Jean GILLET

La Reid 16/09/1918, Theux 17/06/2011

Député wallon : 1974-1977, 1980-1981 ; 1981-1985 ; 1985-1987

À l’entame des années trente, au moment où il achève son école primaire, Jean Gillet rêve de devenir médecin, mais les temps sont durs. Issu d’un milieu agricole, il est prié de s’occuper des travaux des champs, avant d’être envoyé comme apprenti à la filature Pirnay à Ensival (1934). Mobilisé au 1er de Ligne de Verviers en 1939, il fait la Campagne des Dix-Huit Jours, est arrêté et, comme nombre de jeunes Wallons de sa génération, il subit cinq longues années de captivité dans différents stalags. De retour au pays, il redevient agriculteur.
Invité par le bourgmestre Broers à se placer sur les listes communales lors des élections d’octobre 1958, Jean Gillet est élu conseiller communal de La Reid. Trois ans plus tard, il devient le bourgmestre de la localité, au moment du déménagement de Broers. Membre du PSC, il démissionne cependant de ce parti en 1961, parce qu’il refuse la formation d’une coalition gouvernementale dans laquelle le PSC se retrouve avec les socialistes. Il se tourne alors vers le Parti libéral et ses électeurs le suivent. Promoteur du projet de Parc animalier à La Reid, Jean Gillet demeure bourgmestre de La Reid jusqu’en 1976 et la fusion des communes. À ce moment, La Reid est intégrée dans la commune de Theux, dont Gillet devient le premier bourgmestre après fusion. Il reste en place jusqu’en décembre 1988, étant régulièrement reconduit avec une majorité absolue.
Un an auparavant, en décembre 1987, Jean Gillet avait quitté le Sénat où il siégeait depuis 1965, en tant que représentant libéral de l’arrondissement de Verviers. Il devient un mandataire incontournable et sa réélection comme sénateur direct en 1971 et en 1974 n’est pas contestée, puisqu’il réalise les meilleurs scores de l’arrondissement. Au sein de son parti, malgré ses sentiments unitaristes, il contribue au distanciement qui s’opère entre l’aile wallonne, l’aile flamande et l’aile bruxelloise du parti libéral au tournant des années septante. Avec Pierre Descamps et Gérard Delruelle, il apporte sa voix à la formation de la majorité des deux tiers nécessaire à la réforme de la Constitution (décembre 1970). Il vote aussi la loi de régionalisation provisoire du duo Perin-Vandekerckhove (1974) et participe aux travaux du Conseil régional wallon provisoire (1974-1977). Quand le parti libéral présidé par l’autre élu libéral verviétois, le député André Damseaux, s’ouvre au Rassemblement wallon, Jean Gillet est toujours de l’aventure et, en août 1980, il apporte sa voix à la majorité des deux tiers qui vote la loi spéciale du 8 août et à la majorité simple qui adopte la loi ordinaire du 9 août relatives aux réformes institutionnelles. Dès le 15 octobre, il siège au sein du nouveau Conseil régional wallon, établi provisoirement à Wépion, avant de trouver place dans l’ancienne Bourse de Commerce de Namur.
Vice-président de la Commission du Logement et de la Tutelle du Conseil régional wallon, il achève son parcours parlementaire en 1987, après avoir siégé vingt-deux ans au Sénat, seize ans au Conseil de la Communauté française (1971-1987), sept ans au Conseil régional wallon (1980-1987) et trois au Conseil régional wallon provisoire (1974-1977).

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p.

conseiller communal de La Reid (1959-1976)
bourgmestre (1961-1976)
sénateur (1965-1987)
conseiller communal de Theux (1977-1988)
bourgmestre (1977-1988)
membre du Conseil régional wallon provisoire (1974-1977)
membre du Conseil régional wallon (1980-1987)

Paul Delforge, décembre 2014