Folklore et traditions

Le patrimoine immatériel de Wallonie

Patrimoine immatériel, traditions populaires, folklore, autant de termes qui semblent bien réducteurs à l’aune de la réalité et des multiples manifestations qu’ils peuvent englober. S’il fallait trouver un point commun à celles-ci, ce serait sans aucun doute l’implication, voire l’amour ou la dévotion que leur portent des communautés locales. Elles les entretiennent depuis parfois des siècles et pourtant, chaque année, elles semblent être vécues aussi intensément qu’au premier jour.

Voyage au cœur du folklore wallon …


La Ducasse d'Ath

L’usage de géants, ces effigies plus grandes – voire beaucoup plus grandes, jusqu’à neuf mètres de haut – que nature, remonte aux processions religieuses de la fin du XIVe siècle. Ils représentent des héros mythiques ou des animaux, des métiers ou des figures locales contemporaines, des personnages historiques, bibliques ou légendaires. Actuellement, ils sont emmenés dans des processions, qui ont toutefois acquis un bagage laïc, et apparaissent notamment lors des ducasses – cette appellation spécifique à la Wallonie et au Nord de la France désigne des fêtes traditionnelles annuelles – des villes ou des quartiers.

  • Ducasses avec géants : Ath, les géants en Brabant wallon, Lessines, Messines (Mons), Soignies
  • Ducasse avec dragon : Mons
  • Ducasse sans géant : Biercée

 


Le Doudou à Mons

Le carnaval est la période des trois jours gras (du dimanche au mardi) qui précède le Carême pascal chrétien. Elle est le prétexte à de nombreux débordements autorisés, tant de nourriture que de boissons, et permet un renversement des rôles à vocation cathartique. Masques et costumes en sont les accessoires privilégiés. Le terme carnaval est également devenu un terme générique pour désigner toutes les festivités masquées, hors fêtes patronales, depuis le mardi gras jusqu’à Pâques, voire plus tard. En outre, le carnaval est souvent précédé d’une période de festivités pré-carnavalesques qui allongent encore la période durant laquelle le terme est utilisé. A la mi-carême, le laetare marque une pause dans ce qui est supposé être une période de privation et de jeûne ; certains débordements sont à nouveau autorisés et le port du costume est également de rigueur.

  • Jours gras : Bastogne, Binche, Eupen et cantons de l'Est, Malmedy, Marche-en-Famenne, vallée du Geer, vallée du Viroin
  • Carnavals hors jours gras : région du Centre, Jalhay, Nivelles
  • Laetare : Andenne, Fosses-la-Ville, Hélécine, Stavelot, Tilff, Tournai

Le Gille du carnaval de Binche


Le Chinel à Fosses-la-ville

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les marches sont des processions dédiées à un saint – pour leur pan religieux – et accompagnées d’une escorte armée – pour leur pan profane. Consacrées à un saint qui historiquement a été un bienfaiteur de la cité, elles témoignent des milices rurales du XVIIe siècle ; aujourd’hui, ces militaires sont incarnés par les jeunesses. En Wallonie, et plus précisément dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, les marches se concentrent entre mai et octobre. Elles sont annuelles, à l’exception de celle de Fosses-la-Ville (tous les 7 ans). Si le jour J est immanquablement un dimanche, des sorties sont prévues un ou deux dimanches avant pour « s’exercer » et le lundi ou le dimanche qui suit afin de rendre les hommages militaires aux notables de la commune. Parallèlement, on rencontre, en Wallonie, de nombreuses processions à vocation religieuse, sans l’escorte militaire qui caractérise les marches ; certaines d’entre elles ont néanmoins marginalisé leur lien avec le Catholicisme.


La Marche Saint-Roch

  • Marches : Marche Saint-Roch et Saint-Frego de Acoz et Lausprelle (Gerpinnes), Marche Saint-Pierre de Biesmerée (Mettet), Marche Saints-Pierre-et-Paul de Florennes, Marche Saint-Feuillen de Fosses-la-Ville, Marche Sainte-Rolende de Gerpinnes, Marche Saint-Roch de Ham-sur-Heure, Tour de la Madeleine à Jumet, Marche Saint-Eloi de Laneffe, Marche Saint-Pierre de Morialmé (Florennes), Marche Sainte-Anne de Silenrieux (Cerfontaine), Marche Saint-Fiacre de Tarcienne (Walcourt), Marche Saint-Roch à Thuin, Marche Saints-Pierre-et-Paul de Thy-le-Château (Walcourt), Marche de la Sainte-Renelde à Tubize, Marche Saints-Pierre-et-Paul de Villers-deux-Eglises (Cerfontaine), Marche de la Trinité de Walcourt
  • Processions : procession des Pénitents à Lessines, Tour Sainte-Gertrude de Nivelles, Tour Sainte-Renelde de Saintes, Tour Saint-Vincent de Soignies, Grande Procession de Tournai

La fête du Grand Feu a lieu, sauf exception, le dimanche de la Quadragésime, le premier dimanche du Carême ou sixième dimanche avant Pâques. La tradition du Grand Feu se retrouve dans toute la Wallonie, sous des formes néanmoins différentes que l’on se trouve dans l’aire linguistique du wallon proprement dit (provinces de Liège et de Namur, Ardenne et Famenne, Brabant wallon et Est de la Province de Hainaut – le Grand Feu ou Feûreû), du picard (Région de Ath, de Mons, du Borinage et du Tournaisis – l’écouvillage ou adrèche puns), du lorrain (Pays gaumais – bûle) ou du champenois (Sugny, Bagimont, Pussemange et Hameaux de Bohan, en province de Luxembourg – boûre). Le Grand Feu s’avère être un rite de purification, destiné à éloigner le mal du village pendant l’année à venir. Dans bon nombre d’endroits, on le clôture par l’immolation d’un mannequin, supposé incarner le mal ; mannequin devenu, en certains endroits, le bonhomme hiver.

  • Grand Feu : Bouge

Le Grand feu de Bouge

 

Bien d’autres traditions marquent le calendrier folklorique wallon. Citons, notamment, la fête du Maitrank à Arlon, le Chaudeau de Bois d’Haine, le goûter matrimonial d’Ecaussines, le Sabbat des Sorcières d’Ellezelles, la Cavalcade de Jemappes, le crossage dans le Hainaut occidental, les Molons de la Royale Moncrabeau et les Echasseurs de Namur, les fêtes du 14 juillet et les fêtes d’Outremeuse à Liège, la fête de Saint-Hubert et, enfin, les Macralles de Vielsalm.


Les Macralles de Vielsalm

Remarquons que certaines de ces manifestations ont été reconnues patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO. C’est le cas du carnaval de Binche (2008), des ducasses de Mons et d’Ath (2008) et des marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse (2008).

Chaque localité wallonne entretenant sa propre tradition, il est illusoire d’en faire un inventaire exhaustif ; un panorama, dégagé de toute hiérarchie ou jugement de valeur, semblait plus approprié, à chacun de le compléter par d’autres manifestations qui lui sont chères.

Par type de manifestation ou par commune, partez à la découverte du folklore wallon.

Musée international du Carnaval et du Masque, Emilie Botteldoorn et Sabine Maüseler, mai 2013

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