Jacques Delruelle

Liège 18/02/1930

Diplômé de l’Athénée Robert Catteau à Bruxelles (1949), docteur en Droit et détenteur d’une licence spéciale en Droit économique de l'Université libre de Bruxelles (1956), juriste, Jacques Delruelle devient administrateur de la Société métallurgique de Prayon en 1968, société dont son père Jules-Émile et son oncle, André, sont responsables. Administrateur d’une série d’autres sociétés (dont la SA Mines et Métallurgie, la Société générale des Minerais), il est contraint de procéder à la liquidation de la Société de Prayon définitivement ébranlée par le premier choc pétrolier.

Dès les années 1960, Jacques Delruelle affiche une conscience wallonne et est attentif à la revendication d’une décentralisation économique portée dans certains milieux, mais il entend exposer un point de vue qui soit propre aux organisations patronales. C’est une des raisons qui le conduisent à la mise en place d’une Union wallonne des Entreprises. Celle-ci voit le jour au printemps 1968. En accolant l’adjectif (wallonne) à l’Union plutôt qu’aux entreprises, l’association s’ouvre aux usines étrangères qui s’installent en Région wallonne, et elle accueille indifféremment les entreprises industrielles et les autres. Si les premiers présidents de l’UWE font valoir l’avis des patrons lors de l’adoption de la Loi dite Terwagne de planification et de décentralisation économique (juillet 1970) et de la révision de la Constitution (décembre 1970), ils accompagnent aussi la mise en place du Conseil économique de la Région wallonne et de la Société régionale de Développement. En réclamant la constitution d’une Société unique en Wallonie, les patrons wallons sont sur la même longueur d’onde que les forces syndicales et que le Mouvement wallon. Élu à la présidence de l’Union wallonne des Entreprises en 1975, Jacques Delruelle entend inscrire son association comme un interlocuteur valable face au Comité ministériel des Affaires wallonnes et dans ses actions au sein du CERW. C’est sous sa présidence que l’UWE adopte le statut d’une asbl. C’est également sous sa gouverne qu’est entreprise la rédaction d’une doctrine capable de fédérer tous les dirigeants d’entreprises de Wallonie. L’initiative est délicate, mais elle débouchera sur le document intitulé « L’entreprise, source de progrès – axes d’une doctrine de l’UWE », qui engage résolument l’UWE sur la voie d’un véritable syndicat du patronat wallon. Quand il achève sa présidence en 1979, Jacques Delruelle reste membre du bureau de l’UWE et assiste à l’adoption des lois d’août 1980, créant notamment un véritable Conseil régional wallon, objectif qui figurait de longue date dans ses propres aspirations.

Dès lors, il n’est guère étonnant de retrouver J. Delruelle en charge de la première vice-présidence du nouveau Conseil économique et social de la Région wallonne, quand le CERW se transforme, en 1983, principalement par le retrait des politiques, laissant les organisations patronales et syndicales débattre entre elles et émettre des avis consultatifs sur la politique des gouvernements wallons. Aux côtés de Georges Vandersmissen (président, FGTB), de Roger Mené (EWCM) et de Willy Thys (CSC), il occupe cette fonction jusqu’en 1995, accompagnant le transfert de l’institution dans ses locaux définitifs, au Vertbois, à Liège.

Président du Collège des Censeurs de la Banque nationale (1967-1995), Jacques Delruelle est nommé régent de la Banque nationale en 1995 et exerce ce mandat jusqu’en 1998. Dans les années ’50, il a épousé Janine Ghobert, qui sera parlementaire libérale dans les années 1980 et 1990, avant de devenir Juge à la Cour d’Arbitrage. Membre du Conseil d'administration de la SPI+, président de l’aile francophone de la Croix-Rouge de Belgique (1986-2000), Jacques Delruelle a aussi présidé la Société littéraire de Liège (1991-1997) et a été Consul général de la Principauté de Monaco pour les provinces de Liège et Luxembourg (années 1990).

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Jean STEPHENNE, L’Union wallonne des Entreprises, dans J-C. VAN CAUWENBERGHE (dir.), L’aventure régionale, Bruxelles, Luc Pire, 2000, p. 137-143
Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 197-198

Paul Delforge, septembre 2012