Le « Pavé sacré »

Ottignies-Louvain-la-Neuve
Place Sainte-Barbe, 1348 Louvain-la-Neuve

Le « pavé sacré », un clin d'oeil de l'histoire wallonne

Les auditoires Sainte-Barbe furent, en 1972, les premiers inaugurés à Louvain-la-Neuve, dans la nouvelle ville universitaire conçue suivant un schéma et un esprit totalement neufs par le professeur Raymond Lemaire (l921-1997) jusqu’alors connu comme spécialiste de la protection des villes traditionnelles et des monuments. Trente-six ans plus tard, la première ville nouvelle construite en Wallonie (depuis la place forte de Charleroi en 1666) pour et autour de l’Université catholique compte près de 19.000 habitants, dont désormais une majorité non étudiante.

Pose du « Pavé sacré » par Monsieur André Vander Vorst, doyen de la Faculté des sciences appliquées

© UCL

Avec l’affaire des Fourons, celle de Louvain, au milieu des années 1960 également, contribua puissamment à l’évolution du sentiment wallon lorsque les étudiants flamands, après des mois de vives manifestations anti-wallonnes à connotation parfois racistes, obtinrent de la hiérarchie de l’Église catholique belge l’expulsion hors de Leuven des sections francophones de l’Université catholique jusque-là bilingue. Aujourd’hui, l’incontournable réussite de ce pari urbanistique en Wallonie tend à occulter les origines peu glorieuses de celui-ci, or la crise de Louvain fut une étape importante – et logique – dans la prise de conscience menant à une première réforme de l’État jusquelà encore unitaire.

Plutôt que la première pierre posée par le roi Baudouin en février 1971, nous retiendrons comme symbole de cette étape le « pavé sacré », fruit d’un canular estudiantin tournant en dérision l’expulsion flamande. L’année universitaire 1972-1973 débutait le 2 octobre et

était la première où des étudiants (ingénieurs) se retrouvaient à Louvain-la-Neuve. Ils y inauguraient les auditoires Sainte-Barbe parmi la boue des chantiers. Ils décidèrent de marquer l’événement en allant prélever un pavé de la place du Vieux-Marché à Leuven et, en se relayant, le transplantèrent dans l’unique espace public existant à Louvain-la-Neuve, la place Sainte- Barbe, le 12 octobre 1972. Il s’y trouve toujours, tache plus sombre mais anonyme au milieu des autres pavés.

Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009
Plaque commémorative :