L'ancienne tombe de Jacques Georgin

Stavelot
Cimetière de Stavelot, 4970 Stavelot

Les commentateurs rapides ou partiaux du conflit communautaire ont coutume d’écrire que celui-ci, au contraire de tant d’autres, n’a jamais fait de victimes, voire jamais occasionné de heurts violents. C’est oublier un peu vite ou occulter délibérément ce qu’ont subi les habitants francophones de Fourons dans les années 1970 lorsque les milices flamingantes alors tolérées par les Ministres de l’Intérieur successifs harcelaient régulièrement les Fouronnais sous l’oeil de gendarmes flamands complaisants sinon alliés, et surtout le destin tragique de Jacques Georgin à Bruxelles. Né en 1935, à Etterbeek, ce romaniste enseignant à l’Institut technique supérieur de l’État milita au sein de la section bruxelloise du MPW, puis au Front démocratique des Francophones (FDF) dès la création de celui-ci en 1965 et devint secrétaire de sa section de Laeken. Lors d’un affichage nocturne pendant la campagne pour les élections communales d’octobre 1970, des membres du Vlaamse Miltanten Orde (VMO), une des plus importantes organisations flamingantes néonazies, le rouèrent de coups le 11 septembre 1970 et Georgin mourut dans la nuit. Jacques Georgin fut inhumé dans le caveau familial au cimetière de Stavelot le 8 septembre suivant. L’Association wallonne des Anciens combattants ainsi que la Régionale verviétoise du Rassemblement wallon organisèrent des hommages sur sa tombe au cimetière de Stavelot. Un des meurtriers de Jacques Georgin (tous furent acquittés…) fut candidat sur les listes du Vlaamse Blok en 1994.

Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009