Le monument Pietkin

Waimes
Sourbrodt, 4950 Waimes

Né à Malmedy en 1849, le prêtre Nicolas Pietkin symbolise la résistance des francophones de cette région appartenant alors à la Prusse. Ordonné prêtre à Cologne en 1875, il s’exile en Belgique avant de rentrer chez lui pour être désigné prêtre à Sourbrodt, aujourd’hui sur l’actuelle commune de Waimes. Il prêche en français et refuse la politique de germanisation du Deuxième Reich. Il publie en 1904 La germanisation de la Wallonie prussienne. Arrêté par les Allemands en août 1914, il est détenu en raison de ses sympathies francophiles et wallonnes. Après avoir connu le retour de la Wallonie malmédienne à la Belgique suite au Traité de Versailles de 1919, il décède à Malmedy en janvier 1921.

C’est à l’initiative de l’Assemblée wallonne qu’une souscription est lancée dans le but d’élever un monument à la mémoire de l’abbé Pietkin. Situé au carrefour des routes de Robertville, Mont-Rigi et Sourbrodt, celui-ci est inauguré le 3 octobre 1926. Réalisé par le sculpteur liégeois Georges Petit (1879-1958), il se présente sous la forme d’une imposante stèle de 7 m de hauteur au sommet de laquelle se trouve un bronze représentant la louve romaine allaitant Romulus et Remus, symbole de la civilisation romaine et latine, et rappel du combat de Nicolas Pietkin. Un médaillon de bronze de 1,20 m représentant l’abbé se trouve aussi sur ce monument. À l’instar du coq du monument aux morts de Dolhain notamment, le monument Pietkin fut endommagé par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale. Restauré, il fut inauguré à nouveau le 2 juin 1957 en présence de nombreux militants wallons.

Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009