Jacky Morael

Herstal 26/11/1959 ; Liège 06/12/2016

 

Député wallon : 1992-1994*

 

Licencié en Information et Arts de diffusion de l’Université de Liège (1981), correspondant de presse, animateur de la radio libre des Amis de la terre, Jacky Morael a gardé le souvenir marquant des cours de géographie de son professeur José Daras à l’Athénée de Vottem. Ayant rejoint les rangs Écolo peu après la fondation du mouvement (1981), collaborateur parlementaire de… José Daras, il devient l’un des secrétaires généraux d’Écolo et le porte-parole du mouvement en mai 1986. Lors de conférences, en radio, en télévision, par des articles dans la presse, J. Morael apporte des gages du sérieux du programme écologiste. Partisan affirmé d’un fédéralisme intégral, tête de liste Écolo à Liège, il est élu à la Chambre en novembre 1991 et va siéger aussi au Conseil de la Communauté française et au Parlement wallon. Conformément aux statuts du mouvement, il abandonne sa fonction de porte-parole des Verts et, comme Marcel Cheron, de secrétaire fédéral (remplacés par Vincent Decroly et Daniel Burnotte).

Répondant favorablement à l’appel au dialogue de communauté à communauté, J. Morael va travailler à l’élaboration des accords de la Saint-Michel et de la Saint-Quentin qui aboutissent à la réforme de l’État de 1993 dont il vote l’ensemble des dispositions, ainsi que le principe des écotaxes. Président du groupe Écolo-Agalev à la Chambre des représentants (1993-1994), il se présente en ticket avec Isabelle Durant et Dany Josse à la direction d’Écolo. Nouveau secrétaire général des Verts, il abandonne tous ses mandats (mai 1994) et doit gérer les désillusions générées chez les Verts par les scrutins de 1994 et 1995. Le lancement d’États-Généraux de l’écologie politique et le maintien résolu d’une ligne politique en dehors de l’échiquier politique traditionnel contribuent au succès des Écolos en 1999. Réalisant un excellent score personnel au Sénat, Jacky Morael contribue à la formation des majorités arc-en-ciel (été 1999). Critique à l’égard de l’accord au fédéral, l’AG d’Écolo ne choisit pas d’attribuer un portefeuille ministériel à son porte-drapeau. Il devra se contenter d’une dérogation pour continuer à assumer le Secrétariat fédéral tout en étant sénateur, du moins jusqu’à la réélection du SF en novembre 1999. Retirant finalement la candidature à sa propre succession, Jacky Morael exerce son mandat de sénateur à plein temps (1999-2003) et, par conséquent, démissionne du Conseil communal de Liège (décembre 1999), conformément aux statuts du parti. Par ailleurs, avec trois autres « sénateurs invités », il est associé par le Parlement wallon aux débats de l’assemblée et de ses commissions n’ayant pas de connotation budgétaire (15 mars 2000-9 avril 2003), avec voix consultative. 

Chargé de mission en Afrique par le ministre Louis Michel (2001), Jacky Morael sort quelque peu des feux de l’actualité, même lorsqu’il reçoit, en janvier 2002, le titre de Ministre d’État. En mai 2003, il pousse la liste des Verts à Liège, à la Chambre fédérale, mais il n’est plus élu. En septembre 2004, il rejoint le Centre d’Études d’Écolo, en charge des contacts extérieurs. Malgré le décès accidentel d’une fille (été 1999), puis un problème de santé important (2005), il relève un nouveau défi électoral en se portant candidat effectif sur la liste Écolo au Sénat, à la dernière place, en juin 2007. Sa popularité reste grande et il contribue au succès des Écolos qui confirment leur progression au scrutin régional de juin 2009. En juin 2010, il est réélu au Sénat. Pour la nouvelle génération qui émerge alors sous la houlette de Jean-Michel Javaux, Jacky Morael reste la référence incontournable, comme en témoigne l’ouvrage Générations vertes.

Lors des longues négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral (juin 2010-décembre 2011), Jacky Morael encourage l’attitude constructive de son parti et sa contribution à l’accord institutionnel du 11 octobre 2011 ; depuis les bancs de l’opposition, puisqu’Écolo n’est finalement pas associé à l’accord de gouvernement de décembre 2011, le sénateur Écolo soutient loyalement le processus de réforme institutionnelle durant la courte législature 2011-2014, même si l’idée à laquelle il tient le plus (la circonscription électorale fédérale unique) n’est pas retenue. Ainsi adopte-t-il parmi beaucoup d’autres textes législatifs l’ensemble des dispositions de la 6e Réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions, le transfert de compétences importantes vers les entités fédérées et la réforme du Sénat. Désormais, les sénateurs seront désignés par les entités fédérées (50) ou cooptés (10). Il fait donc partie des tout derniers sénateurs élus directs. Lors du scrutin de mai 2014, Jacky Morael pousse la liste Écolo, en tant que dernier suppléant, au scrutin régional wallon dans la circonscription de Liège. Dernier aussi sur la liste Écolo au scrutin communal de 2012, là aussi il avait réalisé le 2e score « vert », et gagné le droit de siéger au Conseil communal de Liège. Il se désiste cependant au profit de Quentin le Bussy.

 

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 449-451 - Générations vertes, Namur, Étopia, 2014

 

député (1992-1994)

membre du Parlement wallon (1992-1994)

conseiller communal de Liège (1995-1999)

sénateur (1999-2003)

ministre d’État (2002)

sénateur (2010-2014)

Paul Delforge, décembre 2014