Jean-Philippe De Limbourg

Theux 19/10/1726, Theux 01/02/1811

Depuis le début du XVIIIe siècle, grâce à Abraham Darby, l’Angleterre dispose de ses premiers hauts-fourneaux au coke. Ce nouveau combustible remplace utilement le charbon de bois car les fontes produites sont de meilleure facture et de moindre coût. Ne disposant pas du procédé pour produire le coke, l’Europe continentale tente de percer le secret. C’est ainsi que Jean-Philippe de Limbourg se rend dans les États allemands, « en visite exploratoire ». Il est mandaté par son prince-évêque, le comte d’Oultremont. De retour d’un séjour à Sulzbach, auprès de l'industriel Roederer, Jean-Philippe multiplie les expériences, avec son frère Robert, dans leur forge à Theux : le prince-évêque finance ces expériences, avant de se lasser (1768-1771). Comme Stanislas Desandrouin à Charleroi, les deux frères réussissent à transformer la houille en coke, mais ne parviennent pas à l’utiliser dans le haut-fourneau de manière industrielle : il faudra attendre les années 1823-1826 pour que s’érige le premier haut-fourneau à coke, construit par l’Écossais David Mushet pour le compte de John Cockerill.

Privé de moyens pour effectuer ses recherches, J-Ph. de Limbourg consignera ses découvertes dans deux mémoires envoyés à l’Académie des Sciences de Paris. L’écriture est d’ailleurs une facette de ce fils de médecin, et médecin lui-même après des études à l’Université de Leyde, puis de Paris. Établi à proximité de Spa, il utilise volontiers les eaux minérales de la cité thermale dans ses médications. Dans la cité fréquentée par la haute société européenne, il trouve à la fois à s’instruire auprès de brillants esprits et à se divertir de la vie mondaine. Déjà auteur, en 1754, d'un remarqué Traité des eaux minérales de Spa, il édite, en 1763, chez François-Joseph Desoer, ses Nouveaux amusemens des eaux de Spa, « ouvrage instructif et utile » aux Bobelins, terme désignant les étrangers qui viennent prendre les eaux à Spa. Chimiste, médecin ayant remporté plusieurs prix pour ses essais, maître de forge, J-Ph. de Limbourg s'occupa aussi avec succès d'antiquités, d'histoire naturelle, et d’écrire quelques textes littéraires.

G. DEWALQUE, dans Biographie nationale, t. XII, col. 197

Robert HALLEUX, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 1995

La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. I, p. 330

Une certaine idée de la Wallonie. 75 ans de Vie wallonne, numéro spécial de La Vie wallonne, Liège, 1995, t. LXIX, p. 272

Paul Delforge, décembre 2013