Jean(-Baptiste) Poulain

Moignelée 24/12/1927, Sambreville 11/05/2008

Député wallon : 1980-1981 ; 1981-1985 ; 1985-1987, 1988-1991

Fils de mineur, Jean-Baptiste Poulain voit sa scolarité perturbée par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Réfugié en France pendant plusieurs mois, il découvre – malgré lui – les joies des travaux des champs. Il voulait être fermier, mais il sera agent de la SNCB (1947-1968), avant de devenir inspecteur au Fonds des Accidents de Travail. Militant dans les rangs du PSB dès les premières années de la Libération, il fréquente régulièrement la Maison du Peuple de Moignelée. Délégué syndical à la SNCB, très actif lors de la grève wallonne de l’hiver ’60-’61 contre la loi unique, il s’affilie au Mouvement populaire wallon, partageant avec fougue les idées d’André Renard sur les réformes de structure et le fédéralisme. Durant la Grande Grève, il croise aussi la route d’Émile Lacroix qui le prend dans son équipe et l’encourage à se présenter aux élections communales d’octobre 1964. Élu conseiller communal à Tamines, puis conseiller provincial de Namur (1965), il est notamment secrétaire du Conseil provincial de 1968 à 1977. Il quitte alors la SNCB et devient attaché de Cabinet auprès du ministre de la Santé publique et de la Prévoyance sociale, le PSB Louis Namèche dans le gouvernement Eyskens (1972), puis du ministre de la Culture française, le PSB Pierre Falize dans le gouvernement Leburton (1973-1974). En mai 1977, il bénéficie de la démission volontaire d’Émile Lacroix et entre ainsi à la Haute Assemblée. Jusqu’en 1995, J-B. Poulain va siéger en alternance en tant que sénateur direct et sénateur provincial. Ayant voté les lois d’août 1980 qui donnent notamment naissance aux organes politiques wallons, il siège également au Conseil régional wallon de 1980 à 1991. Avec Bernard Anselme, il est le cosignataire d’une proposition de décret visant à instituer Namur capitale de la Région wallonne et de son Exécutif (novembre 1985). Quand il met un terme à son parcours parlementaire en 1995, J-B. Poulain quitte un paysage institutionnel totalement transformé, au regard de son entrée au Sénat. En 1988 et 1989, ainsi qu’en 1992 et 1993, il a notamment voté les mesures transformant la Belgique en un État fédéral.
Devenu échevin à l’heure de la fusion des communes, il avait remplacé le bourgmestre Michel Warnon (devenu député permanent) en 1981. Il conservera la majorité absolue du Parti socialiste jusqu’en 2000, moment où il met un terme à son activité politique.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 496-497

conseiller communal de Tamines (1965-1976)
conseiller provincial de Namur (1965-1977)
conseiller communal de Sambreville (1977-2000)
échevin (1977-1981)
sénateur (1977-1978)
sénateur provincial du Luxembourg (1978-1980)
sénateur (1980-1991)
bourgmestre (1981-2000)
membre du Conseil régional wallon (1980-1991)
sénateur provincial de Namur (1992-1995)

Paul Delforge, décembre 2014