Fernand Delmotte

Jeumont 24/07/1920, Lessines 4/07/1998

Député wallon : 1974-1977 ; 1980-1981 ; 1981-1985

Mobilisé en mai 1940, combattant durant la Campagne des Dix-Huit Jours, le jeune soldat parvient à échapper à la captivité en Allemagne. Ouvrier ajusteur, technicien en mécanique à la Centrale électrique de Deux-Acren, Fernand Delmotte deviendra agent technique chez Intercom. Responsable de la section locale du Mouvement populaire wallon (1962), le syndicaliste est pressenti pour succéder à Jacques Yerna au secrétariat général de Gazelco, mais F. Delmotte choisit la voie politique.
Militant du Parti socialiste belge, bourgmestre de Lessines depuis janvier 1959, il entre au Sénat en remplacement de Fernand Vinet (novembre 1962). Régulièrement réélu directement, F. Delmotte siège dans la Haute Assemblée jusqu’en 1985, où il représente l’arrondissement de Mons-Soignies. Président du huitième congrès des socialistes wallons (Verviers, novembre 1967), il entre dans le gouvernement Eyskens-Merlot puis Eyskens-Cools (1968-1972), en tant que Secrétaire d’État à l’Économie régionale wallonne. Il est le premier à exercer cette fonction, où il est notamment chargé de la reconversion de l’économie régionale. En juillet 1970, le sénateur socialiste vote la loi de décentralisation économique, dite Loi Terwagne puis, en décembre, la révision de la Constitution reconnaissant l’existence de trois Régions et trois Communautés. Le 16 octobre 1971, Fernand Delmotte installe le Conseil économique régional de Wallonie à la Maison de la Culture de Namur.
Ministre des Communications dans le dernier gouvernement Eyskens (1972-1973), le sénateur se retrouve dans l’opposition de 1974 à 1977. Refusant de voter la loi de régionalisation provisoire, il se montre solidaire avec les élus socialistes wallons qui boycottent les travaux du Conseil régional wallon provisoire, dont il est membre de droit (novembre 1974-mars 1977). En août 1980, il vote par contre les lois de régionalisation et, dès octobre, siège au Conseil régional wallon, dont il reste membre jusqu’en 1985, année où il met un terme à son parcours parlementaire. Par ailleurs, de 1978 à 1985, il a été le chef de groupe socialiste au Sénat. Membre de l’Assemblée des communautés européennes (1973-1979), Fernand Delmotte figure aussi parmi les premiers députés européens élus au suffrage universel en juin 1979. Trois ans plus tard, il renoncera à son mandat et sera remplacé par Raymonde Dury (1982). Président de l’Union intercommunale pour l’étude et la gestion des services publics, à caractère industriel et commercial avant son intégration en 1989 au sein de l’Igretec, il est administrateur de cette intercommunale et président des intercommunales Sideho et Ipalle.
Bourgmestre de Lessines pendant trente-six années, à la tête d’une majorité absolue socialiste, il est âgé de 74 ans en 1994 et est touché par la limite d’âge prévue dans les statuts du PS. Sa demande de dérogation pour emmener une septième fois la liste du PS est rejetée et il se présente dès lors à la dernière place. Le PS conserve sa majorité in extremis et Fernand Delmotte  devient Premier échevin (1994-1995). En septembre 1995, Fernand Delmotte décide lui-même de renoncer à son mandat d’échevin, quand il fête ses 75 ans. Il était encore conseiller communal de la ville de Lessines lorsque la mort le frappa en 1998.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 176-177

conseiller communal de Lessines (1959-1998)
bourgmestre (1959-1994)
sénateur (1962-1985)
Secrétaire d’État à l’Économie régionale wallonne (1968-1972)
ministre (1972-1973)
membre du Conseil régional wallon provisoire (1974-1977)
membre du Conseil régional wallon (1980-1985)
échevin (1995)

Paul Delforge, décembre 2014