LEJEUNE Phocas

LEJEUNE Phocas

Monument à la mémoire de Phocas Lejeune et Guillaume Fouquet, réalisé par le sculpteur Ernest Bastin et l’architecte Daniel Francken,11 septembre 1910.

Plusieurs surnoms ont été attribués au monument qui s’élève dans la cour des Noyers de l’Institut agronomique de Gembloux. Cet hommage aux deux premiers directeurs de l’établissement, à savoir Phocas Lejeune et Guillaume Fouquet, a été inauguré le 11 septembre 1910 ; le monument est l’œuvre de l’architecte Daniel Francken et la statue représentant le laboureur est du sculpteur Ernest Bastin. Réalisé pour le cinquantième anniversaire de la fondation de l’Institut agronomique, le monument est inauguré le second jour d’un week-end exceptionnel : le samedi 10 septembre, un congrès scientifique réunit des représentants d’instituts similaires venant d’Europe ; quant au dimanche, dédié au volet protocolaire et festif, il entend de nombreux discours autour de l’œuvre conjointe de Bastin et Francken, avant d’accueillir les anciens étudiants conviés à un banquet et à un concert.
À l’origine, l’ensemble veillait sur l’accès au porche ouvrant sur la cour d’honneur de l’ancienne abbaye, devenue Faculté universitaire. En 1922, le monument a été déplacé à son emplacement actuel, à proximité de la salle capitulaire et du quartier des moines. Si « Le laboureur à l’étude » ou « L’allégorie de l’agronomie » sont des surnoms courtois, les étudiants « festifs » l’ont rebaptisé le « blogueur à poil », l’humour potache faisant oublier que l’ensemble monumental fut réalisé à l’occasion du cinquantième anniversaire de la fondation de l’Institut agronomique.
Issus de longs débats parlementaires et d’expériences malheureuses, la loi du 18 juillet 1860 et ses arrêtés d’application ont en effet donné un statut à l’enseignement agricole supérieur en tirant parti de mésaventures antérieures. Dès 1845, les autorités belges ont cherché à développer un enseignement agricole, mais les écoles moyennes créées à Attert, Chimay, Leuze, Lierre, Tirlemont, Torhout et Verviers rencontrent peu de succès. Vers 1855, la plupart de ces établissements ont fermé leurs portes, mais le besoin d’un enseignement agricole reste grand. Le projet mort-né de la Société d’exploitation agricole et industrielle « Le Docte » attire cependant à Gembloux le nouvel établissement d’enseignement supérieur que l’État décide de créer. Il accueille le personnel jusqu’alors actif à Torhout. Phocas Lejeune en fait partie. Dès janvier 1861, l’ancienne abbaye, reconstruite dans le dernier quart du XVIIIe siècle et propriété du sénateur François Piéton, reçoit ses premiers étudiants.
Premier directeur, chargé de l’administration générale, Phocas Lejeune (1823-1881) avait été diplômé ingénieur agronome à Cureghem et, grâce à une bourse, avait suivi les cours de la prestigieuse école agricole française de Grignon, à l’instar de Fouquet qui a exactement le même parcours de formation et de spécialisation. Professeur à Verviers (sa ville natale où son père était médecin) et à Torhout dans les années où les projets de création de lycées agricoles échouent, Lejeune réussit néanmoins à donner une renommée certaine au collège professionnel agricole de Torhout, dont il était le directeur jusqu’à sa fermeture, en 1859. Co-promoteur du projet gembloutois, Lejeune assurera la direction de l’Institut agronomique jusqu’à sa mort en 1881, tout en publiant des articles de botanique et d’économie rurale qui lui valurent d’être nommé correspondant de la Société centrale d’agriculture de France. En 1881, Lejeune est remplacé à la direction de l’Institut supérieur de Gembloux par Guillaume Fouquet qui, depuis 1861, était sous-directeur, en charge du contrôle des études.
Inauguré en 1910, le monument conçu par l’architecte Daniel Francken et le sculpteur Ernest Bastin, à la demande de l’Association des anciens étudiants rend hommage à Lejeune, considéré comme le premier directeur de l’établissement et, dans une mesure certaine, l’un des principaux promoteurs de cet enseignement supérieur agricole. Le projet de monument a mis plusieurs années avant de se concrétiser. On retrouve déjà des demandes de subventions auprès de la province de Hainaut en 1905. Finalement, les soixante ans de la loi organisant l’enseignement agricole supérieur sont le prétexte à l’hommage aux créateurs.
L’œuvre de Bastin est une allégorie de l’agronomie : le laboureur à l’étude sur son araire symbolise la recherche permanente dans ce domaine. Les deux bas-reliefs du monument représentent les travaux agricoles : le défoncement du sol (quatre bœufs tirant une charrue dans un champ situé à l’arrière du palais abbatial) et l’élevage (une prairie où paissent cinq vaches et deux juments dont une allaite son poulain). Les noms des deux premiers directeurs figurent sur une plaque de marbre latérale.
Instituteur de formation, Ernest Bastin (1870-1926) se passionne pour la sculpture ; après avoir suivi une formation à l’Académie de Schaerbeek et à celle de Bruxelles, où il est notamment l’élève de Léon Mignon, il se consacrera pleinement à son art, créant des bustes, ainsi que des taureaux et des chevaux de labour à l’image de son professeur liégeois. Sollicité pour des commandes de monument extérieur comme le bronze de Gembloux, il réalise aussi des petits modèles en terre cuite ou en bronze représentant des animaux ou des personnes liées à l’activité industrielle ou agricole, ainsi qu’aux activités sportives. Professeur à l’École industrielle d’Anderlecht, le Bruxellois Daniel Francken, pour sa part, est aussi l’architecte officiel de la province de Brabant. S’il conçoit des plans pour diverses maisons à Bruxelles, principalement dans un style néo-Renaissance, il est surtout affecté sur les chantiers publics de sa province (bains publics, églises, etc.), ainsi que dans le Namurois (restauration ou construction).

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Pierre MARTENS, 125 ans d’existence de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Etat à Gembloux, dans Les cent dernières années de l’histoire de l’ingénieur en Belgique, Cahier n°1/86, Bruxelles, SRBII, 1986
Pierre MARTENS, La Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux de 1860 à 1985, dans Bulletin du cercle Art et Histoire de Gembloux et environs, avril 1985, t. II, n°22, p. 353-367
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 62
D’après l’inventaire 1957 du Département des Beaux-Arts: http://search.arch.be/BE-A0510_000280_002648_DUT.ead.pdf
http://www.gembloux.com/histoire/abbaye.htm
http://balat.kikirpa.be/photo.php?path=KM9442&objnr=10089528
http://www.bestor.be/wiki_nl/index.php/Lejeune,_Phocas_(1823-1881)
http://www.bestor.be/wiki_nl/index.php/Fouquet,_Guillaume (s.v. août 2015)

 

Monument Phocas Lejeune (Gembloux)

Monument Phocas Lejeune (Gembloux)

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Institut agronomique de Gembloux, cour des Noyers – 5030 Gembloux
Titre alternatif : 
LEJEUNE Phocas
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Monument Phocas Lejeune (Gembloux)
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