Jacques De Neuville

Bruxelles date inconnue, Gilly 20/02/1681

Comme au pays de Liège, ceux qui exploitaient la houille dans la vallée de la Sambre aux XVIe et surtout XVIIe siècles se heurtent au même problème : comment éviter que les faibles galeries ou puits de mine ne se gorgent d’eau ? À la fin du XVIIe siècle, Jacques de Neuville met au point un système aussi ingénieux que simple : à Montigny-sur-Sambre, il apporte cette technique consistant à créer des voies souterraines d’écoulement des eaux en se basant sur le principe des différences de niveaux. Comme les areines liégeoises dont il s’est vraisemblablement inspiré, les « seuwes » ou « saiwes » carolorégiennes étaient autant de canaux détournant les eaux vers le pied de la colline ; le système ne pouvait évidemment fonctionner que pour autant que l’exploitation de la houillère se situe plus haut que la base de la colline. Jacques de Neuville commence à implanter cette technique à l’Espérance, puis au Grand-Mambourg. C’est là que la fosse dite (La) Neuville, à Charnoy, future Charleroi, conservera le nom de celui qui permit aux charbonnages hennuyers de connaître un essor considérable, en attendant l’invention de la machine de Newcomen, puis de celle de Watt, qui allaient permettre l’exhaure dans les travaux miniers quelques décennies plus tard (XVIIIe siècle). Entre-temps, de Neuville avait répandu son système dans tout le bassin carolorégien, une « seuwe » étant même construite à 60 mètres de profondeur, dans la veine de l’Ardinoise, à Gilly où il avait acheté des terres (1666).

Exploitant plusieurs puits, entrepreneur et ingénieur, le charbonnier Jacques de Neuville a été aussi un défenseur des intérêts des « parçonniers de fosses » (les exploitants des veines en profondeur) qui cherchaient des débouchés en principauté de Liège et dans les Provinces-Unies.

M. MOREAUX, dans Revue du Conseil économique wallon, n°34, septembre 1958, p. 76-77

Émile CLOSE et Oscar LAMBOT, Un maître charbonnier au XVIIIe siècle, Jacques de Neuville (Gilly), dans Le Guetteur wallon, Namur, 25 décembre 1925, 2e année, n°11, p. 251-254

Paul Delforge, décembre 2013