Jean-François de Gembloux

Gembloux fin XIVe début XVe siècles

Grâce aux premières éditions musicales italiennes, une situation apparaît clairement autour de 1470 : les musiciens du Nord dominent « partout où était pratiqué l’art sévère du contrepoint, dans la messe, le motet ou la chanson ». Ces musiciens sont statistiquement les plus nombreux dans les éditions italiennes et le resteront jusqu’à la fin du XVIe siècle.

Parmi les premiers musiciens venus s’installer en Italie, dès le XIVe siècle, les Liégeois et les Cambrésiens sont les plus nombreux. On pense à Johannes Ciconia. Plus tard, Jean-François de Gembloux, ou de Gemblaco, se joindra à ces musiciens wallons partis exercer leur art en Italie, sans que l’on soit parfaitement informé du parcours de l’intéressé. Jeune clerc actif à Liège dans les années 1370, Jean-François de Gembloux semble avoir commencé sa carrière dans la cité épiscopale où on le retrouverait comme chantre dans différentes églises, dont Saint-Denis. Il aurait été recruté comme chantre à la chapelle pontificale, à Rome. Avec Guillaume Dufay, Gilles Binchois ou encore Hugo et Arnold de Lantins, il se distinguera de la musique « maniériste » du tournant des XIVe-XVe siècles par un retour à plus de sobriété et de simplicité.

Robert WANGERMÉE, « L’apport wallon à la musique du XVIe siècle : de Josquin Desprez à Roland de Lassus », dans Rita LEJEUNE, Jacques STIENNON, sous la dir. de, La Wallonie, le pays et les hommes. Lettres – Arts – Culture, t. II : Du XVIe siècle au lendemain de la Première Guerre mondiale, Bruxelles, La Renaissance du Livre, p. 309.
Jean-François POTELLE (dir.), Les Wallons à l’étranger, hier et aujourd’hui, Charleroi, Institut Destrée, 2000
José QUITIN, À propos de Jean-François de Gembloux et de Johannes de Limburgia, dans Revue belge de musicologie, vol. 20 (1966) p. 118-124

Marie Dewez, septembre 2012