Capitale

Panoramique Citadelle de Namur depuis le halage à Jambes © SPW-SG/J-L CARPENTIER

Panoramique Citadelle de Namur et Parlement wallon depuis le halage à Jambes © SPW-SG/J.-L. Carpentier

Le choix d'une capitale touche au territoire et à l'organisation même d'un Etat. Il peut être, en cela, un symbole particulièrement puissant.

Namur est la capitale de la Wallonie, un statut officiellement consacré par décret depuis 1986. Cette situation est le résultat d’une maturation progressive et d’un accord scellé autour d’une vision commune du projet wallon.

Terre historiquement morcelée en de multiples principautés, la Wallonie a vu cette question s’affirmer avec le développement d’une conscience wallonne partagée, au début du XXe siècle.

A cette époque, Liège, ancienne capitale d’une principauté millénaire et berceau du Mouvement wallon jouit assez naturellement du statut de capitale historique ou morale de la Wallonie.

Pourtant, en 1912, au moment de fonder leur premier Parlement, encore officieux, les militants wallons choisissent de fixer le lieu de ses séances à Namur « qui est la ville la plus centrale de Wallonie ».

Namur a, en effet, pour elle de nombreux atouts objectifs. Ville centrale au cœur de territoire wallon, à l’articulation de toutes ses provinces et au confluent de la Sambre et de la Meuse, elle unit les bassins liégeois et hainuyer. François Bovesse n'écrira-t-il pas, d'ailleurs, à son propos : « Namur unit la Sambre et la Meuse à ses pieds et tout le sang wallon y bat comme en un cœur ».

La question demeure cependant théorique tant que la Wallonie ne dispose pas de compétences politiques. Elle est donc intimement liée à la réflexion des milieux qui se battent pour la reconnaissance de l’autonomie wallonne. Dans ce cadre, en 1946, Fernand Schreurs pose parfaitement l’enjeu du problème : obtenir pour la Wallonie une capitale située sur son territoire et veiller à ce que celle-ci ne tombe pas dans le travers d’une centralisation excessive contre laquelle les Wallons n’ont cessé de lutter.

Ce double objectif se traduira progressivement dans les faits. D’une part, par un combat permanent mené entre 1971 et 1988, les Wallons obtiendront le transfert de l’ensemble de leurs institutions – Parlement, Gouvernement et administration – de Bruxelles vers Namur. De l’autre, par un accord conclu entre les grandes villes wallonnes, ils assureront une répartition harmonieuse des fonctions sur leur territoire : Capitale, siège des institutions politiques et de l’administration centrale à Namur, institutions économiques à Liège, institutions sociales à Charleroi et fonction culturelle à Mons.

Trois jalons marquent cette évolution vers l’installation définitive de la capitale wallonne en Wallonie :

  • la décision de l’Exécutif régional wallon du 12 juillet 1983 relative à la mise en place de l’Administration régionale, confirmant celle du 27 octobre 1982 déterminant le lieu d’implantation des administrations wallonnes
  • le décret du 11 décembre 1986 instituant Namur capitale de la Région wallonne, dit « décret Anselme »
  • le décret « Demotte » du 21 octobre 2010 instituant Namur comme capitale de la Wallonie et siège des institutions politiques régionales, remplaçant en renforçant le précédent.

La présence de la capitale wallonne à Namur se marque par l’implantation, de part et d’autre de la Meuse, du Parlement – au Saint-Gilles – et du siège de la Présidence du Gouvernement  - L’Elysette - , de l’ensemble des cabinets régionaux, dont certains logés dans des immeubles anciens réaffectés – le couvent des Célestines ou les Moulins de Beez – et de l’administration centrale, notamment au sein des cités administratives de la Place de la Wallonie et du « Cap Nord ».