Dinant

Code postal : 
5500

WIERTZ Antoine

Monument Antoine Wiertz, réalisé par Victor De Haen, 30 août 1908.

Les signes de la présence d’Antoine Wiertz (1806-1865) à Dinant sont nombreux. L’artiste avait conservé un rapport particulier avec sa ville natale et, à son décès, une trentaine de ses toiles ainsi que son cœur embaumé furent légués à la cité mosane. L’idée d’élever à sa mémoire un monument de prestige fit l’objet d’une souscription publique. En raison du peu de succès rencontré, elle fut abandonnée : Le Triomphe de la Lumière, cette statue de 45 mètres de haut dont avait rêvé Wiertz, ne verra jamais le jour tout en haut du rocher qui surplombe la Meuse et la ville, devant la Citadelle. En 1905, la revue Wallonia reprend une idée de Henry Carton de Wiart qui suggère que les collections du musée Wiertz, à Ixelles, soient exposées à Dinant, dans une salle permanente, qui pourrait prendre place dans une fabrique en amont du pont principal qu’il faudrait exproprier. Finalement, c’est à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Wiertz que la décision est prise par de réaliser un projet plus modeste, mais néanmoins d’envergure : un Comité présidé par Jules Leblanc est mis en place (1906) pour définir le monument et choisir le statuaire.
Le monument inauguré le 30 août 1908 est l’œuvre du sculpteur bruxellois Victor de Haen (1866-1934) qui signe là un imposant ensemble. Posée sur un piédestal haut de 5 mètres et constitué de blocs bruts de rochers du pays, la statue en bronze (haute de 3 mètres) montre Wiertz debout, en plein travail, un pinceau dans la main droite, sa palette de couleurs dans l’autre. Le visage du peintre paraît inspiré et prêt à s’attaquer à une des immenses toiles dont il avait le secret. S’étant attaché à représenter les plis d’une cappa florentine dans laquelle est drapé le peintre, le sculpteur de Haen a placé des livres à ses pieds, ainsi qu’une tête de cheval renversée sur la partie arrière. En contre-bas, une femme vêtue d’un voile très léger (un bronze lui aussi de trois mètres) semble à la fois prendre la pose et être en train de sculpter un petit sanglier, qu’elle tient dans sa main gauche levée, tandis qu’elle tient son outil dans la main droite. En étant fort attentif, on distingue sur la face avant du rocher, sculptée dans la pierre, la mention suivante :

A
WIERTZ

Entouré de végétations maîtrisées, l’ensemble monumental constitue en lui-même une sorte de rond-point, situé aujourd’hui à quelques mètres des bords de la Meuse et à deux pas de l’Athénée. L’attitude donnée par le sculpteur correspond assez bien au surnom de Wiertz, « le philosophe au pinceau », ainsi qu’à son côté un peu fantasque, voire théâtral.
Artiste excessif et complexe, surdoué sans aucun doute, Antoine Wiertz (1806-1865) exalte les sujets antiques de manière grandiloquente. Marginal, isolé volontaire, « seul portraitiste wallon vraiment romantique » (Vandeloise), Wiertz signe de multiples portraits qu’il ne respecte pas lui-même, considérant qu’il s’agit pour lui simplement de gagner sa vie. Ses croquis et préparations sont multiples, de même que les textes d’un artiste finalement très cérébral, comme en témoignent ses œuvres « sociales » voire « politiques » des années 1850 inspirées par son amour de la justice et sa croyance dans le progrès. Pamphlétaire (Napoléon aux enfers), son génie frôle parfois la folie. Outre ses fresques et ses portraits, Antoine Wiertz était aussi sculpteur comme en témoigne son projet Le Triomphe de la Lumière qui n’est pas sans évoquer la plus tardive statue de la Liberté de Bartholdi.
Quant à Victor de Haen, il n’a jamais connu Wiertz, étant né l’année qui avait suivi le décès du Dinantais. Fils du sculpteur Jacques Philippe de Haen, il reçoit une longue formation à l’Académie de Bruxelles (1882-1892) et surtout le Prix de Rome 1894. Œuvrant sur le chantier de la décoration du Botanique, à Bruxelles, avec Charles Van der Stappen et Camille Meunier notamment, ainsi que sur le chantier de l’arcade du Cinquantenaire, de Haen excelle dans les portraits, les bustes et les figures, qu’ils soient parfaitement ressemblants ou allégoriques. Auteur de plusieurs monuments aux victimes de la Grande Guerre (Saint-Trond par ex.), il signe une production personnelle de rares bronzes en petits formats fort appréciés, d’inspiration Art nouveau.
L’inauguration du monument Wiertz fut à l’image du personnage : compliquée et, à l’inverse d’un tel événement, discrète ; certes, le ministre des Beaux-Arts s’était fait représenter et, au nom des autorités locales, le bourgmestre Ernest Le Boulengé a pris la parole devant un public local nombreux – il discuta la question de savoir si Wiertz était païen ou chrétien et conclut en faveur du second –.  Certes, une fanfare entonna la Brabançonne depuis un bateau « Dinant-Tourisme » ancré au milieu du fleuve et des coups de canon furent tirés. Mais un différend était né entre le statuaire et le Comité patronnant l’initiative. Plusieurs motifs avaient envenimé leurs relations, si bien que le sculpteur ne fut point invité à l’inauguration. L’atmosphère s’en trouva plombée.
La question de l’emplacement fut un premier problème. Le statuaire bruxellois avait conçu son œuvre et ses proportions en fonction d’un environnement précis : la petite place proche de la vieille collégiale. Mais les Dinantais en décidèrent autrement et choisirent la place de Meuse où, indépendamment de maisons sans style, s’élevait un kiosque à la taille une demi fois plus grande que la statue, provoquant (selon de Haen) un sentiment d’écrasement, tandis que la profondeur de la vallée de la Meuse n’offrait aucun repère et rendait le monument étriqué (toujours selon de Haen). Par ailleurs, les Copères exigèrent du sculpteur qu’il couvre au minimum d’un voile la poitrine dénudée de la jeune femme placée au pied du maître ; un ministre intervint même dans la discussion afin que la représentation soit « chaste et sage ». Enfin, le Comité dinantais exigea que Wiertz porte un chapeau à la Rubens. Dans la description laissée par Gérard Harry (Figaro, 30 août 1908), le Wiertz statufié et inauguré le dimanche 30 août 1908 est décrit comme coiffé d’un feutre provoquant à la Rubens, le maître idéalisé par l’artiste dinantais. Cependant, de chapeau, de Haen ne voulait pas et il a tenu tête…
Plusieurs années plus tard, la statue Wiertz va quitter son emplacement originel sur le quai de Meuse, en contrebas de la tour Montfort, environnement que plusieurs cartes postales de l’Entre-deux-Guerres ont immortalisé. Le monument est déplacé à l’autre bout de la ville, sur la même rive de la Meuse, mais 4 kilomètres plus loin, à Bouvignes.

Guv VANDELOISE, La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. II, 506-514
Serge LE BAILLY DE TILLEGHEM, Louis Gallait (1810-1887). La gloire d’un romantique, Bruxelles, Crédit communal, 1987, p. 14-15
Musée des Beaux-Arts, Exposition Le romantisme au pays de Liège, Liège, 10 septembre-31 octobre 1955, Liège (G. Thone), s.d., p. 135
Histoire de la Wallonie (L. GENICOT dir.), Toulouse, 1973, p. 393
Jacques STIENNON, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 1995
Daniel CONRAADS et Dominique NAHOÉ, Sur les traces de 14-18 en Wallonie, Namur, IPW, 2013, p. 128
Wallonia, t. XIII, 1905, p. 258-259
Le Figaro, 30 août 1908 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k288199b/f3.textePage.langFR)
La Meuse, 29 et 31 août 1908 ; L’Indépendance belge, 10 septembre 1908 ; Het Laatste Nieuws, 1er et 7 septembre 1908 ; L’Avenir du Luxembourg, 2 et 6 septembre 1908
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 353

 

Monument Antoine Wiertz (Bouvignes, Dinant)

Monument Antoine Wiertz (Bouvignes, Dinant)

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place de Meuse (30 août 1908) puis square du 13e de Ligne (date inconnue) – 5500 Bouvignes (Dinant)
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WIERTZ Arthur
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Monument Antoine Wiertz (Bouvignes, Dinant)
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PIRE Dominique

Plaque commémorative sur la maison natale de Dominique Pire, date inconnue.

Le nombre de Wallons ayant reçu le Prix Nobel se compte sur les doigts d’une main : dans l’ordre chronologique, Jules Bordet (1919), Dominique Pire (1958) et, ensemble, Albert Claude et Christian de Duve (1974). Hormis quelques noms de rue, on chercherait presque en vain des lieux où ces personnalités historiques font l’objet d’un hommage dans l’espace public wallon. Certes, depuis les années 1960, Bordet est commémoré à Soignies. Quant à Dominique Pire (1910-1969), son souvenir semble pâtir d’une ambiguïté « originelle ». Né à Leffe, dans l’entité de Dinant, où il a vécu ses vingt premières années, le père Pire a parcouru le monde tout en faisant du Couvent de la Sarte, à Huy, son nouveau point d’ancrage, établissant, de surcroît, à Tihange, son Université de la Paix en 1960. Si les autorités hutoises avancent l’idée de créer au sein du fort de Huy un espace dédié aux Prix Nobel (1998-1999), lorsqu’est commémoré le 40e anniversaire de l’attribution du prix au Père Pire, c’est à une initiative privée que l’on doit, cinq ans plus tard, la création d’un espace de paix et de méditation dédié à Dominique Pire, dans son village natal de Leffe.

Entre-temps, une plaque a été apposée sur sa maison natale

 

ICI EST NÉ LE 10 FÉVRIER 1910   (1969)
LE R. PÈRE DOMINIQUE GEORGES PIRE
PRIX NOBEL DE LA PAIX 1958

« SON AMOUR DES HOMMES
N’AVAIT PAS DE FRONTIÈRES »

 

À l’occasion du 45e anniversaire de la remise du Prix Nobel au père Dominique Pire, une série d’activités sont organisées à Dinant, plus précisément à Leffe, à l’initiative de l’association « Espère en Mieux » (et les historiens Jacques Olivier et Claudy Burnay), en collaboration avec le Centre culturel régional de Dinant et le soutien de l’abbaye de Leffe. Outre une importante exposition, un « espace de paix et de méditation » est ainsi officiellement inauguré, le 28 septembre, devant un parterre de personnalités (dont l’ambassadeur de Norvège), à côté de l’église Saint-Georges, à l’endroit où se trouvait le vieux cimetière de Leffe ; la stèle rénovée du père Pire y voisine avec neuf panneaux didactiques. Une entrée se fait par le square Dominique Pire. Saccagé durant l’été 2012, l’espace a été remis en état l’année suivante et n’est plus accessible sans surveillance.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

 

Plaque Dominique Pire (Dinant)

Plaque Dominique Pire (Dinant)

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Adresse : 
113 rue Saint Pierre – 5500 Dinant
Titre alternatif : 
PIRE Dominique
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Plaque Dominique Pire (Dinant)
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DE GAULLE Charles

Statue à la mémoire du caporal Charles de Gaulle, réalisée par Guido Clabots, 15 août 2014.
 

Le 15 août 1914, le jeune lieutenant français Charles de Gaulle est blessé à Dinant lors de combats qui précèdent de quelques jours le terrible massacre de plus de 600 civils dinantais, le 23 août 1914. À l’occasion des multiples commémorations du centenaire de la Grande Guerre, les autorités locales de Dinant ont décidé, notamment, de rendre hommage à celui qui deviendra par la suite l’homme du 18 Juin, incarnera la France libre, avant d’être, à deux reprises, président de la République. C’est à quelques mètres de l’endroit où il a été blessé en 1914 que la statue est inaugurée le 15 août 2014, en présence de Bernard de Gaulle (91 ans), le neveu du Général, ainsi que du petit-fils de Konrad Adenauer, le premier chancelier de l’Allemagne devenue république et fédérale. Au-delà de la blessure d’un jeune lieutenant français, c’est la réconciliation et le rapprochement entre les peuples que doit avant tout symboliser le monument.
Avant ce projet, Dinant avait déjà honoré la mémoire de Charles de Gaulle (1890-1970) par l’apposition d’une plaque commémorative sur le pont, deux fois reconstruit, qui porte aussi son nom. Le projet de 2014 a été encadré par les autorités communales, le Comité 14-18 et a bénéficié du soutien officiel de la Fondation Charles de Gaulle à Paris et du Cercle d’études Charles de Gaulle de Belgique, tandis qu’une souscription internationale avait été lancée. Depuis de longues années, l’idée avait germé dans l’esprit de Christian Ferrier, vice-président du Centre d’études Charles de Gaulle de Belgique, et ancien directeur des écoles communales. Un premier projet fut abandonné en raison du montant demandé par un artiste français préempté pour réaliser l’œuvre en cuivre. Par contre, l’offre de Guido Clabots (1949-) fut jugée réalisable et ce sont par conséquent des artisans locaux qui ont représenté de Gaulle en uniforme de lieutenant, mettant en évidence, par la même occasion, un savoir-faire ancestral, puisque l’atelier Clabots est le dernier à produire de la dinanderie dans la cité mosane. Haute de 2,5 mètres, la statue présente dès lors la double singularité de représenter de Gaulle à l’âge de 24 ans et d’être réalisée en cuivre.
Tombé dans cet art particulier quand il était tout petit, Guido Clabots a vu pendant des années son père diriger un atelier de dinanderie à Uccle, avant de se lancer lui-même dans le métier et d’assurer ainsi une tradition familiale qui en est à sa 3e génération. Ajusteur-monteur en 1967 chez Mecap à Bruxelles, Guido Clabots devient ensuite batteur, polisseur et repousseur ; passé maître, il est chargé de diriger l’atelier de Dinant à partir de 1976 et, vingt ans plus tard, quand Mecap décide de se séparer de son atelier mosan, Guido Clabots reprend les activités sous la forme d’une nouvelle société, « Dinanderie G. Clabots ». Aux articles « traditionnels » s’ajoute une activité de fabrication de garnitures de toiture. Le monument de Gaulle est une production exceptionnelle qui témoigne du savoir-faire de l’entreprise et de son patron.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Daniel CONRAADS et Dominique NAHOÉ, Sur les traces de 14-18 en Wallonie, Namur, IPW, 2013, p. 122
http://www.dinanderie-clabots.be/historique.asp (s.v. mars 2015)

 

Statue Charles de Gaulle (Dinant)

Statue Charles de Gaulle (Dinant)

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Carte : 
Adresse : 
pont Charles de Gaulle – 5500 Dinant
Titre alternatif : 
DE GAULLE Charles
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Statue Charles de Gaulle (Dinant)
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DEFOIN Maurice

Monument à la mémoire de Maurice Defoin, réalisé par l’architecte Édouard Frankinet père et le sculpteur Alex Daoust, 21 ou 27 avril 1928.
 

Sur la rive droite de la Meuse, au pied du Rocher Bayard, apparaît sur la gauche de la N95 en venant de Givet un monument honorant la mémoire d’un motocycliste dinantais. Son nom, Maurice Defoin (1894-1927), ne doit pas être confondu avec celui d’Alphonse Defoin que porte la rue où est installé le monument. Marchand de bois de son état, conseiller communal libéral de Dinant élu en 1926, Maurice Defoin partageait surtout une forte passion pour la course motocycliste. C’est au volant d’une Gillet qu’il trouve accidentellement la mort, le 2 octobre 1927, à hauteur de Profondeville, alors qu’il se rend à Bruxelles pour participer à la dernière manche du Rallye national Gillet (Coleau). Co-fondateur de l’Union Motor Dinant, Defoin est immédiatement honoré, quelques mois après son décès, par la création d’une compétition portant son nom (le Grand Prix Maurice Defoin à partir du printemps 1928) et par l’inauguration d’une stèle dont la réalisation a été confiée à l’architecte Édouard Frankinet père (1877-1937) et au sculpteur Alex Daoust (1886-1947). Outre le médaillon présentant le profil droit du pilote avec son casque et ses lunettes de motocycliste, le sculpteur a réalisé un bas-relief allégorique où la mort munie de sa faux vient ôter la vie au « motard ». Entre le médaillon et le bas-relief, la pierre en granito est également sculptée sur sa face avant, illustrant le blason du club motocycliste. Quant à la partie supérieure de la pierre, elle est recouverte d’une sorte de dôme, tandis les quatre angles légèrement arrondis sont recouverts de décorations allégoriques coulées dans le bronze.
Dessinateur talentueux, Alexandre Daoust s’est pris de passion pour la sculpture quand il enseignait les mathématiques à l’Abbaye de Maredsous. Diplômé sur le tard pour pouvoir enseigner le dessin dans les Écoles moyennes de l’État, il accomplit toute sa carrière, comme professeur de dessin, à l’Athénée de Dinant (1920-1946). En parallèle, le co-fondateur de l’Université populaire de Dinant enseigne aussi à l’École industrielle de Dinant. Durant toute la période de l’Entre-deux-Guerres, Daoust s’attèle à ressusciter et à rénover l’art de la dinanderie. Quant à sa propre sculpture, elle se dégage du côté « académique » de ses débuts, pour exprimer son amour de la Wallonie, de ses habitants, de son terroir et de ses traditions. Destiné à immortaliser l’assaut aussi héroïque que vain de quelques « pantalons rouges » lancés à l’attaque de la Citadelle, son remarquable monument L’Assaut, au cimetière français de Dinant, lui ouvre de nouvelles portes (1927). C’est par conséquent vers un artiste local à la notoriété naissante que se sont tournés les promoteurs du monument. Continuant à sculpter des œuvres d’inspiration personnelle, Daoust répond aux demandes de particuliers comme à celles émanant des pouvoirs publics. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il se lance dans un projet qu’il mûrit depuis longtemps : « réaliser un ensemble d’œuvres sculpturales (reliefs, statues) et fusains dont le thème serait d’essence tout à fait wallonne », qu’il intitulerait L’Âme wallonne et qui serait installée à Liège. De ce projet ambitieux, il n’aura l’occasion de réaliser que la partie centrale, « Noël de Wallonie » (1946-1947).
Quant à Édouard Frankinet, né Theux en 1877, il a étudié la sculpture et l’architecture à Saint-Luc, à Liège, avant de faire une partie de sa carrière à Bruxelles (1900-1907) où il se laisse gagner par les principes du Modern Style. En 1907, il s’installe à Dinant où il échappe de peu aux massacres d’août 1914, mais pas à la déportation. Avec Arthur Defoin et Léon Sasserath notamment, il fait partie des 416 civils emmenés en Allemagne, sans enquête, interrogatoire ni jugement. Les otages dinantais sont maintenus en détention à Cassel pendant trois mois, avant d’être relâchés. En novembre 1914, l’architecte Frankinet retrouve Dinant en état de ruines. Il ne peut être que préoccupé par la reconstruction de la cité mosane pour laquelle il nourrit plusieurs projets. Après l’Armistice, il est étroitement associé au relèvement de Dinant, contribuant notamment à l’aménagement de la Grand-Place, à la (re)construction du Casino, du Musée communal ou de l’Église Saint-Nicolas. Dans la vallée de la Meuse, entre Hastière et Namur, plusieurs villas en style Renaissance mosane doivent aussi leur existence aux plans de cet architecte.

Michel COLEAU, Dinant reine de la Meuse, Dinant 1994, p. 163, cité par  http://www.dinant.be/patrimoine/celebrites/autres/defoin-maurice (s.v. mars 2015)
André LÉPINE, 80 monuments insolites d'Entre-Sambre-et-Meuse, Cerfontaine, 1989, p. 9
http://racingmemo.free.fr/M%20COURSES%20INTER/MOTO%20BELGIQUE.htm
http://www.dinant.be/patrimoine/celebrites/art-&-culture/frankinet-edouard  (s.v. mars 2015)
Jean SERVAIS, Le sculpteur Alex Daoust, dans La Vie wallonne, 1947, n°238, p. 81-104
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 288

 

Monument Maurice Defoin (Dinant)

Monument Maurice Defoin (Dinant)

Map

Carte : 
Adresse : 
au pied du rocher Bayard – 5500 Dinant
Titre alternatif : 
DEFOIN Maurice
Image : 
Monument Maurice Defoin (Dinant)
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DEVIGNE Benjamin

Monument  Benjamin Devigne, réalisé par les sculpteurs Colette et fils et par l’architecte Jean Fonder, 11 août 1912.

À Dinant, du côté droit de la rue Léopold, s’élève la rue de la Montagne de la Croix ; route escarpée, jalonnée de potales, celle-ci est le point de départ du chemin de pèlerinage à Notre-Dame de Foy. Au croisement des deux chaussées a été inauguré le 11 août 1912 un monument-fontaine rendant hommage à un sculpteur dinantais, Benjamin Devigne (1827-1894). Ce sont les anciens élèves de celui qui fut professeur à l’Académie de Dinant qui ont pris l’initiative du monument Devigne. Son buste en bronze culmine au sommet d’un ensemble en pierre tout en arrondi. La décoration du piédestal est relativement élaborée ; sur la face avant apparaît la dédicace :

A
BENJAMIN
DEVIGNE
1827-1894
SES
ELEVES
RECONNAISSANTS

Le piédestal lui-même repose sur une structure arrondie posée au cœur d’un bac, lui aussi arrondi, recevant l’eau projetée de la gueule ouverte de cinq petits « dragons ». Elle a fait l’objet d’une restauration en 1991.
Originaire de Dinant où son père apporte au jeune Benjamin un solide bagage artistique, il prend goût à la sculpture et part se perfectionner, à Bruxelles, dans l’atelier de l’éminent statuaire Guillaume Geefs. C’est cependant à Dinant que Benjamin Devigne fait sa carrière. Professeur de sculpture et de dessin, il devient ensuite directeur de l’école des Beaux-Arts de Dinant, entre 1873 et 1894. Sculpteur sur bois, spécialiste des autels et des chaires de vérité, Benjamin Devigne signe la monumentale chaire de vérité de l’église Saint-Loup à Namur qui s’inspire des paroles de l’Évangile selon Mathieu 19:14 : « Laissez venir à moi les petits enfants » (1876). Quelques années après la disparition du sculpteur Devigne qui avait été l’auteur des plans de restauration de la fontaine Patenier (1887), la ville de Dinant attribue son nom à une rue du quartier Saint-Pierre (1911), avant que ses anciens élèves ne lui élèvent le monument du pied de la Montagne de la Croix.
L’architecte de l’ensemble est Jean Fonder de Dinant et le sculpteur est Colette et fils de Liège.

http://www.dinant.be/patrimoine/celebrites/art-&-culture/devigne-benjamin (s.v. octobre 2013)
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 461

Monument  Benjamin Devigne

Monument  Benjamin Devigne

Map

Carte : 
Adresse : 
au carrefour des rues Léopold et Montagne de la Croix – 5500 Dinant
Titre alternatif : 
DEVIGNE Benjamin
Image : 
Monument  Benjamin Devigne
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SAX Adolphe

Monument Adolphe Sax, 28 juin 2002.
Réalisé par Jean-Marie Mathot.

En dépit des destructions dont Dinant a été victime durant les deux guerres mondiales, le n°37 de la rue Adolphe Sax est considéré comme la maison natale du célèbre inventeur du saxophone. Afin de satisfaire la curiosité des nombreux touristes qui se pressent dans la cité mosane, surtout depuis l’année Sax 1994, l’année du centenaire de sa disparition, les autorités locales ont confié au sculpteur Jean-Marie Mathot le soin d’immortaliser Adolphe Sax en un monument significatif : assis sur un banc en bois, le bras appuyé sur le dossier, le héros local coulé dans le bronze tient sur ses jambes croisées son invention la plus célèbre. Réalisé dans des dimensions « réelles », l’ensemble est placé sur le trottoir et constitue une réelle attraction touristique, tout en étant un hommage moderne et pédagogique. En effet, la statue attire aussi les curieux vers le rez-de-chaussée du n°37 où un espace muséal dynamique est ouvert en libre accès. Derrière de grandes vitrines, au moyen d’objets et de panneaux descriptifs, le parcours de Sax est expliqué en plusieurs langues.

On y rappelle notamment que ce maître de la clarinette devenu l’inventeur du saxophone a révolutionné le monde des instruments à vent. Déjà son père était facteur d'instruments et c’est entre fabrication d’instruments et apprentissage des sons, qu’Adolphe Sax (Dinant 1814 – Paris 1894) se révèle vite très doué. Après des cours à l’École de chant de Bruxelles (1830), il introduit déjà ses premiers changements techniques sur sa clarinette, déposant déjà des brevets (1835). Parti s’installer à Paris (1842), il met au point un ensemble de nouveaux instruments à touches dont la qualité conduit à les identifier en les assimilant au nom de leur fabricant. Vient ensuite un autre instrument (brevet déposé en 1846) qui assure la célébrité à son inventeur : le saxophone. En introduisant cet instrument dans son Chant sacré pour sextuor à vent, Hector Berlioz lui donne ses lettres de noblesse. Devenu industriel, Adolphe Sax devra sans cesse veiller à protéger ses inventions. Il passera de nombreuses heures dans des procès et à assurer la rentabilité de la société « Adolphe Sax et Cie ». Inventeur, industriel, professeur, Adolphe Sax est encore éditeur de musique, organisateur de concerts, chef de fanfare de l’opéra, le réorganisateur des musiques des régiments militaires français, et même nommé professeur au Conservatoire de Paris (1857), pour y diriger une classe nouvelle dédiée au saxophone.

Qui d’autre qu’un autre artiste de renommée internationale pouvait réaliser le monument dinantais ? Le Namurois Jean-Marie Mathot (Namur 1948) disposait du profil recherché. Après sa formation à l’Académie de Bruxelles à la fin des années 1960, il y est nommé professeur de sculpture et de modelage (1978). Il enseigne aussi à l’École des Arts de Braine-l’Alleud. Issu d’une famille de marbriers, il opte d’abord pour la peinture et le dessin avant de se tourner résolument vers la sculpture. Il a commencé par la création de figures en taille directe, avant de mener diverses expériences qui rompent ponctuellement avec sa production habituelle. Délaissant les représentations figuratives, il s’oriente vers « l’exploration des potentialités expressives de la matière ». Tour à tour, il intègre des pierres peintes dans ses compositions, il s’attaque à des « déchets » de carrière, s’essaye au travail du béton et de l’acier. Deux de ses œuvres ornent un rond-point à La Louvière et à Gembloux. Récompensé à diverses reprises (Prix Donnay, Prix Georges Van Zevenbergen, Prix de la Gravure au Festival de la Jeunesse à Auderghem, Premier Prix de la présélection au Concours International Musée 2000 à Luxembourg, Prix Eugène Delattre de sculpture et Prix Constant Montald de l'Académie Royale de Belgique), il est aussi  lauréat de la Fondation belge de la Vocation et de la Bourse triennale Maurice et Henri Evenepoel. Artiste expérimental, il signe plusieurs œuvres en acier Corten au moment où lui est passée la commande dinantaise. Cette œuvre est coulée dans les Ateliers des arts du feu, ASBL à finalité sociale de La Louvière.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Ernest CLOSSON, Adolphe Sax, dans Biographie nationale, t. 21, col. 523-526
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 147
http://mathot-sculpture.be/
http://acabat.blogspot.be/2010/03/vitaminesarts-20-0309.html
http://commission-des-arts.wallonie.be/opencms/opencms/fr/integrations/createurs/mathot.html (s.v. mai 2014)

Monument Adolphe Sax – © Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam

Monument Adolphe Sax

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Carte : 
Adresse : 
Rue Adolphe Sax, 37, 5500 Dinant
Titre alternatif : 
SAX Adolphe
Image : 
Monument Adolphe Sax – © Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam
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PATENIER Joachim

Statue à la mémoire de Joachim Patenier.
 ; 1887.
Réalisée par Édouard Laborne.

Joachim Patenier ou Patinir – l’artiste signait lui-même indifféremment sous les deux orthographes – est un peintre wallon majeur de la fin du XVe siècle, début du XVIe siècle. Originaire de Dinant, Patenier (c. 1485-1524) est souvent identifié comme l’un des tout premiers à introduire le paysage dans la peinture comme thème central. Il y ajoute des éléments d’inspiration religieuse comme la Fuite en Egypte, un Saint Jérôme, un Baptême du Christ ou une Tentation de Saint-Antoine, etc. (œuvres conservées au Prado, à l’Escurial, à Vienne, à Anvers, au Louvre ou à Palerme). Sa notoriété a rapidement dépassé les limites de la vallée mosane et de la principauté de Liège ; ses tableaux étaient très recherchés, mais les étapes principales de sa biographie restent malheureusement inconnues faute de renseignements et de sources fiables. Il achève sa vie à Anvers, où Albert Dürer lui rend visite à diverses reprises et dessine son portrait à deux reprises au moins. On identifie Patenier surtout par ses œuvres ; celles qu’il a signées sont cependant peu nombreuses et on y constate qu’il prend plaisir à représenter sa vallée mosane natale.
La redécouverte et la réappropriation de l’artiste par Dinant remonte à la fin du XIXe siècle. Un autre artiste peintre et sculpteur dinantais, Antoine Wiertz, suscite le débat. Alors que l’artiste vient de décéder faut-il réaliser et implanter à Dinant son Triomphe de la liberté aux dimensions pharamineuses ? Au-delà de Wiertz, le Comité formé pour réfléchir à cette question étend ses travaux à la question de la valorisation d’autres célébrités dinantaises. Et c’est ainsi que les autorités locales invitent le sculpteur Édouard Laborne à réaliser un monument en l’honneur de Joachim Patenier.
Originaire de Leffe, le jeune Laborne (1830-1892) a été victime d’un accident de travail qui a réorienté sa vie. Ouvrier chez un imprimeur, une blessure à la jambe l’oblige à se reconvertir. Doué en dessin, il fréquente l’atelier du Namurois Rosart et décide de suivre une formation à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers où professent les Geefs.  Professeur de dessin et de sculpture (1862-1866) à l'école de dessin de Benjamin Devigne, il quitte la vallée de la Meuse pour Paris (1868) avant d’installer son atelier à Anderlecht. À l’instar de Léopold Harzé, il travaille volontiers la terre glaise dont il retire des statuettes de petit format et aux thématiques populaires. Trouvant un public auprès des particuliers, il répond aussi à des commandes officielles, comme le chantier du Conservatoire de Musique de Bruxelles, où il collabore notamment avec Sopers, De Vigne et Mélot. En 1911, à Namur, sa sœur présenta une série de terres cuites que celui qui fut le premier directeur de l'Académie de Dinant avait réalisées, notamment le « Point d'interrogation », considérée comme son œuvre majeure. En 1887, c’est d’après un portrait dessiné par Albert Dürer que Laborne réalise le buste de Joachim Patenier, placé sur un socle en pierre de grande dimension, même si le buste paraît quelque peu disproportionné, tant il est large par rapport à son support.
À différentes reprises, le monument Patenier a été le théâtre de manifestations d’hommage. Pour n’en citer qu’une, le 21 novembre 1974, à l’occasion des 450 ans du décès de l’artiste (1470-1524), se sont associées la ville de Dinant et la Société des Amis de l’Art en Wallonie, commission artistique de la Fondation Plisnier pour un dépôt de fleurs et un discours d’hommage prononcé par André Piron.

http://www.dinant.be/patrimoine/celebrites/art-&-culture/laborne-edouard (sv. février 2014)
http://www.patrimoinemosan.net/Patenier.html (sv. août 2013)
Jacques VAN LENNEP (dir.), La sculpture belge au 19e siècle, catalogue, t. 1 et 2, Bruxelles, CGER, 1990, p. 95, 562
Liliane SABATINI, Le Musée de l’Art wallon, Bruxelles, 1988, collection Musea Nostra
Jacques STIENNON, Jean-Patrick DUCHESNE, Yves RANDAXHE, Cinq siècles de peinture en Wallonie, Bruxelles, Les éditeurs d’art associés, 1988
Jules HELBIG, Biographie nationale, 1901, t. 16, col. 679-689

Monument Joachim Patenier

Monument Joachim Patenier

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place Patenier – 5500 Dinant
Titre alternatif : 
PATENIER Joachim
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Monument Joachim Patenier
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BALBOUR Charles

Stèle et plaque à la mémoire d’un musicien et d’un combattant de 1914 victime de la grippe espagnole.
Plaque commémorative en l’honneur d’un résistant dinantais de 1914
Réalisée à l’initiative des autorités dinantaises.Dinant, circa 1930.

Apposée sur un mur, juste sous le début du pont de Dinant, à hauteur de la collégiale, une plaque en pierre rend hommage à Charles Balbour (1885-1924) qui s’est distingué en réalisant un acte de désobéissance spectaculaire par rapport aux occupants allemands de la Grande Guerre. Cantonnier des ponts et chaussées, plongeur, Balbour connaît particulièrement bien la Meuse. Avec Jules Hentjens, Charles Balbour est l’un des principaux protagonistes de l’évasion spectaculaire de dizaines de citoyens à bord de l’Atlas V, épisode héroïque de la Grande Guerre qui se déroula dans la nuit du 3 au 4 janvier 1917. Malgré la surveillance et les tentatives d’interception des Allemands, le navire parvient à quitter Liège et à gagner les Pays-Bas, où une centaine de personnes arrivent à bon bord.
Afin de rendre hommage à Charles Balbour qui perdit la vie, en 1924, lors des travaux de reconstruction du pont détruit pendant la guerre, la ville de Dinant inaugure cette inscription gravée dans la pierre :

                                                                                   À
                                                                        Charles Balbour
                                                                      Héros de l’Atlas V
                                                                             3-1-1917
                                                                           Décédé ici
                                                                       Le 13 mai 1924

Près de la collégiale, depuis 1993, une place porte aussi le nom de Charles Balbour.

Édouard DEHARENG, L’odyssée du remorqueur Atlas V, Visé, s.d.
L'Atlas V, Liège, Vonêche, 1930

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Adresse : 
5500 Dinant – près de la collégiale, sur le mur du pont de Dinant
Titre alternatif : 
BALBOUR Charles
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L'hôtel de ville de Dinant

Imposante bâtisse de briques et pierre calcaire, l’hôtel de ville de Dinant occupe actuellement l’emplacement d’une ancienne résidence des princes-évêques de Liège édifiée par Joseph-Clément de Bavière et occupée par le maire de la ville après la mort de ce dernier en 1723. Il fut reconstruit en 1924-1925 par les architectes bruxellois R. Monnaert et F. Petit en style néoclassique, tout en restant fidèle à la construction d’origine, détruite par un incendie en août 1914. L’édifice se compose de deux ailes à deux niveaux dans l’angle desquelles se niche, en oblique, l’entrée monumentale en pierre de taille. La façade de droite comporte neuf travées de baies encadrées de pierres dans un parement de brique. Celle de gauche n’en compte que six seulement. Le long du fleuve, la façade a été reconstruite à l’identique, à l’exception de la substitution de la toiture originelle à la Mansart par une bâtière à croupes. Une tour coiffée d’un haut bulbe amorti par un campanile termine l’édifice.

 1948 : l’Association des Bourgmestres de Wallonie

Le Mouvement wallon souhaitait sensibiliser les édiles communaux aux problèmes wallons. L’idée d’un organe ad hoc fut avancée pour la première fois par Fernand Schreurs lors du Congrès national wallon de Namur en 1947. La concrétisation du projet aura lieu un an plus tard au travers de la création d’une Association des Bourgmestres de Wallonie, indépendante de tout parti. Une première réunion est organisée le 3 novembre 1947, à Liège, à l’instigation du bourgmestre de la cité ardente, Paul Gruselin, mais à ce moment, tous les bourgmestres des grandes villes wallonnes ne se sont pas encore prononcés sur le sujet.
C’est finalement à l’invitation du bourgmestre de Dinant que la première séance de l’Association, présidée par Paul Gruselin, se tiendra en l’hôtel de ville de Dinant le 6 juin 1948. Numériquement dominés par leurs collègues flamands, les députés wallons ne se sentaient pas entièrement en mesure de pouvoir défendre la Wallonie au Parlement et comptaient sur les élus locaux pour les épauler dans cette tâche : les bourgmestres, à la différence des parlementaires, avaient le pouvoir de faire flotter le coq sur les maisons communales et étaient au coeur des manifestations de septembre. Ils avaient dès lors un rôle de proximité à jouer en faveur du Mouvement wallon.

Si l’existence de cette Association fut éphémère, les bourgmestres wallons eurent à d’autres reprises l’occasion de se mobiliser dans un but wallon commun, notamment en 1967, lorsque l’économie wallonne avait l’opportunité de bénéficier d’aides européennes, mais que le Gouvernement belge ne la saisissait pas ; dix-huit bourgmestres wallons54 décidèrent de reprendre la démarche à leur compte et réussirent à obtenir une réponse favorable en février 1968, même si la chute du Gouvernement remit le projet à plus tard. Cet événement fut significatif d’une possibilité d’action commune des pouvoirs locaux wallons, timidement annoncée dans l’Association de 1948, et définitivement concrétisée quarante-cinq ans plus tard avec la fondation en 1993 de l’Union des Villes et Communes de Wallonie.

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Adresse : 
Rue Grande, 112, 5500 Dinant
Titre alternatif : 
Hôtel de ville de Dinant
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Le Castel de Pont-à-Lesse

C’est en 1948 que les Métallurgistes FGTB de la province de Liège acquièrent près de Dinant, sur la commune d’Anseremme, le château Brugman, édifice néoclassique en L, en brique peinte, du premier tiers du XIXe siècle, doté de dépendances néobaroques en calcaire de la fin du XIXe siècle. Ils le transforment en « Castel des syndicats » pour permettre aux travailleurs de profiter le mieux possible de leurs congés payés. Cet ancien établissement de tourisme social, aujourd’hui reconverti en hôtel privé exploité par le groupe Accor sous l’enseigne Mercure, a accueilli durant des décennies quantité de formations, de conférences et de réunions de la FGTB wallonne.

André RENARD (1911-1962)

© Province de Liège – Musée de la Vie wallonne 

 

1950, 1962 : André Renard dans la question wallonne. Plusieurs témoignages font état d’un projet de gouvernement provisoire wallon à la fin de juillet 1950, au plus fort de la crise royale, dans lequel le leader des Métallos FGTB liégeois était impliqué. Selon un autre syndicaliste, Robert Moreau (qui deviendra plus tard Secrétaire d’État RW en 1974), André Renard était au Castel de Pont-à-Lesse le 29 juillet 1950 pour y rédiger avec d’autres syndicalistes, non liégeois, une déclaration d’autonomie de la Wallonie. Douze ans plus tard, c’est en tout cas à Pont-à-Lesse que Renard, le 24 juin 1962 – moins d’un mois avant son décès le 20 juillet suivant –, eut sa dernière réunion avec les cinquante cadres du MPW, dans la foulée de la grande manifestation organisée par celui-ci le 15 avril à Liège, pour arrêter un programme de développement du Mouvement constitué sous son impulsion sept mois plus tôt.

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Adresse : 
Pont-à-Lesse, 31, 5500 Dinant
Plaque commémorative : 
Titre alternatif : 
Castel de Pont-à-Lesse
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