Eugénie Licot

épouse Auguste BAUCHAU

Namur 05/02/1786, Louvain 13/06/1865

Par son mariage en 1807, à Chimay, avec Auguste Bauchau, Eugénie Licot, la fille d’un maître de forges à Rance, Couvin et Nismes unissait sa destinée à celle d’un entrepreneur et industriel qui possédait notamment les forges de Moulins-Warnant auxquelles il avait donné un essor considérable. À la mort de celui qui avait été surnommé « le Petit Napoléon des Forges », soit en 1827, Eugénie Licot reprend les affaires familiales, tout en poursuivant l’éducation de leurs 7 enfants, tous encore mineurs.

Maîtresse des forges de Moulins, associée à la fondation des cristalleries du Val Saint-Lambert (1826), la veuve Licot pourra compter sur le soutien de Jacques-Joseph Petit, bourgmestre d’Anhée mais surtout le régisseur de ses forges. S’appuyant sur la collaboration de cet homme de confiance, Eugénie Licot se mêle des problèmes qui touchent l’ensemble des métallurgistes du Namurois, s’associant notamment avec eux pour obtenir du gouvernement hollandais des mesures plus favorables pour leur industrie. Elle poursuit aussi la politique d’acquisitions immobilières de son mari, en achetant des forêts (combustible), des mines de fer et d’autres forges (Rouillon) ou papeteries, pour les exploiter elle-même ou les donner en location.

Belle-sœur de Ferdinand Puissant, Eugénie Licot est surtout attentive à la révolution technique qui se produit alors en Wallonie. Pour se rapprocher des sources charbonnières, des principaux marchés et voies de communication, trois haut-fourneaux, deux forges, un bocard et un martinet ont été installés à Wépion, Annevoie-Rouillon et Warnant, mais, en 1838, Eugénie Licot et son fils Amand s’associent surtout au projet de la famille Puissant et de l’ingénieur anglais Thomas Bonehill pour fonder, à Marchienne-au-Pont, la Société anonyme des Laminoirs, Forges, Fonderies et Usines de la Providence (1838).

En 1841, pour sortir d’indivision, est constituée la société Bauchau frères et sœurs à Moulins. Eugénie Licot-Bauchau demeure cependant la « maîtresse de forges », avant de déléguer progressivement les responsabilités à l’un de ses fils, Amand Bauchau (1813-1882). Comme elle l’avait prévu, le déplacement des activités industrielles vers Liège et Charleroi sonne progressivement le glas de ses différentes forges. Dans les dernières années de sa vie, Eugénie Licot favorisera aussi la construction de l’église d’Anhée ainsi que de bâtiments scolaires destinés aux jeunes filles et tenues par des religieuses.

Le Guetteur wallon, 1963, n°1

Revue du Conseil économique wallon, n°62, mai-juin 1963, p. 65-67

Hervé DOUXCHAMPS, La Famille Bauchau, vol. II, Bruxelles, 2003, Recueil de l’Office généalogique et héraldique de Belgique, t. LIII, p. 504-599

Liens : 
Paul Delforge, décembre 2013