François Sébastien Charles Joseph Clerfayt

Château de Bruille à Waudrez (Binche) 14/10/1733, Vienne 21/07/1798 

Nourri de la lecture des auteurs anciens et d’exploits héroïques, Charles Joseph de Croix entre dès 1753 au service de l’Autriche. Durant la Guerre de Sept Ans à laquelle il prend part, il se distingue particulièrement à diverses reprises et accède au grade de colonel dans le 30e régiment d’infanterie wallonne qui portait alors le nom de Saxe-Gotha.

Général-major en 1773, il reçoit la propriété du régiment wallon de Los-Rios qui prend dès lors le nom de régiment Clerfayt. S’il se met ainsi au service de l’Autriche, il manifeste de fortes réserves à l’égard de la politique de l’empereur Joseph II au point d’être sollicité par les chefs de l’opposition brabançonne qui se distingueront en 1789. Il ne donne pas suite. En 1788, il est investi du commandement de la Hongrie supérieure et, en tant que Feldzeugmeister, il participe à la guerre contre les Turcs de manière décisive (1789), et rejoint même les troupes autrichiennes occupées à la prise de Belgrade. En 1790, son intervention sauve le camp de Calafat en repoussant l’ennemi ; le comte de Clerfayt est récompensé à de multiples reprises par des honneurs impériaux.

Débarrassée de la guerre au sud, l’Autriche est alors mobilisée par les révolutions qui touchent les Pays-Bas. En 1792, le comte de Clerfayt retrouve des paysages familiers lorsqu’à la tête d’un corps de 12.000 Autrichiens, il se retrouve aux côtés de l’armée prussienne du duc de Brunswick pour combattre les Français en Champagne, avant de devoir faire retraite honorable après la bataille de Jemappes (6 novembre 1792). Après avoir fait lever le siège de Maastricht, il reprend sur une voie victorieuse à Neerwinden (18 mars 1793), puis s’empare du Quesnoy (1793). Le sort lui est moins favorable lorsqu’il engage les armes lors de la bataille de Wattignies (16 octobre 1793).

En 1794, en l’absence de l’archiduc Charles, il est chargé de l’administration et de la gestion du gouvernement civil des provinces belgiques qui n’avaient pas été envahies par la France (la Gueldre, le Limbourg et le Luxembourg). Chargé aussi de défendre la Flandre occidentale et le Hainaut, il est battu une première fois par Pichegru, à hauteur de Mouscron (29 avril), et une seconde fois par Jourdan à la bataille de Sprimont (ou bataille de l’Ourthe, 18 septembre) puis à Aldenhoven (2 octobre).

Commandant en chef de toute l’armée impériale qui occupe la rive droite du Rhin, depuis Bâle jusqu’à Düsseldorf, le feld-maréchal wallon reprend l’ascendant en 1795, freine l’avancée des armées françaises, les repousse de l’autre côté du Rhin et délivre Mayence (29 octobre 1795), avant de conclure un armistice avec la République française (21 décembre). Par ses succès, Clerfayt avait rendu toute la rive gauche du Rhin à l’Autriche. De retour à Vienne (où il aurait été rappelé), il reçoit un accueil exceptionnel : l’opinion publique le considère comme le sauveur de l’Allemagne. Signe de cette notoriété, l’empereur, accompagné de l’archiduc Charles, vient en personne lui rendre visite et lui remettre les insignes de l’ordre de la Toison d’or. Dans le même temps, cependant, le comte se voit retirer son commandement… autre signe qu’un excès de notoriété d’un général peut nuire au prince…

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Général GUILLAUME, dans Biographie nationale, t. IV, col. 146-152
Paul Delforge, septembre 2012