Gery Gerson

Tournai 1570-1575, Tournai 1630

Formé à la cathédrale de Tournai, recruté en 1585 comme enfant de chœur pour la cour de Philippe II, Gery Gerson est l’un des nombreux exemples de jeunes chanteurs du pays wallon envoyé très tôt vers le sud de l’Europe. Chantre à Madrid dès 1593 et vice-maître de chapelle, en 1598, il est chargé de la formation et de l’éducation des jeunes cantorcillos, ainsi que du maintien de la discipline dans leur demeure, où il réside également. Gardien des livres de musique de la chapelle, il en fait l’inventaire en 1602 et bannit du répertoire musicale les œuvres de Josquin des Prés, notamment, qu’il considère comme démodées. En 1605, il quitte la chapelle de Philippe III, qui avait entre-temps succédé à son père Philippe II, et rentre aux Pays-Bas. « Clerc du diocèse de Tournay et maistre de la chapelle domestique » des Archiducs à Bruxelles, en 1606, « maistre de l’oratoire », l’année suivante, il est également « chapelain de l’oratoire et maistre de musique de la chapelle de la cour », en 1621, à la mort de l’archiduc Albert. Même si nous ne conservons de lui qu’une seule œuvre imprimée, la messe à sept voix Ave Virgo Sanctissima, on sait, grâce au catalogue de la bibliothèque du roi Jean IV de Portugal, qu’il a été un compositeur généreux : cent-quatre-vingts villanelles, sept messes, une vingtaine de motets et une quinzaine de chansons françaises.

Robert WANGERMÉE et Philippe MERCIER, sous la dir. de, La musique en Wallonie et à Bruxelles, t. I : Des origines au XVIIIe siècle, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1980, p. 170 ; 201.
Jean-François POTELLE (dir.), Les Wallons à l’étranger, hier et aujourd’hui, Charleroi, Institut Destrée, 2000

Marie Dewez, décembre 2012