Le marquisat de Franchimont

Le marquisat de Franchimont

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Créé territorialement à la fin du IXe siècle lorsque le domaine royal de Theux est offert à l’évêque de Liège Francon par le roi de Lotharingie Zwentibold dans un acte du 8 octobre 898, le « pays de Franchimont » devient une châtellenie dépendant de la principauté de Liège jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Charles le Simple confirme cette donation et y ajoute la forêt de Theux le 25 août 915. Seule l’engagère de la famille de la Marck constitue une parenthèse entre 1477 et 1505 qui interrompit cette dépendance épiscopale. Au XVIe siècle, le territoire est érigé en marquisat au moment où le prince-évêque Ernest de Bavière prend l’habitude de porter le titre de marquis. La principauté de Liège était divisée en une vingtaine de quartiers et baillages, à la tête desquels se trouvaient des gouverneurs nommés par le prince-évêque. L’histoire du marquisat se confond ainsi avec celle de la principauté. La terre, située entre les duchés de Limbourg et de Luxembourg et la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy, comprenait cinq bans : Jalhay, Sart, Spa, Theux et Verviers, le tout composé d’environ cinquante villages et hameaux. L’ensemble, détaché du reste de la principauté, constitue une véritable enclave liégeoise à l’est du territoire. Dans le marquisat, comme dans le reste du territoire liégeois, les villes et villages étaient régis par un bourgmestre et un conseil. Un haut voué veillait à la sûreté du pays, le gruyer veillait à l’observance des règlements forestiers. Le pouvoir judiciaire était exercé par des cours de justice. Chaque village un peu important possédait sa cour composée d’un mayeur, de sept échevins (faisant office de juges) et d’un greffier. Dans le marquisat, le château de Franchimont servait de prison pour les cinq bans et la Cour de justice de Theux instruisait les procès et enfermait les condamnés dans cette prison. Andrimont, Jehanster, Troisfontaines et Surister possédaient également leur cour de justice.

Frédéric MARCHESANI, 2013