Jean Galler

Liège 06/02/1955

Meilleur apprenti boulanger de Belgique à l’âge de 18 ans, Jean Galler a l’habitude de travailler dans le domaine de la boulangerie-pâtisserie, sans être passionné par ses études, même à l’école d’hôtellerie ; s’il a appris les rudiments du métier dans l’atelier que tient son père dans le quartier Saint-Léonard à Liège, il s’est surtout perfectionné auprès des meilleures écoles, à Bâle d’abord (1973), à Paris (chez Gaston Lenôtre) ensuite (1975). Auréolé des compliments qui entourent sa formation, il rachète ce qui reste d’une ancienne chocolaterie à Vaux-sous-Chèvremont. Entamant sa carrière sous la canicule de l’été 1976 et à l’heure où le prix du cacao flambe, Jean Galler ne désarme pas. Pour se distinguer sur un marché qui apparaît saturé, il se lance dans le créneau du chocolat de qualité, haut de gamme, de fabrication artisanale, inventant des goûts nouveaux et surtout pratiquant une bonne communication. Après avoir mis au point des bâtons « Café liégeois » (1979), l’idée de lancer des chocolats faisant référence à un célèbre chat de la BD belge fait tirer la langue de nombreux consommateurs. Et le succès est au rendez-vous.
De 2 personnes en 1980, le petit atelier grandit progressivement, passant à une trentaine de passionnés en 1990, avant de dépasser la barre… de la centaine à l’entame du XXIe siècle. Les 35 tonnes de production de l’année 1977 sont rapidement oubliées : 630 en 1991, car depuis 1988, le chocolat Galler est entré dans les circuits de la grande distribution. Les installations se sont agrandies, avec la construction d’une nouvelle usine en bord de Vesdre, mais la localisation reste à Vaux-sous-Chèvremont. Développant un réseau original de franchises, le Manager de l'année 1994 s’étend hors des frontières du pays wallon, recherchant des lieux de passage correspondant au niveau de qualité du produit. Prix de l’Innovation lors du Salon de la franchise 2002 à Bruxelles, Liégeois de l'année dans la catégorie économique en 2008, Jean Galler joue la carte du « chocolat belge », diversifie ses produits (bâtons et tablettes de chocolats, pralines, pâtes à tartiner, pâtisseries, glaces, etc.) en les certifiant pur cacao, avant de devoir se plier aux directives européennes et aux lois du marché. Tout en restant une entreprise familiale, la société Galler s’est ouverte à des investisseurs étrangers, dont la famille royale du Qatar.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Christine DE BRAY, Envie d’entreprendre ? Déclics, Liège, EdiPro, 2007, p. 189-191

Paul Delforge, septembre 2012