Paléolithique supérieur : aurignacien (± 37.000 – ± 32.000 av. J-C)

L’Homo Sapiens, l’homme moderne, commence sa progression à partir de l’Est et atteint l’espace wallon actuel entre 34.000 et 32.000 av. J-C. Homo Sapiens et Homo Neandertalensis occupent des sites identiques. Les recherches récentes prouvent que les deux groupes ont été contemporains pendant plus de 10.000 ans. La période de leur croisement correspond à la fin des industries moustériennes, principales manifestations culturelles du Paléolithique moyen, et à l’arrivée des premières industries du Paléolithique supérieur. Celui-ci se caractérise par des mutations technologiques importantes accompagnées d’une modification du mode de vie de l’homme, ainsi que de son mode de pensée. En effet, « la technique de taille de la pierre voit le développement de la production de lames, c’est-à-dire d’éclats au moins deux fois plus longs que larges » . Parallèlement, on assiste au développement de l’industrie osseuse : les formes et les techniques se diversifient, une partie de l’équipement de pierre est consacré au travail de l’os. Les hommes de cette période développent en outre la technique de l’arc et celle du propulseur, dont le but est de lancer les sagaies. À ces transformations techniques majeures sont associés d’autres signes de changement : l’homme oriente la chasse surtout vers les grands mammifères terrestres, le rite d’ensevelissement se systématise et les premières manifestations artistiques apparaissent. Présente dans plusieurs pays d’Europe (Espagne, France, Italie, Bulgarie, Roumanie…), la culture aurignacienne est l’une des plus anciennes du Paléolithique supérieur, mais également l’une des plus modernes de par ses productions artistiques. Elle a en effet amené les premières manifestations de l’art figuratif en Occident. Ainsi dans l’espace wallon, a-t-on pu découvrir une statuette anthropomorphe au Trou Magrite d’Anseremme. Les éléments de parure ne manquent pas. Le Trou Magrite, encore, a livré un pendentif en pierre de cette tradition, l’une des plus anciennes parures connues actuellement. Selon toute vraisemblance, ces réalisations sont l’œuvre d’hommes modernes.

RéférencesCDp ; Cor ; Guid ; Ot01 ; Ot07 ; Ot09, Pir

Institut Destrée (Paul Delforge et Marie Dewez) - Segefa (Pierre Christopanos, Gilles Condé et Martin Gilson)