Jules-Emile Delruelle

Forêt-Trooz 30/05/1900, Liège 15/01/1980

Ingénieur chimiste diplômé de l’Université de Liège (1928), Jules-Émile Delruelle entre rapidement à la SA Société métallurgique de Prayon dont son père, Jules, assure la direction, parmi d’autres activités. Avant la guerre, la société de Prayon absorbe notamment la SA Nouvelle Montagne.

Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, Jules-É. Delruelle se montre particulièrement actif au sein du réseau de Résistance Clarence et du Comité Gille. Au sein du groupe Gille formé en 1941 et devenu Comité politique de la Résistance, il siège aux côtés du professeur Charles De Visscher (président), de Ganshof Van der Meersch, de Jacques Basyn, et de Louis Bekaert dont la mission consiste à informer le gouvernement de l'état de l'opinion et à stimuler l'opposition à l'occupant. De nombreuses études économiques sont alors menées et J. Delruelle est responsable de la transmission d’informations vers Londres ainsi que de la collecte d’informations à caractère industriel, économique et financier. À la Libération, dans l’éphémère gouvernement Pierlot qui est chargé de la remise en place des institutions (26 septembre 1944-31 janvier 1945), J-E. Delruelle est désigné comme ministre des Affaires économiques. Cette expérience qui conduit un extra-parlementaire au rang de ministre ne convaincra pas J-E. Delruelle de poursuivre en politique. 

Très vite, il revient aux affaires, faisant l’essentiel de sa carrière à Prayon, mais il garde une intense activité au sein d’associations professionnelles ou d’organismes spécialisés. Administrateur de la Fédération des Industries de Belgique (1945-1952), vice-président du Conseil central de l’Économie (1948-1961), il est très tôt interpellé par les revendications wallonnes et par l’idée de décentralisation économique. Il entend exposer un point de vue qui soit propre aux organisations patronales et c’est une des raisons qui le conduisent à contribuer activement à la création d’une Union wallonne des Entreprises. Celle-ci voit le jour au printemps 1968. En accolant l’adjectif (wallonne) à l’Union plutôt qu’aux entreprises, l’association s’ouvre aux usines étrangères qui s’installent en Région wallonne, et elle accueille indifféremment les entreprises industrielles et les autres. Si les premiers présidents de l’UWE font valoir l’avis des patrons lors de l’adoption de la Loi dite Terwagne de planification et de décentralisation économique (juillet 1970) et de la révision de la Constitution (décembre 1970), ils accompagnent aussi la mise en place du Conseil économique de la Région wallonne et de la Société régionale de Développement. En réclamant la constitution d’une Société unique en Wallonie, les patrons wallons sont sur la même longueur d’onde que les forces syndicales et que le Mouvement wallon. En 1975, Jacques Delruelle, fils de Jules-Émile, accède à la présidence de l’Union wallonne des Entreprises

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Jean STEPHENNE, L’Union wallonne des Entreprises, dans J-C. VAN CAUWENBERGHE (dir.), L’aventure régionale, Bruxelles, Luc Pire, 2000, p. 137-143
Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 197
Emmanuel DE BRUYN, La Guerre secrète des espions belges : 1940-1944, Bruxelles, Racine, 2008, p. 68, 143
Paul Delforge, septembre 2012