Monuments

Le monument aux morts de Tilff

Installé au centre de la place du Souvenir, devant la maison communale de Tilff, le monument était à l’origine adossé à cette dernière et dédié aux seuls morts de la Première Guerre mondiale. Inauguré le 11 novembre 1919, il se présentait comme une stèle portant, comme partout, les noms des victimes. C’est à l’occasion du centième anniversaire de l’indépendance qu’un coq en bronze réalisé par le sculpteur Adelin Salle fut installé au sommet de la stèle le 5 octobre 1930 et que celle-ci fut placée au centre de la place, rebaptisée place du Souvenir. Le coq d’Adelin Salle fut dérobé en 1999 et remplacé par un petit coq provisoire. Le 27 septembre 2006, un nouveau coq en pierre dû au sculpteur Jacky Jansen fut placé au sommet du monument. Il est significatif que cette nouvelle inauguration eut lieu lors des fêtes de septembre, tout comme il faut relever derrière le monument, sous un arbre du parc, une stèle de la liberté portant une phrase en wallon, A Tif èl Walonerèye crèch è riglatih li lîbèrté : À Tilff, en Wallonie, grandit et brille la liberté.

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Adresse : 
Place du Souvenir, 4130 Esneux
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Monument aux morts de Tilff

Le monument du Stalag I A

Ce monument fut érigé en 1960 en hommage à tous les militaires belges prisonniers du Stalag I A et disparus au cours de leur captivité. Le Stalag I A, vaste camp de prisonniers de guerre situé à 50 km au sud de Königsberg, accueillit près de 23.000 soldats belges, dont beaucoup avaient servi dans les forteresses liégeoises. Le mirador et les barbelés qui structurent le monument au sommet d’arcs voûtés en béton symbolisent la servitude et l’oppression subies par les prisonniers du Stalag I A. Le monument fut inauguré en présence de milliers d’anciens, le 18 septembre 1960. En 1963, une plaque rappelant les liens qui unissaient les prisonniers belges et français y fut apposée, et une urne contenant de la terre du cimetière allemand de Stablack y fut scellée le 21 septembre 1969.

 Le monument de Chaudfontaine est le plus important monument belge en hommage aux anciens prisonniers de guerre et, tout comme le monument national à la Résistance, il est somme toute logique qu’il se situe en
territoire wallon puisque, sur les quelque 250.000 militaires belges capturés par les Allemands en 1940, tous les Flamands furent systématiquement libérés et rapatriés entre l’été 1940 et février 1941 sur ordre de Hitler, si bien que les 80.000 hommes qui restèrent dans les camps étaient principalement des Wallons, parmi lesquels 65.000 subirent ainsi cinq ans d’emprisonnement.

Les médias relaient encore fréquemment le mythe des soldats flamands surreprésentés dans les tranchées de l’Yser, soigneusement entretenu par les autorités flamandes, alors que les statistiques de soldats morts dans ces dernières permettent seulement de constater une légère surreprésentation de 4 à 9 % proportionnellement au poids démographique des deux communautés : presque autant de troufions wallons que de soldats flamands subirent les quatre années de boue et de fureur de l’Yser.

Au contraire, les cinq années de captivité à l’est de l’Allemagne en 1940-1945 furent quasi exclusivement le sort de miliciens wallons, ce qui eut des conséquences démographiques indéniables à long terme, et une influence politique certaine dans la conscientisation wallonne : le mouvement wallon clandestin souligna la différence de traitement entre les prisonniers – sans parler du sort du « prisonnier de Laeken »… – et rappela constamment celle-ci par la suite. Beaucoup d’anciens prisonniers de guerre, révélés au mouvement wallon par cette expérience, lui apportèrent leur contribution parfois bien plus tard, si bien que l’on peut dire que « la question des prisonniers de guerre apparaît indiscutablement liée au Mouvement wallon ». Pour le cinquantième anniversaire de la libération des Stalags, le Ministre-Président wallon Robert Collignon, soucieux de rappeler cet épisode historique fondateur parmi d’autres de la conscience wallonne, prit l’initiative d’inviter à une cérémonie d’hommage à Liège, en avril 1995, tous les anciens prisonniers de guerre wallons survivants. Plusieurs centaines répondirent à cet appel.

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Adresse : 
Avenue des Thermes, 4050 Chaudfontaine
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Monument du Stalag I A

Le monument français de Châtelet

En octobre 1920, un comité provisoire se forme pour ériger un monument en l’honneur des Français morts durant la guerre. Réalisé par le sculpteur Jacques Marin, il représente la force morale repoussant la force brutale : celle-ci est symbolisée par un énorme bloc de pierres surplombant le héros qui l’arrête, alors que le coq gaulois lance un cri de victoire dans sa direction. Le monument est inauguré le 12 septembre 1921 et, par la suite, les fêtes de septembre en l’honneur de la Wallonie seront l’occasion de rassemblements. La place à proximité de ce bâtiment est par ailleurs baptisée « place Franco-Belge ».

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Adresse : 
Rue des Français, 6200 Châtelet
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Monument français de Châtelet

Le monument aux morts français de 14-18 d'Arlon

C’est à l’initiative de la Jeunesse arlonaise, club de football créé au lendemain de la Première Guerre mondiale, qu’est érigé un monument à la mémoire des soldats français morts durant le conflit. L’architecte Lamy et le sculpteur arlonais Jean-Marie Gaspar sont sollicités et dessinent un coq gaulois perché sur une colonne de pierre. Le symbole est double : le coq symbolise la France, mais le monument rappelle nettement celui qui avait été élevé peu avant le conflit à Jemappes, à l’initiative du Mouvement wallon, dont le coq était l’oeuvre de Gaspar également, mais qui avait été dynamité par les Allemands en 1914. À la différence du coq de Jemappes, qui commémorait une victoire de la Révolution, le coq d’Arlon a la gorge tendue dans une attitude de défi, prêt à pousser un cri de triomphe à l’égard de l’ennemi et il est perché sur un casque allemand.

Fondu à Schaerbeek, il est terminé en juillet 1919. La ville d’Arlon, parée des couleurs belges et françaises, inaugure en grande pompe son nouveau monument le 17 août 1919, en présence du général de Castelnau, adjoint du maréchal Joffre. Il s’agit d’un des premiers monuments élevés en Belgique à la mémoire des morts de la Grande Guerre. Sur sa base sont inscrits les mots suivants : « À nos amis de France 1914-1918 ». Le carré des soldats français tombés à Arlon entoure le monument, à côté duquel flotte un drapeau français. Le coq actuel est une réplique de l’original, due au sculpteur Demanet, installée en septembre 1956 à la place de l’oeuvre de Gaspar qui avait connu en 1940-1945 le même sort que le coq de Jemappes en 1914-1918, en terminant dans les fonderies du Reich.

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Cimetière d'Arlon, rue de Diekirch, 234, 6700 Arlon
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Monument aux morts français de 14-18 d'Arlon
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Le cimetière de Belgrade, tombe de François Bovesse

Conçu en 1865 comme un parc aux allées majestueuses bordées d’arbres imposants dont seuls quelques uns subsistent, le cimetière de Namur dit « de Belgrade » comporte de nombreux monuments commémoratifs, un carré militaire et la sépulture de plus de 67.000 Namurois. Comme tous les grands cimetières urbains de la seconde moitié du xixe siècle, il a été dessiné par un architecte qui a prévu une entrée monumentale, de larges allées carrossables arborées et une grande pelouse d’honneur.

À l’instar des cimetières liégeois de Robermont et de Sainte-Walburge, celui de Belgrade à Namur est également le lieu de nombreuses commémorations autour de tombes de militants wallons. D’autres sépultures méritent de retenir l’attention par leur symbolisme.

La tombe de Jean-Antoine Bioul © IPW

Jean-Antoine Bioul (1915-1983) : la tombe de ce lieutenant-colonel honoraire est intéressante par le médaillon figurant un coq et la dédicace « Wallon toujours » qui y sont présents.

Nicolas Bosret (1799-1870) : auteur de nombreuses chansons en wallon, dont Li Bia Bouquet, que la ville de Namur choisira comme hymne en 1857, et membre de la Société royale Moncrabeau, société folklorique et philanthropique namuroise. L’hommage des Fêtes de Wallonie au cimetière de Namur inscrit la sépulture de Nicolas Bosret à son programme en 1959. La pierre tombale porte les armoiries de la Royale Moncrabeau.

François Bovesse (1890-1944) : grand militant libéral wallon, fut à l’origine des fêtes de Wallonie à Namur en 1923. Gouverneur de la province de Namur en 1937, il continua néanmoins à combattre le flamingantisme. Démis de ses fonctions par les Allemands, il s’engage dans la Résistance et il est assassiné par des rexistes le 1er février 1944. Le 6 février 1954, le Comité namurois des fêtes de Wallonie lui rend un hommage solennel sur sa tombe, qui fait également partie du circuit lors de l’hommage rendu au cimetière de Namur le dimanche des fêtes de Wallonie. En septembre 1985 lors de son éphémère implantation à Namur, le Ministre-Président wallon Jean-Maurice Dehousse dépose une gerbe de fleurs sur la tombe, geste que répétera notamment Guy Spitaels en 1992 lors de son entrée en fonctions.

La tombe de Joseph Calozet © IPW

Joseph Calozet (1883-1968), auteur wallon, secrétaire de la Fédération wallonne littéraire et dramatique de la province de Namur, membre de Rénovation wallonne en 1945 et du comité provincial namurois de patronage du Congrès national wallon en 1947. Président du Théâtre wallon namurois, il participe au second Congrès culturel wallon de 1955. À la fin des années 1970, la tombe de Joseph Calozet est mise au programme du traditionnel hommage aux Wallons rendu le dimanche des fêtes de Wallonie.

Monument aux morts de 1940-1945 : ce monument érigé au coeur du cimetière est, avec la tombe de François Bovesse, une des premières fleuries lors de l’hommage rendu au cours des fêtes de Wallonie depuis les années 1950. Les autres sépultures ont été ajoutées par la suite à ce pèlerinage.

 

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Adresse : 
Chaussée de Waterloo, 438, 5002 Namur
Plaque commémorative : 
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Cimetière de Belgrade, tombe de François Bovesse
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Le « Pavé sacré »

Le « pavé sacré », un clin d'oeil de l'histoire wallonne

Les auditoires Sainte-Barbe furent, en 1972, les premiers inaugurés à Louvain-la-Neuve, dans la nouvelle ville universitaire conçue suivant un schéma et un esprit totalement neufs par le professeur Raymond Lemaire (l921-1997) jusqu’alors connu comme spécialiste de la protection des villes traditionnelles et des monuments. Trente-six ans plus tard, la première ville nouvelle construite en Wallonie (depuis la place forte de Charleroi en 1666) pour et autour de l’Université catholique compte près de 19.000 habitants, dont désormais une majorité non étudiante.

Pose du « Pavé sacré » par Monsieur André Vander Vorst, doyen de la Faculté des sciences appliquées

© UCL

Avec l’affaire des Fourons, celle de Louvain, au milieu des années 1960 également, contribua puissamment à l’évolution du sentiment wallon lorsque les étudiants flamands, après des mois de vives manifestations anti-wallonnes à connotation parfois racistes, obtinrent de la hiérarchie de l’Église catholique belge l’expulsion hors de Leuven des sections francophones de l’Université catholique jusque-là bilingue. Aujourd’hui, l’incontournable réussite de ce pari urbanistique en Wallonie tend à occulter les origines peu glorieuses de celui-ci, or la crise de Louvain fut une étape importante – et logique – dans la prise de conscience menant à une première réforme de l’État jusquelà encore unitaire.

Plutôt que la première pierre posée par le roi Baudouin en février 1971, nous retiendrons comme symbole de cette étape le « pavé sacré », fruit d’un canular estudiantin tournant en dérision l’expulsion flamande. L’année universitaire 1972-1973 débutait le 2 octobre et

était la première où des étudiants (ingénieurs) se retrouvaient à Louvain-la-Neuve. Ils y inauguraient les auditoires Sainte-Barbe parmi la boue des chantiers. Ils décidèrent de marquer l’événement en allant prélever un pavé de la place du Vieux-Marché à Leuven et, en se relayant, le transplantèrent dans l’unique espace public existant à Louvain-la-Neuve, la place Sainte- Barbe, le 12 octobre 1972. Il s’y trouve toujours, tache plus sombre mais anonyme au milieu des autres pavés.

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Place Sainte-Barbe, 1348 Louvain-la-Neuve
Plaque commémorative : 
Titre alternatif : 
Pavé sacré
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La colonne de Sainte-Walburge

Dès les premières années de son existence, le jeune état belge tient, tout naturellement, à rendre hommage aux révolutionnaires de 1830 qui lui ont permis de se libérer du joug hollandais. Au fil du temps, et malgré l’instauration du 21 juillet comme fête officielle, les journées de septembre continuent d’être célébrées avec faste par la population. A Liège, leur point d’orgue en est le « pèlerinage » au monument aux morts de 1830 de Sainte-Walburge, situé à l’endroit où les volontaires liégeois ont arrêté les Hollandais, le 30 septembre 1830.

La Colonne de Sainte-Walburge © Collection privéeLa Colonne de Sainte-Walburge © Collection privée

Dès la fin du XIXe siècle, les volontaires survivants et les militaires y côtoient les premiers militants wallons. Pour le jeune Mouvement wallon, les événements révolutionnaires symbolisent également la lutte pour la liberté et contre l’imposition du néerlandais en Wallonie, autant de thèmes se trouvant au centre de leurs revendications. En mai 1900, le décès de Walthère Ista, le dernier combattant liégeois de 1830, fait planer une menace sur l’avenir de l’événement. Commence alors le combat de la Ligue wallonne de Liège pour la pérennisation de cette organisation à haute valeur symbolique. 

En 1905, l’important Congrès wallon de Liège, évoque l’idée d’organiser  des fêtes purement wallonnes, sans pour autant se prononcer formellement à ce sujet. A leur sorite, les participants se rendent néanmoins à Sainte-Walburge, sous une pluie diluvienne. C’est en 1913, dans la foulée de l’adoption d’autres symboles identitaires comme le drapeau et l’hymne, que la Fête de Wallonie sera instaurée par l’Assemblée wallonne, premier parlement – officieux – du peuple wallon. Après une première organisation à Verviers, de nombreuses autres villes wallonnes tiennent leur première édition, la quatrième dimanche de septembre.

Affiche de la première Fête de Wallonie à Liège © Province de Liège – Musée de la Vie wallonne - FHMWAffiche de la première Fête de Wallonie à Liège © Province de Liège – Musée de la Vie wallonne - FHMW

Après la Première Guerre mondiale, en 1923, le mouvement sera relancé depuis Namur, par François Bovesse, pour devenir la manifestation populaire que nous connaissons aujourd'hui.

A Liège, la colonne de Sainte-Walburge demeurera longtemps un haut-lieu de ces fêtes, comme en témoignent des dépôts de fleurs organisés le dernier dimanche de septembre pendant les deux conflits mondiaux, alors que les festivités avaient, bien évidemment, été suspendues.

 

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Rue Sergent Merx, 99, 4000 Liège
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Colonne de Sainte-Walburge
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La Colonne de Sainte-Walburge © Collection privée
Affiche de la première Fête de Wallonie à Liège © Province de Liège – Musée de la Vie wallonne - FHMW
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Le cimetière de Robermont

Dès 1200, l’emplacement est occupé par des religieuses installées à cet endroit jusqu’en 1796, lorsque les communautés religieuses sont supprimées et leurs biens transférés à la République. Vendue en 1797, l’abbaye est acquise par la Ville de Liège qui décide de transformer le lieu en cimetière en 1805. De nombreuses fois agrandi depuis, le cimetière de Robermont s’étend sur un vaste espace entièrement ceint par un mur. Doté de nombreux arbres qui lui confèrent un charme certain, il conserve les sépultures de nombreuses personnalités liégeoises, ce qui lui vaut son surnom de « Père-Lachaise liégeois ».

De très nombreuses sépultures intéressent le Mouvement wallon dans son sens le plus large à Robermont, notamment de nombreuses tombes d’artistes wallons mentionnés comme tels sur la pierre, parmi lesquels, par exemple, Joseph Demoulin (1825-1879), président du Caveau liégeois, Armand Ledoux (1880-1955), président de la Société littéraire Les Auteurs wallons, Joseph Halleux (1874-1939) et Charles Batholomez (1868-1915), auteurs wallons. Chaque année, à l’occasion des fêtes de Wallonie, une cérémonie d’hommage avec dépôt de fleurs sur les tombes d’artistes wallons et militants est organisée. Une douzaine d’autres sépultures méritent d’être relevées spécialement en raison soit de leur caractère symbolique, soit de la personnalité du défunt, soit des hommages militants organisés sur les lieux.

La tombe d'Henri Bekkers © IPW

Henri Bekkers (1859-1933), poète et sculpteur wallon, fut président du Caveau liégeois, société de passionnés de la langue, de la littérature et des traditions wallonnes, fondée en mars 1872 par Toussaint Brahy, inhumé à Sainte-Walburge. Comme sculpteur, Bekkers assura la sauvegarde de repères de la mémoire wallonne, notamment grâce à l’érection de monuments funéraires, tel celui de Brahy. Sa propre sépulture, érigée par souscription à l’initiative du Caveau liégeois, comporte un buste réalisé par le sculpteur Louis Gérardy (1887-1959), un rappel de ses fonctions et une citation éloquente en wallon : Efants, ni rouviz may qui vos estez Walons!

Jean Bury (1867-1918), auteur d’une production wallonne considérable, est mortà Amsterdam. Son corps fut rapatrié en 1921 par le poète wallon Émile Wiket. Jean Warroquiers (également enterré à Robermont) lança une souscription sous les auspices du cercle littéraire « La Wallonne » et du journal Noss’ Pèron afin de lui élever un monument funéraire, qui fut réalisé par Constant Thys et installé à proximité de celui de Wiket. Il comporte une épitaphe de Bury lui-même : On n’deût aveûr qu’on but èl ‘vèye ognèsse, mori parèy.

La tombe de Nicolas Defrêcheux © IPW

Nicolas Defrêcheux (1825-1874), poète lyrique wallon; une souscription publique lancée par le journal Noss’ Pèron permit de lui élever un monument funéraire dû à l’architecte Émile Bernimolin (1884-1953). À l’occasion du centenaire de la naissance de Defrêcheux, un médaillon réalisé par Louis Gérardy prit place sur le monument aux côtés des titres de quelques-unes des oeuvres du poète.

Auguste Donnay (1862-1921), peintre, attaché à la reconnaissance d’un art wallon et participant actif du Congrès wallon de 1905. Les Amis de l’art wallon demandèrent à l’architecte liégeois Paul Jaspar (1859-1945) de créer la pierre tombale de l’artiste. Sur un simple morceau de calcaire blanc sont inscrits les mots : « La ville de Liège et les Amis de l’art wallon à Auguste Donnay, artiste peintre ».

La tombe d'Emile Dupont © IPW

Émile Dupont (1834-1912), député libéral de 1864 à 1890 puis sénateur de 1890 à sa mort, ce grand bourgeois, dont une place tente de commémorer le souvenir près de Saint-Jacques au centre de Liège, prit part aux diverses discussions sur les lois linguistiques en se rapprochant progressivement des thèses du Mouvement wallon. Il avait 78 ans, avait été vice-président du Sénat et était Ministre d’État lorsqu’il s’exclama publiquement au Parlement, à l’issue d’un vote favorable aux thèses flamandes, le 9 mars 1910, « Vive la séparation administrative ». C’était la première fois qu’une aussi haute personnalité manifestait ainsi son adhésion au projet fédéraliste alors à l’étude dans les rangs du Mouvement wallon.

Louis Hillier (1868-1960), violoniste, compositeur et chef d’orchestre,mit en musique les paroles du Chant des Wallons écrit par Théophile Bovy. Le Congrès national wallon lui avait rendu hommage en 1948 à Liège. Décédé à Paris, il avait émis le souhait de reposer à Liège.

La tombe d'Albert Mockel © IPW

Albert Mockel (1866-1945) reste essentiellement connu pour avoir popularisé les mots Wallon et Wallonieà la fin du xixe siècle, mais il fut aussi à la base de la création de l’Assemblée wallonne en 1912. Il mourut à Ixelles, mais sa dépouille fut transférée à Liège six ans plus tard, en 1951. La Ville lui réserva une pelouse spéciale au cimetière de Robermont.

Édouard Remouchamps (1836-1900) est enterré dans le caveau familial. Il s’agit d’un monument fort simple, mais qui fit toutefois partie de ceux auxquels hommage fut rendu lors des fêtes de Wallonie.

La tombe de Fernand Schreurs © IPW

Fernand Schreurs (1900-1970), figure de proue du Mouvement wallon d’après-guerre, secrétaire du Congrès national wallon en 1945 et créateur du Mouvement libéral wallon en 1962, est lui aussi enterré dans le caveau familial, en compagnie de son épouse et d’autres parents, dans un monument d’une grande sobriété. Sa tombe a fait l’objet de nombreuses commémorations : parmi celles-ci, un hommage rendu par la Ville de Liège et la Région wallonne en 1985, ainsi qu’un autre en 1995 à l’occasion du cinquantième anniversaire du premier Congrès national wallon.

Fifine Vidal (1883-1926), populaire comédienne wallonne, symbolise le théâtre dialectal. À sa mort, un comité décida de lui ériger un monument funéraire, réalisé par le sculpteur Oscar Berchmans (1869-1950). Sur celui-ci, un médaillon en marbre représente la comédienne en femme du peuple, fichu sur la tête, et la dédicace lui rend cet hommage : « La Wallonie à Fifine Vidal ».

La tombe de Jean Warroquiers © IPW

Jean Warroquiers (1880-1935), fondateur de l’École de musique Grétry, directeur du journal wallon Noss’ Pèron, fut l’organisateur des fêtes de Wallonie à Liège et le premier président de la République libre d’Outremeuse. Sa sépulture évoque on ne peut plus clairement ses engagements wallons : en plus d’un coq doré sur fond noir, une citation en wallon rappelle qu’« Il esteût si fîr d’ èsse Walon ». Le
médaillon représentant Warroquiers est dû au sculpteur Louis Gérardy, qui intervint aussi sur les tombes de Bekkers et de Defrêcheux.

Émile Wiket (1879-1928), poète wallon auteur de Li p’tit banc, engagé dans de nombreux mouvements wallons, fut membre notamment de la Société de langue et de littérature wallonnes et président du cercle littéraire La Wallonne. Rédacteur en chef et fondateur de Noss’Pèron, il fut aussi rédacteur d’Amon nos Autes. Son monument funéraire, situé à proximité de celui de son ami Jean Bury, porte un médaillon réalisé par Joseph Sauvage et plusieurs inscriptions rendant hommage à la chanson fétiche de Wiket (Li sûre ax lâmes tchanson d’sot les hayes tchantèt li p’tit banc), ainsi qu’au poète Nicolas Defrêcheux, dont Wiket appréciait l’oeuvre (À Colas Defrècheux, mes sondjes dansèt nosse pauve monde, tchanson d’espwèr).  

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Rue de Herve, 46, 4020 Herve
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Cimetière de Robermont
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