Charles-Nicolas Simonon

Liège 5/05/1774, Liège 20/01/1847

Amateur de belles lettres, maîtrisant plusieurs langues, ce lettré n’occupera aucune fonction publique et ne se distinguera pas dans l’industrie ou les sciences. Artiste-graveur, bibliophile et amateur d’art, ce rentier du château du Val Benoît s’est lancé sur le tard dans la défense des lettres wallonnes, considérant que ses poèmes étaient l’illustration de ses travaux philologiques. Parmi ses œuvres peu nombreuses (son œuvre fantastique est moins connue), une seule a émergé, Li côparèye qui est considérée comme celle qui donne son statut à la littérature wallonne.

Durant la période française, Ch-N. Simonon accepte de dresser l’inventaire des œuvres devenues « biens nationaux » qui méritent d’être conservées dans un musée. Entre 1801 et 1807, il accepte aussi d’être le secrétaire de la Société libre d’Émulation de Liège. Bourgeois lettré, Charles-Nicolas Simonon s’adonne volontiers au wallon, écrivant quelques pièces dans les années 1820 où on l’identifie comme un auteur préromantique. Il ambitionne aussi de terminer un vocabulaire wallon, assez sommaire, entamé par son père. En 1822, il signe Li côparèye qui ne paraîtra que plus tard, en 1839 avec des suppressions dues à l’éditeur ; poème considéré comme la première pièce de vers connue qui célèbre en wallon des sentiments profonds, Li côparèye est un hommage à la cloche la plus célèbre de la cathédrale Saint-Lambert. Si le poète pleure la démolition de la cathédrale et la disparition de la patrie liégeoise, il relie aussi la principauté du passé à la conscience naissante d’un sentiment plus large : le parler ancestral ne s’étend-il pas dans un espace plus grand auquel on attribuera bientôt le nom de Wallonie ? (Maurice Piron) Au milieu du XIXe siècle, Simonon utilise encore l’expression « patois de Liège » ; précurseur des lettres dialectales wallonnes, quand il publie ses Poésies en patois de Liège (dont l’entièreté de Li côparèye), il les fait cependant précéder d’une dissertation grammaticale sur ce patois et suivre d’un glossaire (1845). Il propose en fait un système personnel d’orthographe wallonne, système phonétique pour lequel il crée plusieurs nouveaux caractères et modifie l’ordre alphabétique des lettres.

Albert MAQUET, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 1995

Maurice PIRON, Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie, poètes et prosateurs, Liège (Mardaga), 1979, p. 99-102

Histoire de la Wallonie (L. GENICOT dir.), Toulouse, 1973, p. 402

La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. II, p. 464-465

Musée des Beaux-Arts, Exposition Le romantisme au pays de Liège, Liège, 10 septembre-31 octobre 1955, Liège (G. Thone), s.d., p. 59

Joseph DEFRECHEUX, dans Biographie nationale, t. XXII, col. 580-586

Paul Delforge, décembre 2013