Emile-Edgard Jeunehomme

Liège 8/04/1924, Liège 19/01/2001

C’est à l’Athénée de Liège qu’Émile-Edgard Jeunehomme accomplit ses humanités, malgré la Seconde Guerre mondiale. Volontaire de guerre, il se retrouve à faire partie de l’artillerie de la Brigade Piron. Docteur en Droit et licencié en Notariat de l’Université de Liège (1948), Émile-Edgard Jeunehomme débute une carrière d’avocat en 1948, mais surtout de professeur d’Économie politique à la ville de Liège (1949-1958). Vice-président de l’Institut d’Étude économique et sociale des classes moyennes (1964-1966), il est attiré par la politique et par le Parti libéral en particulier.
Fils d’Edgard Jeunehomme, l’un des fondateurs des Amitiés françaises à Liège, Émile-Edgard Jeunehomme est lui-même membre du comité directeur de l’Association où il succède à Jean Rey ; présent au congrès national wallon de Charleroi, en 1957, É-E. Jeunehomme y représente officiellement la Fédération libérale de Liège. Président des étudiants libéraux et des Jeunes Gardes libérales, il est élu député de Liège en 1958 et est ainsi le plus jeune élu de la Chambre des représentants où il succède à Jean Rey. Lors du débat à la Chambre sur la fixation de la frontière linguistique (31 octobre 1962), avec Albert Parisis, Paul Gruselin et Jacques Van der Schueren, il dépose un amendement visant à maintenir les six communes des Fourons en province de Liège. Cet amendement est repoussé (122 contre 72 et 3 abstentions).
Président de l’importante fédération liégeoise du Parti libéral qui comprend en ses rangs des libéraux wallons fidèles aux illustres Jennissen, Gilbart et autre Pouret, Émile-Edgard Jeunehomme est pris à partie par certains de ses membres qui reprochent au PLP d’Omer Vanaudenhove sa ligne unitariste belge. Secrétaire général puis vice-président (1961-1971) du PLP, il enregistre sans pouvoir réagir la création de clubs de réflexion et le passage de libéraux dans les rangs du Rassemblement wallon, avant de devenir président du PLP wallon (1971-1973). Il contribue alors à donner une tonalité plus wallonne à son parti avant de se présenter devant les électeurs en 1974 : défenseur de la création de trois régions, il exige une Assemblée régionale composée d’élus wallons directs, d’un pouvoir exécutif wallon responsable, disposant de compétences propres ainsi que de moyens financiers suffisants et réels. Appelé à entrer dans la coalition gouvernementale avec le PSC, puis le Rassemblement wallon, le PLP wallon contribue à l’expérience de la régionalisation provisoire (1974-1976).
Vice-président de la Chambre (1968-1974), É-E. Jeunehomme est aussi le deuxième président du Conseil culturel de la Communauté française (16 octobre 1973 - 20 octobre 1975), où il succède à Georges Dejardin. Après un an de présidence de Lucien Outers, Jeunehomme redevient président de l’assemblée communautaire (19 octobre 1976 - 13 juin 1977). Député de Liège jusqu’en 1977, il achève sa carrière politique comme sénateur de Liège élu sur la liste du PRLw (1977-1979).

Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. II, p. 878

Paul Delforge, septembre 2012