Henri Bragard

Malmedy 27/01/1877, camp de concentration nazi de Orianenburg 5/03/1944

Avant, pendant et après la Première Guerre mondiale, et durant l’occupation allemande de 1940-1945, Henri Bragard lutte contre l’influence du Reich sur sa terre malmédienne qu’il considère comme wallonne et donc romane, et se bat aussi contre la violence nazie. Défenseur de la Wallonie et de sa langue, le français, il avait pourtant appris l’allemand à l’école primaire. Mais il reçoit des compléments d’instruction sous la forme d’études latines et françaises sous la direction de son oncle, l’abbé Pietkin. Rendu précocement conscient de la nécessité de défendre sa langue maternelle, le jeune Bragard ne cessera de combattre les propagandistes de la culture allemande. Cofondateur du Club wallon de Malmedy (1898), il en est d’abord le secrétaire (1898-1899) avant d’en assurer la présidence (1899-1927). Il sera en permanence en contacts avec le Mouvement wallon ; il sera notamment membre de l’Assemblée wallonne.
Soldat embrigadé de force dans la Garde impériale, Henri Bragard entreprendra, dès 1918, avec l’abbé Bastin de militer pour la réintégration de la Wallonie malmédienne dans le pays roman. Vingt-cinq ans plus tard, en 1943, Bragard est arrêté à Spa par la Gestapo et est déporté par les nazis au camp de concentration de Sachsenhausen-Orianenburg : il y décède en mars 1944.
Auteur de poésies wallonnes et d’un poème épique intitulé Jérôme Savonarole, il ouvre des cours de français à la Société ouvrière de la Fraternité de Malmedy (1902). Outre des articles dans de nombreuses revues wallonnes, il est auteur de théâtre français et wallon, poète, écrivain et folkloriste. Surnommé le Barrès des cantons rédimés, il entreprit aussi de fixer le folklore et l’ethnographie traditionnelle du pays de Malmedy. Il est notamment l’auteur d’un article très complet sur le Cwarmê, qui fait référence.

Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, 2000, t. I
FREYENS A., Biographie nationale, 1977-1978, t. 40, col. 87-90
Histoire de la Wallonie, (dir. L. Genicot), Toulouse, Privat, 1973, p. 477
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Arts, Lettres, Cultures), Bruxelles, t. III, p. 195, 233

Paul Delforge, octobre 2011