Léon Baudoux

Baisy-Thy /1837, Ixelles 31/03/1898

En l’absence d’héritier direct au moment du décès de Dominique Jonet, en 1872, c’est son neveu, Léon Baudoux, qui reçoit la responsabilité de reprendre les nombreuses activités du frère de sa mère (Pulchérie Jonet avait épousé Louis Baudoux vers 1835). En héritant des Verreries du Faubourg de Charleroi, Léon Baudoux s’inscrit dans la lignée des Dorlodot qui avait créé leur première activité à cet endroit à la fin du XVIIe siècle. C’est d’ailleurs avec Léopold de Dorlodot, son demi-frère que Dominique Jonet s’était construit une solide réputation dans le secteur verrier du pays de Charleroi, et même au-delà.

Comme ses devanciers, Léon Baudoux va faire fructifier ses affaires à partir d’une innovation majeure qui lui procure un avantage décisif sur ses concurrents. En engageant un jeune ingénieur allemand, Martin-André Opperman (1846-1930), il met à son service quelqu’un qui multiplie les expériences pour introduire le four à bassin dans la verrerie à vitres. En construisant le tout premier modèle de bassin chez Baudoux, fin 1877, Opperman introduit une révolution dans le secteur du verre : tous les anciens fours sont dépassés et les souffleurs de verre perdent la supériorité que leur procurait leur savoir-faire et se transforment en simple rouage de la mécanisation. Déjà quarante ans plus tôt, Léopold de Dorlodot avait cherché à affaiblir les privilèges des souffleurs de sang.

Initiant son frère Eugène à cette nouvelle technique, Léon Baudoux lui délègue aussi la gestion de ses affaires dont il se retire totalement.

Jean-Louis DELAET, dans Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 35-36

Paul Delforge, décembre 2013