Nicolas Defrecheux

Liège 10/02/1825, Herstal 26/02/1874

Nicolas Defrecheux est né à Liège, dans une famille qui, bien que nombreuse, connait une certaine aisance. Il entreprend des études qui le mènent au pensionnat de Visé, puis à l’École des Mines. Il y cultive, très jeune, la culture des lettres et compose déjà des pièces en vers, tant en français qu’en wallon. Suite au décès de son père, il est contraint de se mettre au travail pour subvenir aux besoins de la famille : il entre aux établissements de la Vieille-Montagne.
Marié à la fille d’un boulanger en 1851, il reprend le commerce de son beau-père. C’est à cette époque qu’il compose Lèyîz-m’ plorer. Parue dans le Journal de Liège en 1854, cette élégie connait un succès soudain et retentissant. Ce texte surprend car il évoque des thèmes inhabituels pour l’époque : la détresse sentimentale d’un homme face à la perte de son aimée. On y sent une émotion véritable et pure.
En 1856, avec le cramignon L’avez-v’ vèyou passer ?, Defrecheux renouvelle son succès. Il est couronné au concours de poésie wallonne organisée par les Vrais Liégeois à l’occasion du 25e anniversaire du règne de Léopold Ier. Ce concours, et l’émulation qu’il suscite chez les auteurs dialectaux, est à l’origine de la création de la Société de Langue et de Littérature wallonnes, véritable académie des lettres wallonnes. Nicolas Defrecheux, co-fondateur de cette société, en assumera les fonctions de trésorier.
Dès 1857 et jusqu’à sa mort, l’auteur écrit régulièrement les rubriques wallonnes de L’Almanach Mathieu Laensbergh. Il rédige également Mès deûs lingadjes (1861) qui résume la répartition linguistique entre français et wallon qui existe à cette époque. Parallèlement à ses activités de poète, il est nommé secrétaire de l’Université de Liège, puis appariteur de la faculté de Médecine.
Après son décès en 1874, son œuvre reste une référence pour les lettres wallonnes. On retiendra que la chanson Lèyîz-m’ plorer, devenue un standard de la chanson wallonne, était tenue en très haute estime par Édith Piaf. Elle estimait qu’il s’agissait de la plus belle chanson au monde, ni plus ni moins.

Bibliothèque des dialectes de Wallonie (MVW), Dossier Nicolas DEFRECHEUX.
PIRON, Maurice, Anthologie de la littérature wallonne, Liège, Mardaga, 1979, p. 189.
PIRON, Maurice, Biographie Nationale, t. 29, 1956-1957, p. 514-523.

Musée de la Vie wallonne - Baptiste Frankinet, janvier 2014