Dominique Jonet

Baisy-Thy 14/10/1816, Charleroi 11/02/1872

Troisième enfant né du mariage de Joseph Célestin Jonet et de Marie-Agnès Tichoux, Dominique Jonet est le demi-frère de Léopold de Dorlodot, né du premier mariage de sa mère avec Édouard-Michel de Dorlodot subitement décédé en 1809, à l’âge de 40 ans. Adjoint au maire de Sart-Dame-Avelines en 1813, le père Jonet exerce le métier de meunier et les frère et sœur de Dominique Jonet sont unis par mariage à des familles de commerçants en vins, d’avocats et de parlementaire. À la mort de sa mère (1835), Dominique Jonet opte pour le métier du verre auprès de Léopold de Dorlodot, avec lequel il contribue à la réactivation de la verrerie de Couillet qui fabrique des glaces coulées puis du verre à vitres. Dans le même temps, il est associé à la gestion d’un projet ambitieux, puisque Léopold a entrepris de réunir des verreries à vitres et à bouteilles de Charleroi et de Jumet sous le patronage de la Banque de Belgique, et de fonder la Société de Charleroy pour la Fabrication du Verre et de la Gobeleterie (juillet 1836). S’initiant à la fabrication des bouteilles, chargé de diriger une verrerie installée à Stolberg, Dominique Jonet affine ses connaissances lors d’un long séjour dans les états allemands et en Bohême. Son apprentissage a été rapide et la qualité de ses productions lui vaut de remporter plusieurs prix lors d’expositions internationales. En 1848, il est tour à tour nommé à la présidence du Comité verrier de Charleroi et de la toute nouvelle Association des maîtres de verrerie belges. Ce statut lui vaut d’être considéré comme « le chef de la verrerie belge ».

D’autres activités associatives le retiennent : ainsi est-il membre de la Chambre de Commerce de Charleroi (1851-1872) dont il assume la vice-présidence de 1866 à 1871. Farouche défenseur du libre-échange économique comme Léopold de Dorlodot, c’est sans surprise qu’il adhère au parti libéral, qu’il siège comme conseiller provincial entre 1860 et 1866, avant d’entrer à la Chambre des représentants : il est député libéral de Charleroi de 1866 à 1870, moment où il renonce à son mandat et est remplacé par Eugène-Charles de Dorlodot, cousin de Léopold.

Toujours avec Léopold de Dorlodot, l’entreprenant Dominique Jonet a œuvré à la mise en place de la verrerie dite Deschassis, à Lodelinsart, considérée comme l’outil le plus moderne de son époque (1854). À partir de 1856, il fait cavalier seul quand il rachète l’ancienne verrerie du Faubourg, là où les Dorlodot ont commencé au XVIIe siècle, et constitue la société Dominique Jonet et Cie : il y fabrique tour à tour des glaces soufflées, des verres polis puis des verres à vitres. Marié à sa cousine germaine Émilie Jonet, il n’a pas de descendant. C’est Léon Baudoux, son neveu (le fils de sa sœur aînée Pulchérie), qui reprend ses sociétés.

Jean-Louis DELAET, dans Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 393-394

Jean-Luc DE PAEPE, Christiane RAINDORF-GÉRARD (dir.), Le Parlement belge 1831-1894. Données biographiques, Bruxelles, 1996, p. 365

Paul Delforge, décembre 2013