Georges Halbart

Liège 27/09/1909, Embourg 15/07/2007

Comme le nom l’indique c’est un ingénieur, Lucien Magotteaux qui a créé une fonderie éponyme, dans la localité de Vaux-sous-Chèvremont. Ayant acheté un petit atelier en juillet 1914, il est contraint par les circonstances internationales d’attendre le printemps 1920 pour donner le jour aux Fonderies Magotteaux. Ingénieur diplômé de l’Université de Liège, Georges Halbart s’associe à Lucien Magotteaux, son cousin, dès 1929 et va devenir l’âme de la société. Les écrits de G. Halbart témoignent de sa curiosité et de ses recherches pour améliorer sans cesse les modes de production, mais surtout pour créer des alliages performants. Les débuts sont difficiles. La crise de 1929 a mis les finances à plat et la Seconde Guerre mondiale nécessitera de repartir à zéro. À la mort de Lucien Magotteaux, Georges Halbart reprend les actifs mais surtout le passif au retour d’une mission économique aux États-Unis dans le cadre du Plan Marshall… américain.
Les recherches de Halbart vont permettre le développement des Fonderies Magotteaux dont le nom est associé à la mise au point de boulets industriels destinés aux opérations de broyage dans les secteurs des mines, des carrières, mais surtout des cimenteries. Qu’il s’agisse des boulets ou d’autres produits (superalliage, plaques de revêtement, etc.) généralement toujours orientés pour améliorer les broyeurs, l’entreprise valcaprimontoise va s’imposer mondialement pour leur qualité et leur résistance. Avant-guerre, une fonte blanche avec 0,2 à 1% de chrome avait été mise au point ; après la guerre, cet alliage performant donne naissance au Superalloy ; dans les années 1950, une fonte à 12% de chrome devient le produit phare : les cimenteries du monde entier ne veulent plus que cela.
Avec le patron-fondateur, Georges Halbart est l’âme de la success story de ce petit atelier devenu une référence internationale dans les années 1970. Parmi les décisions significatives de G. Halbart, on retiendra le service particulier offert par Magotteaux à ses clients, ainsi que l’incitation, dès les années 1950, des salariés à devenir actionnaires de leur propre entreprise. Jusqu’aux années 2000, ce qui est devenu Magotteaux International SA et s’est installé dans de tout nouveaux locaux est ainsi demeuré une entreprise d’essence et d’esprit familial.
Après s’être investi corps et âme dans « sa » société, Georges Halbart s’est retiré des affaires avant les mutations des années 1980. Néanmoins, le patron de Magotteaux avait perçu, dès les années d’après Seconde Guerre mondiale, l’évolution de l’économie wallonne et avait pris conscience de l’intérêt, pour le patronat wallon, d’une décentralisation économique bien pensée. À la fin des années 1960, il figure parmi les pionniers qui font naître une Union wallonne des Entreprises (printemps 1968). En devenant progressivement une sorte de syndicat des patrons wallons, l’UWE va accompagner le processus de décentralisation inscrit dans la Loi Terwagne, et de régionalisation inscrit dans l’article 107 quater de la Constitution.

 

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
http://www.uwe.be/uwe-1/historique
Georges HALBART, Éléments d'une théorie mathématique de la fonderie : Essai d'établissement des formules fondamentales de la coulée et de la solidification, Liège, 1945

Paul Delforge, septembre 2012