Alfred Guinotte, mieux connu sous le pseudonyme de Paul Heusy

Verviers 10/12/1834, Limeil-Brévannes (France) 22/11/1915

Né Alfred Guinotte, un auteur verviétois prend la route de Paris pour y publier son premier roman, sous un pseudonyme rappelant ses origines, à savoir Paul Heusy. Avocat, il occupe ses temps libres comme journaliste et homme de lettres. Un coin de la vie de misère (1878) rencontre un certain succès, mais ne remplit pas les ambitions d’un écrivain qui, tout au long de sa vie, voyage aux quatre coins du monde.
Docteur en Droit, diplôme obtenu avec grande distinction à l’Université de Liège (1856), inscrit au Barreau de Liège, avocat attaché à l’Université de Liège, il collabore à la Revue trimestrielle, fondée en 1854, et y publie deux nouvelles, Franz Brenner, en 1858, et Louise, l’année suivante. Directeur de la revue liégeoise La Belgique contemporaine, de 1861 à 1862, il édite des chroniques politiques ainsi qu’une saynète, La mariage m’épouvante. Donnant des conférences, engagé dans l’action sociale, il milite notamment en faveur d’un Parlement du Travail avec des représentants élus au scrutin libre et plaide la cause des ouvriers.
Avocat-conseil attaché à une firme industrielle française de Bédarieux, de 1875 à 1876, Paul Heusy – il s’était choisi un nom de plume emprunté à la toponymie de sa région natale – quitte l’Hérault pour rejoint Paris, sur le conseil de Félicien Rops, afin de fréquenter les milieux naturalistes. Il y fait des débuts difficiles en tant que journaliste et publie quatre nouvelles dans divers périodiques, compilées dans un premier volume, Un coin de la vie de misère (1878). Évoquant avec force la désolation du monde des mineurs et des quartiers pauvres de la cité de Liège, Paul Heusy annonce, en prenant pour objet le malheur des humbles, le naturalisme littéraire. Un coin de la vie de misère est d’ailleurs considéré comme la première œuvre inspirée de ce style dans la littérature française produite en Wallonie.
Un autre roman, Histoire du peintre Eugène-Marie – l’histoire douloureuse d’un enfant adultérin – sera retrouvé en 1955 par sa fille Marguerite et confiée à la Bibliothèque royale pour être joint aux œuvres inédites de son père. Dans le même genre naturaliste, il entreprend de publier un nouveau recueil, rassemblant les nouvelles et contes publiés les deux dernières années au Radical, mais en vain, faute d’éditeur (1883). C’est en 1994 que l’Académie de Belgique publiera pour la première fois Gens des rues, essai que Paul Heusy tenta, sans succès, de jamais faire éditer.
En juillet 1883, il part avec sa famille en Floride, pour se consacrer à la culture de l’oranger – un fiasco – et revient en décembre 1886, à Bruxelles, avant d’aller s’installer à Argenteuil. Des États-Unis, il envoyait au Radical des Lettres floridiennes, études sur les mœurs américaines. En janvier 1887, il réintègre le Radical, poste qu’il conserve jusqu’en 1908. Pour ce journal, il donne plus de deux-cent-trente récits. Encore critique d’art, chroniqueur littéraire et judiciaire, il suit diverses affaires (notamment le procès de Camille Lemonnier, en 1888). En 1908, il part s’installer dans le Minnesota, envoyant divers articles à des journaux parisiens, mais la nostalgie le guette et il regagne Paris à l’été 1913.

Paul DELSEMME, Biographie nationale, t. 43, col. 463-472
Joseph HANSE, dans La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres. Arts. Culture, t. II, Bruxelles, la Renaissance du Livre, p. 392
Service de la Promotion des Lettres de la FWB, http://www.promotiondeslettres.cfwb.be/index.php?id=gensdesrueslesucrefi... (s.v. septembre 2014)

Principaux ouvrages
Franz Brenner (nouvelle, 1858)
Louise (nouvelle, 1859)
Le mariage m’épouvante (1861-1862, saynète)
Un coin de la vie de misère (recueil, 1878)
Gens des rues (recueil inédit, 1873)
Histoire du peintre Eugène-Marie (roman inédit)

Marie Dewez, décembre 2014