Dieudonné-Hubert Sarton

Liège 3/11/1748, Liège 18/10/1828

Formé à Liège au métier d’horloger, sous le regard attentif de l’un de ses parents, le jeune Dieudonné-Hubert Sarton prend la direction de Paris pour perfectionner son art auprès des enfants de Julien Leroy, un maître en la matière, puisque l’ancien directeur de la Société des Arts avait été le premier horloger du roi de France. Après son séjour parisien, D-Hubert Sarton rentre à Liège et s’installe au Pont d’Île, à côté de confrères ; c’est cependant le jeune Sarton qui attire toute l’attention : en 1772, il exécute une grande pendule où se lève et se couche un soleil aux heures précises ; on y lit aussi la durée des jours et des nuits aux quatre coins du globe, les signes du zodiaque, le commencement et la fin des saisons par l’indication des équinoxes, les phases de la lune, les jours de la semaine et bien d’autres indications qui suscitent une vive curiosité. Alors qu’une grande horloge méridienne, surmontée d’un soleil artificiel, sert d’enseigne et attire le badaud, on se bouscule devant la boutique de « l’horloger mécanicien de SAC le Prince-Evêque de Liège ». Car le jeune technicien n’a pas échappé à l’attention de Charles de Velbrück, bien connu comme protecteur des arts et des sciences. C’est cependant le prince Charles de Lorraine (gouverneur des Pays-Bas autrichiens) qui se porte acquéreur de la grande pendule, laissant à d’autres les inventions exceptionnelles de Sarton.

À la suite de Joseph Florès, il paraît désormais établi que c’est Hubert-Dieudonné Sarton qui a été le premier à mettre au point une montre se remontant automatiquement. L’horloger liégeois entre ainsi dans l’histoire comme l’inventeur de la montre automatique.

Inventeur au sens très large du terme, Dieudonné-Hubert Sarton s’intéresse, tout au long de sa vie, à de multiples domaines. Ainsi il présente un projet de machine hydraulique à Louis XVI pour reconstruire la machine de Marly de Rennekin Sualem. Après une « machine pour l’extraction du charbon de terre », il invente un fauteuil amovible et un nouveau type de moulin à vent. À l’instar de Jacquet, l’un de ses prédécesseurs, il met au point une machine pour l’extraction du charbon et il crée des échelles mobiles pour descendre dans les puits qui rencontrent un énorme succès en Allemagne.

Membre fondateur de la Société d’Émulation, couvert de différents diplômes témoignant de son apport aux sciences et techniques de son temps, D-H. Sarton se révèlera un créateur plus inspiré que gestionnaire. Car, à côté des entreprises réussies, de nombreux échecs coûteront sa fortune à l’inventeur déclaré en faillite sous le régime hollandais. Quand la fonction de Commissaire de la cité de Liège qu’il exerça pendant quelques années est abolie, il en reçoit une pension bien salutaire, même si, à l’entame des années 1820, il lance des ateliers de filature dans le quartier d’Avroy, à Liège, pour assurer son quotidien : dans sa jeunesse, vers 1772, il avait déjà fabriqué des mécaniques pour les filatures de coton et de laine de la région de Spa. Achevant son existence sans le sou, mais en gardant son esprit ouvert à la création, D-H. Sarton a pris soin de rassembler dans une brochure l’ensemble de ses inventions et d’en décrire une partie. Du mariage de Barbe, la fille de D-H. Sarton, avec Jean-Baptiste Dumont, naîtra André Dumont, le célèbre géologue.

Georges REM, Revue du Conseil économique wallon, juillet 1956, n°21, p. 63-64

Joseph DEFRECHEUX, dans Biographie nationale, t. XXI, col. 413-419

Joseph FLORÈS, Perpétuelles à roue de rencontre, Besançon, 1998

Paul Delforge, décembre 2013