Monuments

FASTRÉ BARÉ DE SURLET

Statue Fastré Baré de Surlet, réalisée par Maurice de Mathelin, 16 décembre 1901.
 

Quelques années après la décoration de la façade du Palais provincial de Liège par de multiples statues et bas-reliefs évoquant l’histoire de la principauté, est construit un nouveau bâtiment destiné à accueillir les services de la poste. Situé entre la rue de la Régence, la place Cockerill, le quai sur Meuse et la rue Matrognard, l’imposante construction est l’œuvre de l’architecte Edmond Jamar (1853-1929) qui s’inspire du style ogival du XVIe siècle qui avait présidé à la (re)construction du Palais des Princes-Évêques. Ce style se retrouve sur la façade des trois premières rues citées. Afin de décorer la partie supérieure du bâtiment qualifié de néo-gothique, l’architecte confie au statuaire Maurice de Mathelin (Tintigny 1854-Liège 1905) le soin de réaliser six grandes statues en bronze, représentant six bourgmestres de Liège des XVe, XVIe et XVIIe siècles, soit la période où le style du bâtiment prévalut. Les six statues sont nichées sur les façades et, à leur pied, un petit écu représente les armoiries du bourgmestre en question.
D’autres décorations apparaissent sur les façades du bâtiment construit sous l’impulsion du ministre Van den Peereboom : ainsi, neuf autres statues, plus petites, n’illustrent pas un personnage particulier, mais une fonction en rapport avec un métier exercé aux XVe et XVIe siècles ; elles ont été réalisées par l’atelier de Mathelin. À l’origine, elles étaient dorées (BROSE). Outre un grand blason au-dessus de la porte d’entrée principale, où apparaît la devise « l’Union fait la force », une série d’autres blasons, plus petits, dus au sculpteur Joseph Wéra, évoquent quelques bonnes villes, tandis qu’on retrouve encore le blason du gouverneur de la province de Liège en fonction au moment de la construction de l’hôtel des postes, ainsi qu’un cor postal, un lion de bronze tenant drapeau et trompette et un médaillon de près de 3 mètres de diamètre qui représente le bâtiment lui-même… Parmi les six grandes statues, celle qui est la plus proche du quai sur Meuse représente Fastré-Baré de Surlet.
Trois Fastré Baré de Surlet ont été bourgmestres de Liège avant la fin du Moyen Âge ; l’un, dit de Lardier, a été élu à la charge annuelle pour 1381 et 1384, année au cours de laquelle le peuple obtient le droit de choisir tous les membres du Conseil de la Cité et où les 32 métiers obtiennent eux aussi le droit d’intervenir dans la désignation des élus. Un autre, petit-fils du précédent, a été bourgmestre en 1419, année où il assiste à l’entrée solennelle de Jean de Heinsberg, ainsi qu’en 1421, 1423, 1428, 1432, 1433 et 1438, année de son décès. Vient enfin le troisième Fastré Baré de Surlet, fils du précédent, nommé bourgmestre en 1446, 1452 et 1457, l’année de la désignation de Louis de Bourbon comme nouveau prince-évêque, puis encore en 1462, 1466 (comme remplaçant en cours d’année) et 1467. « Capitaine des Liégeois dans les révolutions de son temps, il était plein de courage et de zèle, et n’en donna que trop de preuves à la bataille de Brusthem, où il eut le malheur d’être tué d’un coup de lance le 8 octobre 1467, dans sa cinquième année de magistrature », rapporte le Recueil héraldique. C’est ce troisième Fastré Baré de Surlet qui est illustré sur la Grand Poste, comme en atteste son blason. Chevalier, seigneur de Chockier, il est représenté tenant une lance dans la main droite, et le regard légèrement incliné vers le bas, selon la volonté de Maurice de Mathelin.
Fils de Jean-Baptiste de Mathelin de Papigny, le jeune Luxembourgeois a été l’élève de Prosper Drion à l’Académie de Liège, avant de faire une carrière à la fois de peintre, de médailleur et de sculpteur. Décédé à l’âge de 50 ans, il laisse principalement des bustes et des portraits. Marié à Louise d’Andrimont, il est notamment l’auteur du buste du bourgmestre Jules d’Andrimont conservé au Musée de l’Art wallon (du moins avant son démantèlement). Plusieurs commandes publiques permettent à Mathelin de réaliser des sculptures le plus souvent allégoriques, tant à Bruxelles, qu’en Wallonie. Ainsi est-il l’auteur de l’une des sculptures en bronze de la façade de l’Université de Liège, place du XX août (L’Étude). Peu avant sa mort, il avait réalisé les grandes statues situées au-dessus du fronton central du Palais des Fêtes de l’Exposition universelle de Liège, en 1905. Les statues réalisées pour la Grand Poste furent inaugurées en même temps que le bâtiment de Jamar, le 16 décembre 1901.

Yvon LABARBE, Hôtel des Postes de Liège, Fexhe, 1999, en particulier p. 47-48
Charles BURY, Les Statues liégeoises, dans Si Liège m’était conté, n°37, hiver 1970, p. 26
http://gw.geneanet.org/gounou?lang=fr&p=maurice&n=de+mathelin+de+papigny
http://www.chokier.com/PDF/Devolution.pdf (s.v. mars 2015)
Louis ABRY, Jean-Guillaume LOYENS, Recueil héraldique des bourguemestres de la noble cité de Liège…, Liège, 1720, p. 96, 130, 138, 152-153, 168, 169, 176
Christine RENARDY (dir.), Liège et l’Exposition universelle de 1905, Bruxelles, La Renaissance du livre, 2005, coll. « Les Beaux livres du Patrimoine », p. 197
Noémie WINANDY, La Grand-Poste d’Edmond Jamar, dans Un Siècle de néogothique 1830-1930, numéro spécial de Les Nouvelles du Patrimoine, janvier-février-mars 2010, n°126, p. 30-31
Jean BROSE, Dictionnaire des rues de Liège, Liège, Vaillant-Carmanne, 1977, p. 152

 

Statue Fastré Baré de Surlet (Liège, Grand Poste)

Statue Fastré Baré de Surlet (Liège, Grand Poste)

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quai sur Meuse – 4000 Liège
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FASTRÉ BARÉ DE SURLET
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Statue Fastré Baré de Surlet (Liège, Grand Poste)
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EVENEPOEL Henri

Plaque commémorative en l’honneur d’Henri Evenepoel, réalisée à l’initiative du Syndicat initiative de Wépion, 28 juin 1981.

Dans le cadre de la 14e « Fête annuelle des Fraises », le Syndicat d’initiative de Wépion, présidé par Gustave Maison, décide, au début des années 1980, d’ajouter une dimension plus culturelle aux festivités et de rappeler désormais les séjours d’artistes et écrivains inspirés par ce bord de Meuse, en inaugurant régulièrement des plaques commémoratives. Le premier artiste choisi est Henri Evenepoel. Comme l’évoque explicitement la mention gravée dans une pierre du pays et apposée dans le mur en moellons de la propriété située au 10 du Trieu Colin,

LE PEINTRE
HENRI EVENEPOEL 1872-1899
VECUT DANS CETTE MAISON AU
COURS DES ÉTÉS 1897 ET 1898
ET FUT INSPIRE PAR LE CALME
CHAMPETRE DU TRIEU COLIN
DON DU S.I.T. WEPION

À la fin du XIXe siècle, la propriété appartenait à une tante de l’artiste, Sophie Devis épouse du sculpteur Ch-Aug. Fraikin. Evenepoel bénéficia de l’hospitalité familiale durant deux étés qui ne furent pas nécessairement les plus heureux de sa vie. La découverte en 1981 d’une lettre inédite d’Evenepoel (lettre datée du 13 juillet 1897) a permis de situer précisément la maison en question, le peintre en ayant dressé à la fois un descriptif précis et deux croquis. En 1899, il séjournera encore à Dave, dans une maison louée au docteur Lavisé. De ces séjours, il reste des paysages peints au Trieu-Colin, à Wépion, dans la vallée de la Meuse à Dave, ainsi que quelques scènes paysannes ou des portraits d’enfants.
Né à Nice en 1872, de parents bruxellois, orphelin de sa mère à l’âge de deux ans, le jeune Henri Evenepoel bénéficie de l’aisance bourgeoise de son père, haut-fonctionnaire de l’État, et d’une grande curiosité familiale pour la musique et les arts graphiques. Le jeune homme suit des cours de dessins auprès d’académies et de maîtres bruxellois – Ernest Blanc-Garin, Adolphe Crespin – d’abord (1882-1892), parisiens (P-Y. Galland et G. Moreau) ensuite (1892-1894). À ses vingt ans, Evenepoel vit en effet dans la capitale française, où il est sensé se former au métier de décorateur. Il loge chez une cousine qui sera son modèle  principal. Et il trouve auprès de Gustave Moreau surtout, mais aussi de Matisse notamment, des encouragements sincères. En 1894, son tableau Louise en deuil est reçu au Salon des Artistes français, premier signe de reconnaissance officielle de son talent. Il multiplie alors les portraits et, fasciné par les types populaires, il croque volontiers les scènes de la vie parisienne, l’animation des rues, les ouvriers rentrant du travail, cherchant aussi à saisir tous les mystères de la lumière. Mais son état de santé est alarmant ; il passe les deux étés 1897 et 1898 à Namur, mais durant l’hiver en 1897, il séjourne en Algérie cherchant à s’y soigner. De retour à Paris, ses compositions rencontrent un franc succès. Son tableau L’Espagnol à Paris est fortement apprécié (1899). Evenepoel s’est progressivement construit un style original que vient stopper brutalement la fièvre typhoïde qui l’emporte fin décembre 1899. Il s’apprêtait à épouser sa cousine Louise et à reconnaître le petit Charles, leur fils adultérin. Outre des portraits d’enfants de sa famille, le peintre Evenepoel est reconnu pour ses scènes parisiennes, représentant les gens endimanchés en général, ainsi que des femmes et leurs chapeaux en particulier, comme cette Dame au chapeau vert (1897) que conservait le Musée de l’Art wallon, institution aujourd’hui supprimée.

La Vie wallonne, 1981, n°373-374, p. 86-87
La Vie wallonne, IV, 1982, n°380, p. 273
Jacques STIENNON, Jean-Patrick DUCHESNE, Yves RANDAXHE (dir.), De Roger de le Pasture à Paul Delvaux. Cinq siècles de peinture en Wallonie, Éditions Lefebvre & Gillet, Les Éditeurs d’Art Associés, Art & Fact, 1988, p. 213
Astrid MATTARD, Henri Evenepoel, sur http://balat.kikirpa.be/peintres/Detail_notice.php?id=2232 (s.v. avril 2015)
Francis HYSLOP, Henri Evenepoel à Paris : lettres choisies 1892-1899, Bruxelles, Renaissance du Livre, 1971
Henri Evenepoel : 1872-1899. Exposition, Musées des Beaux-Arts de Belgique 17 mars – 12 juin 1994, Bruxelles, Crédit communal, 1994

 

Plaque Henri Evenepoel (Wépion)

Plaque Henri Evenepoel (Wépion)

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10 Trieu Colin – 5100 Wépion
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EVENEPOEL Henri
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Plaque Henri Evenepoel (Wépion)
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ERARD DE LA MARCK

Statue d’Erard de la Marck, réalisée par Léopold Noppius, c. 15 octobre 1880.

Au milieu du XIXe siècle, afin de doter l’institution provinciale de Liège d’un bâtiment digne de ce niveau de pouvoir, d’importants travaux sont entrepris autour de l’ancien palais des princes-évêques. Propriétaire des lieux (1844), l’État belge retient le projet du jeune architecte Jean-Charles Delsaux (1850) et lui confie la mission de réaliser une toute nouvelle aile, en style néo-gothique, sur le côté occidental du Palais. Face à la place Notger, Delsaux (1821-1893) achève l’essentiel du chantier en 1853, mais des raisons financières l’empêchent de réaliser la décoration historiée qu’il a prévue pour la façade du nouveau palais provincial. Vingt-cinq ans plus tard, le gouverneur Jean-Charles de Luesemans prend l’avis d’une commission pour déterminer les sujets et les personnes les plus dignes d’illustrer le passé de « la Nation liégeoise ». Placés sous la responsabilité de l’architecte Lambert Noppius (1827-1889), une douzaine de sculpteurs vont travailler d’arrache-pied, de 1877 à 1884, pour réaliser 42 statues et 79 bas-reliefs. Elles racontent l’histoire de la principauté de Liège, privilégiant les acteurs du Moyen Âge.
Dès la mi-octobre 1880, 27 des 42 statues sont achevées, validées par la Commission et mises à leur emplacement respectif. Celle d’Erard de la Marck est parmi celles-ci.
À titre personnel, Léopold Noppius, le frère de l’architecte liégeois, signe onze décorations particulières, dont 9 statues de personnalités majeures de l’histoire de la principauté de Liège, parmi lesquelles l’ambitieux prince-évêque de Liège et cardinal de Valence, Erard de la Marck (1472-1538), celui qui fit entrer la principauté dans la Renaissance. Placée entre Albert de Cuyck et Saint-Hubert, sa statue est située en plein centre du péristyle, témoignant de l’importance du personnage dans la manière de retracer l’histoire liégeoise au milieu du XIXe siècle. Élu Prince-Évêque de Liège le 30 décembre 1505 et sacré en mai 1506, celui qui est né à Sedan quatre ans après la destruction de Liège par les troupes bourguignonnes ne cache pas vouloir jouer un rôle en vue dans la politique européenne de son temps Fait évêque de Chartres par le roi de France en 1507, il négocie le statut de la principauté de Liège et, en dépit d’une neutralité affirmée, fait alliance avec Charles Quint qui l’ordonne évêque (1520) puis cardinal de Valence (1521), en échange de sa protection. Reconstructeur de la cité, mécène de Lambert Lombard, correspondant d’Erasme, il rétablit l’ordre dans les finances et n’hésite pas à mâter violemment l’insurrection des Rivageois (1531). Sa présence sur la façade du jeune Palais provincial ne pouvait se discuter : n’était-il pas celui qui avait fait reconstruire le palais des princes-évêques dans le style qu’on lui connaît aujourd’hui, après l’incendie de 1505 ? Avec son porte-chef caractéristique, la statue d’Erard de la Marck est l’une des rares montrant le personnage en train de lire le long manuscrit qu’il tient entre les mains. Peut-être s’agit-il du traité garantissant la neutralité liégeoise.
Avant ce chantier de décoration, Léopold Noppius dont l’atelier accueillait le tout jeune Léon Mignon avait déjà signé quelques bas-reliefs, médaillons et bustes en région de Liège, comme sur le fronton du portique d’accès à l’Institut de Zoologie de l’Université de Liège. Réalisant des statues s’inspirant de sujets religieux (Vierge, Saint-Sébastien, etc.) qui ornent les églises, il rédige et publie, en 1880, un Projet de cortège historique pour Liège. Après le succès rencontré par celui organisé à Bruxelles à l’occasion des cinquante ans de la Belgique, il présente aux autorités liégeoises, et aussi à tous les partenaires du pays wallon, un projet de cortège historique qui pourrait se dérouler à Liège afin d’honorer et de glorifier tous ceux qui ont contribué à l’histoire de la principauté de Liège, voire du pays wallon. Nombre des personnalités évoquées dans son opuscule se retrouvent sur la façade du palais provincial.

Léopold NOPPIUS, Cortège historique, Liège son passé son présent, Liège, éd. Blanvalet et Cie, 1880
Jean LEJEUNE (dir.), Liège et son palais : douze siècles d’histoire, Anvers, Fonds Mercator, 1979
Julie GODINAS, Le palais de Liège, Namur, Institut du Patrimoine wallon, 2008, p. 94
http://perso.infonie.be/liege06/07sept.htm
http://www.chokier.com/FILES/PALAIS/PalaisDeLiege-Masy.html (s.v. août 2013)
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 231
Jean-Luc GRAULICH, dans Musée en plein air du Sart Tilman, Art&Fact asbl, Parcours d’art public. Ville de Liège, Liège, échevinat de l’Environnement et Musée en plein air du Sart Tilman, 1996
Henri LONCHAY, Biographie nationale, t. 13, col. 497-511
La Meuse, 2 octobre 1880

 

Statue Erard de la Marck (Liège)

Statue Erard de la Marck (Liège)

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façade latérale du Palais provincial, face à la place Notger – 4000 Liège
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ERARD DE LA MARCK
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Statue Erard de la Marck (Liège)
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DU BOIS Albert

Plaque commémorative Albert du Bois, réalisé par le maître tailleur de pierres Dhyne, , à l’initiative du Cercle d’information et d’histoire locale des Écaussinnes, 25 septembre 1982.
 

La maison familiale de la famille du Bois, appelée au XIXe siècle « le château du Bois » et devenue à la fin du XXe siècle « la pharmacie Poulet », se trouve au cœur d’Écaussinnes, sur la Grand Place. Y ont vécu plusieurs générations de « du Bois », dont le grand-père d’Albert qui fut garde d’honneur de Napoléon puis bourgmestre d’Écaussinnes d’Enghien (entre 1836 et 1843). C’est là qu’a grandi Albert (1872-1940) ; c’est là aussi qu’un précepteur lui apprend à lire et à calculer, avant son inscription au Collège Saint-Michel, à Bruxelles (1881), puis au Collège Notre-Dame de la Paix à Namur, auprès des pères Jésuites pour son école secondaire (1884-1890). Élève brillant, il obtient son diplôme de docteur en Droit de l’Université catholique de Louvain dès 1895, année où son talent littéraire est déjà bien connu ; il a en effet commencé à écrire dès ses humanités à Namur (Fatalité, une œuvre jamais éditée, date de cette période, de même que la poésie Dernier chant qui est distinguée par un prix de l’Académie Mont Réal de Toulouse en 1889). En 1892, certaines de ses pièces sont déjà jouées à Paris. Un séjour prolongé en Grèce, au début des années 1890, inspire son premier roman (Amour antique), suivi de plusieurs autres qui forment une sorte de cycle où l’écrivain exprime sa nostalgie de la civilisation antique. Engagé dans la carrière diplomatique, le comte Albert du Bois est nommé en décembre 1897 comme attaché de Légation. Il entre en fonction à Londres durant l’été 1898 et est promu Secrétaire de Légation de 2e classe en 1899.
Très vite, le jeune diplomate perçoit un sentiment anti-français généralisé dans la population anglaise et s’irrite de l’impérialisme dont font preuve les hauts-responsables britanniques à l’égard de tout ce qui leur est étranger. Parallèlement, il élabore une grille de lecture particulièrement critique à l’égard de la Belgique. Observant le débat parlementaire sur la loi dite d’Égalité adoptée en 1898, son inquiétude à l’égard du sort qui est réservé en Belgique à la culture française alimente une pensée qui s’exprime dans des libelles et des romans qui ne passent pas inaperçus. En 1902, à la manière de Defuisseaux, il rédige une brochure à grand tirage populaire intitulée Le catéchisme des Wallons. Nos droits. Nos devoirs. Nos espérances. Cette démarche attire l’attention de la diplomatie belge sur les idées de son fonctionnaire en poste à Londres. Représenté pour la première fois au théâtre de Mons le 9 février 1903, son drame intitulé La veille de Jemmapes attise la polémique. Publié aussi en 1903, Belges ou français est l’œuvre d’un Secrétaire de Légation qui a fait l’objet d’une révocation (arrêté royal du 10 février 1903), en dépit du congé illimité qu’Albert du Bois avait demandé et obtenu en novembre 1901 pour préparer ses écrits incendiaires.
Considérant les Wallons comme des Français éloignés de leur mère patrie, il suggère, dans La république impériale publié en 1905, des formes pratiques d’unions entre la Belgique et la France. Considéré comme le théoricien de l’irrédentisme français de la Wallonie, il contribue par ses articles et par ses moyens personnels à la vie de revues wallonnes (comme Le Réveil wallon) et à l’élévation de symboles forts (les pierres du Coq de Jemappes – monument inauguré en 1911 – venaient de carrières d’Écaussinnes appartenant à la famille du Bois). En novembre 1913, il est élu comme représentant de Nivelles à l’Assemblée wallonne, mais il n’en est plus membre après 1919. Pendant la Grande Guerre, il a trouvé refuge en Suisse ; depuis Lugano, il semble maintenir un contact régulier avec plusieurs militants. Dans l’Entre-deux-Guerres, il apporte son patronage aux premiers rassemblements à l’Aigle blessé (dès 1928), préside différents cercles, mais est davantage une référence disponible qu’un acteur du mouvement qu’il a lancé.
Ses talents d’écriture sont aussi au service d’une œuvre littéraire personnelle tournée principalement vers le théâtre, où il privilégie la versification, assurément d’inspiration romantique. Avec le Cycle des XII génies, du Bois crée douze pièces dramatiques qui chacune porte le nom d’un « grand homme ». A côté de Rabelais, Hugo, Voltaire et même Shakespeare, L’Hérodienne est la plus connue. Il signe aussi un drame en prose Notre Déesse ou Dea Gallia, où il fait notamment un éloge de la politique extérieure du cardinal de Richelieu. S’inspirant à nouveau de la Grèce antique, du Bois signe d’autres ouvrages qui forment le cycle des Romans de l’hécatombe. Il use aussi des pseudonymes Albert d’Haufremont et Eugène Renaud. Ayant quitté Écaussinnes pour Nivelles déjà avant la Grande Guerre (le château de Fonteneau est une propriété de la famille de Prelle de la Nieppe dont il est issu par sa mère), du Bois aménage un théâtre de verdure dans sa propriété où se joueront des pièces interprétées par des sociétaires de la Comédie française. Marié dans la cathédrale de Nantes en 1929, il n’aura pas de descendant. L’exode de mai 1940 – il quitte Nivelles précipitamment pour Paris avant de rentrer au pays et de retrouver son château occupé les Allemands – a raison de sa santé.
Si un timbre-poste sort à son effigie en 1961, Albert du Bois reste oublié pendant quelques années dans ses deux communes wallonnes d’élection, Écaussinnes et Nivelles. En 1970, Nivelles organise une exposition en son honneur en même temps qu’une stèle est inaugurée au Parc de la Dodaine, à la suite de Franz Dewandelaer et de Paul Collet. En 1982, les autorités communales d’Écaussinnes s’associent au Cercle d’information et d’histoire locale pour inaugurer une plaque commémorative sur sa maison natale, à l’occasion des Fêtes de Wallonie. Bien sûr, c’est une pierre sortie d’une carrière d’Écaussinnes qui a servi de support au travail de gravure réalisé par M. Dhyne, maître tailleur de pierres choisi par le Cercle historique, initiateur du projet. S’inscrivant dans le cadre des Fêtes de Wallonie, l’inauguration se déroule le 25 septembre 1982, en présence de la veuve d’Albert du Bois.

Pierre PELTIER, Albert du Bois, romancier, poète, doctrinaire écaussinnois méconnu, dans Val Vert, 3e trimestre 1982, n°39, p. 52-59
Jules LEMAIRE, Discours prononcé à l’inauguration de la plaque commémorative, dans Val Vert, 4e trimestre 1982, n°40, p. 82-84
Philippe MURET, dans Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 520-521

 

Plaque Albert du Bois (Écaussinnes)

Plaque Albert du Bois (Écaussinnes)

 

Inauguration de la plaque commémorative Albert du Bois sur la maison de famille d’Écaussinnes, en présence de madame de Prelle de la Nieppe et de Marcel Jacobs, premier bourgmestre du « Grand Écaussinnes ». Photographie extraite de la revue Val Vert, 4e trimestre 1982, n°40, p. 82-84

Inauguration de la plaque commémorative Albert du Bois sur la maison de famille d’Écaussinnes, en présence de madame de Prelle de la Nieppe et de Marcel Jacobs, premier bourgmestre du « Grand Écaussinnes ». Photographie extraite de la revue Val Vert, 4e trimestre 1982, n°40, p. 82-84

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Grand Place, boulevard de la Sennette – 7190 Écaussinnes
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DU BOIS Albert
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Plaque Albert du Bois (Écaussinnes)
Inauguration de la plaque commémorative Albert du Bois sur la maison de famille d’Écaussinnes, en présence de madame de Prelle de la Nieppe et de Marcel Jacobs, premier bourgmestre du « Grand Écaussinnes ». Photographie extraite de la revue Val Vert, 4e trimestre 1982, n°40, p. 82-84
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DRUART Porphyre-Augustin

Bas-relief en mémoire de P.A. Druart, réalisé par A. Regnier, 21 septembre 1936.
 

Sur la façade de l’hôtel de ville de Quaregnon, à gauche de la porte d’entrée principale, un imposant bas-relief en cuivre rend hommage

AU
SOUS-LIEUTENANT
P.A. DRUART
1868-1898
MORT en AFRIQUE
AU SERVICE DE
LA CIVILISATION

Sur fond de palmiers, une Africaine tient entre ses mains le médaillon représentant le profil gauche de Druart. L’initiative de ce mémorial revient au Cercle africain borain, soutenu dans sa démarche par la commune de Quaregnon. Plusieurs incertitudes et interrogations entourent ce bas-relief qui semble avoir été inauguré le 21 septembre 1936 pour célébrer le 4e anniversaire du Cercle africain borain.
Association fort active, le Cercle réunit des anciens d’Afrique qui veulent honorer la mémoire de ceux qui contribuèrent à l’épopée belge en Afrique, tout en créant un réseau de solidarité entre ses membres revenus au pays. À diverses reprises, avant la Seconde Guerre mondiale, ce dynamique Cercle africain borain appose des plaques commémoratives bien en vue dans l’espace public de Wallonie, afin d’affirmer sa conviction de l’œuvre civilisatrice entreprise par les « blancs » en Afrique noire.
Le parcours de Porphyre-Augustin Druart n’a cependant rien de glorieux. Natif de Quaregnon, fils de Charles-Louis Druart et d’Isabelle-Augustine Dufrasne, le jeune homme avait accompli son École moyenne quand il s’engage à l’armée. Entré au 2e Chasseurs à cheval en 1891, brigadier en 1892, maréchal des logis en 1894, sous-lieutenant de réserve en 1897, il s’engage comme sous-lieutenant dans la Force publique de l’État indépendant du Congo. Il quitte l’Europe durant l’été 1897 et est affecté à Boma, puis à Bomokandi. C’est là qu’il décède quelques mois plus tard, atteint d’une gastro-entérite aigue (février 1898).
Si une incertitude demeure quant à l’année de naissance de P-A. Druart (1868 selon la plaque commémorative, 1862 selon la Biographie coloniale), on peut aussi s’interroger sur les raisons du choix de ce sous-lieutenant comme objet d’une plaque commémorative par le Cercle africain borain. Ses origines boraines n’expliquent pas tout. Par ailleurs, si la date de l’inauguration est correcte (septembre 1936), on ignore sur quel bâtiment, la plaque fut originellement apposée. L’actuel hôtel de ville qui accueille la plaque lui est en effet postérieur. La première pierre de l’hôtel de ville de Quaregnon a été posée le 18 octobre 1937 et son inauguration a eu lieu le 11 septembre 1938.
Quant au sculpteur A. Regnier, il est aussi l’auteur du bas-relief placé sous le porche d’entrée de l’hôtel de ville de Mons, et qui rend hommage aux pionniers belges au Congo.

Marthe COOSEMANS, dans Biographie coloniale belge, t. V, 1958, col. 271-272
http://www.quaregnon.be/index2.php?option=com_content&do_pdf=1&id=174
Cor ENGELEN, Mieke MARX, Dictionnaire de la sculpture en Belgique à partir de 1830, Bruxelles, août 2006, t. VI, p. 3019

 

Bas-relief P.A. Druart (Quaregnon)

Bas-relief P.A. Druart (Quaregnon)

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Grand Place – Quaregnon
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DRUART Porphyre-Augustin
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Bas-relief P.A. Druart (Quaregnon)
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DONNAY Auguste

Buste à la mémoire d’Auguste Donnay, réalisé par Georges Petit, 30 juin 1956 ( ?).
 

Ce n’est pas la première fois qu’il est demandé à Georges Petit de réaliser un portrait d’Auguste Donnay. En 1927, il avait signé un bas-relief au bois des Manants à Esneux. Trente ans plus tard, le sculpteur réalise un buste destiné au parc de la Boverie à Liège. Au lendemain de l’Exposition universelle de 1905, ce parc est progressivement devenu le lieu privilégié pour accueillir des monuments dédiés principalement à des artistes liégeois. Dès 1907, a été inauguré un buste dédié au peintre Léon Philippet ; en juillet 1923, Gilles Demarteau est honoré à son tour, avant que ne les rejoignent, sans être exhaustif, Louis Boumal (1925), Jean Varin (1928), Jean-Barthélémy Renoz (1930), Armand Rassenfosse (1935), Adrien de Witte (1938), Georges Antoine (1938) et Richard Heintz (1956). Une galerie des bustes prend ainsi place dans la pergola du parc de la Boverie ; elle permet au public de croiser une palette d’artistes de renom, du moins jusqu’au début du XXIe siècle. On assiste en effet alors à une série de disparitions et d’actes de vandalisme (vols, dégradation, « lancer de buste » dans la Meuse…) contraignant les autorités liégeoises à placer à l’abri les bustes restants. Si quelques monuments restent intacts, d’autres ont entièrement disparu, comme en témoignent certains socles nus dont celui d’Auguste Donnay. Enlevé de l’espace public de Wallonie, son buste a trouvé refuge dans les réserves du BAL.
Surnommé « le maître de Méry », professeur à l’Académie de Liège nommé en 1901, Auguste Donnay (1862-1921) avait choisi de résider à la campagne pour profiter en permanence du ravissement de la vallée de l’Ourthe. Cherchant l’endroit idéal à Méry même, il changea d’adresse à quatre reprises, trouvant finalement le nid idéal dans un repli du vallon, dans une demeure discrète qui transformait l’artiste en ermite ; c’est là qu’il vécut jusqu’en 1921. Là, Donnay disposait du paysage recherché, avec ses multiples variations de couleurs. Membre de la section liégeoise des Amis de l’Art wallon (1912), Donnay avait marqué le Congrès wallon de 1905 par un rapport où il apporta des arguments convaincants en faveur de l’existence d’un sentiment wallon en peinture.
Ami d’Auguste Donnay, Georges Petit (1879-1958) était né à Lille, de parents liégeois. Il grandit à Liège et reçoit une formation artistique à l’Académie des Beaux-Arts où il est l’élève de Prosper Drion, Jean Herman et Frans Vermeylen. Il deviendra plus tard professeur de cette Académie. « Depuis 1901, date de ses premières œuvres, jusqu’à la guerre de 1940, Georges Petit a occupé avec autorité la scène artistique liégeoise », affirme Jacques Stiennon qui explique qu’il devait sa position aux multiples commandes officielles reçues autant qu’à sa maîtrise précoce de son art. Sa sensibilité et sa capacité à transformer une anecdote en symbole universel ont influencé durablement ses élèves, parmi lesquels Oscar et Jules Berchmans, Robert Massart, Louis Dupont et Adelin Salle. D’abord attiré par les portraits, Petit a livré plusieurs bustes de grande facture (ainsi par exemple un buste d’Auguste Donnay conservé par le Musée de l’Art wallon), tout en s’intéressant à la condition humaine. Marqué par la Grande Guerre, l’artiste y puise une force qui se retrouve dans ses réalisations des années 1917 à 1927. C’est aussi à cette époque (1919 précisément) qu’il réalise la médaille commémorant la remise par la France de la Croix de la Légion d’honneur à la ville de Liège. Ensuite, comme épuisé par tant de souffrances, il choisit la peinture de chevalet et devient plus léger, sans tomber dans la facilité. Les visages humains tendent à disparaître et tant les paysages que les traditions wallonnes l’inspirent : en peinture, comme dans ses médailles (qui sont très nombreuses et d’excellente facture), voire dans les quelques sculptures qu’il exécute encore, comme la Tradition commandée par le Musée de la Vie wallonne. Le buste qu’il consacre à Auguste Donnay et qui vient orner le parc de la Boverie semble avoir été réalisé entre 1901 et 1910 ; il semble aussi avoir été installé au parc de la Boverie vers 1956.

La Vie wallonne, septembre 1927, LXXXV, p. 25-28
La Vie wallonne, octobre 1927, LXXXVI, p. 42-53
La Vie wallonne, III-IV, 1970, n°331-332, p. 234 + ill
Liliane SABATINI, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 507-508
Jacques PARISSE, Auguste Donnay, un visage de la terre wallonne, Bruxelles, 1991
Maurice KUNEL, dans Biographie nationale, 1967-1968, t. 34, col. 244-247
Paul DELFORGE, Société des Amis de l’Art wallon, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. III, p. 1484-1486
Jacques STIENNON (introduction), Georges Petit, catalogue de l’exposition organisée à Liège du 9 janvier au 2 février 1980, Verviers, 1980
Charles BURY, Les Statues liégeoises, dans Si Liège m’était conté, n°35, printemps 1970, p. 15
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 282

 

Buste Auguste Donnay (Liège)

Buste Auguste Donnay (Liège)

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Carte : 
Adresse : 
parc de la Boverie – 4020 Liège
Titre alternatif : 
DONNAY Auguste
Image : 
Buste Auguste Donnay (Liège)
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DOMMARTIN Léon dit Jean d'Ardenne

Banc en hommage à Jean d’Ardenne, réalisé à l’initiative de l’Association pour la Défense de l’Ourthe (inférieure), 20 septembre 1925.
 

Durant ses études au Collège de Herve (1852-1858), Léon Dommartin (1839-1919) développe déjà à la fois le goût de l’écriture et celui de la nature. Devenu libraire à Spa, sa ville natale, il s’oriente ensuite vers le journalisme. Il fonde un journal satirique, Le Bilboquet qui ne vit que quelques mois (1864-1865) ; mais Dommartin est marqué durablement par la nature qui l’entoure, même quand il prend ses quartiers à Paris où il commence sa carrière dans un petit journal intitulé Gazette des étrangers. Avec le marquis Auguste de Villiers de l’Isle-Adam, il fonde en 1867 une publication hebdomadaire, La Reine des Lettres et des Arts à l’existence éphémère. En 1868, il entre au Gaulois. C’est pour ce journal qu’il suit avec attention la Guerre franco-prussienne de 1870. Il accompagne l’armée de Mac Mahon jusqu’à la débâcle de Sedan et ses reportages en font l’un des tout premiers correspondants de guerre de l’histoire. Critique littéraire de Paris-Journal entre 1871 et 1874, il prend ensuite la direction de Bruxelles, s’installe à Ixelles et entre à la rédaction de la Chronique : il y devient rédacteur en chef en 1896. C’est après sa période parisienne qu’il prend le nom de plume Jean d’Ardenne qui lui survivra. Il sera aussi nommé bibliothécaire à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.
Ce surnom de Jean d’Ardenne lui vient de la publication, en 1881, d’un guide de L’Ardenne qui fera date et connaîtra plusieurs éditions afin de tenir compte de l’évolution des moyens de circulation et de l’évolution de l’offre touristique. Six ans plus tard, ses Notes d’un vagabond (1887) sont également fort appréciées. Le regard qu’il pose sur « son » Ardenne l’entraîne à prendre fait et cause pour sa préservation, plus particulièrement à s’investir dans la défense des arbres, des sites et des maisons présentant un intérêt patrimonial. Face au développement prodigieux de l’industrie en pays wallon au XIXe siècle, il est l’un des premiers à attirer l’attention sur la nécessité de préserver la qualité des paysages et peut être qualifié de pionnier de l’écologie. En décembre 1891, il fonde la Société nationale pour la Protection des Sites et des Monuments en Belgique. En 1895, Léon Dommartin est encore parmi les fondateurs du Touring Club de Belgique.
Après sa mort survenue au lendemain de la Grande Guerre, Dommartin inspirera la création de nombreux cercles et associations de défense de la nature, comme l’Association pour la défense de l’Ourthe, Les Amis de l’Ardenne, le Comité de Défense de la Nature, etc. En 1905, il était lui-même membre de la Ligue des Amis des Arbres dont la présidence lui est confiée (juillet) et avait contribué à organiser la première « Fête des Arbres » en Wallonie, avec Léon Souguenet ; elle avait eu lieu à Esneux le 21 mai 1905. Encourageant les autorités publiques à installer des bancs rustiques le long des promenades comme dans les parcs publics des villes, Dommartin sera entendu dans l’Entre-deux-Guerres.
En 1925, à l’initiative de l’Association pour la Défense de l’Ourthe inférieure, le banc qui est inauguré dans le cadre des Fêtes de Wallonie est dédié explicitement à Jean d’Ardenne, comme l’indique la plaque en bronze incrustée dans le dossier, avec l’inscription suivante :

EN SOUVENIR DE JEAN D’ARDENNE
CE BANC
A ÉTÉ OFFERT À LA COMMUNE D’ESNEUX
LE 20 SEPTEMBRE 1925
PAR L’ASSOCIATION POUR LA DÉFENSE
DE L’OURTHE INFÉRIEURE

Le banc d’Esneux présente la singularité d’être circulaire, entourant le tronc de l’un des marronniers de la place séparant l’église de la maison communale. Outre le choix de s’inscrire au moment des fêtes wallonnes, l’inauguration de ce banc à Esneux a revêtu un caractère revendicatif affirmé. Depuis 1905 environ, un projet immobilier vise à construire de l’habitat sur le site de Beaumont, un haut plateau encerclé par l’Ourthe qui offre un panorama exceptionnel. Contre ce projet se sont mobilisés des citoyens locaux et des artistes ayant l’habitude de passer leur loisir dans la région d’Esneux-Tilff. Après une dizaine d’années de campagne de sauvegarde menée notamment par l’Association pour la Défense de l’Ourthe présidée par Louis Gavage, et au terme de longues procédures, une petite partie de Beaumont (5 ha sur 17) fait l’objet d’un classement en 1936. Il faut encore attendre 1944 et la fin d’un long procès, pour que le litige entre la Commission d’Aide publique de la ville de Liège, propriétaire de Beaumont, et l’État soit tranché en faveur du second ; les menaces de lotissement sont alors écartées et le site devient un sanctuaire dédié à la seule nature. Pendant quelques années encore, plusieurs classements partiels conduiront à protéger l’essentiel de la Boucle de l’Ourthe qui, en 1993, obtient le statut de « patrimoine exceptionnel de Wallonie ».
L’inauguration du banc, en septembre 1925, évoque Dommartin tout en rappelant la lutte menée par ses amis et disciples en faveur de la préservation de sites naturels exceptionnels de Wallonie.

La Vie wallonne, 15 octobre 1920, n°2, p. 86-88
La Vie wallonne, mars 1935, n°175, p. 179-185
Léon MARQUET, sur http://www.sparealites.be/jean-dardenne-1839-1919 (s.v. avril 2014)
http://www.are.be/Projets/Hyperpaysage%20ESNEUX/jean_dardenne.html (septembre 2014)
Benjamin STASSEN, La Fête des Arbres - 100 ans de protection des arbres et des paysages à Esneux et en Wallonie (1905-2005), Liège, éd. Antoine Degive, 2005, p. 84, 125

 

Banc Jean d’Ardenne (Esneux)

Banc Jean d’Ardenne (Esneux)

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Carte : 
Adresse : 
place de l’Église, dite aussi place Jean d’Ardenne – 4130 Esneux
Titre alternatif : 
DOMMARTIN Léon dit Jean d'Ardenne
Image : 
Banc Jean d’Ardenne (Esneux)
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DION Albert

Monument à la mémoire d’Albert de Dion, réalisé par Siob, 5 septembre 2004.

Sur la place communale de Dion le Val, à hauteur du carrefour entre la rue des Frères Poels, de la rue des Écoles et du boulevard du Centenaire, un monument est inauguré en 2004 en l’honneur d’un industriel qui, un siècle plus tôt, avait orienté ses activités vers la production de voitures de luxe. L’idée d’un monument qui rende hommage à l’un des grands pionniers de l’automobile est ancienne. À la fin des années 1950, elle renaît à l’époque où l’Antique Car Club de Belgique organise un rallye de voitures anciennes de Bruxelles à la place de Dion-le-Val ; une première pierre est alors posée. Le lieu est déterminé ; il reste à y édifier le monument commémoratif. Au début du XXIe siècle, à l’initiative de l’asbl « Auto moto rétro », l’artiste Jean-Marc Bois, mieux connu sous son pseudonyme de Siob, en est chargé. Donnant l’impression d’une route pavée, la stèle intègre une gravure de la « Populaire » réalisée dans de la pierre bleue ; elle s’élève à quelques centaines de mètres du château de la famille Dion.
Car si l’inventeur de la « Populaire » est né à Nantes et est par conséquent Français, il est établi par des recherches généalogiques sérieuses qu’Albert Dion (1851-1946) est un descendant « de la lignée du seigneur de Dion-le-Val ». Marquis de Malifranche, natif de Carquefou, Albert de Dion fait la rencontre décisive de Georges Bouton, un ingénieur parisien qui a mis au point une machine à vapeur. Dès les années 1880, ils cherchent à mécaniser les déplacements et contribuent à la saga des grands débuts de l’automobile. Mise au point en 1903, la « Populaire » assure leur succès ; très reconnaissable à son capot métallique allongé à l’avant, ce véhicule impose la silhouette désormais caractéristique de toutes les autres voitures. L’entreprise Dion-Bouton construit des voitures de grand luxe ; ses limousines sont prisées, mais la société ne supporte pas les conséquences de la Première Guerre mondiale, puis de la crise de 1929. La production de voitures de tourisme est arrêtée en 1932 ; celle d’autobus se poursuit jusqu’en 1953, tandis que des bicyclettes assurent encore la postérité de la marque jusque dans les années 1960.
En venant à plusieurs reprises à Dion le Val, sur la terre de ses ancêtres, l’industriel Albert de Dion a marqué les esprits : il est vrai que les automobiles étaient rares ; de surcroît, le chauffeur du marquis, l’Abyssin Zélélé, était originaire d’Afrique noire. S’appuyant notamment sur le résultat des recherches du Cercle historique de Chaumont-Gistoux, l’asbl « Auto moto rétro » a pris l’initiative d’élever une stèle en souvenir du génial inventeur ; l’inauguration du monument réalisé par Siob a été l’occasion d’un rassemblement de voitures très anciennes « Dion-Bouton » et de descendants de la famille Dion, dont une voix venant du Canada.
Originaire de Charente où il est né en 1963, Jean-Marc Bois avait rêvé de faire carrière en mer, mais c’est avec un diplôme de mécanicien en poche qu’il s’installe un jour à Freschaux, près de Beauraing, et qu’il rencontre le prince Decroy l’incite à se lancer comme peintre et à vivre de sa passion. Au commencement des années 1990, il se forge un style particulier dans l’accomplissement de dizaines de toiles, avant de se lancer aussi dans la sculpture. Jetant un regard critique, satirique et narquois sur la société, il s’impose sous son pseudonyme de Siob comme un artiste international. Installé à Marche puis au château de Saive, peintre et sculpteur, formateur de jeunes par l’art, Siob est présent à divers endroits dans l’espace public de Wallonie : ainsi à Marche-en-Famenne avec ses Naïades (1997) et sa Sérénité (1998), ou sur des ronds-points comme à Hastière avec sa « Lavandière » et sur la route de Givet à Beauraing, avec une sculpture évoquant à la fois une femme et un oiseau (2000). Plus discret, le monument de Dion le Val est inauguré en 2004. Revenu à la peinture à l’huile, Siob n’hésite pas à faire de la politique belge ses principaux sujets artistiques ; ainsi, en 2011, le peintre a offert une toile « polémique » à la ville de Dinant.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Mireille ROMMENS, Siob 20 ans, 2011
http://brabantiaelibri.blogspot.be/search/label/Figures%20illustres%20du%20BW?updated-max=2012-10-02T10:16:00%2B02:00&max-results=20&start=7&by-date=false
http://brabantiaelibri.blogspot.be/2012_08_01_archive.html
http://www.automag.be/NOM-DE-DION
http://www.siob.info/#!bio/c1xfq (s.v. avril 2015)

 

Plaque Orsini Dewerpe (Jumet)

Plaque Orsini Dewerpe (Jumet)

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Carte : 
Adresse : 
place communale – 1325 Dion le Val
Titre alternatif : 
DION Albert
Image : 
Plaque Orsini Dewerpe (Jumet)
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DEWERPE Orsini

Plaque commémorative Orsini Dewerpe, réalisée par F-G. Schmidt, 26 septembre 1954.

Sur la façade de la maison où il vécut, une plaque commémorative a été apposée en septembre 1954 en l’honneur d’Orsini Dewerpe qui, dans le même temps, donne son nom à la rue. Les Dewerpe sont connus depuis plusieurs générations à Jumet pour leurs activités de souffleurs de verre. Pourtant, c’est la musique qui désormais fait leur notoriété. Le père d’Orsini Dewerpe, Pierre-Joseph, a déjà rompu avec la tradition familiale en vivant de la musique, comme violoniste et professeur de musique à l’École moyenne de Jumet. La mère est aussi chanteuse et pianiste. Trempé dans la musique dès son plus jeune âge, Orsini Dewerpe (1887-1943) se révèlera un excellent pianiste, mais c’est une chanson composée en l’honneur de Paul Pastur qui lui survivra : En Wallonie ! reste en effet, dans le pays de Charleroi, un air connu, du moins déjà entendu. Avec la chanson Amis Chantons la Wallonie, voire avec Femmes wallonnes, la chanson En Wallonie ! est l’œuvre la plus remarquable de celui qui a été le directeur de l’École moyenne de Jumet (aujourd’hui Athénée qui porte le nom de Dewerpe depuis 2002).
Né au lendemain des grèves qui mobilisent violemment le bassin industriel wallon, le jeune Dewerpe reçoit le prénom peu usité d’Orsini, en référence explicite au révolutionnaire et patriote italien Felice Orsini (1819-1858) : membre de Jeune Italie, adepte de Mazzini, ce républicain italien contribue à l’éphémère expérience de la « république romaine » de 1848-1849 et est l’un des auteurs de l’attentat perpétré en janvier 1858 contre l’empereur Napoléon III ; condamné à mort, Orsini est guillotiné en mars 1858.
En plus des conseils familiaux en matière musicale, le jeune Dewerpe suit les cours d’harmonie de Paulin Marchand à l’Académie de Charleroi. Pianiste virtuose sur des airs de Liszt et de Chopin, il ne fait cependant pas de la musique sa carrière. Diplômé de l’École normale de Nivelles (1906), où il a marqué une prédilection pour la littérature, il entame une carrière d’instituteur à Ransart, avant d’enseigner le français à Jumet, sa commune natale, et l’hygiène à l’École moyenne. Engagé à temps partiel à l’Université du Travail, il est nommé en 1925 à la direction de l’École industrielle de Jumet, puis de l’École moyenne (1933). Il n’a pas renoncé pour autant à la musique. Mariant écriture et interprétation, Orsini Dewerpe forme un duo apprécié avec l’industriel Jules Cognioul, de la commune voisine de Marcinelle. Ce dernier va chanter une série de textes écrits par Dewerpe qui l’accompagne aussi au piano. Leur association commence en 1916 ; Dewerpe n’hésite pas à dénoncer les atrocités de la guerre, les profiteurs et les occupants ; après l’Armistice, la thématique rencontre un succès certain. Par la suite, son amour pour la Wallonie et pour la France occupe une place importante dans son répertoire d’Entre-deux-Guerres, ce qui incite Dewerpe à ne pas s’attarder au pays de Charleroi en mai 1940. De retour au pays, il est en contact étroit avec le docteur Marcel Thiry (de Charleroi) et s’informe régulièrement de l’activité de la Wallonie libre clandestine, sans pouvoir s’y impliquer personnellement. Son exil a affecté sa santé et il décède en août 1943.
Au moment où un hommage appuyé est rendu pour le 10e anniversaire de sa disparition, l’administration communale de Jumet annonce son intention d’apposer une plaque commémorative. Elle reçoit le soutien actif de la section de Jumet de Wallonie libre – avec Marcel Thiry, Marcel Gilson et Jean Deterville notamment – qui lance la souscription et choisit un artiste local, F-G. Schmidt, pour réaliser une plaque en bronze originale puisqu’elle inscrit le profil gauche d’Orsini Dewerpe entre l’emblème de Jumet et celui de la Wallonie, en mentionnant les dates 1887-1943 et l’inscription :

ICI A VECU ORSINI DEWERPE
CHANTRE DU PAYS WALLON
HOMMAGE DE WALLONIE LIBRE

L’inauguration a lieu le 26 septembre 1954 et s’est inscrite dans le cadre des Fêtes de Wallonie.

Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 500
Wallonie libre, décembre 1953, p. 3
Achille GOETHALS, Orsini Dewerpe, Jumet, éd. El Bourdon d'El Mojo des Wallons, 2002 - Chiroux
René DEMEURE, Jules Cognioul, chantre de Wallonie 1872-1952, Une vie en chansons, Charleroi, 1963 -IJD
Émile LEMPEREUR, dans Robert WANGERMÉE (dir.), Dictionnaire de la chanson en Wallonie et à Bruxelles, Liège, Mardaga, 1995, p. 136-137
Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Wallonie libre, n° de 1954, dont celui d’octobre, p. 3

 

Plaque Orsini Dewerpe (Jumet)

Plaque Orsini Dewerpe (Jumet)

Map

Carte : 
Adresse : 
12 rue Orsini Dewerpe – 6040 Jumet
Titre alternatif : 
DEWERPE Orsini
Image : 
Plaque Orsini Dewerpe (Jumet)
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DEWANDELAER Franz

Plaque commémorative en hommage à Franz Dewandelaer, réalisée à l’initiative de la section de Nivelles de Wallonie libre, 15 septembre 1968.
 

Les admirateurs du poète Franz Dewandelaer (1909-1952) affirment que « son œuvre est une des plus fortes et des plus pathétiques de la poésie wallonne ». Nivelles, sa ville natale, est le thème central de nombreux écrits où il utilise souvent des images fortes, parfois violentes. Ayant exercé divers métiers avant de se fixer comme employé à l’administration communale de Nivelles (1934), il s’est lancé très tôt dans l’écriture poétique, en langue française comme en langue wallonne, avant de se lancer dans la composition de pièces de théâtre, au contenu engagé dans le combat politique, dans l’écriture de sketches radiophoniques, de contes, voire de chroniques pour des journaux et revues. Après la Libération, il militera très activement dans le Mouvement wallon : mêlant ses convictions politiques à ses talents littéraires, il propose un hymne wallon en composant deux chœurs parlés, Bloc et Il était une fois, d’après la Lettre au roi de Jules Destrée. Puisant son inspiration dans des sources identiques à celles des surréalistes wallons, Dewandelaer compose la plupart de ses poèmes entre 1930 et 1936, mais beaucoup ne seront publiés que bien plus tard.  Mobilisé en 1939, le soldat est arrêté au soir de la Campagne des Dix-Huit Jours, et emprisonné en Bavière. Rapatrié malade en 1941, il conservera toujours des séquelles de sa captivité. Il mourra en clinique des suites lointaines de sa captivité.
En septembre 1968, dans le cadre des fêtes de Wallonie, les autorités locales de Nivelles rendent un hommage appuyé à Franz Dewandelaer, figure marquante du roman païs de Brabant. Sans conteste, cette initiative doit beaucoup à Émile Delvaille, ancien résistant, président de la section de Nivelles de Wallonie libre et conseiller communal, qui a su convaincre les échevins Vander Heggen et Hemberg. Avant qu’un mémorial soit inauguré dans le parc de la Dodaine, un cortège officiel fait halte devant le n°3 de la rue Paradis pour inaugurer une plaque apposée sur la façade de la maison natale du poète :

ICI VECUT
FRANZ DEWANDELAER
CHANTRE DE SA BELLE VILLE DE
NIVELLES. LE PLUS POETE DE
NOS POETES DIALECTAUX.
1909-1952

Au-delà de la personnalité du poète dialectal, la manifestation organisée en 1968 vise à affirmer l’appartenance du Roman pays de Brabant à la Wallonie et la défense des intérêts wallons au moment où est débattue la question de l’implantation d’une activité de pétrochimie à Feluy. En septembre 1967, le bourgmestre Jules Bary avait conféré un caractère davantage officiel à la Fête de Wallonie organisée à Nivelles depuis les années 1930. La collaboration des autorités locales avec le Comité communal des Fêtes, le Syndicat d’initiative et de tourisme et la Fédération nivelloise de Wallonie libre contribue à l’organisation d’un programme structuré et ambitieux, visant à étoffer la commémoration wallonne. Ainsi en 1968, au-delà des discours officiels, du cortège musical et d’un feu d’artifice, le spectacle offert au public le samedi soir a été préparé par Willy Chaufoureau qui met en scène des poèmes, des chansons et des saynètes tirés des œuvres de Dewandelaer.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Archives Paul Collet, 14-22, Chemise Commémoration 1969, notamment article du Peuple, 24 septembre 1969
Paul DELFORGE, Essai d’inventaire des lieux de mémoire liés au Mouvement wallon (1940-1997), dans Entre toponymie et utopie. Les lieux de la mémoire wallonne, (actes du colloque), sous la direction de Luc COURTOIS et Jean PIROTTE, Louvain-la-Neuve, Fondation Humblet, 1999, p. 285-300
Paul DELFORGE, Franz Dewandelaer, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 498
Georges LECOCQ, Pierre HUART, Dis, dessine-moi un monument… Nivelles. Petite histoire d’une entité au passé bien présent, Nivelles, Rif tout dju, mars 1995, p. 17
La Vie wallonne, 1952, p. 220 ; 1953, p. 118-140
Le Gaulois, n° 245, 30 août 1952, p. 6
Wallonie libre,  septembre 1968, p. 15 ; octobre 1968, p. 10.

 

Plaque Franz Dewandelaer (Nivelles)

Plaque Franz Dewandelaer (Nivelles)

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Carte : 
Adresse : 
3 rue Paradis – 1400 Nivelles
Titre alternatif : 
DEWANDELAER Franz
Image : 
Plaque Franz Dewandelaer (Nivelles)
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