Monuments

MONTEFIORE-LEVI Georges

Buste Montefiore-Levi, réalisé par Thomas Vinçotte, 4 juin 1904 puis 15 mai 1987.

À l’entrée de l’Institut électrotechnique de l’Université de Liège, au Sart Tilman, le buste de Georges Montefiore-Levi (Streatham 1832 – Bruxelles 1906) évoque cette personnalité qui mena ses études supérieures à Liège, à l’École des Arts et Manufactures et qui, fortune faite, soutint fortement la création d’un Institut électrotechnique unique au monde, auquel sera donné son nom. C’est en 1904 que le buste Montefiore-Levi a été réalisé par le sculpteur Thomas Vinçotte et inauguré devant les locaux que l’Institut occupe à l’époque au 33 de la rue Saint-Gilles. Il sera transféré au Sart Tilman lors de l’installation des nouveaux bâtiments de l’Institut Montefiore (pose de la première pierre le 6 octobre 1975 et installation complète et définitive le 15 mai 1987).
Après ses humanités à l’Athénée de Bruxelles, le jeune Montefiore-Levi est venu habiter à Liège pour mener des études supérieures d’ingénieur civil. Recruté par la Société Bischoffsheim, Goldschmidt et Cie comme directeur d’une mine de nickel dans le Piémont, le jeune diplômé fonde ensuite, en bord de Meuse, sa propre usine, sous le nom « Mines et Fabriques de Nickel du Val Sesia et de Liège ». Directeur-gérant de la « Société G. Montefiore et Cie, fabrique de nickel » (1858), l’entrepreneur s’intéresse également au chemin de fer et à ses perspectives de développement, mais son expérience n’y sera pas heureuse (1856-1866). Associé à la gestion et à l’administration de charbonnages et hauts-fourneaux appartenant à son beau-père (le riche banquier Jonathan Bischoffsheim), Georges Montefiore-Levi allie ses connaissances en chimie à des expériences en atelier et il parvient à mettre au point, en 1869, un alliage particulier de bronze phosphoreux qui va faire sa fortune. Avec le développement du réseau téléphonique, les fils en bronze phosphoreux Montefiore vont faire la fortune de son inventeur. Naturalisé (1882), Georges Montefiore-Levi qui a repris des activités fructueuses cette fois dans le domaine ferroviaire, est élu sénateur direct de Liège (1882) et siègera à la Haute Assemblée jusqu’en 1901. Mécène, attentif avec son épouse aux enfants pauvres et malades, l’industriel et chercheur contribue généreusement à la création de l’Institut électrotechnique dont les premiers cours sont dispensés à partir de 1883, avant d’accueillir des laboratoires, des ateliers en plus des salles de cours.
Le succès de l’exposition universelle qui se déroule à Liège en 1905 était l’une des dernières préoccupations de George Montefiore-Levi qui siégea aussi au sein du « Comité du Monument Gramme » érigé en 1905 pour honorer l’inventeur de la dynamo. C’est vraisemblablement à ce moment que l’industriel liégeois fait la rencontre de Thomas Vinçotte, sculpteur choisi finalement pour réaliser l’impressionnant groupe Zénobe Gramme. En 1904, le statuaire réalise en effet le buste de Montefiore, celui que l’on peut voir aujourd’hui au Sart Tilman et qui, à l’origine, avait été installé dans la cour de l’ancienne École normale des humanités de Liège devenue Institut Montefiore.
Très tôt intéressé par la sculpture, le jeune Vinçotte (1850-1925) avait déjà eu la chance de fréquenter l’atelier d’Alexandre et Guillaume Geefs quand il est admis à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Élève brillant auprès de Joseph Jaquet et d’Eugène Simonis, second au Prix de Rome 1872, il part se perfectionner dans plusieurs ateliers parisiens et les bustes (l’un de P. Orts, l’autre de Giotto) qu’il présente au Salon de Bruxelles en 1875 lui assurent une notoriété définitive. Après deux années en Italie (1877-1879), il répond à de multiples commandes publiques et du Palais royal, tout en poursuivant une œuvre personnelle. En marbre ou en bronze, avec des bustes, des statues, des monuments ou des bas-reliefs, réaliste ou introduisant de la fantaisie, Vinçotte s’impose comme une valeur sûre de son temps, se spécialisant, à partir des années 1880 dans la représentation des chevaux. Originaire de Borgerhout et décédé à Schaerbeek, il a été professeur de sculpture à l’Institut supérieur national des Beaux-Arts d’Anvers de 1886 à 1921.
Initiative conjointe des pouvoirs publics (l’État, la province et la ville de Liège), le monument Montefiore-Levi se présentait sous la forme d’un banc semi-circulaire qui supportait le buste en marbre blanc. George Montefiore-Levi assista à l’inauguration, le 4 juin 1904.
Le banc disparaît au moment du transfert dans les années 1980 et, sur le socle qui supporte le buste, un long texte gravé explicite en détail les circonstances du transfert et de l’installation du nouvel Institut :

LE 8 OCTOBRE 1975,   M. WELSH RECTEUR,    H. SCHLITZ
ADMINISTRATEUR, J. FRENKIEL PROFESSEUR ORDINAIRE
ONT    POSE    LA   PREMIERE   PIERRE DE     L’INSTITUT
D’ELECTRICITE MONTEFIORE
SON INAUGURATION     A   EU    LIEU      LE     3 MAI 1978
EN PRESENCE DE J. MICHEL MINISTRE DE L’EDUCA-
TION   NATIONALE, E.H. BETZ RECTEUR, H. SCHLITZ
ADMINISTRATEUR     ET   J. FRENKIEL,   PROFESSEUR
COORDINATEUR.
LE TRANSFERT   COMPLET     DE L’INSTITUT AU SART
TILMAN A ETE CELEBRE LE 15 MAI  1987 EN PRÉSEN-
CE DE A. DUQUESNE   MINISTRE     DE L’EDUCATION
NATIONALE, M. WATHELET MINISTRE-PRESIDENT DE
L’EXECUTIF  RÉGIONAL  WALLON,   A. BODSON   REC-
TEUR,   H.  SCHLITZ  ADMINISTRATEUR,    J. FRENKIEL
PROFESSEUR COORDINATEUR.

ARCHITECTE :    J. - D.     MAQUET
BUREAUX    D’ETUDES :
GENIE CIVIL : DELTA
EQUIPEMENTS : COPPEE-RUST.

François STOCKMANS, dans Biographie nationale, t. 38, col. 596-618
Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 472-473
http://www.museepla.ulg.ac.be/opera/vincotte/montefiore.html
Benjamin STASSEN, La Fête des Arbres - 100 ans de protection des arbres et des paysages à Esneux et en Wallonie (1905-2005), Liège, éd. Antoine Degive, 2005, p. 11
Philippe TOMSIN, dans Vers la modernité. Le XIXe siècle au Pays de Liège, catalogue d'exposition, Liège, 2001, p. 470
Joseph TORDOIR, Des libéraux de pierre et de bronze. 60 monuments érigés à Bruxelles et en Wallonie, Bruxelles, Centre Jean Gol, 2014, p. 125-128
Charles BURY, Les Statues liégeoises, dans Si Liège m’était conté, n°37, hiver 1970, p. 27
Jean-Jacques HEIRWEGH, Patrons pour l’éternité, dans Serge JAUMAIN et Kenneth BERTRAMS (dir.), Patrons, gens d’affaires et banquiers. Hommages à Ginette Kurgan-van Hentenryk, Bruxelles, Le Livre Timperman, 2004, p. 434
Éric MEUWISSEN, Richesse oblige, Bruxelles, Racine, 1999
Hugo LETTENS, dans Jacques VAN LENNEP (dir.), La sculpture belge au 19e siècle, catalogue, t. 2, Artistes et Œuvres, Bruxelles, CGER, 1990, p. 605-609
Anne VAN LOO (dir.), Dictionnaire de l’architecture en Belgique de 1830 à nos jours, Anvers, Fonds Mercator, 2003, p. 515-516
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 757

 

Buste Montefiore-Levi (Liège)

Buste Montefiore-Levi (Liège)

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Adresse : 
31 ou 33 rue Saint-Gilles – 4000 Liège puis Sart Tilman – Institut électrotechnique Montefiore (4000 Liège)
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MONTEFIORE-LEVI Georges
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Buste Montefiore-Levi (Liège)
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MOLIÈRE

Médaillon Molière sur la grille du théâtre, réalisé par Émile-Joseph Hoyaux, 18 octobre 1843/1846.

C’est au début des années 1840 que la ville de Mons accueille un nouveau théâtre : sur les plans de l’architecte montois Charles Sury (1814-1865), un bâtiment néo-classique s’élève à l’angle de la rue Neuve et de la Grand Place. Le porche d’entrée, avec ses colonnes ioniques, est fermé par trois massives grilles en fonte, réalisées par le ferronnier Ph-J. Hoyois et ornées par le sculpteur Émile Hoyaux qui signent les quatre médaillons représentant Molière, Racine, Grétry et de Lassus, ainsi que les attributs des arts scénique et musical sur un fronton triangulaire.
L’inauguration se déroule le 18 octobre 1843, offrant à la ville de Mons un théâtre moderne en plein centre-ville. Devenu vétuste, voire dangereux, le premier théâtre sera démoli au milieu du XXe siècle et laissera place à un « Grand Théâtre » tout neuf, inauguré en 1948, où l’on a conservé les grilles d’origine, leur hauteur étant quelque peu réduite. Quant aux quatre médaillons d’E-J. Hoyaux qui continuent d’y briller de mille feux, ils datent de 1846.
Formé au collège de sa ville natale, le Montois Sury avait été nommé conducteur des travaux de la cité du Doudou en 1837, avant d’être désigné comme architecte principal en 1844. Mons lui doit plusieurs édifices comme le théâtre déjà cité (1843), mais aussi l’arsenal (1848), l’abattoir (1853), le manège (1854) et une école. Professeur à l’Académie des Beaux-Arts, Sury a aussi contribué à la restauration du beffroi et de Sainte-Waudru, et a pris part aux projets d’agrandissement de la ville après la démolition des fortifications. Sury était plus âgé que Hoyaux.
Formé à l’Académie de sa ville natale, où il reçoit les conseils d’Antoine Van Ysendyck, le Montois Émile-Joseph Hoyaux  (14 juin 1823 - date de décès inconnue) avait exposé dès 1842 un bas-relief et un buste de Voltaire qui furent immédiatement remarqués. C’est par conséquent à un sculpteur de vingt ans qu’est confiée la réalisation des médaillons des grilles du théâtre (achevés en 1846), avant d’être sollicité pour d’autres réalisations diverses. Outre de nombreux bustes et portraits, Hoyaux réalise une statue de la Vierge pour la chapelle du saint-Sacrement à Sainte-Waudru et s’occupe de la restauration des gargouilles de la même Saint-Waudru ; il signe aussi le bas-relief du fronton du théâtre de Mons, ainsi qu’un bas-relief sur le mausolée de la famille Duvivier (1855). Issu d’une famille de tailleurs de pierre, Émile-Joseph Hoyaux semble être le père d’Émile-Aimé Hoyaux, ingénieur et entrepreneur, pionnier en de nombreux domaines, dans le dernier quart du XIXe siècle, et notamment qui fut à l’initiative de la Cité ouvrière de Cuesmes (la Cité Hoyaux). Quant à Molière, né Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), plusieurs pièces de son œuvre sont jouées par le théâtre montois qui témoigne ainsi son attachement au théâtre français.

Ernest MATTHIEU, Sury, dans Biographie nationale, t. 24, col. 277-279
Le passé artistique de la ville de Mons, dans Annales du Cercle archéologique de Mons, vol. 16, 1880, p. 360
Christiane PIÉRARD, Les logements sociaux à la fin du XIXe siècle et la Cité Hoyaux à Mons (Cuesmes), dans Revue belge d’histoire contemporaine, 1977, n°3-4, p. 539-567
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 728
http://www.samons.be/sites/default/files/LettredeSam201202.pdf (s.v. juillet 2015)

 

Médaillon Molière (Mons)

Médaillon Molière (Mons)

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Adresse : 
Grand-Place – 7000 Mons
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MOLIÈRE
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Médaillon Molière (Mons)
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MICHAUX Henri

Plaque commémorative sur la « maison natale » de Henri Michaux, c. 19 septembre 1987.

Après la Première Guerre mondiale, François Bovesse a donné ses lettres de noblesse au décret de l’Assemblée wallonne instaurant une fête de la Wallonie. Avec la création en 1923 du Comité de Wallonie, l’organisation des fêtes à Namur est désormais structurée et pérennisée : désormais, des manifestations rendent hommage aux volontaires wallons qui ont contribué aux Journées de Septembre 1830. Mêlant discours politique, folklore wallon et namurois, le rendez-vous annuel de septembre prend plusieurs déclinaisons dont l’inauguration de plaques commémoratives en souvenir de « grands Namurois ». En 1925, à l’initiative des Amis de l’Art wallon, en particulier de la section namuroise, la plaque apposée sur la « maison natale » de Félicien Rops est la première à s’inscrire sur une liste qui ne va cesser de s’allonger. En septembre 1987, trois ans après sa disparition, le poète Henri Michaux, à son tour, est honoré par l’apposition d’une plaque sur une façade de la place de l’Ange :

ICI EST NE
LE POETE
HENRI MICHAUX
1899 - 1984

Plusieurs poèmes de Michaux sont lus à cette occasion par Robert Delieu, ainsi que par des artistes de l’Atelier poétique de Wallonie. Né en Wallonie, élevé six ans en Flandre puis à Bruxelles, ce fils de bonne famille insoumis s’est exilé en France, où il s’est employé à renier ses racines. Après une adolescence chaotique, Michaux découvre l’œuvre de Lautréamont (1922), puis de Rimbaud, voire de Charlie Chaplin, ainsi que la peinture de Klee, Ernst et Chirico (1925) ; c’est l’étincelle qui provoque en lui le besoin de l’expression. Il se lance dans l’exploration du monde, il dessine, écrit et peint ce qu’il voit, ressent et vit : hauts sommets de l’Équateur, descente de l’Amazone en pirogue, voyages sur les pentes de volcans, en Inde, en Chine, au Japon... Ses chemins sont tortueux ; il ne trouvera pas la sérénité, même si, à Paris, Jean Paulhan devient son éditeur à la NRF et Jacques-Olivier Fourcade un ami éditeur et conseiller littéraire. Ses premiers dessins sont des pages d’écriture prenant la forme de pictogrammes. Ses livres sont tumultueux. Ses carnets de voyage sont tantôt réels tantôt imaginaires. Ses gouaches et aquarelles représentent des forêts vierges luxuriantes sur fond noir. Sa peinture capte les images intérieures de L’Espace du dedans (1944). En 1938, il a créé un personnage, Plume, spécimen extraordinaire de l’individu moderne. Ses dessins doivent beaucoup à la mescaline, une des substances hallucinogènes dont Michaux fait une expérience systématique de 1956 à 1960. Ses graphiques créent un nouvel univers de signes. Son long périple au pays du soi-même s’accompagne d’expériences poétiques étranges dont la drogue n’est pas absente à partir de 1954. Toujours à contre-courant, Henri Michaux – qui a obtenu la citoyenneté française en 1955 – a publié une trentaine d’ouvrages, reportages, histoires fantastiques et réalistes, contes fantaisistes et humoristiques.
Finalement, même si l’intention est d’honorer un des plus remarquables créateurs wallons du XXe siècle, apposer une plaque commémorative sur la maison natale de Henri Michaux peut apparaître comme un geste iconoclaste, tant Henri Michaux a combattu pour se couper de ses origines. Fondamentalement, Henri Michaux ne voulait pas naître, et toute sa vie, il a traîné ce fardeau originel. Peut-être est-ce pour cela que la plaque apparaît comme une sorte de mensonge : Michaux n’est pas né là, mais non loin de là, dans un immeuble figurant dans le pâté de maisons qui ont été détruites pour aménager la place de l’Ange. La maison natale de Michaux n’est plus là, mais son esprit hante encore le cœur de Namur.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse, septembre 1987
Jacques VANDENBROUCKE (texte), Pierre DANDOY (photos) : 40 ans de fêtes de Wallonie à Namur, Bruxelles, Luc Pire, 2000, notamment p. 119
Mémoires de Wallonie, Les rues de Louvain-la-Neuve racontent…, Louvain-la-Neuve, 2011, p. 303
http://namur-cent-detours.skynetblogs.be/archives/category/des-statues/index-1.html (juin 2015)
Le Guetteur wallon, octobre 1928, n°8-9, p. 18
Raymond BELLOUR, Ysé TRAN, Henri Michaux Œuvres Complètes, Gallimard, coll. « La Pléiade », Paris, 1988

 

Plaque Henri Michaux (Namur)

Plaque Henri Michaux (Namur)

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Adresse : 
50 place de l’Ange – 5000 Namur
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MICHAUX Henri
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Plaque Henri Michaux (Namur)
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MEYERBEER Giacomo

Buste à la mémoire de Giacomo Meyerbeer, réalisé par Charles-Félix Girard dit Charles Gir, 18 août 1912.

Célèbre compositeur d’opéras du XIXe siècle, le Prussien Giacomo Meyerbeer (1791-1864) avait l’habitude de séjourner à Spa, cité thermale dont la réputation avait depuis longtemps traversé les frontières. Auteur à succès, il avait pris ses habitudes à Spa ; il en appréciait particulièrement les eaux et les Spadois étaient particulièrement honorés de compter parmi leurs hôtes réguliers une personnalité aussi renommée que fortunée. Durant l’été 1860, les autorités locales décident de lui dédier une promenade dans les bois de Creppe : elle existe toujours entre Géronstère et Barisart ; d’autres traces témoignent de la présence de Meyerbeer à Spa : plaque sur la façade de l’hôtel du Mouton blanc, nom donné à des maisons – Le Prophète, L’Etoile du Nord – inspiré de ses opéras, mais aussi à une villa qui est un lieu de vacances ; enfin, dans le parc communal, un imposant monument a été érigé en 1912, avec le buste de Meyerbeer.
Né Jacob Liebmann Meyer Beer, ce Berlinois s’avère un pianiste talentueux, mais très vite il est attiré par la composition. Ayant opté pour le nom d’artiste Meyer-Beer en 1812, il ne parvient pas à percer dans l’ancien empire germanique désormais soumis à Napoléon ; après avoir découvert Paris et avoir parcouru l’Italie, il parvient à séduire le public italien par ses opéras de style « rossinien ». Italianisant son prénom – Giacomo – en guise de remerciement, Meyerbeer est joué dans les principales capitales d’Europe dès le milieu des années 1820. C’est à Paris qu’il va triompher, grâce principalement à trois opéras : Robert le Diable (1831), Les Huguenots (1836) et Le Prophète (1849). Avec L’Africaine (œuvre posthume, 1865), il a défini le cadre du « Grand Opéra » par la synthèse qu’il réussit à réaliser entre la technique orchestrale germanique, le bel canto italien et la déclamation française. Offrant à son époque, une musique que chacun pouvait et voulait entendre, Meyerbeer s’impose comme le plus joué des compositeurs du XIXe siècle, avant que son œuvre ne soit rangée au purgatoire. Bénéficiant des mesures nouvelles du jeune roi Frédéric-Guillaume IV à l’égard des juifs, Meyerbeer était devenu le directeur général de la musique de l’Opéra royal de Prusse (1842-1846) et maître de la chapelle musicale du roi ; c’est là l’une des nombreuses reconnaissances attribuées à un Meyerbeer particulièrement attentif à la défense de son œuvre. Néanmoins, les critiques ne sont pas unanimes. Adoré de son vivant, Meyerbeer sera vilipendé après sa mort à Paris en 1864 ; et les attaques ne portent pas sur le seul plan de sa musique : certains aspects de sa personnalité, mais surtout ses origines juives alimentèrent des commentaires peu amènes. Ainsi, par exemple, comme le constatent certains de ses biographes, Meyerbeer est honoré d’une statue à Spa, alors que Berlin ne lui a réservé aucune attention particulière dans l’espace public.
Le bourgmestre Joseph de Crawhez est à l’initiative de ce monument dont la réalisation a été confiée au sculpteur Charles Gir ; le baron de Crawhez l’a d’ailleurs offert à la ville de Spa et l’inauguration, en août 1912, est marquée par d’importantes manifestations placées sous le haut patronage de la reine Elisabeth : illuminations, retraite aux flambeaux, concerts et soirée musicale de gala, sous la direction de Sylvain Dupuis et en présence notamment de Jean Noté, sont interprétés des extraits de quatre opéras de Meyerbeer. À l’origine, le monument est placé dans les jardins du Casino ; il prendra ensuite place dans le parc des Sept Heures à quelques mètres du parcours du mini-golf.
Très en vogue jusqu’au début des années 1930, le Français Charles-Félix Girard (Tours 1883-Bordeaux 1941), mieux connu sous le pseudonyme de Charles Gir, voir Ch. Gir, est à la fois dessinateur, affichiste, caricaturiste, peintre et sculpteur. Si sa signature apparaît régulièrement dans L’Assiette au beurre et d’autres titres de presse, il est aussi apprécié pour ses croquis et pastels de danseurs de l’Opéra de Paris, pour ses affiches destinées au théâtre, et pour ses illustrations d’ouvrages littéraires. Après avoir croqué de nombreuses scènes de la Grande Guerre et de ses poilus dont il était, il signera le portrait de plusieurs personnalités de l’Entre-deux-Guerres. Une ultime sculpture – un monumental Don Quichotte – évoque une facette moins connue de l’activité d’un artiste qui cultivait depuis son plus jeune âge un goût prononcé pour l’opéra. Sans doute est-ce là qu’il faut chercher le lien qui unit Gir, Meyerbeer et Spa.
Le buste en bronze de Meyerbeer culmine au sommet d’un imposant socle de forme rectangulaire ; sur la face avant, sous l’inscription :

MEYERBEER
1791 - 1864

un bas-relief illustre une anecdote locale selon laquelle Meyerbeer avait l’habitude de se rendre dans les bois de Spa installé sur le dos d’un âne. À l’avant du monument, une jeune femme tend la tête vers le haut pour apercevoir le compositeur prussien, tout en lui tendant un présent. Sur le côté droit, un autre bas-relief illustre une scène de l’opéra Les Huguenots. En dessous, gravée dans la pierre, une mention rappelle que le monument a été :

OFFERT
A LA
VILLE DE SPA
PAR

SON BOURGMESTRE
BARON JPH DE CRAWHEZ

 

Malou HAINE, 400 lettres de musiciens : au Musée royal de Mariemont, Liège, Mardaga, 1995, coll. Musique, p. 512-535
https://fr.wikipedia.org/wiki/Giacomo_Meyerbeer
http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-giacomo_meyerbeer-18501.php
http://www.sparealites.be/les-noms-des-ponts-de-la-promenade-meyerbeer (s.v. juin 2015)
http://www.dailymotion.com/video/xj1ozz_exposition-consacree-a-charles-gir-grisy-les-platres_creation
http://www.grisylesplatres.fr/article/charles-gir-peintre-sculpteur-1883-1941

 

Buste Giacomo Meyerbeer (Spa – parc des Sept Heures)

Buste Giacomo Meyerbeer (Spa – parc des Sept Heures)

Buste Giacomo Meyerbeer (Spa – parc des Sept Heures)

Buste Giacomo Meyerbeer (Spa – parc des Sept Heures)

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Carte : 
Adresse : 
parc des Sept Heures – 4900 Spa
Titre alternatif : 
MEYERBEER Giacomo
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Buste Giacomo Meyerbeer (Spa – parc des Sept Heures)
Buste Giacomo Meyerbeer (Spa – parc des Sept Heures)
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MERCIER Désiré

Statue du Cardinal Mercier, réalisé par R.P. Ephrem-Marie de Kcynia, 30 juin 1935.

Légèrement en retrait de la chaussée de Mont Saint-Jean, devant le collège cardinal Mercier, se dresse l’imposant monument dédié au prêtre mais aussi et surtout à l’enseignant : la sculpture représente en effet le professeur-cardinal en dialogue avec un jeune étudiant en culotte courte, portant sa mallette sous son bras gauche et son calot dans la main droite.
Réalisée en 1931, la sculpture ne sera hissée sur son socle et inaugurée que le 30 juin 1935, en présence du roi Léopold III et de la reine Astrid, comme le montre notamment une série de chromos imprimés par les chocolats « Côte d’Or », démarche qui symbolise à elle seule l’importance de l’événement auquel prirent part également le Cardinal Van Roey, le nonce apostolique Micara, plusieurs évêques, ministres et ambassadeurs. D’ailleurs, événement rare pour l’érection d’un monument, une cérémonie officielle a eu lieu le 17 juillet 1933 pour la bénédiction et la pose de la première pierre dudit monument ! Des discours y furent déjà prononcés, notamment par le cardinal Van Roey, le ministre de la Prévoyance sociale, Henri Carton de Wiart, et par Charles de Preter, président du comité exécutif responsable du projet.
Le Collège Cardinal Mercier est alors en pleine phase de construction ; il a été souhaité par le cardinal qui a béni la première pierre en juin 1924 ; quelques mois avant sa disparition, il a fait une visite surprise sur le chantier, témoignant ainsi de son intérêt tout particulier pour le projet. Il ne verra cependant pas l’inauguration de cet important établissement d’enseignement primaire et secondaire dont il avait ardemment défendu la création dans sa ville natale. Les plans initiaux du Collège sont l’œuvre de l’architecte Henri Vaes qui s’occupe également de définir l’implantation du monument en l’honneur du Cardinal Mercier. Érigé en 1935 par l’entreprise Legrève frères, il est quelque peu décentré par rapport à la façade principale. Situé sur le côté gauche lorsqu’on fait face à l’entrée du Collège, il apparaît d’autant plus imposant que l’ensemble est surélevé par rapport à la chaussée et que la sculpture en bronze est elle-même posée sur un socle composé de 9 rangées de hauts blocs de pierre rouge.
Au pied du socle, dans un angle créé pour faire apparaître une longue croix dans le relief de la pierre, apparaît la simple mention, aujourd’hui en lettres blanches sur fond noir :

CARDINAL
1851         1926
MERCIER

À l’origine, on trouvait le même texte, mais en lettres noires sur la pierre rouge polie.
Confié au R.P. Ephrem-Marie de Kcynia (ou Ephram-Maria de Czynia ou de Kzynia), le groupe monumental était déjà achevé en 1931. Un jeune étudiant avait posé pendant une quinzaine de jours pour ce statuaire polonais qui réalisait alors aussi la statue en bronze du Cardinal destinée aux jardins de l’Institut supérieur de Philosophie de Louvain. Pour Leuven, il représente le cardinal absorbé dans son travail d’écrivain ; pour Braine-L’Alleud, dans un style identique, il lui donne une autre stature. Familier du cardinal Mercier, Ephram-Marie de Kcynia est le dernier prêtre consacré par celui-ci. Ensemble, Mercier et de Kcynia avaient édité un ouvrage, Fioretti, les petites fleurs de S. François d’Assises où le cardinal signa la préface et l’artiste polonais une série d’aquarelles. En 1923, celui-ci signe encore une série de huit aquarelles pour illustrer l’ouvrage d’Arnold Goffin, Le Cantique des créatures de Saint-François d’Assise. Il réalisera d’autres aquarelles religieuses.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Xavier CAMBRON, Si le Collège m’était conté…, Braine-l’Alleud, éd. IdéeLumineuse, s.d.
Chronique de l’Institut supérieur de Philosophie, dans Revue néo-scolastique de philosophie, 33e année, n°30, 1931, p. 241-244
http://www.wiki-braine-lalleud.be/index.php5?title=Coll%C3%A8ge_Cardinal_Mercier_-_Ann%C3%A9es_1930
http://www.wiki-braine-lalleud.be/index.php5?title=Coll%C3%A8ge_Cardinal_Mercier_-_Ann%C3%A9es_1930
http://ccmprimaire.be/htdoc/modules/news/index.php?start=195&storytopic=3

 

Statue Cardinal Mercier (Braine l’Alleud)

Statue Cardinal Mercier (Braine l’Alleud)

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Carte : 
Adresse : 
83 chaussée de Mont Saint-Jean – 1420 Braine l’Alleud
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MERCIER Désiré
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Statue Cardinal Mercier (Braine l’Alleud)
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MASSON Arthur

Monument Arthur Masson, réalisé à partir d’une sculpture de Robert Bronchart, 13 septembre 2003.

À quelques centaines de mètres de sa maison natale, Arthur Masson a fait l’objet d’un monument, dans la rue Maubert, à deux pas de l’église de Rièzes, village adossé à la frontière française et qui fait partie de l’entité de Chimay. Après les célébrations en grandes pompes du centième anniversaire de la naissance du père de Toine Culot (1996), un regain d’intérêt se porte sur l’écrivain wallon : en septembre 1997, Namur inaugure un square ; en 1998, Treignes lui dédie une statue installée devant un espace culturel qui porte le nom d’Arthur Masson. En 1999, Robert Bronchart publie, aux éditions de l’Institut Destrée, un livre intitulé Arthur Masson ou le partage du plaisir (1896-1970) et multiplie les conférences. En 2000, Gérald Frydman réalise un documentaire sur l’homme qui écrivait des livres. Dans son village natal, depuis les années 1960, une plaque rappelle l’endroit où il est né et, en 1970, une rue porte son nom, mais il faut attendre les fêtes de Wallonie 2003 pour que soit inaugurée une œuvre originale, créée à l’initiative du groupement Animations Rièzoises présidé par José Fontenelle.
Lors d’une exposition présentée à Rièzes, en 2001, par Robert Bronchart, celui qui est aussi sculpteur s’est étonné de l’absence d’un monument emblématique dans son village natal. Le défi était lancé, Bronchart proposant d’ailleurs un projet représentant Arthur Masson debout, entouré de cinq personnages de son œuvre. Assurant le financement et la coordination du projet, Animations Rièzoises confie la statue de Bronchart à Chaba Tulok qui moule les éléments d’après la sculpture, à Hugues Van Vlordop qui se charge de les couler, tandis qu’Angelo Monte Forte les assemble et le personnel communal chimacien se charge de réaliser le socle. Une plaque identifie clairement l’initiative :

Arthur Masson
Auteur de Toine Culot
Né à Rièzes le 22 février 1896
Décédé à Namur le 28 juillet 1970

Don de l’Animation Rièzoise
Sculpteur Robert Bronchart             Rièzes le 13/09/2003

Cette œuvre collective est inaugurée dans le cadre des fêtes de Wallonie et surtout de la ducasse de Saint-Gorgon, en présence de plusieurs dizaines de personnes, dont les autorités communales de Chimay et les deux nièces de l’écrivain. Par ailleurs, Chimay accueille une exposition et une pièce de théâtre sur Arthur Masson mise en scène par les élèves de l’école de Rièzes.
Né en 1896, d’un père douanier, Arthur Masson (1896-1970) n’imaginait pas atteindre la célébrité par ses écrits et ses personnages. Professeur à l’Athénée puis à l’École normale de Nivelles, il avait imaginé avant-guerre le personnage truculent de Toine Culot. Apparu sous un titre peu flatteur – obèse ardennais –, ses aventures dans « la tourmente » confortent l’impression du lecteur de partager un morceau de l’existence de ce personnage qui lui ressemble. Dans un récit en français, l’écrivain recourt volontiers à des expressions wallonnes au suc intraduisible. Pleine d’une drôlerie populaire, piquante et de bon goût, la saga de Toine Culot se poursuit après la Libération. Il devient alors le maire de Trignolles (Treignes) et gravite autour de lui tout un petit monde qui est à la Wallonie ce que sont à Marseille Fanny, César, Marius ou Topaze : Tchouf-Tchouf, le médecin, Adhémar Pestiaux, le droguiste, l’Abbé Hautecoeur ou encore T. Déome.
Élève d’Alexandre Daoust, le Dinantais Robert Bronchart s’est notamment formé à Bruxelles auprès de Roger Somville, avant de se lancer tant dans la peinture que dans la sculpture ; sa maîtrise du dessin lui procure une réelle aisance artistique. Il alterne huiles, pastels, dessins, lithogravures et sculptures. Dans sa jeunesse, la lecture des aventures de Toine Culot lui avait inspiré de nombreux dessins où il se plaisait à représenter tout le petit monde de Trignoles. L’écriture d’un livre et la sculpture complètent sur le tard l’exploration de l’univers sorti de l’imagination d’Arthur Masson. En effet, c’est au moment où, étudiant à l’Université libre de Bruxelles, il s’était retrouvé loin de Dinant, « exilé à Bruxelles » que Bronchart avait trouvé refuge dans le monde de Masson et réalisé ses premiers dessins. Quelques années plus tard, le chercheur, ingénieur chimiste, profite de sa mise à la retraite pour retourner « au pays », à Hastière au début des années 1990. En bord de Meuse, Bronchart redécouvre Masson et réalise dans un premier temps des dizaines de petites statues en terre représentant les personnages de la saga de Toine Culot. Il part à la découverte d’archives inédites et entre en contact avec ceux qui ont croisé la route de l’écrivain, donnant ainsi naissance à un livre, à des conférences et au projet de statue Masson à Rièzes.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse dont Nouvelle Gazette, 15/09/2003
André LÉPINE, 80 monuments insolites d’Entre-Sambre-et-Meuse, Cerfontaine, 1989, p. 70
Robert BRONCHART, Arthur Masson ou le plaisir du partage (1896-1970), Charleroi, Institut Destrée, 1999
Paul DELFORGE, Cent Wallons du Siècle, Liège, 1995
A. DULIÈRE, Biographie nationale, 1977-1978, t. 40, col. 627-632
Marcel LOBET, Arthur Masson ou la richesse du cœur, Charleroi, Institut Destrée, 1971
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 333
http://bioul-notre-village-natal.eklablog.com/falaen-expo-du-peintre-robert-bronchart-ex-eleve-d-alexandre-daoust-a101731955

 

Monument Arthur Masson (Rièzes)

Monument Arthur Masson (Rièzes)

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Adresse : 
rue de Maubert à deux pas de l’église – 6464 Rièzes
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MASSON Arthur
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Monument Arthur Masson (Rièzes)
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MARTEL Joseph

Médaillon à la mémoire de Joseph Martel, réalisé par Pascal Norga, mai 1963 ( ?).

Avec Georges Truffaut et François Van Belle, Joseph Martel a été le premier parlementaire wallon à déposer une proposition de loi visant à instaurer le fédéralisme en Belgique (1er mars 1938). Reposant sur le principe de la création de trois régions (Wallonie, Flandre et, au moins, l’arrondissement de Bruxelles), le texte n’a pas été pris en considération par la Chambre, mais il n’en reste pas moins une première. Élu député socialiste en 1936 à l’âge de 33 ans, Joseph Martel paie-t-il son initiative au scrutin de 1939 ? En tout cas, il n’est pas réélu, mais conservera ses convictions wallonnes : il aura l’occasion de les exprimer à nouveau en janvier 1961, lors de la Grande Grève wallonne contre la loi unique. Fils du syndicaliste et député permanent Ernest Martel, ce jeune militant socialiste marqué par le rude travail des carriers d’Écaussinnes, où il est né, s’établit à Braine-le-Comte dans les années 1920 et en devient le premier représentant. Conseiller communal socialiste de Braine-le-Comte élu en octobre 1932, il en devient échevin en juillet 1934, jusqu’à sa mobilisation en novembre 1939. Lors de la Campagne des 18 Jours, le jeune soldat est fait prisonnier et, comme plus de 65.000 autres militaires wallons de sa génération, il passe ses cinq années de captivité en Allemagne. Retrouvant son mandat d’échevin au moment de la Libération (1945-1946), il devient bourgmestre de Braine-le-Comte en 1947 et le restera jusqu’à son décès en 1963 ; dans le même temps, il avait retrouvé un siège à la Chambre des députés en tant que représentant PSB de l’arrondissement Soignies (1949-1963).
Afin d’honorer leur leader décédé le 12 avril 1963, les socialistes brainois décident de ne pas fêter le 1er mai de cette année-là et de consacrer plutôt une manifestation en l’honneur de Joseph Martel en inaugurant les étangs qui portent désormais son nom. Depuis une douzaine d’années, Martel avait porté ce dossier consistant à transformer près de 3.000 m² en espace de tourisme social, autour d’un vaste étang dédié à la pêche. L’inauguration des étangs se fit en présence des ministres Bohy et Custers, ainsi que de Léon Hurez, son successeur à la Chambre. En octobre 1964, les socialistes perdaient leur majorité absolue et étaient écartés du Collège par une majorité libérale, dans des circonstances rocambolesques. Néanmoins, les oppositions politiques n’empêchent pas l’érection d’un monument témoignant de la reconnaissance à l’ancien maïeur et député. Une plaque évoque le lieu et son initiateur :

ETANGS JOSEPH MARTEL
DÉPUTÉ - BOURGMESTRE
DE
1947        BRAINE-LE-COMTE        1963

Au moment de l’inauguration, un médaillon apparaissait au centre de la partie supérieure, incrusté sur une pierre bombée qui reposait sur le socle encore visible, mais, en 2014, le monument réalisé par Pascal Norga en était dépourvu.
Originaire d’Etikhove où il est né en 1900, Pascal Norga est un sculpteur, spécialisé en art funéraire, qui dirigea la Fonderie de bronze et de cuivre « PN », établie à Renaix (Ronse) au milieu du XXe siècle ; il y utilisait la technique de moulages à découvert. Son père, Franz Norga (1861-1948) était originaire d’Espagne et s’était établi comme ébéniste dans le petit village d’Etikhove. Il avait eu quatre enfants dont Sylvain (1892-1968), son 2e fils, avait suivi une forte formation de sculpteur et s’était fait un nom dans l’art religieux : depuis le milieu de l’Entre-deux-Guerres, il exploitait un commerce lucratif d’objets décoratifs funéraires qu’il créait et produisait lui-même. Pascal Norga (1900-1974) héritera de son grand frère le droit de reproduction et la commercialisation de ses produits, activités qu’il mènera jusque dans les années ’60. Sculpteur lui aussi, Pascal Norga sera sollicité à diverses reprises pour réaliser des œuvres originales. À son actif, il compte deux reliefs sur les piliers d’entrée du cimetière d’Etikhove, la plaque commémorative pour les victimes civiles et militaires et les prisonniers politiques de la Seconde Guerre mondiale à Furnes et vraisemblablement le médaillon « Joseph Martel » ; il a aussi fondu la fontaine de Messines, à Mons (1959). En 1967, Herman (1940-) reprendra la direction de la fonderie paternelle.

Marcel M. CELIS, Norga, dans Pierre et Marbre, 2006, n°4, p. 24-28
A-M. HAVERMANS et Marcel M. CELIS, Norga : terug van weggeweest, dans Epitaaf, 20e année, n° 3, avril 2006, p. 3-9.
Pierre Dupont, Joseph Martel. Le semis et la récolte, s.l., imprimerie du Hainaut, 2003
Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. II, p. 1077-1078
Paul DELFORGE, Un siècle de projets fédéralistes pour la Wallonie. 1905-2005, Charleroi, Institut Jules-Destrée, 2005

 

Médaillon Joseph Martel (Braine-le-Comte)

Médaillon Joseph Martel (Braine-le-Comte)

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étangs Martel, 74 chemin de Feluy – 7090 Braine-le-Comte
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MARTEL Joseph
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Médaillon Joseph Martel (Braine-le-Comte)
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MARSICK Martin-Pierre

Plaque commémorative sur la maison natale de Martin-Pierre Marsick.
Jupille – 3 rue Lassaux ; 4 juin 1933.
Réalisée à l’initiative de ses amis, de sa famille et de la Société liégeoise de Musicologie.

Martin-Pierre Marsick (1847-1924) est l’un des remarquables représentants de l’école liégeoise de violon. Formé très tôt au Conservatoire de musique de Liège, il apprend l’instrument auprès de M. Dupont, puis de Heynberg (1857-1864), avant d’entrer au Conservatoire de Bruxelles, où Hubert Léonard est alors son professeur (1865), avant de se rendre à Paris, chez Joseph Massart, au Conservatoire national supérieur (1868). Son Premier Prix en 1869 lui ouvre de grandes perspectives. Entre 1875 et 1886, il fait les beaux jours de la Société nationale de musique. Premier violon du « quatuor Marsick », il interprète les grands compositeurs de son temps, classiques comme modernes, sans oublier les compositeurs wallons Vieuxtemps et Franck. Lui-même compose une quarantaine d’œuvres, essentiellement pour violon. Professeur de violon au Conservatoire national supérieur de musique de Paris (1892-1899), il entreprend alors, comme soliste, plusieurs tournées en Angleterre, en Russie et aux Amériques et tente de vivre de son art à Chicago où s’est ouverte une école belge de violon. Mais c’est à Paris qu’il achève sa carrière comme enseignant, non sans cultiver ses racines liégeoises. S’il meurt à Paris, c’est à Liège qu’ont lieu ses obsèques en 1924. Moins de dix années plus tard, avec le soutien de la Société liégeoise de musicologie, ses amis et sa famille organisent une cérémonie d’hommage en apposant une plaque commémorative sur sa maison natale, à Jupille, et en organisant un concert qui réunit, sous la direction d'Armand Marsick, son neveu, trois grands violonistes que Martin Marsick avaient formés : Jacques Thibaud, Carl Flesch et Georges Enesco. Chacun interprète personnellement une œuvre composée par Marsick après avoir joué le Concerto pour trois violons et orchestre de Vivaldi.
Délicatement gravés sur une plaque de cuivre, deux blocs de textes séparés par un archet en diagonale indiquent que

ici est né
Martin.Pierre. MARSICK
           Célèbre
      Violoniste
Belge                                      Jupille 1847
                                                    Paris 1924

http://chljupille.over-blog.com/article-30890667.html
http://armand.marsick.pagesperso-orange.fr/biographie2.htm
http://www.marsick.fr/ ; http://www.marsick.fr/martin/mpmarsick.htm (s.v. juin 2015)
La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. III, p. 392, 411 ; t. IV, p. 351

 

 

Plaque Martin-Pierre Marsick (Jupille)

Plaque Martin-Pierre Marsick (Jupille)

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MARSICK Martin-Pierre
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Plaque Martin-Pierre Marsick (Jupille)
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MAROILLE Désiré

Statue à la mémoire de Désiré Maroille, réalisé par René ( ?) de Winne, 6 septembre 1925.

Compagnon de route d’Alfred Defuisseaux, syndicaliste, considéré comme le père d’un socialisme pragmatique, Désiré Maroille (1862-1919) est l’un des fondateurs du POB et surtout de la Fédération socialiste républicaine du Borinage : créée en 1887, celle-ci gardera ce nom jusqu’en 1945. En 1894, Maroille est parmi les tout premiers députés du POB élus au suffrage universel masculin tempéré par le vote plural ; il siègera à la Chambre sans interruption, jusqu’à son décès en 1919 ; le 20 octobre 1912, il figure parmi les membres fondateurs de l’Assemblée wallonne, ayant accepté d’y représenter l’arrondissement de Mons. Conseiller communal de Frameries (1890-1919), échevin (1896-1919), il devra attendre le lendemain de la Grande Guerre pour obtenir sa nomination officielle à la fonction de bourgmestre parce que ses convictions républicaines l’empêchent de prêter serment de fidélité au roi. Quand la Belgique tente de se reconstruire en unissant toutes ses composantes, Maroille finit par être nommé bourgmestre, mais cette officialisation intervient quelques semaines avant son décès.
Très rapidement, le mouvement ouvrier se mobilise pour rendre hommage à leur leader disparu. La Centrale régionale des Mineurs du Borinage rend hommage à son premier président en lui érigeant un impressionnant monument, conçu et sculpté par R. de Winne. Représentant le portrait de Maroille, de face et en cravate, le médaillon en bronze est incrusté dans le socle central de l’imposant monument en pierre, qui s’étend de part et d’autre en trois parties symétriques. L’ensemble met en évidence un groupe de trois personnes sculptées dans le bronze : un ouvrier debout, portant un casque, apporte son soutien à une femme assise qui tient un bébé allaitant dans ses bras. À l’arrière du socle central est gravée la date de l’inauguration :

MONUMENT INAUGURÉ
LE  6   SEPTEMBRE   1925

Réalisé par René de Winne (Molenbeek 18/09/1890 - Genval 08/03/1969), candidat au Prix de Rome en 1912 et 1919, sculpteur de portraits et de nus, ce monument est l’un des tout premiers élevés dans l’espace public de Wallonie en mémoire d’un leader syndical et socialiste.

François ANDRÉ, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, 2001, cédérom
Colfontaine, Dour, Frameries, Honnelles et Quévy, Patrimoine architectural et territoires de Wallonie, Liège (Mardaga), 2006, p. 176
Paul DELFORGE, L’Assemblée wallonne 1912-1923. Premier Parlement de la Wallonie ?, Namur, Institut Destrée, janvier 2013, coll. Notre Histoire, p. 234
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 480
http://www.frameries.be/Loisirs/histoire/monuments/ (s.v. juin 2015)

 

Statue Désiré Maroille (Frameries)

Statue Désiré Maroille (Frameries)

Statue Désiré Maroille (Frameries)

Statue Désiré Maroille (Frameries)

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à l’angle de la rue L. Defuisseaux et de la rue Gustave Defnet – 7080 Frameries
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MAROILLE Désiré
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Statue Désiré Maroille (Frameries)
Statue Désiré Maroille (Frameries)
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MARGUERITE D'YORK

Statue de Marguerite d’York, réalisée par Frantz Vermeylen, septembre 1911.

Face à la gare de Binche, de style néo-gothique, construite entre 1905 et 1910, s’étend une imposante esplanade, au centre de laquelle a été inaugurée en 1931 une statue de l’Indépendance ; autour de ce monument central s’étendent quatre pelouses séparées par des chemins : la moitié supérieure, côté gare, est ceinturée par une balustrade en pierre bleue, sculptée, de style néo-gothique d’où émergent 8 colonnes de pierre, elles-mêmes surmontées d’une statue en bronze. Destiné à mettre la gare davantage en évidence tout en atténuant harmonieusement le dénivelé du terrain, le square a été aménagé en respectant les indications très précises de la Commission royale des Monuments qui délégua sur place, à plusieurs reprises, ses représentants pour veiller à la bonne exécution des travaux (adjugés à 60.000 francs de l’époque). Soutenu par les autorités locales, et en particulier par le bourgmestre Eugène Derbaix, le projet de square s’inspire de celui du Petit Sablon, à Bruxelles, avec ses colonnettes gothiques et ses statuettes évoquant « l’histoire nationale ». Il est inauguré en septembre 1911.
Œuvres des sculpteurs Vermeylen et Valériola, désignés en mai 1911, les 8 statues de Binche représentent « des personnages illustres qui ont joué dans l’histoire locale un rôle important et dont le souvenir mérite de vivre dans la mémoire des Binchois » (Derbaix). Quatre sont dues au ciseau d’Edmond de Valériola : Baudouin le Bâtisseur, Gilles Binchois (statue disparue en 2014), Yolande de Gueldre et Marie de Hongrie (statue volée en 1993) ; il s’agit en fait de toutes les statues de gauche quand on fait face à la gare. Les quatre autres ont été réalisées par Frantz Vermeylen (1857-1922) : Charles-Quint, Guillaume de Bavière, Marguerite d’York et Arnould de Binche. La statue de Marguerite d’York se situe sur le côté droit (par rapport à la gare) et est entourée d’Arnould de Binche et de Guillaume de Bavière.
Natif de Louvain, où son père (Jan Frans) exerçait déjà le métier, Fr. Vermeylen a appris la sculpture dans l’atelier familial, avant de suivre les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Louvain (1869-1878) où son père enseigne, et de se perfectionner à Paris (chez A-A. Dumont). Ayant certainement travaillé sur les chantiers de décoration de l’hôtel de ville de Louvain, de la gare d’Amsterdam et au Rijksmuseum dans les années 1880, il devient l’expert attitré des autorités louvanistes, avant de répondre aussi à des commandes de décoration pour la ville d’Audenarde, l’abbaye Saint-Gertrude, la Volksbank, etc. Spécialisé dans les intérieurs d’église (par ex. Saint-Martin à Sambreville), il reste un artiste demandé tant pour ses médailles que pour ses bustes et ses statues, comme celle du gouverneur Orban de Givry à Arlon (1903), que pour les quatre statues qu’il réalise pour Binche.
Concernant les 8 statues qui composent l’ensemble face à la gare, tous les personnages ont vécu avant le XVIIe siècle, six représentent des « princes ou princesses », et les deux autres sont des artistes : Gilles Binchois et Arnould de Binche. Veuve de Charles le Téméraire, sœur des rois d’Angleterre Édouard IV et Richard III, Marguerite d’York (1446-1503) a souvent séjourné à Binche et a contribué à donner à la ville ses lettres de noblesse. Son mariage avec le « Bourguignon » en 1468 restera sans descendance. Veuve à la suite de la mort de Charles le Téméraire à Nancy en 1477, elle continuera de veiller à l’éducation de Marie de Bourgogne (1457-1482), née du deuxième mariage du duc de Bourgogne. Comme Bruges (qui rappelle tous les cinq ans les fastes du mariage de Marguerite d’York avec Charles le Téméraire) ou Malines (où elle est décédée), Binche entretient le souvenir d’une princesse qui contribua à la magnificence de la cité. En 1476, elle avait offert au chapitre de la ville le remarquable reliquaire de l’église de Saint-Ursmer.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Le Journal de Charleroi, 31 octobre 1910 et 16 mai 1911, Journal de Bruxelles, 3 octobre 1911
Ludo BETTENS, dans Jacques VAN LENNEP (dir.), La sculpture belge au 19e siècle, catalogue, t. 2, Artistes et Œuvres, Bruxelles, CGER, 1990, p. 602-604
Eugène DERBAIX, Monuments de la Ville de Binche, Vromant & Cie, 1920, p. 38-39
Étienne PIRET, Binche, son histoire par les monuments, Binche, Libraire de la Reine, 1999
Victor DE MUNTER, Frantz Vermeylen et son œuvre, dans Revue belge de numismatique et de sigillographie, Bruxelles, Société royale de Numismatique, 1925, n°1, p. 57-68
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 739
Didier DEHON, Marie de Hongrie, Mariemont et Binche ou de la chasse à la cour, dans Cahiers nouveaux, n°83, septembre 2012, p. 34-38

 

Statue Marguerite d’York (Binche)

Statue Marguerite d’York (Binche)

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place et square Eugène Derbaix – 7130 Binche
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MARGUERITE D'YORK
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Statue Marguerite d’York (Binche)
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