La principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy

La principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy

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La double abbaye de Stavelot et Malmedy a été fondée aux alentours de 650 par saint Remacle au centre d’un vaste domaine octroyé par le roi des Francs Sigebert III. Ce domaine s’accrût encore dans les siècles suivants, grâce à la générosité des souverains mérovingiens, carolingiens et ottoniens. Il devint dès lors un État à part entière avec à sa tête un prince-abbé, prince territorial du Saint-Empire. Mis à sac par les Normands en 881, les deux monastères frôlèrent la séparation et procédèrent au partage de leurs biens. La présence des reliques du saint fondateur à l’abbaye de Stavelot lui apporta la prééminence sur Malmedy. Sous les grands règnes des abbés Poppon (1021-1048) et Wibald (1130-1158), Stavelot fut véritablement la capitale de l’État. Le premier construisit une nouvelle abbatiale et fit de son abbaye un centre de la réforme monastique bénédictine. Le second se posa en diplomate aguerri et exerça un mécénat artistique des plus conséquents. De 1581 à 1731, la principauté fut aux mains des archevêques-électeurs de Cologne, également princes-évêques de Liège, puis des Fürstenberg, princes-évêques de Strasbourg liés étroitement aux souverains liégeois. Pendant 150 ans, les deux principautés de l’est de nos territoires furent dès lors gérées par la même main. C’est la Révolution qui mit fin à l’existence de l’abbaye, douloureusement ravagée, comme de la principauté elle-même. Le territoire fut annexé à la République française en 1795. 

Stavelot était en outre le chef-lieu d’une postellerie qui portait son nom et qui comprenait treize bans. Elle était le siège d’une haute cour de justice et d’une cour féodale qui étendait ses compétences à toutes les seigneuries de la principauté. C’est également à Stavelot que se réunissaient les États. Malmedy, quant à elle, porta le nom de ville dès 1355 et fut ensuite qualifiée de « franchise impériale » ou de bourg. Elle fut également le centre d’une postellerie qui groupait la mayeurie de Malmedy et les bans de Francorchamps et de Waimes. On y trouvait une haute cour de justice, de laquelle relevaient les cours de la postellerie.

 

Frédéric MARCHESANI, 2013