L’émergence des maires du palais, situation à la mort de Charles Martel (741)

Tout au long du VIIe siècle, Austrasiens, Neustriens, Burgondes, Aquitains continuent de s’affronter, s’allier, se trahir, s’assassiner ou se marier selon les intérêts des fratries, tandis que la noblesse et les maires du palais profitent du désordre pour s’imposer au premier rang. L’instabilité politique est grande. Exerçant un ascendant certain sur de très jeunes rois, les maires du palais de la famille des Pippinides exercent de facto l’autorité royale. Dagobert Ier avait tenté de se débarrasser de Pépin Ier de Landen (dit Pépin l’Ancien), mais, à la mort du roi, la puissance des maires péppinides ne cessera de croître, malgré une période difficile entre 662 et 680, tant en Austrasie, qu’en Neustrie-Bourgogne. Sous le couvert des rois, les maires désignent les titulaires des hautes fonctions de l’État et décident même des campagnes militaires. Ils tissent des liens clientélistes qui assurent leur stabilité.
Propriétaire d’un patrimoine s’étendant principalement autour de Liège et en Ardenne, Pépin l’Ancien meurt en 640. Sa fille épouse le descendant de l’évêque de Metz, Arnoul, grand aristocrate propriétaire de biens considérables dispersés dans les régions de Metz et Verdun. La réunion de tous leurs biens renforce la puissance de leurs descendants.
Petit-fils de Pépin Ier, Pépin II de Herstal réussit à dominer toute l’Austrasie et à s’étendre en Neustrie (687-710) : il devient maire des deux palais. Né à Andenne (selon certains auteurs), fils de Pépin II de Herstal, Charles Martel doit combattre à la tête des Austrasiens (not. bataille de l’Amblève, 716) pour affirmer son pouvoir, et affronter la Neustrie pour contrôler puis pacifier l’ensemble du royaume franc. Il mène aussi campagne loin des frontières (jusqu’en Autriche), repousse victorieusement les armées omeyyades à Poitiers (732) et refoule progressivement leurs incursions. Fort de ses succès (qui lui valent le surnom de Martel), Charles ne prend plus la peine de choisir un successeur au roi et devient le premier maire du palais exerçant le pouvoir sur tous les royaumes mérovingiens, jusqu’à sa mort (741).

Références
GeniMA34 ; RouLe ; TrauLxb ; www_cm0714


Institut Destrée (Paul Delforge et Marie Dewez) - Segefa (Pierre Christopanos, Gilles Condé et Martin Gilson)