Pétry Irène

Politique, Député wallon

Waremme 20/06/1922, Uccle 14/04/2007

Députée wallonne : 1980-1981 ; 1981-1984*

Militante socialiste, Irène Pétry crée une section des Femmes prévoyantes socialistes à la clinique Joseph Wauters dépendant de la Mutualité socialiste de Waremme (1945). Secrétaire des FPS, elle devient la rédactrice en chef de la revue mensuelle La femme prévoyante. En 1949, ses nouvelles fonctions l’amènent à s’installer à Bruxelles et, en 1953, elle est nommée Secrétaire nationale francophone des Femmes prévoyantes socialistes, mandat qu’elle exerce durant vingt ans. Son activité en faveur de l’émancipation féminine ne se limite pas aux FPS ; vice-présidente, puis présidente du Conseil international des Femmes de l’Internationale socialiste (1966) et ensuite vice-présidente de l’Internationale socialiste, elle milite dès les années cinquante pour l’égalité économique et juridique de l’homme et de la femme ; dans les années soixante, elle soutient le développement des Centres de planning familial ; et dans les années septante, elle lutte pour la dépénalisation de l’avortement. En 1966, elle apporte le soutien des FPS à la grève des femmes de la FN.

Conseillère communale d’Uccle (1959-1964), elle n’a guère d’autre expérience politique que celle-là quand elle est propulsée par André Cools dans le gouvernement Leburton I. Extra-parlementaire, elle est Secrétaire d’État à la Coopération au développement, adjointe au ministre des Affaires étrangères (26 janvier-23 octobre 1973). Elle est aussi la première femme socialiste à accéder à une fonction ministérielle. Lors du scrutin législatif de mars 1974, elle se présente à Liège où elle a déménagé entre-temps, et y est élue députée. En octobre 1976, au moment de la fusion des communes, elle devient conseillère communale à Sprimont, et quelques mois plus tard, elle est élue à la Haute Assemblée. Sénatrice directe, elle joue un rôle important dans l’évolution institutionnelle de l’État puisqu’elle est le rapporteur des travaux de la Commission du Sénat qui échafaude les nouvelles structures finalement adoptées. En août, elle apporte sa voix à la majorité qui donne notamment naissance aux organes politiques de la Région wallonne. Dès le 15 octobre, elle participe à la réunion inaugurale du Conseil régional wallon. Parmi les 131 membres de cette assemblée, elle est l’une des huit femmes parlementaires de Wallonie. Réélue sénatrice en 1981, elle siègera encore à Namur jusqu’en septembre 1984.

Membre du Conseil de la Communauté française depuis 1974, Irène Pétry devient la septième présidente du Conseil culturel de la Communauté française et la première femme à cette fonction lorsqu’elle succède à Léon Hurez (4 novembre 1980). Elle demeure à cette fonction jusqu’au 18 octobre 1982).

Parmi les dispositions votées durant l’été 1980, figure la création d’une Cour d’Arbitrage, appelée à jouer un rôle majeur dans le cadre d’une Belgique fédérale. Cette Cour voit le jour le 1er juin 1984. Irène Pétry est désignée par le Parti socialiste (10 septembre 1984) pour le représenter dans le groupe linguistique français ; en conséquence, elle démissionne de ses mandats politiques. Le 19 février 1991, elle succède à Jean Sarot à la présidence du rôle linguistique français de la Cour d’Arbitrage et exerce pendant un an la présidence générale en 1991-1992. C’est à ce titre qu’elle est invitée à faire partie de la Commission d’arbitrage sur la Yougoslavie, au moment des premiers épisodes violents de la guerre dans ce pays. En mai 1992, elle est nommée Ministre d’État et, un mois plus tard, atteinte par la limite d’âge de 70 ans, elle met un terme à ses activités à la Cour d’Arbitrage (20 juin 1992).

 
Mandats politiques

Conseillère communale d’Uccle (1959-1964)
Secrétaire d’État (1973)
Députée (1974-1977)
Conseillère communale de Sprimont (1977-1984)
Sénatrice (1977-1984)
Membre du Conseil régional wallon (1980-1984)
Présidente du Conseil de la Communauté française (1980-1982)
Ministre d’État (1992)

 

Sources

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 486-487