HENNEPIN Louis

Liège
1 rue Hennepin – 7800 Ath

Fontaine ou pompe Louis Hennepin, réalisée à l’initiative des autorités locales, 1848.
 

Afin de rendre hommage à un illustre habitant de la localité, la ville d’Ath a attribué le nom de Louis Hennepin à une pompe distribuant de l’eau potable, lors de son installation dans la première moitié du XIXe siècle. Comme de nombreuses autres communes de Wallonie au XIXe siècle, les autorités communales tentent de fournir de l’eau potable à leurs habitants. La référence à Hennepin est audacieuse car elle renvoie à ce père-missionnaire, né à Ath en 1626, à qui l’on attribue la découverte des chutes du Mississipi. La décision de rendre hommage à Hennepin remonte quant à elle précisément à la réunion du conseil communal d’Ath du 25 août 1848 (Ducastelle).
En fait, Antoine Hennepin (1626-1705), devenu Antoine Hennepin lorsqu’il revêtit la bure franciscaine au couvent des Récollets de Béthune (1643), avait à la fois le goût du voyage et la passion de l’écriture ; mêlant les deux, il racontera ses périlleuses aventures vécues sur le « Nouveau Continent » dès son retour en Europe : sa Description de la Louisiane, publiée à Paris en janvier 1683, va enthousiasmer un public qui découvre le « Nouveau Monde » à travers ses récits exotiques. « Auteur populaire le plus à la mode », Hennepin est le premier à décrire les grands lacs et les chutes du Niagara ; au-delà de toutes les polémiques qui ont émaillé le reste de sa vie, il faut reconnaître à Hennepin d’avoir créé un genre littéraire nouveau, celui des récits de voyage.
Ne laissant personne indifférent, Hennepin est entré dans la légende, notamment en donnant son nom à un des Géants d’Ath. Comme une invitation humoristique à retourner à la source, la pompe Hennepin contribue aussi à maintenir vivace le souvenir de cette personnalité atypique. Située à l’entrée de la rue… Hennepin, près de la place Gaillard, la pompe fait partie du patrimoine athois. Ne portant aucune signature (ni architecte, ni sculpteur, ni société), elle se compose de peu d’éléments : au centre d’une longue pierre calcaire rectangulaire une tout aussi longue plaque de bronze cache le mécanisme de la pompe et intègre le bec verseur d’où l’eau tombe dans un bac en demi-lune avec un léger effet de coquillage. Quant au fronton, il est composé de volutes formant un demi-cercle, autour d’une plaque de bronze où, au centre d’une couronne de lauriers, sont gravés les mots suivants :

« A
LOUIS HENNEPIN,
QUI DÉCOUVRIT LE
MISSISSIPI EN 1680
NÉ À ATH EN 1640 »

Catherine BROUÉ, Louis Hennepin (1626-1705) : missionnaire, explorateur, écrivain, dans Québec français, n°142, 2006, p. 45-48 cfr http://id.erudit.org/iderudit/49752ac (s.v. octobre 2013)
Armand LOUANT, Les cas du P. Louis Hennepin… ou Histoire d’une vengeance, Ath, 1980
Jean STENGERS, Hennepin et la découverte du Mississipi, dans Bulletin de la société royale belge de géographie d’Anvers, 1945, p. 61-82
Jean-Roch RIOUX, Dictionnaire biographique du Canada en ligne, http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=841 (s.v. octobre 2013)
Mémoires de Wallonie, Les rues de Louvain-la-Neuve racontent…, Luc COURTOIS (dir.), Louvain-la-Neuve, Fondation Humblet, 2011, p. 220-221
Jean-Pierre DUCASTELLE, Statuomanie athoise : l’érection de la statue d’Eugène Defacqz à Ath (1880), dans Annales du Cercle royal d'histoire et d'archéologie d'Ath et de la région et des Musées athois, 1996-1997, t. LV, p. 222-223

Pompe-fontaine Louis Hennepin

Pompe-fontaine Louis Hennepin

Paul Delforge