Georges Englebert

Dates et lieux de naissance et de décès inconnus

Associé dès 1927 à la direction de la société familiale qui fabrique des pneumatiques et autres produits en caoutchouc, Georges Englebert – fils d’Oscar (1866-1933) – contribue au développement international de l’entreprise : après l’ouverture d’un point de vente à Cologne, dès 1919, une usine est construite à Aix-la-Chapelle en 1929. C’est avec Konrad Adenauer (bourgmestre de Cologne) et William Rombach (son homologue d’Aix-la-Chapelle) que le jeune Englebert négocie les conditions de ce transfert : pour ses interlocuteurs allemands, Englebert est considéré comme un « baron de l’industrie » wallonne. En 1936, c’est en France qu’est ouverte une succursale : les Englebert y ont en effet acquis une ancienne filature de soie à Clairoix, près de Compiègne. Moderne et en bon état, cette société idéalement située attendait un nouvel acquéreur depuis près de quatre ans.

Depuis 1931, l’entreprise familiale a pris le nom de Société du Pneu Englebert, témoignant de la spécialisation de ses activités. En 1932, elle sort le « pneu ballon », dont la publicité vante la qualité d’éviter tous les trous rencontrés sur les routes… En 1939 est franchi le cap du million de pneus produits dans l’usine d’Aix-la-Chapelle. Pour Georges Englebert, il s’agit des années fastes. Présent sur le marché mondial, la société emploie près de 4.000 personnes.

L’expansion d’Englebert vers l’Allemagne à partir des années 1920 place cependant la société dans l’obligation de continuer à produire les pneumatiques commandés par Berlin durant toute la période de la Seconde Guerre mondiale, tandis que les activités de la société installée dans le quartier des Vennes, à Liège, paraissent paralysées. À la fin du conflit mondial, ce sont les bombes qui endommagent les bâtiments mosans. Tout en reconstruisant l’outil liégeois et en relançant les activités à Aix-la-Chapelle dès 1946, Georges Englebert cherche des débouchés dans le secteur militaire et signe un accord de coopération technique avec l’Américain US Rubber International. Dès 1947, les quatre usines Englebert donnent du travail à 6.500 personnes et produisent 10.000 pneus par jour. De nouvelles innovations soutiennent la marque, mais c’est désormais Albert qui a la tâche de conduire les pneus Englebert vers de nouvelles directions.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse, dont La Wallonie, 21 août 1997

Nicole CAULIER-MATHY, dans Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 273-274

Suzy PASLEAU, Adélaïde Coudère, dans Dictionnaire des femmes belges, Bruxelles, Racine, 2006, p. 123-124

Uniroyal-Englebert. 1877-1977, s.l., 1977

Paul Delforge, décembre 2013