Pierre Lenfant

Ath 15/12/1940

Député wallon : 1985-1987 ; 1988-1991

Docteur en Médecine (1966) et en Gynécologie-obstétrique (1971) de l’Université catholique de Leuven qui retentit alors aux cris du Walen buiten, Pierre Lenfant ouvre un cabinet médical à Ath. Il complète sa formation par des stages à Genève, Erlangen et Birmingham. Sollicité par le PSC athois, il entre au Conseil communal en 1983. Délégué du comité d’Ath au comité directeur du PSC (1984), il résiste jusqu’en 1995 à la cure d’opposition que le PS de Guy Spitaels impose à ses adversaires.
Entre-temps, Pierre Lenfant a pris la relève de Jean Kevers dans l’arrondissement de Tournai-Ath-Mouscron ; il est élu sénateur direct en octobre 1985 et en décembre 1987 et siège, de facto, à la Haute Assemblée, au Conseil de la Communauté française et au Conseil régional wallon jusqu’en 1991. Troisième vice-président du bureau du Conseil de la Communauté française (1989-1991), il est choisi comme administrateur de la toute nouvelle société du TEC-Hainaut en 1991. S’il vote les dispositions de la deuxième phase de la réforme de l’État en 1988 et 1989, ce sont les dossiers de la Santé qui retiennent surtout son attention. Dans le délicat dossier de la dépénalisation partielle de l’avortement, le sénateur-médecin se risque à déposer une proposition de loi dont les dispositions sont en retrait par rapport au texte Lallemand-Michielsens. Fondamentalement opposé à l’idée de l’avortement, Lenfant est l’un des trois parlementaires PSC les plus radicaux. Il s’opposera jusqu’au bout au texte de loi finalement adopté par le Sénat (novembre 1989).
Ayant raté la reconduction directe de son mandat au Sénat en novembre 1991, P. Lenfant est repêché par son parti comme sénateur provincial du Hainaut (1992-1995). Ce sera son dernier mandat. Dans les assemblées, il s’est régulièrement signalé par des interventions et des propositions originales, très carrées, frappées au coin du bon sens, mais allant à contre-courant de la pensée ambiante. Parmi ses idées, en février 1995, une proposition de loi vise à supprimer la prohibition en matière de drogue, notamment par la création de centres où la drogue serait vendue à prix coûtant par un personnel spécifiquement formé par l’État. En décembre 1995, le sénateur honoraire accepte de faire partie des fondateurs d’une organisation politique des anti-prohibitionnistes pour la légalisation des drogues illégales, la Coordination radicale anti-prohibitionniste. En février 1999, il se détache définitivement du PSC et se laisse tenter par Alliance, parti de droite défendant les valeurs de famille et de civisme, la libération des PME, réclamant la consultation populaire et dénonçant l’euthanasie et l’avortement.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 376

conseiller communal d’Ath (1983-1995)
sénateur (1985-1991)
membre du Conseil régional wallon (1985-1991)
sénateur provincial du Hainaut (1992-1995)

Paul Delforge, décembre 2014