Guillaume (Willy) Schyns

La Calamine 13/10/1923, La Calamine 15/11/2001

Député wallon : 1980-1981

Employé, Guillaume Schyns est d’abord conseiller communal PSC à Andrimont, pendant deux ans (1959-1960), avant de déménager à La Calamine où, à peine élu conseiller communal en octobre 1964, il devient bourgmestre pour une durée de vingt ans. Lorsqu’il en devient le maïeur, la commune de La Calamine vient d’être reconnue (par la loi du 2 août 1963) comme faisant partie de la région de langue allemande.
Député PSC représentant l’arrondissement de Verviers depuis mars 1961, Guillaume-Willy Schyns va siéger également pendant vingt ans à la Chambre des représentants, où il est régulièrement réélu et fait partie de la majorité, même si, continuellement, il représente la plus petite minorité du pays, celle des germanophones. Lors des processus de réformes institutionnelles, il veille courtoisement à ce que les protagonistes flamands, wallons et bruxellois n’omettent pas de prendre en considération la réalité germanophone. À aucun moment, il ne revendique d’ailleurs une équivalence entre « sa » communauté et les deux autres. Cette différence s’observe dans la numérotation des articles introduits dans la Constitution en décembre 1970 au terme de longues négociations. Parmi les dispositions que Willy Schyns vote  avec ses collègues parlementaires, on trouve en effet l’article 59 bis reconnaissant les Conseils culturels français et flamand, et l’article 59 ter portant création d’un Conseil culturel de langue allemande.
Quand le Conseil culturel de la Communauté française de Belgique se réunit pour la première fois le 7 décembre 1971, Guillaume Schyns en fait partie et il y siègera jusqu’en 1981. Mais c’est sous le gouvernement d’Edmond Leburton qu’un accord est trouvé pour instituer la communauté « allemande ». La loi votée le 10 juillet 1973 crée le Conseil culturel de la Communauté culturelle de langue allemande. Willy Schyns fait partie de ce gouvernement Leburton et il est d’ailleurs le premier « germanophone » – et jusqu’à ce jour encore le seul – à faire partie d’un gouvernement « national » ou fédéral. Il s’y est vu confier la fonction de Secrétaire d’État aux Cantons de l’Est et au Tourisme, en tant qu’adjoint au Premier ministre (26 janvier-23 octobre 1973) ; il exerce ce mandat le temps d’instituer le Rat der deutschen Kulturgemeinschaft, en date du 23 octobre 1973. Ce jour-là, c’est sous la tutelle de Willy Schyns que s’installent les 25 premiers parlementaires germanophones choisis à la proportionnelle parmi les mandataires locaux. Johann Weynand est le premier président du Conseil. Défenseur de l’autonomie culturelle des Belges de langue allemande, Willy Schyns ne s’était jamais montré partisan d’une élection directe des membres d’un Conseil culturel craignant de trop grandes tensions politiques. Néanmoins, le législateur belge en a décidé autrement et, le 10 mars 1974 – en même temps que les élections législatives nationales – sont organisées les premières élections de ce Conseil culturel, le seul alors en Belgique dont les membres sont élus spécifiquement au suffrage universel. La défense de la Communauté germanophone reste la priorité de cet élu PSC de l’est-wallon qui, systématiquement, prête serment à la Chambre en allemand, français et néerlandais. En mars 1974, Willy Schyns est élu tant à Eupen qu’à Bruxelles. À Eupen, il siègera de 1973 à 1986, l’assemblée législative « germanophone » voyant ses pouvoirs s’élargir progressivement au gré des décisions prises à Bruxelles, où Guillaume Schyns continue de siéger jusqu’en 1981.
Reste la situation de la Région wallonne. Désigné par son parti, Willy Schyns va siéger pendant dix ans au Conseil économique régional de Wallonie (1971-1980). Il y soutiendra la revendication d’une régionalisation complète. En 1974, il apporte d’ailleurs sa voix à l’expérience de la régionalisation provisoire et à la loi dite Perin-Vandekerckhove (1er août). Ensuite, durant l’été 1980, il adopte les lois spéciale et ordinaire des 8 et 9 août, qui donnent notamment naissance aux organes politiques de la Région wallonne. Le sort de la Communauté germanophone est cependant laissé en suspens : Schyns ne manque pas de le faire observer, en allemand, avant le vote à la Chambre (4 août). Dès le 15 octobre, il participe aux premières séances du tout nouveau Conseil régional wallon (1980-1981). De 1977 à 1979, il est également membre du Parlement européen.
En 1985, après vingt années passées à la tête de La Calamine-Kelmis, Guillaume-Willy Schyns abandonne son mandat communal. En 2001, il devait décéder le 15 novembre, jour officiel de la fête de la Communauté germanophone.

 

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 512-513

conseiller communal d’Andrimont (1959-1960)
député (1961-1981)
conseiller communal de La Calamine (1965-1984)
bourgmestre (1965-1984)
Secrétaire d’État (1972-1973)
membre du Rat der deutschen Kulturgemeinschaft (1973-1986)
membre du Parlement européen (1977-1979)
membre du Conseil régional wallon (1980-1981)

Paul Delforge, décembre 2014