Charles Petitjean

Luttre 2/07/1934

Député wallon : 1981-1985 ; 1985-1987 ; 2004-2009

Fils d’un résistant et d’une mère reconnue « Juste parmi les nations » par l’Institut Yad Vashem pour avoir sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, Charles Petitjean est breveté en assurances de l’IHEC (1960), lorsqu’il entame sa carrière professionnelle comme inspecteur aux AG. Lauréat de l’Institut des cadres Omer Vanaudenhove, il milite surtout activement dans les rangs du parti libéral. À 21 ans, il préside la régionale du PLP de Luttre et le Secrétariat national des Jeunesses libérales. De 1967 à 1970, il préside les Jeunes Libéraux de Belgique (JLP-JVV). Membre sans discontinuer du Bureau du parti Libéral, du PLP-PVV (dont il était un des co-fondateurs), du PLP wallon, du PRLW et du PRL, Ch. Petitjean s’oppose à la création du MR et n’en sera jamais membre, s’éloignant radicalement de ses engagements antérieurs.
Conseiller communal élu en octobre 1964 à Luttre-Liberchies, il est d’emblée choisi comme Premier échevin (1965) et devient le bourgmestre de l’entité le 1er janvier 1971. Après la fusion des communes de Luttre et de Pont-à-Celles, Charles Petitjean devient le premier bourgmestre de la nouvelle entité (1977), et est reconduit, en janvier 1983, à la tête d’une majorité libérale-catholique disposant d’une forte majorité. Parmi les actions menées sur le plan local, Ch. Petitjean a multiplié les démarches, à partir de 1961, en tant que président du Cercle d’éducation populaire et de promotion culturelle, pour faire reconnaître Liberchies comme le lieu essentiel dans la vie du musicien Django Reinhardt. D’autre part, il crée et préside un mouvement de jeunesse (Délipro Jeunesse), ainsi que l’ONG Délipro (Centre d’aide au développement dans la liberté et le progrès).
Conseiller provincial du Hainaut (1965-1981), Charles Petitjean devient député en novembre 1981, étant élu dans l’arrondissement de Charleroi. Durant deux législatures, il siège à la Chambre, au Conseil de la Communauté française et au Conseil régional wallon (1981-1987). Entre 1985 et 1987, il est secrétaire du bureau du Conseil de la Communauté française. En 1987, Petitjean ne parvient pas à reconduire son mandat de député et il ne doit qu’à son parti d’être repêché comme sénateur provincial, mandat qu’il exerce jusqu’en novembre 1991.
Fragilisé par son échec à la Chambre de 1987, il ne peut empêcher sa liste de perdre deux sièges au scrutin communal d’octobre 1988, mais cela reste suffisant pour conserver une majorité avec le PSC. Quand une élue libérale décide de rallier les rangs socialistes au lendemain de l’élection, le rapport de force local est totalement modifié. Le PS de Christian Dupont s’allie aux Écolos d’Yves Delforge et renverse Charles Petitjean. De ce coup de théâtre, il conservera une rancune tenace, d’autant que le Conseil d’État ne lui a pas donné raison et qu’en novembre 1991 il ne retrouve pas de mandat parlementaire. Le scrutin communal d’octobre 1994 conforte la majorité sortante.
Introduisant de multiples recours sur le plan communal, en vain, Charles Petitjean ne figure sur aucune liste du PRL lors des scrutins législatifs de mai 1995. Candidat à la présidence de la Fédération libérale de l’arrondissement de Charleroi (1997), il affronte Marc Deguide et Étienne Knoops. Ce dernier succède à Philippe Fontaine et les instances du parti libéral finissent par exclure Charles Petitjean et ses colistiers (juillet 2000). Sa liste UC-Union communale reste dans l’opposition en octobre 2000 malgré ses six élus. L’expérience de la liste Défi libéral, formation libérale indépendante, se solde par un fiasco au scrutin fédéral de 2003. Par contre, aspiré par les dirigeants du FN, il réussit à gagner un mandat au Parlement wallon dans l’arrondissement de Charleroi en juin 2004. Au Conseil communal de Pont-à-Celles, il siège désormais, seul, sous le sigle du FN. En octobre 2006, il se présente sous ce sigle et emporte trois sièges. Six ans plus tard, sa liste UC ne représente plus que 4% de l’électorat et elle ne dispose d’aucun conseiller communal.
Coprésident du FN (2004), il quitte le bureau de ce parti en 2008 pour créer une Fédération wallonne du FN. Lors du scrutin régional du 7 juin 2009, à la tête du FN Plus, Charles Petitjean ne dépasse plus les 800 voix de préférence et n’est pas réélu. Candidat en 2010 et 2014, il ne garde que quelques dizaines d’électeurs fidèles.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 485-486

conseiller communal de Luttre (1965-1976)
échevin (1965-1970)
conseiller provincial du Hainaut (1965-1981)
bourgmestre (1971-1976)
conseiller communal de Pont-à-Celles (1977-2012)
bourgmestre (1977-1988)
député (1981-1997)
membre du Conseil régional wallon (1981-1987)
sénateur provincial du Hainaut (1988-1991)
député wallon (2004-2009)

Paul Delforge, décembre 2014