Maurice Brasseur

Corbion 15/06/1909, Libramont-Chevigny 03/04/1996

Industriel et homme politique engagé au sein du PSC, Maurice Brasseur a été tour à tour bourgmestre, député, ministre, gouverneur de province et le dernier président du Conseil économique wallon avant que celui-ci ne quitte son statut d’association d’initiative privée pour devenir un organisme public en vertu de la loi Terwagne de décentralisation économique (1970). Au sein de son parti, Maurice Brasseur a sans cesse témoigné un intérêt particulier pour l’amélioration du développement économique de la Wallonie.
Licencié en Sciences commerciales et consulaires de l’Université catholique de Louvain (1932), directeur de la SA Hanin-Gilles à Bomal, Maurice Brasseur s’est engagé dans la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale, a été chef de la ligne zéro/193 du Service de Renseignements et d’Action et n’a pu éviter d’être arrêté. Reconnu prisonnier politique, il est le fondateur, secrétaire et trésorier de l’association L’Aide aux Ardennes Martyres (1944-1945). Directeur de la SA Achille Mouffe de Châtelet, administrateur délégué des établissements Maurice Brasseur à Souvret, il s’engage en politique dans les rangs du nouveau Parti social-chrétien, après la Libération. Bourgmestre de Loverval (1947-1965), il est élu à la Chambre dans l’arrondissement de Charleroi (1949-1965) et exerce à deux reprises des responsabilités ministérielles. Président du Mouvement chrétien des Indépendants et des Cadres (MIC), le catholique wallon hérite du ministère de l’Intérieur… au lendemain de la Question royale (août 1950-janvier 1952), puis est chargé du Commerce extérieur et de l’Assistance technique après la grande Grève wallonne contre la Loi unique (1961-1965). Durant celle-ci, il était l’un des vice-présidents de la Chambre (1958-1961).
Interpellé par la problématique wallonne, mais refusant de suivre les Wallons du Congrès national wallon, Maurice Brasseur dépose, en tant que député, une proposition de loi visant à fixer la frontière linguistique. En vain. Par ailleurs, il contribue à la naissance du Mouvement des Provinces wallonnes, dont il assure d’emblée la vice-présidence (en 1952) et dont il partage le programme anti-fédéraliste et pro-provincialiste. Par conséquent, il n’est guère étonnant qu’en 1965, lorsque Désiré Lamalle est suspendu de sa fonction de gouverneur, ce soit vers Maurice Brasseur que le PSC se tourne pour lui proposer la tête de la province de Luxembourg. Renonçant à ses mandats politiques, il exercera la fonction de gouverneur de 1965 à 1976.
C’est à ce titre qu’il accepte de succéder à Pierre Clerdent à la tête du Conseil économique wallon (1968). À ce moment, le Conseil économique wallon est encore une structure privée, née d’une initiative du Mouvement wallon au sortir de la Guerre. En dépit de crises internes, son influence n’a cessé de croître. Face au déclin économique wallon, le Conseil n’hésite pas à peser sur la décision politique. Au début des années septante, par la loi Terwagne, naît un Conseil économique de Wallonie qui est désormais un organisme public. Maurice Brasseur cède le relais du CEW à Alfred Delourme, tout en ayant accompli un utile travail dans la prise de conscience collective wallonne et en pesant dans le débat sur la révision de la Constitution.
Achevant son mandat de gouverneur en 1976, Maurice Brasseur n’abandonne pas la politique. Le 1er janvier 1977, il devient le premier bourgmestre du « Grand Bouillon », ville à laquelle il a réussi à faire adjoindre le lieu-dit Ban d’Alle où se situe son domicile…

conseiller communal de Loverval (1946-1965)
bourgmestre (1947-1965)
député de l’arrondissement de Charleroi (1949-1965)
ministre de l’Intérieur (1950-1952) puis du Commerce extérieur et de l’Assistance technique (1961-1965)
gouverneur de la province de Luxembourg (1965-1976)
conseiller communal de Bouillon (1977-1982)
bourgmestre (1977-1982)

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Paul DELFORGE, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 195

Paul Delforge, décembre 2014