Joseph Lamaye

Liège 04/02/1805, Liège 17/02/1884

À la suite du parisien Pierre-Jean de Béranger, la mode est à la chanson dans la première moitié du XIXe siècle. Et comme en général ce qui vient de Paris plaît en pays wallon, le genre fait des émules, à Liège notamment, où Joseph Lamaye en saisit tout l’intérêt politique (dès les années 1830). En ayant recours à la langue wallonne, il compose plusieurs chansons défendant ses idées politiques et philosophiques, en d’autres termes un fort anticléricalisme et un profond soutien au principe de liberté. Ses chansons sont aussi nombreuses qu’éphémères, sauf une, Li Bourgogne (1846), sorte de célébration épicurienne qui traversera les époques. En dépit de sa qualité, personne ne retiendra sa production « politique » en wallon, phénomène d’une époque. Quant aux quelques adaptations en wallon qu’il livre des fables de La Fontaine, elles ne rencontreront pas davantage de succès. Le genre est à la mode, mais Joseph Lamaye n’y brille pas. Au cœur du XIXe siècle, Joseph Lamaye apporte pourtant sa pierre à l’édifice d’un mouvement de renaissance des lettres wallonnes qui s’expriment de diverses façons aux quatre coins du pays wallon.
En 1856, Lamaye est parmi les fondateurs de la Société liégeoise de Littérature wallonne. Il y a une volonté manifeste, chez ce patriote de 1830, de cultiver l’amour de la langue wallonne au sein d’un jeune État dont il a combattu pour l’émergence et dont il continue à défendre le projet, à savoir une société libérale, progressiste et de langue française. Alors qu’il menait ses études en Droit à l’Université de Liège qu’avait créée Guillaume d’Orange en 1817, le jeune Lamaye participa aux Journées de Septembre 1830 et il semble s’y être distingué (blessé au bras durant les combats de Ste Walburge, fin septembre). Il signe alors plusieurs articles d’importance dans le Libéral liégeois.
Docteur en Droit de l’Université de Liège (1834), avocat inscrit au Barreau de Liège, il devient conseiller à la Cour d’appel de Liège. Enfin, il accomplit toute sa carrière politique au sein du Conseil provincial de Liège. Élu conseiller provincial en 1848, il reste en fonction jusqu’en 1870. Vice-président (1860-1868), puis président de l’assemblée en 1868 et 1869, successeur de Charles de Rossius-Orban, il a été le 3e titulaire de cette fonction depuis 1836.

Victor CHAUVIN, Joseph Lamaye, dans Annuaire de la Société liégeoise de littérature wallonne, Liège, 1886, t. XI, p. 67-93
Daniel DROIXHE, Une Pasquèye istorique so tote li sinte botique. Le jubilé de 1846 à Liège selon Hasserz, chanteur de rues, http://orbi.ulg.ac.be/bitstream/2268/11530/1/HasserzBotique.pdf (s.v. décembre 2014)
Liste nominative de 1031 citoyens proposés pour la Croix de Fer par la Commission des récompenses honorifiques (p. 1-129) dans Bulletin officiel des lois et arrêtés royaux de Belgique, n°807, 1835, t. XI, p. 161-162
Daniel DROIXHE, Lettres de Liège. Littérature wallonne, histoire et politique (1630-1870), s.l., Le Cri – ARLLFB, 2012, p. 74-79
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Daniel DROIXHE, Un chansonnier anticlérical en dialecte liégeois : Joseph Lamaye (1805-1884), dans Actes du colloque Chansons en mémoire – Mémoire en Chanson. Hommage à Jérôme Bujeaud (1834-1880), Paris, L’Harmattan, 2009, p. 439-456
Charles DEFRECHEUX, Joseph DEFRECHEUX, Charles GOTHIER, Anthologie des poètes wallons (…), Liège, Gothier, 1895, p. 93-94

Paul Delforge, décembre 2014