Histoire

La province "Walloniae" de l'odre des Capucins (1612)La province "Walloniae" de l'ordre des Capucins (1618)

- 500 000 - Une activité humaine est attestée dès le paléolithique inférieur dans la vallée de l’Amblève. Au paléolithique moyen, de - 300 000 à - 40 000, l’homme de Néandertal laisse de nombreuses traces, notamment à Sclayn, Engis, Goyet et Spy. La présence de l’Homo sapiens est attestée en Wallonie vers - 34 000. Au néolithique supérieur (VIe millénaire), de nouvelles populations s’implantent tant depuis le Rhin que depuis le sud-ouest de l’Europe mais c’est au néolithique moyen (IVe millénaire) que la Wallonie connaît son « âge d’or » préhistorique, marqué notamment par l’érection de fortifications et une exploitation « industrielle » du silex. Pendant au moins 500 000 ans, la vitalité des peuplements est une donnée essentielle de la préhistoire des territoires qui constitueront, un jour, la Wallonie.

Bas-relief dit de Montauban représentant la moissonneuse des Trévires © Musée GaumaisLa moissonneuse des Trévires

- 450 - Les Celtes s’implantent en Wallonie. Ils seront à la base d’une riche civilisation, notamment en matière d’industrie (métallurgie) et d’artisanat de qualité. Dès ce moment, les Germains utilisent le terme Walha pour désigner les Celtes habitant aux frontières sud et ouest de leurs régions.

- 57 - Jules César conquiert la Gaule. Une profonde romanisation commence. Elle sera un élément déterminant dans l’évolution de ce qui deviendra la Wallonie. Ses habitants deviennent Gallo-romains. Ils abandonnent leurs langues celtes au profit du latin. Ils intègrent la culture et, progressivement, acquièrent la citoyenneté romaine. Leurs voisins germaniques continuent de les désigner sous le nom de Walha, terme dont dériveront les mots wallon puis Wallonie. Dès cette époque, l’espace wallon se profile comme une « marche de la latinité », à la frontière du monde germanique.

La poignée de l’épée retrouvée dans le tombeau de Childéric – Diffusion Institut Destrée © SofamL'épée de Childéric

Ve siècle - L'empire romain s’effondre. Dans le contexte des invasions germaniques, les Francs (avec Clodion, Chilpéric puis Clovis) prennent le pouvoir sur les régions de la future Wallonie. Tournai est la capitale de ces Mérovingiens et le point de départ de leur vaste expansion. Le Ve siècle voit également la chrétienté se diffuser en Wallonie. Tournai devient siège épiscopal au VIe siècle et, au VIIe, le territoire wallon se couvre de monastères qui rayonnent intellectuellement.

VIIIe siècle - Les Carolingiens, originaires de la Basse-Meuse, détrônent les descendants de Clovis. Le territoire wallon se trouve au cœur de l’Empire de Charlemagne. En 843, le traité de Verdun - qui divise l'empire en trois - partage l’espace wallon entre la Francie occidentale de Charles le Chauve et la Francie médiane de Lothaire. Ballotée au gré des successions, la Wallonie entre dans une longue période de morcellement.

Médaille, s.d. (1789), Plaquette gravée de la révolution liégeoise. Droit : Le perron marqué 22 entre L-G, dans une couronne de laurier. Revers : PAIX/ DE/ FEXHE dans une couronne de laurier.Médaille évoquant la Paix de Fexhe

XIe au XIVe siècle - La féodalité se met en place dans le pays wallon. Les anciens comtés carolingiens deviennent autant de principautés où le pouvoir se transmet héréditairement (comtés de Hainaut et de Namur, duchés de Brabant, de Luxembourg et de Bouillon, principauté-abbatiale de Stavelot-Malmedy). Avec Notger (Xe siècle), Liège inaugure la politique de l’Eglise impériale d’Otton Ier. Les villes – qui se multiplient et croissent -, les campagnes et les monastères connaissent un véritable essor dans une Wallonie qui pratique la métallurgie et l’exploitation du charbon. La civilisation mosane, illustrée notamment par l’orfèvrerie d’Hugo d’Oignies, triomphe au Xe siècle. Les villes arrachent des libertés aux princes. En 1066, Huy se voit octroyer une des premières chartes d’Europe du Nord. En Wallonie, le français remplace le latin comme langue littéraire et d’administration. Au XIIe siècle, l’abbé de Saint-Trond utilise le terme Wallonica lingua pour désigner la langue romane de son diocèse. En 1316, les Liégeois obtiennent, par la Paix de Fexhe, une des premières constitutions politiques.

Remise en place du perron liégeois, auteur inconnu, fin du XVIIe siècle. Coll. Musée d’Ansembourg – Diffusion Institut Destrée © SofamRetour du perron à Liège

XVe siècle - En quelques décennies, les ducs de Bourgogne réunissent sous leur contrôle l'équivalent du Bénélux et du Nord de la France, réalisant une première unification de ces territoires qui ne masque pas les particularismes et se heurte à de profondes résistances, illustrées par la Principauté de Liège. La mort de Charles le Téméraire en 1477 sonne le glas de la période bourguignonne, rendant au passage leur indépendance aux Liégeois. Au XVe siècle, le terme wallon devient d’usage général dans un ensemble qui met en présence un bloc de langue romane et un bloc de langue thioise dans un même cadre politique.

Le Monument des Wallons à Battery Park, à la pointe sud de Manhattan (1924)Le monument des Wallons à New York

XVIe au XVIIIe siècle - Distinctes de la Principauté de Liège, les provinces wallonnes relèvent des Pays-Bas dirigés par les Habsbourg, d'Espagne, d’abord, jusqu'en 1714, puis d'Autriche, jusqu'en 1794. Durant cette période, ils s'agrandissent de Tournai et du Tournaisis, enlevés à la France par Charles Quint, en 1521. Dans ce contexte, les ordres religieux réorganisent leurs limites pour leur faire épouser la frontière des langues, dessinant les contours d’une Wallonie quasi contemporaine. Le XVIe siècle est marqué par les guerres de religions qui conduiront des protestants wallons émigrés à fonder les Eglises wallonnes de Hollande ou à s’embarquer pour le nouveau monde pour contribuer, notamment, à la fondation de New York. C’est au XVIe siècle également que, forts de leur savoir-faire, les ouvriers wallons implanteront la sidérurgie en Suède.

Monument célébrant le victoire française de Jemappes - Guy Focant © SPW-PatrimoineLe coq de Jemappes

Fin XVIIIe et début XIXe siècle- Suite à l’échec de la révolution brabançonne (conservatrice) et de la révolution liégeoise (progressiste), l’Ancien Régime tombe, en Wallonie, avec la victoire définitive de la République française sur les Autrichiens (1794). Celle-ci marque également l’unification du territoire wallon qui voit la Principauté de Liège et les autres provinces wallonnes réunies au sein de la République puis de l’Empire français (1795-1815). La défaite de Waterloo met fin à l’épopée napoléonienne et à l’intégration de la « Wallonie » dans la France. Par le Congrès de Vienne, les puissances victorieuses l’intègrent, avec les autres provinces « belges », dans le royaume des Pays-Bas de Guillaume Ier d'Orange. Sous le régime français puis sous le régime hollandais, la Wallonie s’impose comme le berceau continental de la Révolution industrielle. Proportionnellement à sa population, elle occupe la seconde place mondiale des nations industrielles, derrière l’Angleterre, de 1810 à 1880.

La Colonne de Sainte-Walburge © Collection privéeLa Colonne de Sainte-Walburge

1830 - Opposés tant à l’autoritarisme de Guillaume Ier qu’à sa politique linguistique, les Wallons prennent une part active à la révolution qui aboutit à l'indépendance de la Belgique. Les provinces wallonnes s’inscrivent alors dans un Etat unitaire et centralisateur masquant, pour un temps, la profonde diversité de sa population. Le dynamisme économique de la Wallonie fait la prospérité du nouvel Etat qui, en une vingtaine d’années, déplace pourtant le centre de la décision économique de la Wallonie vers Bruxelles.

1843 - Le mot Wallonie apparaît dans l'Essai d'étymologie philosophique de l'abbé Honoré Chavée, anthropologue et linguiste qui a notamment participé à la description linguistique du wallon.

1844 - Sur base de l’antique vocable « Wallon », le magistrat et littérateur namurois Charles-Joseph Grandgagnage forge le terme « Wallonie » pour désigner la patrie de ces derniers.

1856 - Fondée par une vingtaine d’amateurs de la langue wallonne, la Société liégeoise de littérature wallonne se fixe pour objectif de soutenir la création littéraire et l’étude philologique. Elle contribuera à la production de chansons, de poésies et de pièces de théâtre dialectales. Se présentant comme une Académie, elle se lancera dans l’élaboration d’un dictionnaire et contribuera à l’adoption d’une orthographe wallonne unifiée (orthographe Feller). En 1946, elle prendre le nom de Société de langue et de littérature wallonnes pour souligner son intérêt pour les langues endogènes de l’ensemble de la Région.

Première édition de La Wallonie  © Province de Liège – Musée de la Vie wallonneLa Wallonie

Années 1880 - La logique capitalistique menée à son paroxysme conduit à une exploitation dramatique d’une part importante de la population. Conséquence de cela, en 1886, des émeutes ouvrières insurrectionnelles éclatent et se propagent dans l’ensemble de la Wallonie industrielle avec, au-delà de l’exaspération sociale, un objectif politique affirmé : le suffrage universel. Celui-ci sera accordé – tempéré par le vote plural – en 1894 et de manière pure et simple (pour les hommes) en 1919. Par ailleurs, l’Etat belge voit coexister deux sensibilités très différentes : une Flandre agricole et catholique et une Wallonie en pleine révolution industrielle influencée par le libéralisme et le socialisme. L’Etat unitaire qui, depuis l'origine, cherche à ignorer à la fois l’identité wallonne et la langue de la Flandre, échoue dans sa volonté d’amalgame. Des positions séparatistes émergent dans une atmosphère où croissent les tensions entre les deux populations. Face à une Flandre majoritaire qui s'affirme et remporte ses premières victoires politiques, la conscience wallonne commence à se forger. En 1886, le poète Albert Mockel lance la revue littéraire La Wallonie qui popularise le terme. À la même époque, naissent les premières Ligues wallonnes. D’abord simplement opposées aux avancées du Mouvement flamand, elles évoluent rapidement vers une défense des droits et une promotion de l’identité de la Wallonie. L’extrême fin du XIXe siècle voit ainsi les débuts du Mouvement wallon dans lesquels Liège joue un rôle déterminant.

1897 - Après quelques tentatives de groupements circonstanciels à partir des années 1880, la Ligue wallonne de Liège est fondée « pour donner au mouvement wallon ce caractère de permanence qui lui manquait ». Organe pionnier du Mouvement wallon, elle contribuera au maintien des Journées de septembre comme date de référence pour les Wallons et sera à l’origine du concours donnant naissance au Chant des Wallons, futur hymne de la Wallonie. À l’initiative d’un des premiers projets fédéralistes wallons, elle organisera les grands Congrès wallons de 1905 et 1912.

1898 - Devant les victoires engrangées par le Mouvement flamand - qui voit les lois linguistiques se multiplier depuis les années 1870 - les premiers projets fédéralistes wallons sont présentés au sein du Mouvement wallon.

1905 - Dans un contexte marqué par le concept officiel d’« âme belge » cherchant à occulter toute diversité en Belgique, le Congrès wallon de Liège, dont le succès est impressionnant, réalise un travail remarquable de révélation de l’identité et de la réalité wallonnes dans les domaines de l’Histoire, de la culture, des mentalités et du développement économique.

Edition de la Lettre au Roi de Jules Destrée  © Province de Liège – Musée de la Vie wallonneLettre au Roi de Jules Destrée

Aquarelle du coq hardi de Pierre Paulus   © Province de Liège – Musée de la Vie wallonneCoq de Paulus

1912 - Jules Destrée publie sa retentissante Lettre au Roi. Dans une synthèse magistrale, il déclare notamment : « Sire, il n'y a pas de Belges [...] il n'existe en Belgique que des «  Flamands » et des « Wallons » ». Il énonce les griefs de ces derniers à l’égard de l’Etat unitaire. Le Mouvement wallon fonde l'Assemblée wallonne, premier parlement, encore officieux, de la Wallonie. Namur, ville la plus centrale de Wallonie, est choisie pour accueillir ses séances. En 1913, l’Assemblée wallonne adopte le coq hardi comme emblème et drapeau de la Wallonie et fixe sa fête au quatrième dimanche de septembre. Plus tard, elle consacrera le Chant des Wallons comme hymne officiel.

1914-1918 - La Wallonie est au cœur du Premier conflit mondial. Envahie, martyrisée et entièrement occupée, elle fait figure d’exemple. A la libération, cette attitude vaudra notamment à la Ville de Liège d’être décorée de la Légion d’honneur par le Président Poincaré. À la suite de cette guerre qui l'a très durement affectée, l’industrie wallonne montre des signes de vieillissement que renforce une absence d’investissement dans ses structures. La crise de 1929 accentue cette évolution vers le déclin industriel.

François Bovesse  © Les amis et disciples de François BovesseFrançois Bovesse

Années 1930 - Des mouvements comme la Concentration wallonne, la Ligue d'action wallonne et le Front démocratique wallon continuent à dénoncer, dans l'Entre-deux-guerres, un Etat foncièrement centralisateur et la volonté d’imposer le bilinguisme en Wallonie. Sur ce plan, notamment sous l’influence du Namurois François Bovesse, des victoires sont engrangées : la loi du 28 juin 1932 consacre ainsi l'unilinguisme des régions flamande et wallonne (et bilinguisme de Bruxelles). Par ailleurs, dans une Europe marquée par la montée des fascismes, la Wallonie s’élève contre la politique de neutralité adoptée par les autorités belges qui renvoient dos à dos l’Allemagne hitlérienne et la France du Front populaire.

Salle du Congrès wallon de 1945  © Province de Liège – Musée de la Vie wallonneCongrès wallon de 1945

1940-1945 - Durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux mouvements de résistance se constituent sur le sol wallon. Tous s'accordent pour donner la priorité au combat contre l'occupant nazi mais une réflexion se développe sur la Wallonie de l'après-guerre. En octobre 1945, le Congrès national wallon réunit les forces vives de Wallonie pour se prononcer sur son avenir. Après un vote en faveur du rattachement à la France, les congressistes – dont beaucoup sont issus de la Résistance - se prononcent en faveur de l’instauration du fédéralisme en Belgique. Ils devront pourtant patienter encore un quart de siècle pour voir cette évolution se profiler.

Hommage aux victimes de Grâce-Berleur  © Institut Emile VanderveldeHommage aux victimes de Grâce-Berleur 

1950 - La Question royale cristallise l’opinion et confirme le profond clivage existant entre Flandre et Wallonie. Alors que la première vote massivement en faveur du retour de Léopold III sur le trône, la Wallonie – et Bruxelles – s’y opposent au nom de son attitude durant la guerre. La Belgique connaît un climat insurrectionnel et, alors que des manifestants wallons sont abattus par la gendarmerie, des bruits annoncent la constitution d’Etats généraux de la Wallonie. L’apaisement survient cependant après le retrait de Léopold III. Pendant ce temps, faute de plan de redressement solide dans un Etat unitaire où les Wallons ont toujours été minoritaires, l’économie wallonne poursuit son effondrement.

Tract distribué dans les premiers jours de la Grève wallonne contre la Loi unique – © Institut DestréeTract de la grève de 60

1960 - Au lendemain des grèves de 1960 qui révèlent, une fois de plus, une différence de sensibilité entre la Wallonie et la Flandre, la revendication fédéraliste wallonne se fait toujours plus pressante. Le Mouvement populaire wallon, fondé par l’ancien résistant et syndicaliste André Renard, constitue un puissant groupe de pression en faveur de cette évolution et les premiers partis fédéralistes naissent. Avec le Rassemblement wallon, fondé en 1968, ils iront jusqu’à constituer la deuxième force politique de Wallonie.

Position du Conseil provincial de Liège sur le transfert des Fourons au Limbourg

1962-63 - Jusqu'alors évolutive en fonction des recensements, la frontière linguistique est fixée, avec octroi de « facilités administratives » à certaines communes frontalières. La longue polémique des Fourons, incorporés à la Flandre contre la volonté de la majorité de leur population, commence.

1968 - Les francophones sont chassés de l'Université catholique de Louvain au cri de « Walen buiten » [Wallons dehors]. Les divergences politiques occasionnées par ces troubles provoquent la chute du gouvernement. L'Université sera finalement scindée et la partie francophone s'implantera en Brabant wallon, à Louvain-la-Neuve, où elle deviendra un pôle d’enseignement et de recherche de réputation mondiale.

1970 - La Belgique unitaire a vécu. La Wallonie est enfin inscrite dans la Constitution. L’Etat belge comprend désormais quatre régions linguistiques (de langue française, de langue néerlandaise, de langue allemande et la région bilingue de Bruxelles-Capitale), trois régions économiques (la Wallonie, la Flandre et Bruxelles) et trois communautés culturelles (française, flamande et germanophone). Cela étant, si les Communautés – revendication flamande – sont mises en œuvre sans délai, les Régions devront encore attendre une décennie pour voir effectivement le jour. Les premiers outils économiques sont néanmoins créés en Wallonie tandis qu’est menée une tentative de régionalisation préparatoire de 1974 à 1977.

La Wallonie, le pays et les hommes. Parue à partir de 1980 sous le direction d'Hervé HasquinLa Wallonie, le pays et les hommes

1973 - Léopold Genicot publie la première histoire scientifique de la Wallonie. A partir de 1975, c’est au tour d’Hervé Hasquin de diriger la publication d’une vaste synthèse en six volumes : La Wallonie, le pays et les hommes.

Première réunion du Conseil régional wallon au Sofitel de Wépion (15 octobre 1980) © ASBL Archives photographiques namuroisesPremière réunion au Sofitel de Wépion

1980 - C’est l’an I de la Wallonie politique. Une nouvelle réforme de l’Etat met en œuvre la régionalisation. La Région wallonne se voit dotée d'une assemblée législative et d’un exécutif. Elle bénéficie de compétences et de moyens financiers … encore très limités. En 1982-83, l’Exécutif décide l’implantation de son administration à Namur. Le transfert des services administratifs et des cabinets ministériels commencera de manière définitive à partir de 1988.

1983 - De nombreux intellectuels wallons publient un Manifeste pour la Culture wallonne, affirmant leur volonté de construire un projet régional ouvert, intégrant cette dimension.

1986 - Namur est officiellement consacrée capitale de la Région wallonne et le siège du Conseil régional wallon. À l’initiative de Bernard Anselme, le Conseil régional wallon adopte, le 11 décembre 1986, un décret stipulant que « Namur, capitale de la Région wallonne, est le siège du Conseil régional wallon. Le Conseil pourra tenir des réunions en un autre lieu, s’il en décide ainsi ». Cette formulation tortueuse illustre le contexte difficile dans lequel cette décision a été prise, alors que d’aucuns militaient pour une délocalisation des instances wallonnes à Bruxelles. Néanmoins, cet acte fondateur permet d’ancrer les institutions wallonnes dans leur capitale. Le 21 octobre 2010, un nouveau décret, voté à l’initiative de Rudy Demotte, instituera définitivement et sans ambiguïté Namur comme capitale de la Wallonie et siège des institutions politiques régionales, Gouvernement et Parlement.

1988 - La troisième réforme de l’Etat renforce le fédéralisme : de nouvelles compétences (travaux publics, emplois, grands secteurs économiques, exportations …) sont octroyées aux Régions qui voient leurs moyens s’accroître de façon très significative.

L'Elysette, siège de la présidence du Gouvernement wallon - Guy Focant © SPW-PatrimoineL'Elysette

1993 - À la suite d'une nouvelle étape de la réforme de l'Etat, l'article premier de la Constitution affirme enfin que « La Belgique est un état fédéral ». C'est l'officialisation du fédéralisme. Cette révision instaure l'élection directe du Parlement wallon, qui servira aussi de base à la composition du Parlement de la Communauté française. De même, les accords de la Saint-Quentin confirment la primauté de l’institution régionale, en transférant l'exercice de certaines compétences de la Communauté française vers la Région wallonne et la Commission communautaire française de la Région bruxelloise. Les infrastructures sportives, le tourisme, la formation professionnelle, la promotion sociale, la politique de la santé, la politique d'aide aux personnes et le transport scolaire relèvent désormais de la Région wallonne. Guy Spitaels, homme fort de la négociation du Gouvernement qui devait porter cette réforme, consacre, par ailleurs, la montée en puissance de la Région wallonne, en choisissant d’en devenir Ministre-Président plutôt que de briguer un ministère fédéral.

1995 - La province du Brabant, seule à être bilingue, est scindée. A côté du Brabant flamand, naît ainsi le Brabant wallon, cinquième province wallonne. Toujours en 1995, les élections du 21 mai sont les premières à permettre aux citoyens wallons âgés d’au moins 18 ans d’élire directement leurs 75 représentants au Parlement wallon.

1998 - Par deux décrets, la Wallonie consacre officiellement ses symboles historiques qui, depuis longtemps, se sont implantés dans la population : un hymne, le Chant des Wallons composé par Théophile Bovy et Louis Hillier ; une fête officielle, le troisième dimanche de septembre ainsi qu’un emblème et un drapeau, le coq rouge de (Pierre Paulus)sur fond jaune.

Logo du Contrat d'Avenir pour la Wallonie (2000)Logo du Contrat d'Avenir

1999 - Le Gouvernement wallon conduit par Elio Di Rupo adopte le Contrat d’Avenir pour la Wallonie. Ce faisant, il dote la Région d’une stratégie intégrée de développement. Au travers de ses évaluations et actualisations successives, ce plan stratégique – aujourd’hui dénommé plan Marshall - demeure la référence de l’action régionale.

2001 - Une nouvelle étape de la réforme de l'Etat étend les compétences fiscales des Régions et leur transfère de nouvelles compétences. La Wallonie gère ainsi désormais pleinement son commerce extérieur, son agriculture et ses pouvoirs locaux. C'est désormais le Gouvernement wallon qui nomme les bourgmestres et les gouverneurs de province.

2003 - Une réforme intercalaire confère aux Régions la responsabilité de l’octroi des licences d'importation et d'exportation d'armes.

Logo officiel de la WallonieLogo officiel de la Wallonie

2010 - Sous l'action unanime du Gouvernement et du Parlement, une série de mesures sont prises en faveur de l’affirmation d’une conscience wallonne collective porteuse de développement : l’appellation "Wallonie" remplace usuellement celle de "Région wallonne", Namur est confirmée comme capitale, siège du Parlement et du Gouvernement wallons et la distinction du Mérite wallon est créée pour mettre en exergue les talents d’une Région qui se réaffirme suite aux premiers succès de sa stratégie économique.

2014 - La sixième réforme de l’État accroît sensiblement la responsabilité financière de la Wallonie et étend encore ses compétences en matière d’environnement, d’énergie, de logement, d’emploi, d’économie, de mobilité… La Wallonie se voit, en outre, transmettre des responsabilités essentielles en matière d’action sociale, de santé ainsi que la politique des allocations familiales. Plus que jamais, la Wallonie se trouve donc au cœur d’une architecture fédérale qui a fait de la Région une institution de plus en plus centrale.

Le Saint-Gilles, siège du Parlement wallon

Le Saint-Gilles, siège du Parlement wallon

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