Germain Dufour

Tournai 26/06/1943

Député wallon : 1992-1995

La vie monastique au sein de l’ordre des Capucins ne convient pas au jeune Germain Dufour qui décide de partir en France, et de partager la vie des sans-abris et des déshérités. À la fin des années soixante, il entreprend des études en Théologie à Louvain, avant de s’installer à Liège en 1970. Engagé par la ville de Liège, il est balayeur de rues (1970-1987). Impliqué dans la vie du quartier de Pierreuse, Germain Dufour y crée un refuge pour déshérités, l’Espace fraternel. Dès 1973, il y accueille près de 600 personnes. Le 27 novembre 1981, date anniversaire de la loi sur le vagabondage (de 1881), il relance l’opération « Une nuit dehors » pour attirer l’attention sur les sans-abri. Dans son quartier de Pierreuse, G. Dufour prendra également une part active à la contestation menée par les habitants contre l’implantation des extensions du Palais de Justice de Liège (années nonante).
Au milieu des années quatre-vingt, ce Tournaisien qui s’est enraciné à Liège est attaché au Cabinet de Raymond Yans, échevin de l’Urbanisme de la ville de Liège, mais surtout Premier échevin Écolo de Liège voire d’Europe. Conseiller communal Écolo de la ville de Liège élu en octobre 1988, Germain Dufour cède son mandat municipal, conformément aux statuts d’Écolo, quand il est élu sénateur (1992-1995). Le prêtre-ouvrier se retrouve aussi au Conseil de la Communauté française et au Parlement wallon. Porteur de la triple casquette parlementaire, Germain Dufour vote l’ensemble des textes de cette importante révision institutionnelle qui fait de la Belgique un État fédéral et renforce l’autonomie de la Wallonie.
Lors des scrutins du 21 mai 1995, G. Dufour est à la fois candidat au Sénat et tête de liste dans la circonscription de… Arlon-Marche-Bastogne afin d’ouvrir la verte province aux enjeux de l’écologie. Mais « l’effet Dufour » ne joue pas suffisamment. Au Sénat, malgré un score personnel supérieur aux candidats placés devant lui, G. Dufour n’est pas reconduit et le parti vert ne bénéficie d’aucune cooptation.
Préoccupé par les questions d’environnement, G. Dufour n’a jamais caché militer chez Écolo dans une perspective essentiellement sociale et pluriculturelle. Il entend y mener une réelle lutte contre la pauvreté, contre la société duale, pour l’intégration des immigrés, notamment par l’adoption d’un service civil au lieu d’un service militaire. S’éloignant d’Écolo, il rejoint les rangs du Parti communiste de Belgique. Troisième sur la liste du PC aux élections européennes et tête de liste à Liège pour la Chambre (2.422 vp.) en juin 1999, tête de liste du PC-UG aux élections communales à Liège en octobre 2000, candidat aux législatives en 2003, il rassemble de nombreuses voix autour de son nom mais n’est plus élu.
Prêtre-ouvrier et régulier, responsable d’un refuge en Pierreuse, l’abbé Dufour reste un citoyen actif et attentif aux enjeux sociaux prêt à soutenir les initiatives politiques qui correspondent à ses engagements. Ainsi, en octobre 2012, il accepte de figurer sur la liste Vega à Liège et réalise le 4e score de sa liste qui emporte un siège. Attaché tous les week-ends à la paroisse de Wasmes-Audemez-Briffœil depuis 2003, il préside à la cérémonie annuelle de la bénédiction des automobiles à la Saint-Christophe.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 221-222

conseiller communal de Liège (1989-1991, 1994)
sénateur (1992-1995)
membre du Parlement wallon (1992-1995)

Paul Delforge, décembre 2014