol (Tintigny)
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PSICHARI Ernest
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Monument Ernest Psichari (Rossignol)
Monument Ernest Psichari (Rossignol)
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PIRMEZ Octave

Stèle à la mémoire d’Octave Pirmez, réalisé sur base des dessins réalisés par Philippe Busine,1er mai 2013.

À plusieurs reprises, les autorités locales d’Acoz ont rendu hommage à Octave Pirmez (Châtelet 1832 - Acoz 1883), citoyen de l’entité décédé en 1883, le 1er mai. En 1932, le centième anniversaire de la naissance de l’écrivain a donné lieu à de très importantes manifestations. Si les cérémonies n’ont pas manqué en 1983, pour commémorer les cent ans de sa disparition, c’est en 2013, que les autorités de Gerpinnes lancent plusieurs animations et inaugurent, dans l’espace public, une stèle en pierre bleue, réalisée par la marbrerie fleurusienne Pyrotech, sur un dessin de Philippe Busine... Fondée en 1865 par Octave Pirmez, la Société des Fanfares d’Acoz ne pouvait manquer ce rendez-vous au cours duquel des récitants font aussi revivre des extraits de l’œuvre de l’écrivain.
La forme rectangulaire du monument évoque celle de la Tour octavienne, lieu d’écriture privilégié d’Octave Pirmez ; le bâtiment désormais en ruine est représenté sur l’une des faces de la stèle ; sur deux autres côtés, ont été gravées deux citations de Pirmez :

« J’ai consumé dans/ la vallée d’Acoz/ vingt étés et/ autant d’hivers./ Elle a pris ma vie/ tout en/ m’inspirant./ Elle et moi nous/ ne faisons plus/qu’un./ Puis-je l’oublier/ dans mes livres ? »

« Quelle que/ soient la douceur/ et la majesté/ des sites que/ nous parcourons,/ nul ne nous/ touche aussi/ profondément/ que la contrée/ où s’éveillent/ nos premières/ émotions./ Là gît la racine/ de notre vie. »

Sur la quatrième face, celle qui est orientée vers le ruisseau, on peut lire au-dessus de la gravure d’une main tenant la plume :

OCTAVE
PIRMEZ
1832
1883

À l’entrée du Ravel, le monument est proche à la fois de l’ancienne Tour et du château Pirmez. Acquis par sa mère en 1856, le château d’Acoz est entièrement restauré (1859) et sera le lieu de résidence principal de l’écrivain pendant plus de vingt ans. Ayant choisi de s’isoler du monde, Pirmez développe une écriture centrée sur sa personne, sa vie sentimentale et une profonde mélancolie. Il se livre à une forte introspection psychologique et apparaît, aux yeux de certains critiques, comme le parangon de l’écrivain wallon. À l’inverse, d’autres considèrent que l’œuvre de « ce dandy désuet » ne mérite pas de survivre (Piron). Si des pérégrinations en Europe inspirent à Pirmez quelques belles pages de ses romans, c’est par contre dans la romantique vallée d’Acoz et à l’ombre de la tour d’Acoz qu’il écrit Les feuillées, pensées et maximes (1861), Jours de solitude (1869) et Heures de philosophie (1873), Remo. Souvenir d’un frère (1881) et ses nombreuses lettres à José de Coppin (Lettres à José, 1881).
Président de l’asbl 4e centenaire de la Châsse de Sainte Rolende, président de l’harmonie de Gerpinnes, l’architecte Philippe Busine est particulièrement impliqué dans la vie culturelle de Gerpinnes. Cousin de Laurent et frère de Gabriel Busine, il n’a jamais quitté le village d’Hymiée où il a installé son bureau d’architecte et à partir duquel il mène plusieurs projets à caractère social. Plusieurs fois sollicité par les partis politiques traditionnels, il se laisse convaincre en 2005 et est candidat cdH lors du scrutin d’octobre 2006. Meilleur faiseur de voix, il décroche le maïorat et est confirmé dans ses fonctions, six ans plus tard. C’est par conséquent un maïeur-architecte qui conçoit et inaugure le monument Octave Pirmez.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Maurice WILMOTTE, dans Biographie nationale, t. 17, col. 622-637
Maurice PIRON, Les lettres wallonnes dans la Littérature française, Paris, Larousse, 1969, t. II p. 372
Marguerite YOURCENAR, Souvenirs pieux, Paris, 1973
La Vie wallonne, 15 novembre 1922, XXVII, p. 110 et ssv. ; 15 août 1924, XLVIII, p. 481-495 ; 15 septembre 1924, XLIX, p. 14 et ssv. ; 15 novembre 1924, LI, p. 93-106 ; 15 décembre 1924, LII, p. 133-152 ; mars 1931, CXXVII, p. 323-327 ; 1963, I, p. 73 ; 1983, I, n°381, p. 54-55
Histoire de la Wallonie (L. GENICOT dir.), Toulouse, 1973, p. 399
Joseph HANSE, dans La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. II, p. 384-385
http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:tSKUttIxxQAJ:www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid%3DDMF20130226_00273786+&cd=5&hl=fr&ct=clnk&gl=be
http://acoz.skynetblogs.be/archives/category/05-acoz-histoire-patrimoine/index-1.html/ (s.v. juillet 2015)
Cécile VANDERPELEN-DIAGRE, Des hommes d’élite ? L’identification des écrivains à une classe sociale en reconstruction (Belgique, XIXe siècle), Contextes 8, 2011, http://contextes.revues.org/4717 (s.v. octobre 2015)

 

Stèle Octave Pirmez (Acoz)

Stèle Octave Pirmez (Acoz)

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à l’entrée de la rue de la Tour octavienne, à hauteur du Ravel, sur la ligne 138 – 6280 Acoz
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PIRMEZ Octave
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Stèle Octave Pirmez (Acoz)
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PIRE Dominique

Plaque commémorative sur la maison natale de Dominique Pire, date inconnue.

Le nombre de Wallons ayant reçu le Prix Nobel se compte sur les doigts d’une main : dans l’ordre chronologique, Jules Bordet (1919), Dominique Pire (1958) et, ensemble, Albert Claude et Christian de Duve (1974). Hormis quelques noms de rue, on chercherait presque en vain des lieux où ces personnalités historiques font l’objet d’un hommage dans l’espace public wallon. Certes, depuis les années 1960, Bordet est commémoré à Soignies. Quant à Dominique Pire (1910-1969), son souvenir semble pâtir d’une ambiguïté « originelle ». Né à Leffe, dans l’entité de Dinant, où il a vécu ses vingt premières années, le père Pire a parcouru le monde tout en faisant du Couvent de la Sarte, à Huy, son nouveau point d’ancrage, établissant, de surcroît, à Tihange, son Université de la Paix en 1960. Si les autorités hutoises avancent l’idée de créer au sein du fort de Huy un espace dédié aux Prix Nobel (1998-1999), lorsqu’est commémoré le 40e anniversaire de l’attribution du prix au Père Pire, c’est à une initiative privée que l’on doit, cinq ans plus tard, la création d’un espace de paix et de méditation dédié à Dominique Pire, dans son village natal de Leffe.

Entre-temps, une plaque a été apposée sur sa maison natale

 

ICI EST NÉ LE 10 FÉVRIER 1910   (1969)
LE R. PÈRE DOMINIQUE GEORGES PIRE
PRIX NOBEL DE LA PAIX 1958

« SON AMOUR DES HOMMES
N’AVAIT PAS DE FRONTIÈRES »

 

À l’occasion du 45e anniversaire de la remise du Prix Nobel au père Dominique Pire, une série d’activités sont organisées à Dinant, plus précisément à Leffe, à l’initiative de l’association « Espère en Mieux » (et les historiens Jacques Olivier et Claudy Burnay), en collaboration avec le Centre culturel régional de Dinant et le soutien de l’abbaye de Leffe. Outre une importante exposition, un « espace de paix et de méditation » est ainsi officiellement inauguré, le 28 septembre, devant un parterre de personnalités (dont l’ambassadeur de Norvège), à côté de l’église Saint-Georges, à l’endroit où se trouvait le vieux cimetière de Leffe ; la stèle rénovée du père Pire y voisine avec neuf panneaux didactiques. Une entrée se fait par le square Dominique Pire. Saccagé durant l’été 2012, l’espace a été remis en état l’année suivante et n’est plus accessible sans surveillance.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

 

Plaque Dominique Pire (Dinant)

Plaque Dominique Pire (Dinant)

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Adresse : 
113 rue Saint Pierre – 5500 Dinant
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PIRE Dominique
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Plaque Dominique Pire (Dinant)
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PIERLOT Hubert

Monument Hubert Pierlot, réalisé à l’initiative de la Fondation Hubert Pierlot, 5 mai 1990.

Issu d’une famille exploitant les ardoises dans le Luxembourg, Hubert Pierlot (Cugnon 1883 – Uccle 1963) étudie le droit à l’Université catholique de Louvain dont il sort docteur. Avocat, il est volontaire de guerre au 20e de ligne durant la Grande Guerre. Élu député catholique de l’arrondissement de Neufchâteau en 1925, sénateur provincial (1926-1946), Hubert Pierlot a joué un rôle important dans la vie politique belge, avant, pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale. Homme rigoureux, intègre, appréciant l’ordre dans le respect des prescrits constitutionnels, il devient ministre de l’Intérieur (1934-1935) et, à ce titre, fait interdire les milices privées. Ministre de l’Agriculture (1935-1939), mais surtout président de l’Union catholique belge (1935-1936), il refoule la tentation rexiste. Défenseur de la politique dite de neutralité présentée en 1936 par Léopold III et P-H. Spaak, il hérite du poste de Premier Ministre en 1939 et devient ainsi l’un des rares Wallons qui accèdent à cette fonction au XXe siècle (quatre catholiques et un socialiste). Chef du gouvernement belge à Londres, en totale opposition avec Léopold III, il reste Premier Ministre jusqu’en janvier 1945. Nommé Ministre d’État en 1945, il réussit à rassembler tous les piliers catholiques autour d’un programme politique commun au nouveau PSC-CVP. Mais quand il veut se présenter au Sénat, début 1946, les pressions internes à sa famille politique sont telles qu’il préfère se retirer de la vie politique. La charge polémique de la Question royale contribuera à maintenir Hubert Pierlot dans l’ombre qu’il avait choisie, ne rompant le silence qu’une seule fois dans une série d’articles parus dans Le Soir en juillet 1947.
Aucune autorité publique ne prendra dès lors la responsabilité de commémorer son souvenir. En 1966, trois ans après son décès, une Fondation voit le jour, mais les premières biographies scientifiques sur Pierlot ne paraîtront qu’au XXIe siècle. Quant au monument élevé à Cugnon, le village natal d’Hubert Pierlot, il est dû à l’initiative de la Fondation qui porte son nom. Celle-ci a obtenu le patronage du gouverneur de la province de Luxembourg, Jacques Planchard, et du collège des bourgmestre et échevins de Bertrix, mais aucune personnalité ne représente officiellement les autorités belges, le 5 mai 1990 pour la cérémonie d’hommage et l’inauguration du monument à l’ancien Premier Ministre. Parmi l’assistance, on reconnaît notamment deux parlementaires de la province (Joseph Michel et Jacques Santkin), d’anciens militaires, des résistants, des représentants d’associations patriotiques, des amis de la famille et les membres de celle-ci. Après une cérémonie dans l’église de Cugnon, l’hommage se poursuit sur la place, juste à côté, en présence des Chasseurs ardennais, avec le dévoilement du monument commémoratif composé de deux plaques de schiste scellées dans un impressionnant mur de pierres du pays. Sobre voire austère, le monument ne donne à voir aucune représentation de Hubert Pierlot (ni buste, ni bas-relief, ni médaillon), se contentant de faire apparaître en lettres rouges sur la plaque principale, l’inscription suivante :

A  LA  MÉMOIRE
DE        HUBERT
MARIE-EUGÈNE
COMTE PIERLOT
ENFANT DU PAYS
PREMIER MINISTRE
DE   1939  À  1945

Quant à la seconde plaque, verticale, côté rue, elle reprend la devise de l’homme politique : Pro Patria Semper.
Les discours prononcés en mai 1990 témoignent que les controverses et les polémiques du passé ne sont pas effacées, en dépit des appels à la réconciliation. Si l’inauguration se déroule symboliquement en mai 1990, cinquante ans après le début de la Seconde Guerre mondiale, cela résulte davantage du hasard que de l’intention, selon les organisateurs qui n’évitent pas une autre coïncidence : l’inauguration du monument Pierlot se tient très peu de temps après la crise constitutionnelle déclenchée par le roi Baudouin, suite à son refus de contresigner la loi dépénalisant partiellement l’avortement. À cinquante ans de distance, se posait ainsi, nolens volens, la même question sur l’impossibilité de régner.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Pierre VAN DEN DUNGEN, Hubert Pierlot (1883-1963), La Loi, le Roi, la Liberté, Bruxelles, Le Cri, 2010 (Prix Stengers 2011)
Thierry GROSBOIS, Pierlot 1930-1950, Éditions Racine, Bruxelles, 2007
William UGEUX, dans Biographie nationale, t. 40, col. 704-715
Cérémonie d'hommage au comte Hubert Pierlot, Premier ministre de 1939 à 1945. Inauguration d'un monument commémoratif, le 5 mai 1990 à Cugnon, Bruxelles, Fondation Pierlot, 1991

 

Monument Hubert Pierlot (Cugnon)

Monument Hubert Pierlot (Cugnon)

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1 rue Jules Pierlot – 6880 Cugnon
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PIERLOT Hubert
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Monument Hubert Pierlot (Cugnon)
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PATTON George

Monument d’hommage au général Patton avec médaillon, réalisé par Victor Demanet, 26 mai 1957.

Six ans avant Bastogne, les autorités de la ville d’Arlon prennent l’initiative de célébrer le célèbre général américain George Patton, le vainqueur de la bataille des Ardennes fin 1944, début 1945. L’idée d’un monument revient en particulier à la Commission des Fêtes d’Arlon, présidée par Julien Breyer. L’ensemble est réalisé par le Service communal des Travaux sur base des plans de son directeur René Barbier. L’obélisque est offert par le sénateur Gilson d’Izel et le médaillon est l’œuvre de Victor Demanet. L’inauguration se déroule le 26 mai 1957 en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, dont le gouverneur du Luxembourg Octave Lohest et le général américain Fleming, commandant la « US Communication Zone/Advance Sector à Verdun ». Le profil droit de Patton apparaît dans un grand médaillon en bronze et précède un double texte – français puis anglais – gravé dans la pierre de la stèle :

D’ICI
LE 24 DÉCEMBRE 1944
LE GÉNÉRAL PATTON
LANÇA LA 3E ARMÉE
DANS LA BATAILLE DES ARDENNES

FROM THIS POINT
ON DECEMBER 24, 1944
GENERAL PATTON
SENT FORTH THE BIRD ARMY
INTO THE BATTLE OF THE ARDENNES

L’endroit où est implanté le monument est celui où le militaire américain aurait motivé ses troupes, en vue de la contre-offensive des Ardennes, contre les armées du maréchal von Rundstedt. La tactique de ce dernier vise à prendre les ponts de la Meuse et à séparer les armées anglaises des forces américaines pour reprendre le port d’Anvers. C’est autour de Bastogne que la bataille décisive se déroule au cours d’un hiver particulièrement terrible. Encerclées par la 5e Panzer Armee, les troupes alliées parviennent à résister et reçoivent finalement l’aide de l’aviation avant que la division blindée de George Patton entre dans la ville le 26 décembre, créant un couloir de communication entre les défenseurs de Bastogne et les renforts. L’accomplissement de ce fait d’armes était remarquable. Le monument arlonais rend ainsi hommage au général américain qui commanda notamment la 7e puis la 3e armée des États-Unis lors de la libération de l’Europe.
Depuis son plus jeune âge, servir l’armée américaine est l’objectif de George Smith Patton Jr. Actif au Mexique contre Pancho Villa, en Europe de l’ouest lors de la Grande Guerre, il est un ardent défenseur d’un accroissement de la puissance matérielle de l’armée US. Ayant débarqué au Maroc en 1942, il mène la campagne de Tunisie, conduit les troupes de la 7e armée en Sicile et arrive le premier à Messine (17 août 1943). Après le débarquement en Normandie, il reçoit le commandement de la 3e armée, mène une guerre éclair jusqu’en Lorraine, se montre décisif dans la bataille des Ardennes et poursuit sa route vers l’Allemagne. Nommé brièvement gouverneur militaire de la Bavière avant d’être affecté au commandement de la 15e armée, il est victime d’un accident de la route et succombe à ses blessures (21 décembre), un an presque jour pour jour après la libération de Bastogne.
Sculpteur des rois et des reines, des soldats et des résistants, des personnages historiques lointains comme de personnalités contemporaines, Victor Demanet a fait de l’espace public, notamment de Wallonie, sa galerie d’exposition. Remarqué au Salon des Artistes français de Paris, en 1923, pour son buste de Bonaparte à Arcole, il s’est rapidement imposé comme un portraitiste de talent auquel sont confiées de nombreuses commandes publiques. Ayant grandi au confluent de la Sambre et de la Meuse où ses parents tiennent un commerce d’antiquités au cœur de la ville, Victor Demanet (Givet 1895 – Namur 1964) était appelé à leur succéder si ses études à l’Académie des Beaux-Arts (1916-1919), ne lui avaient pas donné le goût de la pratique de la sculpture. Élève de Désiré Hubin, Demanet eut la révélation en voyant des œuvres de Constantin Meunier et surtout celles traitant de la thématique sociale et ouvrière développée par le peintre/sculpteur bruxellois. Lors d’un séjour à Paris, les œuvres de Rude, Carpeaux et Rodin avaient fini de convaincre Demanet que sa voie était dans la sculpture. Comme d’autres artistes de son temps, il va réaliser plusieurs monuments aux victimes des deux guerres ; auteur de plusieurs dizaines de médailles, il poursuit aussi une œuvre plus personnelle à l’inspiration comparable à celle de Constantin Meunier, avec de nombreux représentants du monde du travail. Sur le bord de la veste du général Patton, la signature de V. Demanet est particulièrement apparente.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 397
Jacques CHAMPAGNE, Arlon et son Patrimoine, Mémoires de bronze et de granit, t. I, Arlon, éditions Glane, province de Luxembourg 2011
Jacques TOUSSAINT, Les médailles du sculpteur-médailleur Victor Demanet (1895-1964), dans Revue belge de numismatique et de sigillographie, Bruxelles, 1984, n°130, p. 141-204 + planches
Jacques TOUSSAINT, Victor Demanet dans Arts plastiques dans la province de Namur 1800-1945, Bruxelles, Crédit communal, 1993, p. 147
http://users.skynet.be/fa530432/Intro/Monuments.htm
http://www.luxembourg-belge.be/diffusio/fr/je-choisis/visiter/tourisme-memoire/2eme-guerre/arlon/le-monument-au-general-patton_TFO10024.php
http://ftlb.be/fr/attractions/fiche.php?avi_id=1551 (s.v. juillet 2015)

 

Monument général Patton (Arlon)

Monument général Patton (Arlon)

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place du 12e Bataillon de Fusiliers « Remagen », au carrefour des rues de Bastogne et de Neufchâteau – 6700 Arlon
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PATTON George
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Monument général Patton (Arlon)
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PASTUR Paul

Statue à la mémoire de Paul Pastur, réalisée par Alphonse Darville, 28 octobre 1950.

Au cœur du piétonnier qui longe les bâtiments de l’Université du Travail, une imposante statue en bronze représentant Paul Pastur (1866-1938) rend hommage à celui qui contribua à la fondation de l’établissement scolaire et fut, pendant de longues années, un bâtisseur tant à Charleroi que dans la province du Hainaut, préoccupé aussi par la question wallonne. Réalisé par Alphonse Darville à la demande de la province du Hainaut, le monument a été inauguré en octobre 1950, quelques semaines à peine après la fin de la Question royale.
Avocat au barreau de Charleroi, grand ami de Jules Destrée, Pastur resta marqué toute sa vie par les événements sociaux de 1886 et se fera le défenseur acharné du suffrage universel et de législations sociales favorables aux travailleurs. Dirigeant du POB naissant, échevin de Charleroi entre 1896 et 1900, il n’acceptera que des mandats à l’échelon provincial : de 1900 à 1938, il est l’un des députés permanents du Hainaut et, à ce titre, consacre ses meilleurs efforts pour démocratiser l'enseignement et la culture, et pour favoriser une société des loisirs qui contribue à l’émancipation des individus. Initiateur de l'École industrielle supérieure provinciale (1903) qui devient l'Université du Travail en 1911, au moment de l’Exposition internationale de Charleroi, il est considéré comme le père de cet instrument destiné à former une main d’œuvre qualifiée pour l’industrie en pleine expansion. De Paul Pastur, on retient aussi volontiers qu’il introduit en Hainaut, sur l'exemple américain, une fête des mamans, le dernier dimanche de mai (1927), qui deviendra nationale dix ans plus tard. Il consacre aussi une attention particulière à l’obtention puis à l’amélioration de loisirs pour les travailleurs (temps de travail, infrastructures, etc.).
La réalisation du monument Pastur a été confiée à Alphonse Darville (1910-1990). Né à Mont-sur-Marchienne en 1910, formé à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, le jeune Darville a bénéficié très tôt de la confiance de ses contemporains, en particulier de celle de Jules Destrée et de Paul Pastur. À 20 ans, il était encore fort peu connu quand il s’était vu confier la réalisation du buste de Pierre Paulus. Ce n’est que l’année suivante, en 1931, que Darville recevra le Prix Godecharle puis, en 1935, le Premier Grand Prix de Rome. Co-fondateur de L’Art vivant au pays de Charleroi (1933), attaché à la promotion de la création artistique en Wallonie, co-fondateur de la section de Charleroi de l’Association pour le Progrès intellectuel et artistique de la Wallonie (1945), Darville contribue aussi à la création de l’Académie des Beaux-Arts de Charleroi, qu’il dirige de 1946 à 1972. En 1951, il signe l’insolite monument au pigeon-soldat qui trouve place dans le parc Astrid de Charleroi.
En 1950, le monument que Darville consacre à Pastur est l’un des plus spectaculaires, en tout cas l’ensemble est l’un des plus grands jamais réalisés par l’artiste. À l’arrière de la statue en bronze d’un Paul Pastur qui se tient debout, tenant son chapeau de la main droite, s’élève une sorte de tour de près de 10 mètres de haut sur laquelle sont délivrés plusieurs messages. D’abord, au-dessus de la statue elle-même, apparaît la mention :

PAUL PASTUR
1866 – 1938
AVOCAT
DEPUTE PERMANENT
FONDATEUR DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
DU HAINAUT
PRÉSIDENT DE L’UNIVERSITÉ DU TRAVAIL
1902 – 1938

Au sommet de cette face de la tour, est gravé le sigle de l’UT. Sur les faces latérales, Darville a donné libre cours à son inspiration pour réaliser une allégorie de la jeunesse et de la culture ; à l’arrière, le blason de la province est gravé dans la pierre, avec la mention

A PAUL PASTUR
LE HAINAUT RECONNAISSANT
INAUGURE LE 28 – 10 – 1950

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse dont La Nouvelle Gazette, le Journal et Indépendance, 15 juillet 1991
Jacques GUYAUX, Paul Pastur, la grandeur du Hainaut, Bruxelles, éd. Labor, Institut Destrée, Fonds Pastur, 1978, p. 115-116
Paul DELFORGE, Paul Pastur, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. III, p. 1240-1241
Geneviève ROUSSEAUX, Alphonse Darville sculpteur, Charleroi, Institut Jules Destrée, 1982, coll. « Figures de Wallonie »
Alphonse Darville : 60 [soixante] années de sculpture, catalogue d’exposition, 20 novembre 1982 - 16 janvier 1983, Jean-Pol DEMACQ [préface],  Charleroi, Musée des Beaux-Arts, 1982
Alphonse Darville 1977, Charleroi, Impaco, 1977
Paul DELFORGE, Essai d’inventaire des lieux de mémoire liés au Mouvement wallon (1940-1997), dans Entre toponymie et utopie. Les lieux de la mémoire wallonne, (actes du colloque), sous la direction de Luc COURTOIS et Jean PIROTTE, Louvain-la-Neuve, Fondation Humblet, 1999, p. 285-300
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 290 ; t. II, p. 190

 

Statue Paul Pastur (Charleroi)

Statue Paul Pastur (Charleroi)

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piétonnier de l’Université du Travail – 6000 Charleroi
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PASTUR Paul
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Statue Paul Pastur (Charleroi)
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PASQUIER GRENIER

Statue de Pasquier Grenier, réalisée par Christine Jongen, 25 mars 2004.

Bénéficiant d’un financement inscrit dans le cadre du Phasing out de l'Objectif 1, la ville de Tournai entreprend de valoriser davantage son patrimoine historique, au-delà du beffroi, de la cathédrale et du Pont des Trous. Via l’Intercommunale Ideta qui est le maître d’œuvre, un plan stratégique privilégie en effet depuis 1995 le développement touristique du Hainaut. Se concentrant sur le cœur historique de Tournai, les autorités locales confient à l’artiste plasticienne Christine Jongen (1949-) le soin de mettre en place une quinzaine de statues dans un parcours d’interprétation à travers la « Cité des cinq Clochers ». Une quinzaine de statues en bronze sont les étapes marquantes d’un circuit fortement balisé par une signalétique particulière. Touristes comme habitants de la cité sont ainsi invités à une promenade de deux heures, jalonnées de 43 étapes.
Afin de garantir la qualité de l’initiative communale, le bourgmestre, Roger Delcroix, a confié à un comité scientifique composé d’historiens, d’archéologues et de spécialistes des traditions locales la mission d’encadrer le projet. Répondant aux critères souhaités, Christine Jongen implante quinze statues sur les trottoirs de Tournai, entre la Grand-Place, l’Escaut, la Tour Saint-Georges et le Fort Rouge. Née à Bruxelles, formée en psychologie à l’Université libre de Bruxelles, Christine Jongen travaille comme journaliste à l'hebdomadaire Notre Temps (1975-1976), avant de se consacrer entièrement à la sculpture. Laissant son inspiration se nourrir aux sources les plus variées, de la Renaissance européenne aux grandes traditions asiatiques ou d’Amérique, elle s’oriente vers la peinture abstraite quand elle s’installe en France au début des années 1980. Menant aussi une réflexion continue sur l’art dans son essai À la recherche de formes, paru pour la première fois à la fin les années 1980, elle présente ses œuvres à plusieurs reprises (Paris, Bruxelles, Genève, Bordeaux, Bézier, Montréal, Rome, Barcelone, Avignon, Padoue, etc.) et dans divers salons d'art français (2000-2003).
Pour Tournai, Christine Jongen crée quinze statues, en bronze, de 70 à 75 centimètres de haut, qui toutes sont déposées sur des piliers de 2,8 m de haut, en bois, renforcés par une structure en inox. Coulées selon la technique de la cire perdue dans les ateliers de la fonderie Francart, à Crisnée, les statues sont autant de références au passé de Tournai, évoquant des fonctions (chanoine, évêque) ou des « activités » (tailleurs de pierre, portier, arbalétrier), comme des personnages historiques. Parmi celles-ci, Pasquier Grenier (c. 1425-1493) est celui qui symbolise le mieux le succès de la tapisserie tournaisienne. Il a été réalisé dès 2003 et inauguré le 25 mars 2004.
Au milieu du XVe siècle, les ateliers de Pasquier Grenier réalisent des œuvres remarquables et sont les fournisseurs attitrés de la cour de Bourgogne. Ils livrent aussi à Londres et à Paris. Homme d’affaires, riche collectionneur et diplomate, le plus célèbre des tapissiers tournaisiens exerce une forte influence sur la vie locale et peut aussi représenter la cité lors de missions à l’étranger. Grâce à la famille Grenier, Tournai est devenue le principal centre de l’industrie drapière en occident. D’une taille de 73 centimètres environ, du haut de son pilier, la statue de Pasquier Grenier jette un regard circulaire sur la Grand Place de Tournai, observant, sur sa droite, à quelques mètres, le monument Christine de Lalaing. Dans ses habits évoquant le XVe siècle, le personnage tient un parchemin dans sa main gauche.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
http://christine.jongen.pagesperso-orange.fr/GrilleJongen.htm (sv. septembre 2015)
http://www.badeaux.be/Balisages/Bal5/Site15/Site15.html

 

Statue Pasquier Grenier (Tournai)

Statue Pasquier Grenier (Tournai)

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Grand Place – 7500 Tournai
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PASQUIER GRENIER
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Statue Pasquier Grenier (Tournai)
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OCKERS Stan

Mémorial Stan Ockers, réalisé par Louis Van Cutsem, 4 mai 1957.

L’Anversois Stan Ockers (né Josephus Constant Ockers en 1920) a marqué l’histoire du cyclisme belge par ses performances en tant que coureur professionnel, et surtout il est entré dans la mémoire collective en raison de sa disparition tragique, en 1956, après une chute lors des Six Jours d’Anvers. Diverses manifestations d’hommage sont organisées à la suite de son décès, dont l’érection d’un monument à Gomzé-Andoumont, au sommet de la côte des Forges, l’une des dernières difficultés de la course Liège-Bastogne-Liège, épreuve qu’il avait remportée avec panache en 1955.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le « gamin de Borgerhout » s’était progressivement forgé un palmarès enviable en collectionnant les accessits des grandes courses d’un jour ainsi que des grands tours. Souvent bien classé au Tour de France (il est 2e du classement général en 1952 et remporte deux fois le classement par points (1955 et 1956), il connaît une année 1955 exceptionnelle, enlevant le bouquet final lors de la Flèche wallonne (pour la 2e fois, après 1953), de Liège-Bastogne-Liège (les deux courses forment le week-end ardennais), et du championnat du monde. C’est par conséquent un sportif en pleine force de l’âge et promis à de nombreux autres succès qui chute brutalement sur la piste du Sportpaleis d’Anvers, à l’occasion des Six Jours, le 29 septembre 1956. Son décès, le 1er octobre, suscite un vif émoi dans la population.
Le monument de la côte des Forges fut confié à Louis Van Cutsem (1908-1992). Certes influencé par les activités familiales – son père est responsable d’une entreprise de monuments funéraires établie à Evere –, Louis Van Cutsem reçut d’abord une formation de maçon, avant de s’inscrire à l’Académie de Saint-Josse, puis à l’Académie de Bruxelles où ses dons de sculpteur se révèlent. Lauréat de plusieurs prix, celui qui affectionne particulièrement de tailler directement dans la pierre bleue commence à travailler à Schaerbeek dans un atelier qui lui survivra (1936). Très tôt, ancien footballeur et athlète lui-même, il est attiré par la représentation des sportifs dont il fera sa spécialité : des grands de la boxe d’abord, des cyclistes ensuite (Romain Maes, Eddy Merckx, Rick Van Steenbergen et le mémorial Stan Ockers), des athlètes (Jef Rens) et des pilotes automobiles, etc. Portraitiste, médailleur, il travaille à la fois à partir du modèle, mais aussi de photographies. Par ailleurs, il ne résiste pas à l’envie de croquer des personnalités du monde politique et artistique ; à partir de 1932, il est membre du groupe « Mine souriante », composé d’humoristes bruxellois qui excellent dans le dessin. Enfin, Van Cutsem réalise encore divers trophées sportifs pour de nombreuses disciplines. Durant la Seconde Guerre mondiale, le sculpteur et sa femme apportent leur aide à plusieurs Juifs ce qui vaudra à Louis Van Cutsem d’être reconnu, par la suite, comme Juste parmi les Justes ; son aide à un réfugié russe lui vaudra une médaille de l’URSS. Après la Libération, Louis Van Cutsem signe aussi bien un buste de Fernand Demany (secrétaire du Front de l’Indépendance) qu’une haute statue de la Vierge, ainsi que plusieurs monuments aux victimes de la guerre. Il est le père de Simone, elle aussi sculptrice.
Inauguré le 4 mai 1957, la veille de Liège-Bastogne-Liège, le mémorial Stan Ockers, en pierre bleue de Liège, est situé devant ce qui était à l’époque la laiterie de la Croix Michel, le long de la grand-route reliant Aywaille à Beaufays. L’ensemble est imposant : sur une large base surélevée et construite en moellons, se dresse une sculpture originale représentant un Stan Ockers très réaliste, qui pédale sur un vélo figuratif ; à l’arrière un haut mur toujours en moellons soutient des écritures. En grand, apparaît le nom de STAN OCKERS et sur deux plaques sont gravés deux textes plus longs, l’un en français, l’autre en néerlandais :

3.2.1920 – 1.10.1956
SUR CETTE ROUTE, EN MAI 1953,
BÂTIT LA PREMIÈRE D’UNE SÉRIE
DE RETENTISSANTES VICTOIRES
INTERNATIONALES
____
FLÈCHE WALLONNE 1953
WEEK-END ARDENNAIS 1955
CHAMPIONNAT DU MONDE 1955
CHALLENGE DESGRANGE-COLOMBO 1955
ROME-NAPLES-ROME 1956

Depuis 1996, le « Cyclo-Club de Beaufays » organise chaque année le « mémorial Stan Ockers ».

Théo MATHY, Dictionnaire des sports et des sportifs belges, Bruxelles, 1982, p. 179
Didier MALEMPRÉ, Liège-Bastogne-Liège, une Doyenne vénérable et vénérée, Liège, Céfal, 2014
http://www.sonuma.be/archive/hommage-%C3%A0-stan-ockers
http://www.siteducyclisme.net/coureurfiche.php?coureurid=3051
http://www.tento.be/tentoonstelling/louis-van-cutsem-1908-1992-sportbeeldhouder-bij-uitstek (s.v. juin 2015)
Louis Van Cutsem. Un atelier de sculpteur à Schaerbeek, Bruxelles, Les Amis de la Maison des Arts et La Mine souriante, 1988
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 557
ENGELEN-MARX, La sculpture en Belgique à partir de 1830, Bruxelles, août 2006, t. VI, p. 3536-3537

 

Mémorial Stan Ockers (Gomzé-Andoumont, Sprimont)

Mémorial Stan Ockers (Gomzé-Andoumont, Sprimont)

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Thier des Forges – 4140 Gomzé-Andoumont (Sprimont)
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OCKERS Stan
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Mémorial Stan Ockers (Gomzé-Andoumont, Sprimont)
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O'KELLY John

Monument et bas-relief en l’honneur de John O’Kelly, réalisés par Maurice Bar et Freddy Wybaux, 7 mai 1957.

C’est à Jemeppe-sur-Meuse, en 1721, que la première machine à feu a été installée sur le continent européen. L’événement est d’importance. Quelques années auparavant, l’Anglais Thomas Newcomen avait inventé et construit un appareil à vapeur capable d’actionner une pompe. Cet engin – appelé pompe à feu – était bien supérieur à ceux utilisés jusqu’alors et suscita l’intérêt de nombreux investisseurs. D’importantes mesures de précaution furent prises sur l’île britannique pour protéger l’invention et empêcher qu’elles soient imitées ailleurs, notamment en principauté de Liège. Pourtant, trois hommes d’affaires liégeois parviennent à convaincre un collaborateur de Newcomen et c’est ainsi qu’une pompe à feu est montée dans un charbonnage situé entre Tilleur et Jemeppe-sur-Meuse, au puits du Vieux-Groumet. La machine de Newcomen trouve là sa première application dans l’industrie extractive et le pays wallon va rapidement devenir le moteur continental de la Révolution industrielle.
En raison de l’importance de l’événement, la Revue universelle des Mines, de la Métallurgie, de la Mécanique, des Travaux publics, des Arts et des Sciences appliqués à l’industrie, organe de l’Association des Ingénieurs sortis de l’École de Liège, décide d’inaugurer un monument à l’occasion des cérémonies prestigieuses de son centième anniversaire. S’étalant sur trois journées, le programme du « centième » prévoit trois journées de conférences consacrées à La Recherche scientifique et l’Industrie, une exposition dans le cadre de la Foire internationale des Mines, de la Métallurgie, de la Mécanique et de l’Électricité industrielle, et l’inauguration du monument O’Kelly.
D’originaire noble, John O’Kelly de Galway était né dans cette ville d’Irlande en décembre 1672 et mourra à Bruxelles en 1753. Capitaine dans l’armée anglaise, il avait pris part à la Guerre de Succession d’Espagne, et combattu du côté de Barcelone vers 1710, avant de prendre la direction de Vienne. On le retrouve en effet dans la capitale des Habsbourg occupé à l’amélioration des fortifications de la ville sous les ordres du prince Eugène de Savoie, avant qu’il ne voyage à Ratisbonne et en Suède. On ignore encore comment il avait eu connaissance de la technique mise au point par Newcomen. Mais les rares sources disponibles concordent à désigner le baron Berthold de Wanzoulle – chanoine de Saint-Lambert –, Lambert Van den Steen – conseiller privé du prince-évêque – et baron Fernand d’Eynatten comme solliciteurs auprès d’O’Kelly auquel ils apportaient un soutien financier ; maîtres des houillères à Jemeppe, Mathieu et Nicolas Raick signèrent le contrat d’exploitation avec le génial technicien irlandais. En 1720, il obtient du prince-évêque de Liège, Joseph-Clément de Bavière, la permission d’exploiter « une machine de son invention » destinée à épuiser les eaux des mines. Installée dans le hameau de Mabotte, elle fonctionne dès le début 1721. Disposant aussi – semble-t-il – par la suite d’installations en Espagne et en Suède, O’Kelly choisit de s’installer durablement dans nos contrées ; plusieurs pompes à feu de sa conception équipèrent des charbonnages liégeois. Il s’y maria, eut deux enfants et s’éteignit à Bruxelles, à l’âge de 80 ans.
Plus de 235 ans plus tard, les ingénieurs de Liège réunis, entourés des autorités locales ainsi que par le secrétaire de la Légation d’Irlande et par Donal O’Kelly, lointain descendant de John, inaugurent solennellement le monument en pierre réalisé par le tailleur de pierre Maurice Bar et la plaque en bronze due à Freddy Wybaux. Tirer de l’oubli un grand fait du passé et honorer un illustre inventeur, telles étaient les intentions des initiateurs du mémorial installé là même où fonctionna la pompe à feu. Surplombant la vallée, l’endroit donnait à voir, à l’époque, sur l’ensemble des industries Cockerill fumant et éructant le long de la Meuse. Dans les discours sont associés Rennekin Sualem, enfant de Jemeppe, et ce O’Kelly venu de son Irlande lointaine.
Sur le bas-relief on voit, dans le coin inférieur droit, la signature du sculpteur, avec les lettres F et W entremêlées, tandis que, sur la pierre, également dans le coin inférieur droit, c’est le nom du tailleur de pierre et sculpteur A. M. Bar qui apparaît.
Bien connu dans le pays de la pierre, le sculpteur et entrepreneur sprimontois Maurice Bar avait suivi des cours à l’Académie de Liège. Régulièrement sollicité par les autorités communales pour réaliser des monuments aux victimes deux guerres (comme à Xhendremael), il réalise également des bustes (comme celui en pierre du roi Albert, à Esneux), des médaillons (Henri Simon à Lincé), et ici à Jemeppe-sur-Meuse c’est la partie en pierre du monument O’Kelly qu’il réalise. Le bas-relief est quant à lui l’œuvre de Freddy Wybaux (1906-1977).
Formé aux Académies de Liège et d’Anvers, Prix du Gouvernement 1929, Prix marie 1932, Fritz Wybaux entame la sculpture par des bustes, des portraits, des nus et des allégories, le bois ayant sa prédilection. Marié à la peintre Eva Herbiet, Wybaux vient d’exécuter des commandes pour le Palais des Congrès de Liège (sculpture de la façade Nord), le CPAS de Liège ou la maison communale d’Ougrée lorsqu’il est sollicité par l’association des ingénieurs liégeois. Appelé aussi pour la décoration de la « nouvelle » gare des Guillemins (fin des années 1950, début des années 1960), Wybaux est aussi sollicité par des particuliers pour des décorations intérieures. Professeur à l’École technique de Seraing et à l’Académie de Liège, membre de l’Association pour le Progrès intellectuel et artistique de la Wallonie, il parvient à se distinguer par un style fort personnel dans une production de bas-relief ou de petites statues en plâtre, en bois, voire en céramique. Dans les collections du Musée en plein air du Sart Tilman, L’Ange vert est une céramique de grand format « magico-mystique », dont l’abstraction lyrique – tendance vers laquelle il s’oriente dans l’immédiat après-guerre – témoigne de l’évolution artistique de son auteur.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Inauguration à Jemeppe-lez- Liège du monument O’Kelly, dans Revue universelle des Mines, de la Métallurgie, de la Mécanique…, t. XIII, n° 9, septembre 1957, p. 450-453
Robert WELLENS, dans Biographie nationale, t. 33, col. 417
Yves DUBOIS, Les monuments commémoratifs de la Grande Guerre en province de Liège, Université de Liège, mémoire 2010-2011, p. 103
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 812
http://vincentlecuyer.com/freddy-wibaux/
http://www.museepla.ulg.ac.be/opera/wybaux/ange_vert.html (s.v. juillet 2015)

 

Monument et bas-relief John O’Kelly (Jemeppe-sur-Meuse)

Monument et bas-relief John O’Kelly (Jemeppe-sur-Meuse)

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Adresse : 
rue Mabotte - 4100 Jemeppe-sur-Meuse
Titre alternatif : 
O'KELLY John
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Monument et bas-relief John O’Kelly (Jemeppe-sur-Meuse)
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NED Edouard

Plaque commémorative Édouard Ned, sur sa maison natale, réalisée par Jean Godard, 25 septembre 1955.

Six ans après la disparition du poète et romancier, une plaque commémorative est apposée sur la maison natale d’Athanase-Camille Glouden (1873-1949), mieux connu en littérature sous le pseudonyme d’Édouard Ned et considéré comme l’un des chantres de la Gaume.
Après des humanités classiques au Séminaire à Bastogne et des études littéraires aux facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles, Athanase-Camille Glouden enseigne d’abord à Chimay, puis à Bruxelles, où il est finalement nommé professeur de littérature et d'histoire au Collège Saint-Michel et à l'Institut supérieur de pédagogie. Parallèlement, il développe une intense activité littéraire ; ainsi est-il le collaborateur de diverses revues et journaux engagés, catholiques, patriotiques et littéraires, comme Le Drapeau, Le Florilège, La Belgique artistique et littéraire, Le Journal de Bruxelles, Le Patriote, Le national bruxellois. En 1895, avec les poètes Georges Ramaekers (1875-1955) et Paul Mussche, il crée La Lutte, revue catholique où l'art est considéré comme un hymne à la gloire de Dieu. En 1906, dans L’énergie belge 1830-1905, opinion d'une élite, il part à la recherche de personnalités belges et dégage de leurs activités un sentiment de fierté, « stimulant efficace du patriotisme ». En 1910, à la suite d’une conférence et sous le parrainage de l’Association des écrivains belges, il publie aussi Le type wallon dans la littérature, brochure qui part à la découverte d’auteurs qui ont célébré la Wallonie et où il tente de définir et de faire comprendre la sensibilité wallonne.  À la même époque, il est membre d’un Comité de soutien destiné à faire de l’Église de Hastière un centre de l’art wallon.
Conteur et romancier exaltant un patriotisme belge teinté de foi catholique, il est particulièrement affecté par les événements de 1914-1918 : il est vrai que le 24 août 1914, son frère Maurice Glouden, curé de Latour, fait partie des otages exécutés froidement par les Allemands. Ce sera le sujet d’un des nombreux ouvrages publiés après-guerre par Ed. Ned. Directeur de la collection Selecta éditée par E. De Seyn à partir de 1912, il fonde, vingt ans plus tard la maison Durendal, puis, en 1936, les éditions Roitelet. Au milieu des années 1930, répondant à une initiative de Joseph-Maurice Remouchamps, le secrétaire général de l’Assemblée wallonne, Ned est l’auteur d’une adaptation gaumaise du Chant des Wallons. Essayiste, sociologue, philosophe, journaliste, professeur, Ned aimait l’héroïsme et l’idéal ; un peu sentimental, il était surtout poète et c’est à ce titre qu’il a exalté la Gaume, admirant Maurice Barrès, comme un maître.
L’initiative d’une plaque commémorative sur la maison natale d’Édouard Ned revient à l’Académie luxembourgeoise ; il ne s’agit pas de sa première initiative quand elle confie à Jean Godard le soin de la réaliser. En dessous du portrait de l’écrivain, et de la discrète signature Jg, apparaît la mention suivante :

ICI NAQUIT
ATHANASE GLOUDEN
QUI SOUS LE NOM D’
ÉDOUARD NED
CELEBRA LA GAUME SES
PAYSAGES ET SON ESPRIT
ACADEMIE LUXEMBOURGEOISE 15 IX 1955

S’il est né à Grez-Doiceau, en 1921, Jean Godard le doit au hasard de la désignation de son père, gendarme. Néanmoins, les Godard sont de Meix-le-Tige et la maison familiale que le père fait construire en 1928 sera le point d’ancrage du peintre et sculpteur Jean Godard, même lorsque sa carrière l’appelle à Bruxelles, à l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort, en particulier, où il est professeur. Maniant le crayon avec aisance dès sa jeunesse – plusieurs caricatures en attestent – Jean Godard suit des cours en Allemagne, est d’abord peintre, avant de se laisser bercer par l’influence des O. Jespers, O. Zadkine, A. Penalba et F. Wotruba quand la sculpture, en particulier murale, devient sa marque principale. Outre une fresque monumentale au Palais des Arts graphiques, lors de l’Exposition universelle de 1958, Godard signe notamment plusieurs compositions inspirées des traditions de Meix et Châtillon, témoignages de son attachement à sa région d’enfance. Une autre preuve, en 1955, en est sa contribution à l’hommage à Édouard Ned, dont il réalise la plaque commémorative. Le bois et la pierre sont les matières de prédilection de cet artiste d’art contemporain. La tuberculose l’emporte soudainement en 1967.

Informations communiquées par la Bibliothèque « À livre ouvert », Saint-Léger (novembre 2015)
Les Cahiers de l'Académie luxembourgeoise, Chronique 1938-1958, Arlon, Fasbender, 1959, nouvelle série 1, p. 25
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Arts, Lettres, Cultures), t. IV, p. 482
La Vie wallonne, mars 1931, CXXVII, p. 313-321
http://www.mayeur-saint-leger.be/realisations/files/20120305.pdf
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/phlou_0776-5541_1906_num_13_49_1929_t1_0098_0000_2 (s.v. novembre 2015)
Robert FRICKX et Raymond TROUSSON, Lettres françaises de Belgique. Dictionnaire des œuvres, t. I, Le Roman, Paris-Gembloux, Duculot, 1988, p. 268
Jules DESTRÉE, Wallons et Flamands. La Querelle linguistique en Belgique, Paris, 1923, p. 93
Jules-Louis TELLIER, Édouard Ned : l’homme, l’écrivain, Bruxelles, 1946
Au fil du Ton, bulletin du Cercle de recherche et d’histoire de Saint-Léger, n°36, p. 11-13
ENGELEN-MARX, La sculpture en Belgique à partir de 1830, Bruxelles, août 2006, t. III, p. 1699
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 635

 

Plaque Édouard Ned (Châtillon, Saint-Léger)

Plaque Édouard Ned (Châtillon, Saint-Léger)

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121 Grand Rue - 6747 Châtillon (Saint-Léger)
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NED Edouard
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Plaque Édouard Ned (Châtillon, Saint-Léger)
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